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Standard or

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Jim Rickards

Article de Jim Rickards via les Publications Agora :

Jamais une banque centrale ne souhaiterait revenir à un étalon-or de son propre gré.

L’adhésion à un étalon-or limite la capacité des banques centrales à imprimer librement de l’argent. Comme cette capacité d’émettre de l’argent est synonyme de pouvoir et comme les Etats ne renoncent pas volontiers à ce dernier, aucune banque centrale ne soutient l’étalon-or.

Mais une politique monétaire discrétionnaire et un étalon-or ne s’excluent pas forcément mutuellement. Ils peuvent coexister dans certaines limites. Par exemple, de 1913 à 1968, les Etats-Unis ont fonctionné avec un étalon-or et une banque centrale exerçant une politique monétaire discrétionnaire.

En 1913, la Réserve fédérale fut créée et commença à émettre des “billets de la Réserve fédérale” ayant cours légal. En 1968, le Congrès abrogea l’exigence selon laquelle il fallait adosser les émissions de billets de la Réserve fédérale à une quantité donnée d’or physique en réserve. Mais pendant ces 55 ans une monnaie fiduciaire a été adossée à des réserves d’or : il y a bien eu cohabitation.

Cette réserve d’or exigée limitait théoriquement le volume de monnaie-papier pouvant être émis. Mais en pratique, cela a rarement été le cas.

Même pendant la Grande Dépression, le volume des billets de la Réserve fédérale a rarement dépassé 100% des réserves d’or (bien qu’en théorie, il aurait pu aller jusqu’à 250% des réserves). Pendant cette période, le gouvernement aurait dû augmenter la masse de monnaie-papier afin de combattre la déflation. Cela démontre que les pires effets de la Grande Dépression ont été provoqués par la politique monétaire discrétionnaire, inadaptée, que menait la Fed, et non par l’or : Milton Friedman et Anna Schwartz l’ont souligné il y a 10 ans, et Ben Bernanke l’a réaffirmé récemment.

Pour les banques centrales, la question n’est pas de savoir si elles souhaitent ou non un étalon-or (elles n’en veulent pas) mais si elles seront peut-être forcées d’en adopter un pour provoquer de l’inflation. Le principe, ce serait de revenir à un étalon-or mais moyennant un cours bien plus élevé : 5 000 dollars l’once, peut-être, voire plus. Le cours non déflationniste et tacite de l’or, selon un nouvel étalon-or assorti d’une masse monétaire M1 (comprenant les espèces, les réserves et dépôts bancaires) adossée à 40% d’or (c’était ce pourcentage, lors de la création de la Fed en 1913), serait de 10 000 dollars l’once.

Bien sûr, ce prix pourrait être bien plus élevé avec un masse monétaire adossée à 100% d’or, ou si l’on utilisait comme référence une masse monétaire M2 (la masse M1 + les fonds monétaires et quelques autres instruments). Le chiffre exact importe moins que le fait que le cours de l’or envisagé devrait être bien plus élevé que le cours actuel afin d’obtenir l’inflation désirée.

Bien sûr, le but d’un cours officiel bien plus élevé n’est pas de récompenser les détenteurs d’or, mais plutôt de faire grimper les prix de tout le reste.

C’est exactement ce qu’a fait Franklin D Roosevelt en 1933 lorsqu’il a augmenté le cours de l’or de près de 75%, le faisant passer de 20,67 dollars l’once à 35 dollars. Le but était alors de provoquer l’inflation des prix du coton, du cuivre, de l’acier et des actions. Cela a fonctionné à merveille. L’inflation des matières première et les cours des actions ont décollé en 1933-1936 et le chômage a baissé (quoiqu’en partant de niveaux très élevés). Roosevelt s’est assuré que les détenteurs d’or — qu’il appelait les “entasseurs” (hoarders) — n’en tirent aucun profit : Roosevelt a confisqué l’or du secteur privé avant d’en augmenter le cours.

Cette confiscation pourrait se reproduire, mais elle n’est pas nécessaire. Le gouvernement peut augmenter le cours de l’or par décret, sans se préoccuper que les détenteurs du secteur privé en profitent ou non.

Ce genre de “choc de l’or”, destiné à provoquer de l’inflation, pourrait également être mis en oeuvre au niveau international, en le combinant aux DTS, pour en faire de nouveaux DTS adossés à l’or. Ce serait ironique car les premiers DTS de 1969 ont été brièvement adossés à l’or selon un montant défini.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

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160708_LCA_timeAvec un étalon-or, le volume de crédit qu’une économie peut soutenir est déterminé par les actifs tangibles de cette économie, puisque chaque instrument de crédit constitue, en fin de compte, un droit sur un actif tangible. […] L’abandon de l’étalon-or a donné la possibilité aux étatistes de se servir du système bancaire pour se livrer à une expansion du crédit illimitée. 

— Alan Greenspan, 1966

Ce vieux chenapan ! Avant d’intégrer la fonction publique, l’ex-président de la Fed, Alan “des bulles” Greenspan, était un fervent défenseur de l’or et de l’étalon-or. Dans ses écrits, il clamait haut et fort qu’il était nécessaire de freiner le Deep State et de protéger les libertés individuelles. Et puis il est parti à Washington et sa langue a fourché : d’un côté, l’honnêteté et l’intégrité ; de l’autre, le pouvoir et la gloire.

La simulation

Selon le système monétaire de Bretton Woods, les Etats-Unis avaient promis aux banques centrales étrangères qu’elles pourraient convertir leurs dollars en or selon un cours fixe de 35 dollars l’once.

Cela limitait la quantité de dollars que les Etats-Unis pouvaient imprimer à la quantité d’or qu’ils possédaient dans leurs réserves.

Greenspan, qui est intelligent, s’est vite rendu compte qu’il ne pourrait pas défendre ce bon vieil étalon-or qui avait fait ses preuves et diriger le nouveau système monétaire du Deep State, fondé sur le crédit.

