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Société Générale

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Les « top xx » sont des formats d’articles très à la mode, notamment pour faire le buzz. Au vu du sujet traité, on aurait pu se passer de ce petit artifice, qui semble bien dérisoire par rapport à la substance du contenu. Les analystes du FMI ont pris le temps d’analyser les banques à travers le monde qui présentent le plus gros risque systémique. Nos découvrons ainsi que la France a réussi à placer 3 de ses banques dans ce top 15 qui est mené, sans surprise, par la Deutsche Bank, championne toutes catégories du leverage (source).

Et les banques les plus risquées sont…

Si une banque présente un risque systémique, c’est qu’elle est par extension… risquée. Dur dur d’être épargnant français alors que BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole se placent en bonne position dans ce classement des banques les plus risquées du monde. Et pour quoi, en définitive ? 0,75 % d’intérêt pour le Livret A alors que ce taux plancher pourrait être abaissé à 0,5 % à partir du 1er août 2016, d’après Mediapart. De quoi rendre le rapport gain/risque encore moins attractif que le jeux représentant la pire arnaque des fêtes foraines.

  1. Deutsche Bank : cela fait un bon moment que Deutsche Bank est sous le feu des projecteurs d’or-argent.eu. Désormais bien connue pour être la banque la plus leveragée du monde, le géant allemand est exposé à hauteur de près de 73 trillions de dollars sur le marché des produits dérivés, ou 55,6 trillions d’euros. Pour rappel, le PIB allemand est de 2,7 trillions d’euros tandis que les actifs de la banque s’élèvent à environ 575 milliards d’euros. Comme le note Zero Hedge, qui relaie ces chiffres, il faudra un peu plus que les nouvelles règles de renflouement interne de l’union européenne pour couvrir les pertes de la Deutsche Bank si elle devait couler.
  2. HSBC : c’est la britannique HSBC qui occupe la 2e marche du podium. Une banque d’ailleurs citée dans de nombreux dossiers de manipulation, à l’instar des autres membres de ce top 15.
  3. Crédit Suisse : la rigueur suisse, ce n’est plus ce que c’était. Crédit Suisse s’octroie la dernière place du podium des banques les plus risquées du monde, empêchant les banques américaines de s’y faire une place.
  4. JP Morgan : et voici la première banque américaine avec la JP Morgan, qui rassurez-vous étalonner par ses collègues.
  5. Goldman Sachs : la pieuvre est en 5e position. Pas mal, mais peut mieux faire.
  6. Bank of America
  7. BNP Paribas : non seulement BNP Paribas est la banque française qui présente le plus gros risque systémique selon le FMI, mais elle fait également partie de celles qui seraient la plus impactée par des soucis du côté de la Deutsche Bank. Cependant rassurez-vous, si cette dernière tombe, ce sera l’intégralité du système financier qui s’écroulera.
  8. Santander
  9. Bank of New-York Mellon
  10. Morgan Stanley
  11. Société Générale
  12. Crédit Agricole
  13. Wells Fargo
  14. Citigroup
  15. Nordea

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BNP Paribas

Article de l’Economist, publié le 11 février 2016 :

Pourquoi les banques européennes inquiètent leurs investisseurs

Certains des plus anciens établissements européens sont au centre d’une nouvelle tempête financière

Si le début d’année des marchés actions mondiaux fut désespéré, ce fut un véritable désastre pour les actions bancaires. Les titres financiers sont en baisse de 19 % aux États-Unis. Partout ailleurs, l’effondrement est encore pire. Les actions des banques japonaises ont plongé de 36 % depuis le 1er janvier, celle des banques italiennes de 31 % et des banques grecques d’un affreux 60 %. La chute de 24 % de l’indice global du secteur bancaire européen nous a rapprochés des plus bas de l’été 2012, lorsque la zone euro semblait être au seuil de la désintégration… jusqu’à la célèbre promesse de Mario Draghi de « faire tout ce qui sera nécessaire » pour sauver la monnaie unique.

Les remous en Europe concernent aussi bien les grandes banques que les plus petits établissements financiers. Ils affectent des mammouths comme Société Générale et Deutsche Bank dont les actions respectives ont chuté cette semaine de plus de 10 % en quelques heures ainsi que d’autres géants hors de la zone euro comme Barclays et Crédit Suisse.

La fragilité apparente des banques européennes est particulièrement décevante alors que de nombreux efforts ont été déployés durant les années précédentes, notamment au niveau du renforcement des règles prudentielles et de leurs capitaux. (…)

Les taux négatifs sapent les profits des banques

Une partie de la faiblesse récente du secteur bancaire européen provient en partie des inquiétudes concernant l’économie mondiale qui ont poussé les bourses à la baisse. Cette faiblesse s’explique également par les politiques de taux d’intérêt négatifs poursuivies par les banques centrales afin de donner un coup de fouet à l’économie mais qui sapent les profits des banques. La mise en place de taux négatifs par la banque centrale du Japon fin janvier a provoqué la chute des titres bancaires japonais. Les investisseurs ne craignent pas uniquement un manque de perspectives pour la croissance européenne mais un nouvel abaissement du taux directeur de la BCE en territoire toujours plus négatif dès mars. Le 11 février, la banque centrale de Suède a abaissé son taux directeur de -0,35 à -0,5 % provoquant immédiatement des soucis pour les actions bancaires suédoises.

