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Tandis que la Grèce s’apprête à voter ce dimanche un référendum qui pourrait bien décider de son avenir dans l’Europe et la zone euro, une pétition en Autriche a rassemblé bien plus que les signatures nécessaires pour forcer un débat au parlement autrichien sur la tenue d’un référendum sur l’appartenance de l’Autriche à l’Union européenne. Article de RT, publié le 2 juillet :

« Plus de 260.000 Autrichiens ont signé la pétition réclamant la sortie du pays de l’Union européenne forçant ainsi le parlement à discuter la tenue d’un référendum sur le sujet.

Les 261.159 signataires représentent 4,12 % de l’électorat. C’est surtout en Basse-Autriche ainsi qu’en Carinthie que la pétition a remporté un succès important, avec la signature de respectivement 5,18 et 4,85 % des électeurs. Le seuil de signature pour obtenir un débat au parlement via une pétition est fixé à 100.000.

La pétition a été lancée par une traductrice à la retraite de 66 ans, Inge Rauscher, qui avait déjà été l’instigatrice de la même initiative en 2000. À l’époque, elle avait rassemblé 3,35 % des signatures de l’ensemble de l’électorat.

Dans un article précédent toujours de RT, elle avait déclaré « vouloir le retour d’une Autriche neutre et pacifique ». Elle avait également déclaré à Sputnik Radio : « Nous ne sommes plus un État souverain au sein de l’Union européenne. Plus de 80 % des lois essentielles sont imposées par Bruxelles, par des commissaires non élus. Nous estimons que l’Europe n’est plus une démocratie. Le parlement européen ne dispose même pas de pouvoir législatif. »

Rauscher a déclaré au The Local que le support pour le référendum était probablement plus élevé aujourd’hui en raison de la crise économique et de la crise grecque. Dans un communiqué de presse, elle a parlé d’un « excellent résultat ».

L’Autriche est l’un des pays les plus prospères de l’Union européenne avec un taux de chômage de seulement 4,3 % en 2012, soit les meilleurs chiffres du bloc. En termes de PIB par habitant, l’Autriche est également l’un des 11 pays les plus riches du monde.

Un référendum similaire est prévu au Royaume-Uni. Il devrait avoir lieu avant 2017 même si la date exacte est encore une inconnue. Le dernier sondage de YouGov indique qu’environ 38 % des Britanniques souhaitent quitter l’Union européenne tandis que 44 % souhaitent y rester.

C’est en 2013 que David Cameron fit pour la première fois la promesse de la tenue d’un référendum, déclenchant une vague de sondages d’opinion sur cette question dans tous les pays européens. Au Danemark, 52 % de la population souhaitaient rester dans l’Union même si 47 % de celle-ci souhaitaient également la réévaluation des termes de son adhésion. En Irlande, 2/3 des répondants avaient déclaré vouloir rester dans l’UE. »

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Article publié sur RT.com le 9 juin 2015 :

« La sortie de la Grèce de la zone euro ou Grexit serait un revers majeur pour l’Union européenne qui engendrerait un effet domino et aurait des conséquences importantes sur les contribuables européens » a déclaré le premier ministre grec Alexis Tsipras.

« Je pense que c’est évident. Ce serait le début de la fin de la zone euro. Si le leadership politique européen est incapable de gérer un problème comme la Grèce, qui représente 2 % de son économie, quelles seraient les réactions des marchés face à la problématique de pays ayant des soucis bien plus sérieux comme l’Espagne ou l’Italie, qui a une dette de 2 trillions » s’est interrogé Tsipras face au Corriere della Sera mardi.

Un ‘Grexit’ serait désastreux pour la zone euro car il se muerait en un lourd fardeau pour les contribuables européens, a-t-il ajouté. Il a cependant insisté sur le fait que son pays n’utilisait pas le spectre de la sortie de la zone euro en tant que moyen de pression ou de chantage.

« Nous voulons mettre un terme à ces débats cauchemardesques concernant la sortie de la zone euro de la Grèce. Il s’agit d’un obstacle à la stabilité économique européenne » a-t-il ajouté. (…)

Tsipras dont le gouvernement est arrivé au pouvoir sur base de la promesse de mettre un terme à l’austérité, a déclaré qu’il ne pouvait accepter les termes des créditeurs. Ils  exigent la réduction des retraites et l’augmentation des factures d’eau, de gaz et d’électricité. Suite aux mesures d’austérité prises, le chômage est passé de 12 à 27 % en 3 ans, le PIB grec est tombé de 25 %, les contribuables croulent sous les impôts et le nombre de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté grandit de jour en jour a déclaré Tsipras.