En 1987, il a fait son choix. Il a pris la présidence de la Fed et simulé pendant les 19 années suivantes.

Depuis 1978, nous avons eu quatre présidents de la Fed. Certains furent intelligents. Certains furent honnêtes. Seul Paul Volcker fut à la fois intelligent et honnête.

Bernanke a été honnête… selon nous. Autant que nous puissions le dire, Janet Yellen aussi. Tous d’eux veulent peut-être bien faire, mais ils prennent bien soin de ne pas raisonner hors des clous du Deep State.

Alan Greenspan était intelligent. Mais c’est un chenapan. Il a toujours su que le système était corrompu et intéressé. Il l’avait expliqué dans certains articles publiés avant qu’il n’intègre la Fed.

Mais il savait également qu’il ne ferait jamais la couverture du Times s’il disait la vérité.

En 1999, Greenspan a fini par la décrocher, cette Une. Le magazine a publié sa photo, de même que celles de Robert Rubin, alors secrétaire au Trésor, et de Larry Summers, son adjoint, sous le gros titre suivant : “Le Comité qui va sauver le monde”, en référence à leur gestion de la crise financière asiatique.

Greenspan, ce qu’il voulait, c’était le pouvoir. Or il savait qu’il devrait jouer le jeu du Deep State pour l’obtenir.

Un âge d’or

Désormais, M. Greenspan a 90 ans.

Après la décision du Royaume-Uni de mettre un terme à son adhésion à l’Union européenne, voici ce qu’il a dit lors d’une interview :

Si l’on regarde l’histoire de l’humanité, il y a eu des moments où nous pensions qu’il n’y avait pas d’inflation et que tout allait bien. […] Les cours du pétrole ont eu un formidable impact sur l’inflation mondiale et je ne serais pas étonné que le prochain mouvement inattendu se produise du côté de l’inflation. Elle arrive sans crier gare.

L’ancien président de la Fed pense qu’une nouvelle crise de la dette est inévitable. Il croit qu’elle aboutira à une inflation élevée. Quelle solution propose-t-il ? L’or :

Si nous revenions à un étalon-or et que nous adoptions exactement la structure de l’étalon-or tel qu’il existait, disons, avant 1913, ce serait bien. Souvenez-vous que cette période de 1870 à 1913 a été l’une des périodes les plus dynamiques, du point de vue économique, qu’aient connu les Etats-Unis, et ce fut un âge d’or de l’étalon-or.

Le compte-rendu de la dernière réunion de la Fed ne révèle aucune intention de revenir à un étalon-or. Les spécialistes de la planification centrale, à la Fed, aimeraient plutôt avoir leur photo dans le Times, eux aussi.

Ils ne peuvent ni renoncer au contrôle qu’ils exercent sur l’argent du pays, ni risquer une correction. Il serait “prudent d’attendre de nouvelles données” avant de relever les taux, disent-ils. Greenspan aurait pu dire la même chose, lui aussi… tout en réprimant peut-être un sourire sournois.

Une bulle aux origines douteuses

Nous relions les données entre elles, nous traçons des traits entre les points ; nous souhaitons que les nouveaux lecteurs voient ce que nous voyons, alors observons d’autres données, ou points, ensemble.

Comme tout le reste, au sein de l’économie et des marchés, le crédit est cyclique.

Au début d’une phase d’expansion, les gens empruntent de plus en plus. Ensuite, lorsqu’ils ont trop emprunté, ils font marche arrière, font défaut sur les remboursements, réduisent leurs dépenses… et réduisent leur endettement.

Cette phase d’expansion, tout comme le marché haussier qui l’accompagne souvent, à Wall Street, représente les jours heureux. Les gens se sentent plus riches et plus intelligents ; ils se sentent pousser des ailes et ont des bouffées de testostérone.

Puis vient une période moins heureuse, faite de blâmes et de regrets…

“Tu n’aurais jamais dû acheter ce bateau”, dit l’épouse, nerveusement.

“Je t’avais dit que nous n’avions pas besoin de cet autre entrepôt”, dit l’associé de l’entreprise, inquiet.

“Je pensais que ce diplôme me permettrait d’augmenter mes revenus”, dit le diplômé de l’université, en prenant votre commande, au restaurant.

L’argent facile est censé engendrer un boom des actifs… lequel est censé engendrer un boom économique… lequel est censé engendrer de la richesse, censée rembourser toutes ces dettes exagérées que l’expansion du crédit a engendrées.

“La hausse du cours des actions stimulera la richesse des consommateurs et contribuera à renforcer la confiance, ce qui stimulera également les dépenses”, disait en 2010 un Ben Bernanke fervent, mais peut-être un peu obtus. “L’augmentation des dépenses mènera à l’augmentation des revenus et des profits… lesquels soutiendront d’autant plus l’expansion économique.”

Six ans plus tard, tout ce que nous voyons, c’est une bulle du crédit aux origines douteuses et 60 000 milliards de dette supplémentaire dans le monde.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Article des Publications Agora, reproduit avec leur aimable autorisation.

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lingot et pièces d'or

Ce « bon vieux Greenspan » est comme le bon vin : il se bonifie avec le temps. Après avoir oublié les vertus du métal jaune durant son règne à la tête de la Fed, la mémoire lui revient avec l’âge. À de nombreuses reprises, il a souligné l’importance du rôle de l’or dans un système monétaire et financier sain. Désormais, il a enclenché la vitesse supérieure en appelant au retour du standard or d’avant 1913 ! Article de Zero Hedge, publié le 27 juin 2016 :

« Vendredi après-midi, après le résultat stupéfiant du référendum britannique, Alan Greenspan a médusé les journalistes qui l’interrogeaient lorsqu’il a déclaré que la situation n’avait jamais été aussi mauvaise de son vivant.