Les racines du malaise des actions des banques européennes sont bien plus profondes. Le gros problème est qu’il y a bien trop de banques en Europe et que bon nombre d’entre elles ne sont pas suffisamment rentables alors qu’elles s’accrochent à des business models dépassés. (…)

Une autre inquiétude largement partagée est que le secteur bancaire italien plie sous le poids des créances douteuses accumulées durant ces dernières années. Même si le PIB italien s’est remis à progresser depuis le début de 2015, il reste environ 9 % plus bas qu’avant la crise de 2008. Ce qui fait mal au aux entreprises italiennes dont les problèmes sont répercutés sur le secteur bancaire. (…) »

Article de CNBC, publié le 26 février 2015 :

« Le stratégiste de Société Générale Albert Edwards, connu pour ses positions bearish, a balayé la croyance selon laquelle l’économie américaine serait sur le chemin de la reprise et prédit des réactions « violentes » sur les marchés durant la seconde moitié de 2015.

« Le renversement de tendance dans le bénéfice des sociétés américaines s’accélère, il ne s’agit pas d’un phénomène lié exclusivement à la vigueur du dollar ou au secteur de l’énergie. De nombreux indicateurs économiques américains ont déçu en février » a-t-il écrit dans une note de recherche publiée jeudi.

Cette année, les indices boursiers américains battent record sur record. Le Nasdaq est sur le point de dépasser le plafond du pic de la bulle Internet en 2000. Malgré cela, Edwards estime que les investisseurs au lieu de se concentrer sur le bénéfice des entreprises ou les indicateurs économiques négatifs préfèrent écouter les propos rassurants de la Fed à propos des indicateurs salariaux, qu’elle considère comme positifs.

Devant le Congrès, Janet Yellen a adopté un ton conciliant (dovish) en affirmant que la Fed serait patiente en ce qui concerne la normalisation des taux directeurs. La plupart des analystes ont repoussé leur première prédiction en la matière estimant que la première hausse aura lieu en septembre, voire même plus tard, au lieu de juin.

« La réalité est que la plupart des indicateurs économiques et financiers sont tout simplement affreux, même en dehors du secteur énergétique, » assène Edwards.

« Le cycle économique va mordre la poussière avec des bulles qui vont éclater bien avant que les politiques de « serrage de vis » aient le temps de faire effet. Si nous avons tiré des leçons de la crise financière, ce ne fut pas le cas pour cette vérité. »

Dans sa note de recherche, le stratégiste met en évidence toute une série de données qui ont désagréablement surpris jusqu’à aujourd’hui en 2015 ajoutant qu’il s’agit du pire début d’année depuis 2009. Pour illustrer son propos, il fournit des chiffres concernant les ventes au détail, les commandes industrielles et les dépenses personnelles.

Nous avons également dû composer avec toute une série de déceptions au niveau du bénéfice des entreprises. Avec l’un des moteurs de Wall Street, Morgan Stanley, dont le bénéfice ajusté fut inférieur aux attentes ou encore le géant de la distribution Wal-Mart qui a également loupé ses objectifs.

Selon Edwards, une telle baisse du bénéfice est habituellement associée à une récession indiscutable.

« Alors que les marchés actions montent à gogo et battent tous les records, je dois être passé à côté de quelque chose d’énorme. Cependant ce n’est pas la première fois que cela arrive et je sais très bien comment cette histoire va se terminer. Habituellement, les conséquences ne me mènent pas dans un asile de fous. »

Remarque : pour le plaisir, le petit passage obligé de la presse mainstream… publier un article honnête pour pouvoir dire qu’on en aura parlé tout en assurant que tout va bien (suite de l’article) :

Même si les prévisions pessimistes d’Edwards sont largement lues par ses collègues et les banques concurrentes, elles ne sont pas toujours correctes. En septembre 2012, il avait affirmé que l’économie américaine était en récession et prévoyait un crash boursier. (…) Au lieu de cela, le S&P 500 a continué sa progression pour augmenter de 50 % depuis la déclaration d’Edwards. D’autres analystes ne sont pas d’accord avec lui, vu que les banques centrales sont prêtes à intervenir au moindre signe d’instabilité. (…) »

En conclusion : et hop, un bref retour à la réalité, ce passage mis en gras par nos soins ne fait que confirmer l’analyse d’Edwards et explique pourquoi les marchés sont aussi haut : la certitude d’être couvert par la Fed, et sûrement pas la « reprise ».