« Ils veulent augmenter l’électricité de 10 % pour les ménages dans un pays où des milliers de gens n’ont déjà pas accès à l’électricité. Ils veulent que nous abolissions la subsidiation du chauffage alors que des gens meurent de froid » a-t-il ajouté.

En 5 ans, la Grèce a déjà réduit les retraites jusqu’à 44 %, les salaires du secteur privé ont baissé jusqu’à 32 %. Selon Tsipras, le marché de l’emploi grec est détruit. (…) »

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Accusés de perpétuer le statu quo le jour même de leur élection, par certains, Syriza malgré la pression de la BCE et de l’UE ne plie pas, que du contraire. Et vu l’attitude frondeuse de la Grèce c’est tout le Vieux Continent qui risque de se diviser.

L’escalade des mots a eu lieu pendant tout le week-end ne laissant rien entrevoir de bon. Alors que l’Europe a lancé un véritable ultimatum à Tsipras celui-ci n’a pas tenté de calmer le jeu, bien au contraire, en adoptant une rhétorique toujours plus dure envers Bruxelles. Il a notamment déclaré :

  • Le gouvernement veut rendre au peuple grec sa souveraineté
  • La Grèce ne recevra désormais plus d’ordres par e-mail
  • L’austérité n’est pas une règle européenne
  • Ce gouvernement respectera sa parole

Sur ce, c’est le ministre des Finances Yanis Varoufakis qui a enchaîné disant tout haut ce que seuls des gens comme Nigel Farage osait dire. Il a notamment dévoilé que des Italiens hauts placés lui avaient confié être solidaires avec la Grèce tout en n’osant pas dire la vérité de peur des conséquences. La Grèce qui est déjà loin dans son processus de destruction n’a plus vraiment le choix. Varoufakis s’est même osé à déclarer que « l’euro s’effondrera si la Grèce sort de la zone ». Extrait de son interview à Reuters :

« L’euro est fragile c’est comme un château de cartes, si vous ôtez la carte grecque le château s’effondre. (…) Je voudrais avertir toute personne qui considère qu’amputer l’Europe de la Grèce que c’est un jeu très dangereux. Qui seront les prochains après nous ? Le Portugal ? Que fera l’Italie lorsqu’elle découvrira qu’il est impossible de suivre le chemin de l’austérité ? (…) Soyons honnêtes, la dette de l’Italie n’est pas gérable. »

Nous avons certes été habitués au cirque des négociations qui aboutissent en dernière minute donnant l’illusion à maintes reprises que tout était réglé. Cependant cette fois les choses sont différentes, les différences idéologiques entre l’Europe et la Grèce étant trop profondes pour être gommées.

Il est désormais assez inconcevable de voir la Grèce faire demi-tour. L’Europe pourrait être amenée à faire des concessions mais si les Allemands campent sur leurs positions, on se dirige tout droit vers une sortie de la Grèce de la zone euro. Officiellement, Syriza souhaite conserver la monnaie unique mais manifestement entre l’effacement partiel de la dette et l’euro, le parti de gauche a choisi la première solution. Dans une logique politicienne, il est même possible que Tsipras sache très bien que le retour à la drachme est inéluctable mais se soit positionné ainsi afin de ne pas être celui qui portera la responsabilité de la fin de l’euro.

Via le Wall Street Journal, on a même appris hier que la Grande-Bretagne se préparait à un Grexit. Il ne s’agit pas d’une rumeur mais des mots du ministre des Finances britanniques George Osborne. Il a déclaré :

« Le gouvernement britannique prépare un plan de contingence dans l’éventualité de la sortie de la zone euro de la Grèce et des instabilités que l’événement engendrerait sur les marchés. (…) C’est pourquoi je me rends demain au G20 dans l’optique d’encourager nos partenaires à trouver une solution à la crise. »

On peut faire des tas de reproches au programme de Syriza, mais jusqu’à nouvel ordre c’est le seul parti de gouvernement qui a secoué le cocotier de la dette européenne en lançant des vérités dérangeantes.

Sources des citations : ZH, ZH, ZH et ZH