« Il s’agit de la pire période dont je me souviens depuis que je suis dans la fonction publique. Nous n’avons rien connu de tel, même la crise de 1987, lorsque le Dow a connu cette chute record de 23 %. Je pensais que c’était le pire des problèmes potentiels. Il y a désormais un effet corrosif qui ne disparaîtra pas. J’aimerais pouvoir dire quelque chose de positif. »

Bizarrement, il ne faisait pas référence au départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, mais aux problèmes économiques américains. Et aujourd’hui, Greenspan était l’invité de Bloomberg Surveillance. Durant une longue interview de 30 minutes, on lui a demandé son avis sur les conséquences du référendum britannique. D’après Greenspan, David Cameron a mal calculé son coup pour ainsi commettre une « énorme erreur » en tenant ce référendum. Il a ensuite pointé les risques de sécession de l’Écosse et de l’Irlande du Nord.  (…)

Greenspan a ensuite critiqué la fausse reprise que l’on essaie de nous vendre, avertissant que le problème fondamental réside dans le fait que la croissance de la productivité ne progresse plus. (…)

Évidemment, Greenspan ne parle pas de son propre rôle dans les créations de ces cycles artificiels d’expansion et de récession qui ont généré des bulles toujours plus dangereuses qui font peser le risque de l’hyperinflation, qui pourrait être déclenché par les hélicoptères monétaires et autres interventions. À ce titre, l’économiste de 90 ans, lorsqu’il cherche des solutions, regarde plutôt en arrière et non en avant. Sa recommandation est simple, le standard or :

« Si nous réadoptions le standard or en adhérant à sa structure telle qu’elle existait avant 1913, ce serait viable. Rappelez-vous que la période 1870 à 1913 fut l’une des périodes les plus agressives, économiquement parlant, que nous avons connu aux États-Unis. Et ce fut l’âge d’or du standard or. On m’étiquette comme un « gold bug » et on se moque de moi, mais pourquoi les banques centrales possèdent aujourd’hui de l’or ? »

Oui, pourquoi ? Nous avons souvent posé cette question rhétorique.

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Ron Paul

Article de Ron Paul, publié le 9 juin 2016 sur DailyReckoning.com :

« 34 ans après sa première publication en 1982, « The Case for Gold » (les arguments en faveur de l’or) reste incroyablement actuel. « The Case for Gold » est le rapport minoritaire de la US Gold Commission ; il s’agit d’un plaidoyer complet et poussé pour une monnaie saine.

Aujourd’hui, le Case for Gold reste une pièce intemporelle d’érudition. Elle offre aux générations futures un avertissement prescient ainsi que la voie à suivre pour se doter d’une monnaie saine et d’un dollar stable.

Lorsque mon collègue de la commission Lewis Lehrman et moi-même avons soumis ce rapport minoritaire, 10 ans avaient passé depuis l’enterrement définitif des vestiges du standard or via un décret exécutif de Richard Nixon. Ces 10 années d’interventions auraient dû nous montrer tout ce que l’histoire humaine nous enseigne :

Lorsqu’un pays adopte l’argent papier, qui peut être produit à l’infini, en tant que base de son système monétaire, les résultats ne peuvent être positifs pour la population. Les élites et le gouvernement peuvent bien s’en sortir pendant un certain moment, mais en bout de course c’est le peuple qui souffre. Les expérimentations à base d’argent papier, souvent adopté en tant que de solution temporaire, ne finissent jamais bien.

Les années 70 furent une décennie de malaise économique, résultat d’une dizaine d’années de politiques monétaires accommodantes de la part du gouvernement américain. L’hémorragie d’or des années 60 a poussé le président Nixon à annuler la convertibilité du dollar en or en 1971, coupant ainsi le dernier lien entre le dollar et l’or.

Les années suivantes furent le théâtre de l’émergence de la stagflation, lorsque l’inflation et le chômage grimpèrent de concert. Les taux d’inflation atteignirent les 2 chiffres à la fin de la décennie alors que le chômage continuait de grimper, plafonnant jusqu’à 11 % au début des années 80. C’est dans ce contexte économique que l’appel à la création de la US Gold Commission fut lancé.

En 1980, le sénateur Jesse Helms introduisit un amendement au Sénat, alors que j’en faisais de même à la chambre des représentants, afin d’établir une commission pour examiner l’utilisation de l’or dans le système monétaire. (…)

Si le président Reagan était favorable au standard or, il ne fit rien pour restreindre les membres anti or de son administration. Ce qui explique pourquoi la Gold Commission déborda de supporters de la Fed et de l’argent papier. Les dés étaient pipés dès le départ au détriment des partisans de l’or.

Malgré la recommandation finale de la commission en faveur du système de l’argent papier, ses travaux ont débouché sur des développements positifs, comme la possibilité d’adopter une législation autorisant la fabrication de pièces d’or par les monnaies des Etats du pays ainsi que la publication du rapport minoritaire de la commission, The Case for Gold. (…)

La majorité de la recherche historique de ce rapport fut effectuée par l’éminent économiste de l’école autrichienne Murray Rothbard. Il était le plus grand spécialiste de l’histoire monétaire américaine. Son travail montre très clairement que l’intervention du gouvernement dans les affaires monétaires atteint son pic durant les crises économiques. The Case for Gold explique toutes ces interventions, leurs effets désastreux ainsi que les étapes à suivre pour libérer les marchés et rendre à l’or son rôle légitime de monnaie tangible ultime.

Dans ce rapport, nous avions prédit que sans des changements substantiels, la nation ferait face à des difficultés économiques durables, à des cycles économiques, à la dépréciation du dollar, à l’alourdissement du poids du gouvernement et à la baisse continue des libertés individuelles. Malgré des illusions éphémères de prospérité en hausse qui se sont révélées être des soufflés, ces prédictions se sont indiscutablement réalisées.

Depuis cette époque, personne n’a œuvré pour réduire le poids du gouvernement. Simultanément, l’Américain moyen dispose moins de pouvoir d’achat qu’à n’importe quel moment depuis les années 70 alors que la valeur du dollar a chuté brutalement depuis 1971. Le revenu médian a à peine grimpé durant toute cette période. La dette d’un trillion de dollars de l’époque s’est muée en dette de 19 trillions.

Le système bancaire est cassé. Les contribuables et les épargnants sont pillés quotidiennement à des niveaux sans précédent pour maintenir en vie toute une série de banques zombies, des créances douteuses, un taux de chômage élevé, des faibles créations d’entreprises et un gouvernement en faillite. C’est pourquoi de nombreux jeunes n’ont aucun espoir pour leur avenir. (…)

Comment changer les choses ? Dans notre rapport de 1982, nous avions suggéré plusieurs pistes de réformes, comme redéfinir la valeur du dollar sur base d’une certaine quantité d’or, de nouveaux standards libéralisés pour le secteur bancaire et la monnaie, etc. (…)

Aujourd’hui, je suis enthousiaste de voir que les jeunes générations se passionnent pour ce sujet. Elles comprennent que la Fed n’est rien d’autre qu’une autre entité bureaucratique comme Washington. Elle est perçue en tant que menace pour leur futur. C’est positif. Il y a également beaucoup de pression sur la Fed pour qu’elle soit plus transparente. Aujourd’hui, son pouvoir est enfin remis en question.

Le système à base d’argent papier de la Fed est la source majeure de nos soucis économiques. Il explique pourquoi le Congrès ne peut contrôler ses dépenses, pourquoi il peut financer ses guerres et l’État policier. Le monopole de l’argent papier fausse les signaux économiques, il crée des cycles de boums et d’effondrements. Il vole les Américains avec la taxe insidieuse qu’est l’inflation. (…)

Le besoin de réforme n’a jamais été aussi urgent. Les raisons sont fondamentalement les mêmes que lorsque le rapport a été publié pour la première fois. Ces principes sont immuables. La liberté et la monnaie saine sont inséparables. La monnaie doit être rendue au peuple des mains du gouvernement et de l’appareil de planification de la banque centrale. Le socialisme ne fonctionne jamais, au contraire de la liberté. »

fin du dollar

Article de MarketWatch.com, publié le 5 avril 2016 :

« Jim Rickards maintient que l’or reste la véritable pierre angulaire du système monétaire international. Les gouvernements ont beau le dénigrer, de nombreux pays s’accrochent à leur métal tandis que la Chine et la Russie ne cessent d’en acheter.

Rickards est l’auteur des livres « The death of money » et « Currency wars ». Son dernier ouvrage, « The new case for gold », est sorti aujourd’hui. Il a répondu à 2 questions que nous lui avons posées, les réponses ont été éditées afin d’être synthétisées.

Market Watch : vous affirmez que le prochain effondrement monétaire sera déclenché par la perte de confiance dans le dollar. Pourquoi anticipez-vous cet effondrement ?

Jim Rickards : l’économie et les marchés sont des systèmes complexes. L’effondrement de systèmes complexes est une fonction exponentielle de l’échelle systémique.

La crise de 2008 fut axée autour des banques « too big to fail ». Depuis 2008, ces mêmes banques ont continué de grandir, contrôlent un pourcentage encore plus important des actifs bancaires aux États-Unis et ont augmenté leurs positions sur les produits dérivés. Cela ne fait que renforcer le risque d’effondrement, et sa sévérité. Cet événement pourrait dépasser en ampleur la Grande dépression. Simultanément, les politiques de soutien implémentées en 2008 et 2009 sont, pour la plupart, toujours en place. Ce qui signifie que le risque d’effondrement est plus grand et que les moyens pour les juguler ont déjà été utilisés, si bien qu’ils sont caducs.

L’unique bilan propre et source de liquidités restante dans le monde est le FMI, qui peut émettre en urgence des droits de tirage spéciaux. La marginalisation du dollar sera la compensation dont bénéficiera la Chine. Cette baisse de confiance dégénérera rapidement en une grave crise de confiance.

Market Watch : selon vous le, le pouvoir d’un pays se mesure par le ratio entre les quantités d’or qu’il possède et son PIB lorsqu’il s’agit de redéfinir les règles du nouveau système monétaire. Pourquoi la Chine a-t-elle besoin de posséder beaucoup d’or afin d’obtenir un siège de choix à la table des négociations ? Pourquoi les obligations américaines qu’elle possède ne sont-elles pas suffisantes ?

Jim Rickards : voici l’une des plus vieilles blagues du secteur bancaire : si je vous dois 1 million, j’ai un problème, mais si je vous dois 1 milliard, vous avez un problème. Tout simplement parce que je peux toujours faire défaut et vous laisser vous débrouiller avec votre papier sans valeur. Vu que les États-Unis doivent 2 trillions de dollars à la Chine, il s’agit de leur problème et pas du nôtre.

Les États-Unis feront défaut sur leur dette via l’inflation (il s’agit de la méthode américaine). La Chine en est bien consciente et achète donc de l’or en tant qu’assurance contre l’inflation frappant ses actifs libellés en dollars. »

Larry Lindsay

Pour Lawrence B. Lindsey, qui connaît très bien les rouages du système pour en avoir fait partie en tant que conseiller économique de Ronald Reagan et des deux Bush ou encore en tant que membre du comité de la Fed, la situation économique actuelle ne pourra être résolue qu’avec le retour d’un rôle au moins partiel de l’or dans le système monétaire. C’est ce qu’il a expliqué durant sa dernière interview sur KNW :

Eric King : vous avez parlé de la Fed et de la bonne méthode pour reprendre le contrôle de notre monnaie, pouvez-vous préciser ?

Larry Lindsay : Oui. Dans ma carrière, j’ai notamment été pendant 5 ans et demi un Gouverneur de la Fed. Si vous vous penchez sur notre histoire, et celle de nombreux autres pays, nous avons tendance à alterner entre l’argent papier et des pièces en métaux précieux comme l’or. Cela s’explique par le fait que chaque solution a ses avantages et ses inconvénients. Lorsqu’ils ont créé la Fed en 1913, ils ont tenté un système hybride : ils ont essayé d’adosser le dollar à l’or jusqu’à ce que celui-ci soit confisqué par Roosevelt. Ensuite, Nixon a refusé de donner l’or américain aux étrangers, c’est pourquoi nous sommes aujourd’hui dans un système purement papier.

Je me souviens que lorsque je passais un examen à l’école, on nous demandait souvent « quelle est la suite ? ». Voyons donc. On a papier, or, papier, or, papier…. Remplissez les petits points. En ce moment, nous sommes en train d’atteindre les limites des avantages de l’argent papier. Cela va se terminer mal et nous serons en face d’un problème.

Nous devons changer la Constitution pour avoir le droit d’effectuer des transactions avec un moyen de paiement autre que les billets de la Réserve Fédérale. Je pense que si nous avons ce droit, la Fed devra faire face à une concurrence et donc faire plus attention à ce qu’elle fait.

Eric King : Larry, quid du rôle de l’or à l’avenir ?

Larry Lindsay : si nous continuons de la sorte, je pense que nous devrons de nouveau donner un certain rôle à l’or au sein du système. Actuellement, le bilan de la Fed est juste au-dessus des 4 trillions de dollars. Cet argent se trouve soit dans nos poches, soit dans celles des banques. Cela correspond d’ailleurs à 13.000 $ par habitant. C’est avec une telle quantité d’argent qu’ils ont inondé le système. Il est très difficile de trouver à travers l’histoire des exemples de créations monétaires telles qui ne se sont pas finies en catastrophe. Je pense donc que le prochain président devra envisager une telle éventualité. »

Pr Antal Fekete

Interview d’Antal Fekete, célèbre mathématicien et monétariste,  par Anthony Wile publiée le 31 janvier 2016 sur TheDailyBell.com (ordre des questions modifié pour privilégier le contenu le moins technique) :

Anthony Wile : bonjour Pr Fekete. Il semble que nous soyons à l’aube d’évolutions économiques susceptibles de déboucher sur vos thèses concernant la déflation, la désinflation et les cycles monétaires. Pouvez-vous nous donner votre avis sur la situation actuelle et comment vos théories se matérialisent ?

Pr Antal Fekete : nous sommes sans aucun doute dans une dépression et une déflation encore plus sévère. Je les avais annoncées il y a longtemps. Elles ont été directement provoquées par les politiques monétaires contre-productives de la Fed et des autres banques centrales principales : la banque d’Angleterre, la BCE et la banque du Japon. Les taux directeurs quasi nuls de ces banques ont eu pour effet de détruire du capital dans les économies du monde entier y compris du capital financier outre le capital physique.

Anthony Wile : parlons désormais des taux d’intérêt négatifs qui apparaissent à travers le monde. Est-ce un premier pas vers une société sans argent liquide ? Les taux d’intérêt négatifs vont-ils pousser dans le dos l’argent électronique ?

Sur l’argent électronique

Pr Antal Fekete : les taux d’intérêt négatifs ne sont qu’une autre manifestation de la destruction du capital. Les taux négatifs sont absurdes aussi bien en théorie qu’en pratique tout comme l’argent électronique et la société sans argent physique le sont.

Anthony Wile : êtes-vous d’accord pour dire que l’argent liquide est obsolète ?

Pr Antal Fekete : il ne le sera jamais car par définition : l’argent liquide est l’actif le plus facilement vendable.

Anthony Wile : le désordre économique actuel a-t-il été planifié ou est-il le fruit des erreurs de banquiers centraux ?

Pr Antal Fekete : il est la conséquence directe de la doctrine keynésienne absurde disant que les opérations d’open market de banques centrales peuvent créer de la richesse à partir de rien. Cette doctrine ignore comment les spéculateurs obligataires réagissent aux actions des banques centrales. Ils se joignent à l’orgie d’achats des banques centrales pour réprimer davantage les taux. Il est difficile de parler d’erreur de calcul lorsqu’il s’agit d’une théorie déficiente.

Antal Fekete sur les perspectives de l’or et la politique de la Fed

Anthony Wile : l’or se prépare-t-il à émerger ?

Pr Antal Fekete : l’or est sur le point d’entrer en backwardation permanente qui se caractérise par une base négative. Le cours de l’or devient de plus en plus dénué de sens vu que personne ne souhaitera vendre du métal jaune en l’échange d’une devise non échangeable même les sociétés minières.

Anthony Wile : Janet Yellen a-t-elle mal planifié sa hausse des taux ?

Pr Antal Fekete : la pauvre Janet ne sait pas ce qu’elle fait. Elle croit conduire une voiture mais son volant ne contrôle pas la colonne de direction. Au mieux son action est négative : lorsqu’elle souhaite tourner à droite, le véhicule se dirige vers le fossé de gauche et vice versa.

Anthony Wile : la Fed relèvera-t-elle à nouveau ses taux ?

Pr Antal Fekete : si elle le fait, elle se tirera une balle dans le pied. Des taux plus élevés couleront le marché obligataire ainsi que le système monétaire international. Cette décision minera la Tour de la Dette ainsi que le colosse des produits dérivés pour provoquer leur effondrement.

Anthony Wile : les banques centrales tentent de stimuler l’économie via des mesures monétaires. Ne devraient-elles pas laisser le système banquier se désintégrer vu qu’il s’agit de la seule solution pour sortir de la dépression actuelle ?

Pr Antal Fekete : je suis d’avis qu’il n’y a pas de bonne solution pour la Fed mais si elle agissait ainsi, elle ne ferait qu’admettre sa propre incompétence.

« Que feriez-vous si vous étiez à la tête de la Fed ? Je démissionnerais » (Antal Fekete, paraphrasant Mises) »

Anthony Wile : que feriez-vous si vous étiez à la tête de la Fed ?

Pr Antal Fekete : je répondrai de la même façon que Ludwig von Mises qui a dit lorsqu’on lui a posé la même question : « je démissionnerais ».

(…)

Sur le risque d’effondrement financier, de faillites bancaires et bank runs

Anthony Wile : nous dirigeons-nous vers un effondrement financier qui balayera les devises mondiales et le système financier ? Est-ce vraiment le souhait des banques centrales ?

Pr Antal Fekete : la probabilité d’un effondrement financier est très élevée. (…)

Anthony Wile : assisterons-nous à des effondrements bancaires et à des bank runs dans les semaines ou les mois à venir ?

Pr Antal Fekete : c’est possible mais pas dans les semaines ou les mois à venir. Ce sera plus tard, d’ici la fin de la décennie.

Anthony Wile : revivons-nous les débuts de la Grande dépression ?

Pr Antal Fekete : oui sauf que cette fois, c’est bien pire.

Anthony Wile : il a fallu une guerre mondiale pour remettre sur pied l’économie après la Grande dépression. Est-ce une possibilité aujourd’hui ?

Pr Antal Fekete : aucune méthode scientifique ne permet de prédire le futur. Heureusement, il y a cette fois un gouvernement à la tête froide celui de la Chine, à côté de ceux impétueux des États-Unis et de la Russie, qui pourrait calmer les esprits.

Anthony Wile : quels scénarios pouvons-nous envisager vu la situation économique actuelle ?

Pr Antal Fekete : l’Occident se fait hara-kiri en permettant à son or de migrer vers la Chine et l’Inde mais ne retenez pas votre souffle dans l’attente d’un yuan ou d’une roupie adossée à l’or. Ces gouvernements sont résolument socialistes. Pour eux, un standard or est un anathème. Après l’effondrement du dollar il y aura un vide monétaire. Un authentique standard or émergera ensuite après qu’un comité ait étudié la question et rendu sa décision.

Anthony Wile : si vous étiez un investisseur des classes moyennes, que feriez-vous pour vous protéger ? Acheter des armes ? De l’or ? Des vivres ?

Pr Antal Fekete : j’achèterais les trois. Un mot concernant l’achat d’or. Ce dont vous avez vraiment besoin, ce n’est pas vraiment d’or physique mais d’un « revenu en or ». Vous devez donc posséder de l’or en petites dénominations. Par exemple, la monnaie canadienne vend de l’or en paquets de 125 g qui consistent en 125 pièces d’un gramme. C’est parfait pour vos besoins de revenus en or en cas de besoin.

Sur la mort du dollar

Anthony Wile : assistons-nous à la fin du dollar ? Le billet vert est-il en train de mourir ou déjà mort malgré sa vigueur actuelle ?

Pr Antal Fekete : le système du pétrodollar comme je préfère l’appeler est en train de mourir comme le montre la chute du cours du pétrole. La vigueur actuelle du dollar est comme une poule qui court sans tête. L’objectif est de tromper les non-initiés. (…)

Anthony Wile : vu la situation actuelle, comment les prévisions rothbardiennes et misesiennes sont-elles réfutées à votre avis ?

Pr Antal Fekete : les prévisions rothbardiennes et misesiennes se basent sur la théorie quantitative de la monnaie. Selon elle et si elle était correcte, nous devrions avoir de l’inflation au lieu de la déflation suite à la prolifération miraculeuse de la quantité de monnaie, de crédit et de dette.

Anthony Wile : nous devons faire la distinction entre la déflation des prix et la déflation monétaire. Nous assistons à une désinflation des prix ou à une déflation dans le contexte de l’éclatement des bulles des actifs. Rothbard n’a-t-il pas expliqué cela ou avez-vous l’impression que c’est uniquement concentré sur la déflation de type monétaire ?

Pr Antal Fekete : je ne reconnais qu’une seule déflation, celle des actifs. Ce que vous appelez déflation des prix n’est qu’un symptôme, il ne s’agit pas d’une condition économique indépendante. Vu la destruction délibérée de la valeur des devises par les banques centrales, le commerce mondial s’effondre en conséquence et à un rythme alarmant.

Anthony Wile : le débat entre Milton Friedman et Rothbard tournait autour de la responsabilité de la Fed dans l’émergence de la Grande dépression, n’est-ce pas ? Rothbard pensait que l’inflation monétaire avait tellement déséquilibré l’économie qu’elle devait s’effondrer. Friedman pensait que les actions de la Fed en 1929 ont précipité le crash boursier. Rappelez-nous votre avis sur la question ?

Pr Antal Fekete : n’oubliez pas que Friedman était un autre grand partisan de la théorie quantitative de la monnaie. Son diagnostic de la déflation de 1929 est aussi erroné que celui de Rothbard. En compagnie de Mises, ils ont ignoré le fait que la baisse des taux d’intérêt engendre une large destruction de capital qui est rarement reconnue mais qui n’en est pas moins bien réelle. Aujourd’hui, les économistes post-Mises de l’école autrichienne commettent la même erreur. Ils ne perçoivent pas la destruction en cours du capital réel et financier. »

Revoir l’interview d’Antal Fekete chez Max Keiser

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lingot et pièces d'or

George Gilder, investisseur, écrivain et économiste américain est célèbre pour avoir prédit l’avènement de technologies comme les micropuces et Internet. Dès 1990, il avait prédit dans un livre intitulé Life After Television (la vie après la télévision) que les ordinateurs allaient rendre la télévision obsolète, une prédiction qui est en train de se réaliser 25 ans plus tard ! Dans son dernier livre, Gilder explique pourquoi le standard or devrait remplacer le système monétaire actuel.  Article de Jerry Bowyer, publié le 23 décembre 2015 sur Forbes.com :

« Dans son livre paru récemment, “The 21st Century Case For Gold”, George Gilder retourne l’argument contre ceux qui dénigrent le standard or en le qualifiant de relique barbare. Pour Gilder, les monnaies papier fluctuantes sont LA relique du passé. Elles sont totalement inadaptées à notre monde moderne, rendues indéfendables par la théorie de l’information moderne. Elles sont également une source majeure de corruption politique et économique ainsi que l’une des barrières les plus significatives au progrès.

Le standard or est devenu quelque chose considéré comme « rétro ». Qualifié de système ancien datant de l’avant keynésianisme, de l’avant modernisme, un vestige du passé datant de la Première Guerre mondiale. Gilder, pourtant, est un homme qui se propulse dans l’avenir. Il s’agit d’un prévisionniste technologique qui fut l’un des premiers à mesurer le potentiel de la micropuce et ensuite à comprendre l’importance grandissante d’Internet. Il fut également l’un des premiers à prédire l’avènement du Cloud Computing. Gilder a tout d’un technophile, un profil aux antipodes d’un nostalgique tourné vers le passé.

Qu’est-ce qui a donc pu pousser un homme comme George Gilder à se tourner vers le standard or ? Les mathématiques qui ont commencé à faire leur apparition vers la moitié du 20e siècle sont les mathématiques de l’inconnu. Elles apparaissent aux limites des calculs infinitésimaux et d’autres systèmes mathématiques basés sur un futur déterministe. Elles concernent l’incomplétude de notre système (Kurt Gödel) ou la dissimulation intentionnée d’information (la cryptographie) ainsi que la révélation d’informations jusqu’alors inconnues (Claude Shannon) et l’écartement de certaines possibilités.

Ces nouvelles disciplines rendent l’or plus attractif que les branches les plus anciennes des mathématiques. Isaac Newton a développé à la fois le calcul et le standard or britannique mais même lui n’était pas en mesure de comprendre l’avantage majeur de ce système. Les mathématiques, euclidiennes aux calculs infinitésimaux, concernent le comptage de ce qui peut être vu : un nombre, un espace, une masse. Le calcul infinitésimal a ajouté du mouvement aux formules statiques des mathématiques anciennes mais sans parvenir à transcender les catégories matérielles. Pourtant, notre monde se différencie par un fossé de taille qui consiste à être capable de mesurer quelque chose de non matériel et non spatial : l’information. La théorie de l’information ainsi que le théorème de l’incomplétude rendent l’avènement de l’âge de l’information possible.

C’est ce qui nous amène à l’or. La théorie de l’information se base sur la distinction entre le canal et le signal. Le signal nous parvient via un canal, que ce soit un câble ou une onde radio. La clé pour faire la distinction entre le canal et le signal réside dans la capacité de reconnaître ce qui provient du canal et de ce qui nous parvient à travers le canal. Si un receveur connaît à l’avance les fluctuations engendrées par le canal, celles-ci pourront être anticipées, reconnues et supprimées. Pour cette raison, le signal est une partie du message qui comprend une surprise.

Les marchés sont un système d’information. Hayek le savait. L’argent est le canal, le prix est le message. Si la monnaie se base sur une unité stable alors la fluctuation des prix doit représenter le signal. La hausse du prix remonte une information, par exemple une augmentation de la demande mais si l’unité de mesure fluctue, comment est-il possible de mesurer l’influence du canal sur le signal ? Le prix augmente-t-il en raison de la demande pour un produit ou de la dévaluation de la monnaie ? L’entrepreneur en est réduit à devoir deviner. Le prix des maisons augmente peut-être car les gens veulent habiter de plus grandes maisons. Dans ce cas, l’augmentation est justifiée mais quid si les prix augmentent parce que le marché du crédit hypothécaire est l’endroit où la création monétaire a d’abord atterri dans l’économie ? Si c’est le cas, il y a une bulle immobilière.

Les arguments en faveur de l’or ont toujours été plus forts que ceux des devises papier mais la théorie de l’information ne fait que renforcer son attrait en révélant de façon encore plus évidente sa supériorité en tant qu’unité monétaire stable. Une monnaie stable est la seule façon d’éliminer les parasites du signal. Non seulement la technologie de l’information requiert la distinction adéquate entre le signal et le bruit dans les systèmes technologiques mais aussi dans le système financier. (…) »

Voici la traduction d’un nouvel article incontournable de Jim Rickards, publié le 28 mai 2015 sur Daily Reckoning, qui fait le parallélisme entre l’émergence et la chute de la livre sterling en tant que monnaie de réserver et le dollar. Selon Rickards, cette chute aura lieu lentement mais sûrement ; le processus a d’ailleurs démarré en 2010 :

« Les forces qui ont fait du dollar la monnaie de réserve internationale seront les mêmes qui provoqueront sa chute.

Les 22 juillet 1944, la conférence de Bretton-Woods arrivait à son terme dans le New Hampshire. 730 délégués en provenance de 44 nations s’étaient rassemblés au Mount Washington Hotel durant les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale pour élaborer un nouveau système monétaire international.

Les délégués savaient très bien que les échecs du système monétaire international au lendemain de la Première Guerre mondiale avaient semé les graines de la seconde. Ils étaient donc déterminés à créer un système plus stable qui empêcherait les courses vers le bas que sont les guerres des devises, les guerres commerciales et autres dérives pouvant mener à la guerre tout court.

C’est à Bretton-Woods que le dollar fut officiellement désigné monnaie de réserve internationale de premier choix, un statut qu’il détient toujours aujourd’hui. Dans le cadre du système de Bretton-Woods, toutes les devises majeures disposaient d’un taux de change fixe par rapport au dollar. Le dollar lui-même était adossé à l’or au taux de change fixe de 35 $ par once. Ce qui signifie qu’indirectement, toutes les autres devises disposaient d’un taux de change fixe par rapport à l’or en raison de leur arrimage au dollar.

Les devises pouvaient être dévaluées par rapport au dollar et donc par rapport au métal jaune en cas de permission du FMI. Cependant le dollar ne pouvait être dévalué, du moins en théorie. C’était la pierre angulaire du système qui devait être arrimé à l’or de façon permanente.

Entre 1950 et 1970, le système de Bretton-Woods a plutôt bien marché. Les partenaires commerciaux des États-Unis qui empochaient des dollars pouvaient les convertir en obligations américaines ou être payés en or en vertu du taux de change fixe.

En 1950, les États-Unis possédaient environ 20.000 tonnes d’or. 2 décennies plus tard, ils n’en possédaient plus que 9000 tonnes. La différence de 11.000 tonnes est partie en direction des partenaires commerciaux des États-Unis principalement l’Allemagne, la France et l’Italie qui convertissaient leur surplus de dollars en or.

Avant Bretton-Woods, la livre sterling occupait le rôle de monnaie de réserve et ce depuis 1816 soit la fin des guerres napoléoniennes et l’adoption officielle du standard or par la Grande-Bretagne. De nombreux observateurs estiment que la conférence de Bretton-Woods provoqua le remplacement de la livre sterling par le dollar. Mais en fait, ce processus se déroula progressivement en 30 ans entre 1914 et 1944.

Le véritable tournant eut lieu entre juillet et novembre 1914 lorsqu’une panique financière déclenchée par le début de la Première Guerre mondiale mena à la fermeture des bourses de Londres et de New York ainsi qu’à une ruée mondiale sur l’or afin de remplir ses obligations financières. Au départ, ce fut la pénurie d’or aux États-Unis. Wall Street fut fermée pour empêcher les Européens de vendre leurs actions et d’échanger leurs dollars en or.

Mais quelques mois plus tard, les exportations massives des États-Unis vers l’Angleterre généraient une balance commerciale positive. L’or se mit à voyager dans l’autre sens et les banques commencèrent à accorder d’énormes crédits de guerre au Royaume-Uni et à la France. À la fin de la Première Guerre mondiale, les États-Unis étaient devenus une nation créditrice majeure et un gros détenteur d’or. Le statut du dollar en tant que monnaie de réserve se mit donc à croître.

Par la suite, le dollar et la livre sterling se sont disputé le titre de monnaie de réserve internationale. En fait, l’intervalle entre 1919 et 1939 fut la seule période durant laquelle le monde utilisa 2 monnaies de réserve côte à côte.

Finalement en 1939, l’Angleterre interrompit ses envois d’or en raison de ses efforts de guerre, le rôle de la livre diminua donc. La conférence de Bretton-Woods fut simplement la reconnaissance d’un processus qui avait démarré en 1914.

La façon dont le dollar a atteint son statut en 30 ans est très importante à comprendre pour appréhender la situation d’aujourd’hui. Le détrônement du dollar n’arrivera pas nécessairement du jour au lendemain. Il est bien plus probable que cela se fasse de façon lente et continue.

Les premiers signes sont visibles. En 2000, les actifs en dollars totalisaient environ 70 % des réserves globales. Aujourd’hui, ce chiffre est descendu à 62 %. Si cette tendance continue, on pourrait rapidement passer en dessous de la barre des 50 % dans un futur relativement proche.

Il est évident qu’aujourd’hui, une nation créditrice émerge comme ce fut le cas avec les États-Unis en 1914. Cette puissance, c’est la Chine. Les États-Unis ont accumulé beaucoup d’or entre 1914 et 1944. Ce que fait la Chine aujourd’hui.

Officiellement, la Chine affirme qu’elle possède 1054 tonnes d’or. Néanmoins, ces chiffres n’ont plus été mis à jour depuis 2009. Entre-temps, elle a accumulé des milliers de tonnes d’or sans rapporter ses acquisitions au FMI ou au WGC.

Sur base des données disponibles en termes d’importations et de production des mines chinoises, on peut estimer que le gouvernement chinois et les particuliers possèdent plus de 8500 tonnes d’or. En admettant que le gouvernement en possède la moitié, cela signifie que la Chine posséderait 4250 tonnes d’or, soit une augmentation de 300 %. Il ne s’agit évidemment que d’estimations. (…)

La Chine accumule de l’or différemment par rapport aux États-Unis, mais elle le fait tout de même. (…) Elle n’est pas la seule sur cette voie, la Russie a doublé ses réserves d’or durant les 5 dernières années et n’a quasi pas de dette. L’Iran importe également énormément d’or, principalement via la Turquie et Dubai même si on ignore les quantités exactes, qui sont un secret d’État. (…)

Quelles sont les implications pour vous ? Une fois de plus, l’histoire est très instructive.

Durant les heures de gloire de la livre sterling, son taux de change était remarquablement stable. En 2006, la Chambre des Communes a publié l’historique de la valeur de la livre sur 255 ans (voir ci-dessus).

En 1751, l’index de la livre s’élevait à 5,1. Il y a eu des fluctuations en raison des guerres napoléoniennes et de la Première Guerre mondiale mais même jusqu’à 1934 l’index n’était qu’à 15,8, ce qui signifie que les prix n’avaient que triplé en 185 ans.

Mais lorsque la livre a perdu son rôle de monnaie de statut de réserve au profit du dollar, l’inflation a explosé. L’index a atteint 757,3 en 2005. Autrement dit, durant les deux siècles et demi couverts par l’index, l’inflation s’est élevée à 200 % durant les 185 premières années pour ensuite exploser à 5000 % dans les 70 années suivantes.

La stabilité des prix semble être la norme pour une monnaie de réserve mais lorsque ce statut est perdu, l’inflation prédomine.

Le déclin du dollar en tant que monnaie de réserve a démarré en 2000 avec l’émergence de l’euro et s’est accéléré en 2010 avec le début d’une nouvelle guerre des devises. Ce déclin est désormais amplifié par l’émergence de la Chine en tant que créditeur majeur et puissance sur le marché de l’or mais aussi par la nouvelle alliance anti dollar des BRICS, de l’Iran et d’autres. Si l’histoire devait se répéter, l’inflation du dollar américain devrait suivre. (…)

Ceux qui s’attendent à un effondrement brutal du dollar passent peut-être à côté de son long déclin, moins spectaculaire mais tout aussi important. L’effondrement du dollar a déjà démarré. C’est maintenant qu’il faut vous assurer contre l’inflation. »

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L’un des grands spécialistes mondiaux du standard or, pour ne pas dire le meilleur, explique dans cette vidéo d’une demi-heure quels sont les avantages de l’or, l’argent papier, l’euro, le standard or et le futur de notre système financier.