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Stanley Fischer

inflation médiane

Interview de Stephen Leeb, publiée le 24 septembre 2016 sur King World News :

La décision de la Fed de la semaine dernière concernant le statu quo sur les taux est tout sauf une surprise. Après tout, avant son annonce, les chances d’une hausse des taux s’élevaient à environ 20 %. Seuls 2 des 23 acteurs majeurs du marché obligataire américain voyaient éventuellement une hausse, mais sans en être sûr. Malgré tout, les marchés ont repris un second souffle : les marchés actions ont grimpé pendant 2 jours, l’or et les matières premières ont suivi, même s’ils se sont essoufflés vendredi.

Mais si la décision de la Fed de ne pas toucher à son taux directeur ne fut pas véritablement significative, les circonstances du vote le sont. Tout d’abord, parmi les 10 membres du Comité, dont la présidente Janet Yellen, il y avait 3 contestataires, un nombre inhabituellement élevé. Pour Eric Rosengren de la Fed de Boston, l’un des 3 contestataires, c’est une surprise. Jusqu’à présent, c’était l’un des membres les plus conciliants de la Fed. Il a clairement effectué un virage à 180 degrés.

Toujours plus de propagande de la part de la Fed

Pour expliquer son vote, Rosengren a déclaré : « les progrès économiques réalisés depuis le dernier serrage de vis de décembre pourraient à eux seuls être suffisants pour justifier une nouvelle hausse de l’objectif de taux… Cependant, c’est en considérant les implications de la politique actuelle pour la pérennité de l’expansion (économique) que l’argument en faveur de la hausse des taux est devenu encore plus convaincant. »

Waouh, que se passe-t-il avec les écrans de fumée de la Fed ? Voici quelqu’un qui a gagné ses galons de chercheur à la Fed, qui a réussi ses études universitaires avec mention d’excellence, qui a un doctorat d’économie en poche, (…) et qui nous dit de but en blanc que nous risquons une récession en cas d’absence de hausse des taux.

L’un des autres membres du comité de la Fed de renom qui s’est rangé à la majorité, contre le relèvement des taux, est Stanley Fischer, le vice-président. C’est aussi révélateur. Dans ses commentaires précédant le vote, Fischer avait fait connaître sa posture agressive. Je doute grandement qu’il ait changé d’avis à propos de l’intérêt d’une hausse des taux. La raison de son vote en faveur du statu quo est certainement plus politique qu’économique. Fischer est sans aucun doute l’un des membres les plus respectés du Comité de la Fed. Il fut le mentor d’économistes de renom comme l’ancien patron de la Fed Ben Bernanke. Ayant la double nationalité américaine et israélienne, il a officié à la tête de la banque centrale d’Israël durant les 8 années où ce pays a connu une forte croissance économique. Il fut également l’économiste en chef de la Banque Mondiale.

Si Fischer avait rejoint les rangs des contestataires, la grande nouvelle à la clôture de la réunion n’aurait pas été la décision prise, à savoir des taux inchangés, mais l’opposition sans précédent à la majorité. Opposition menée qui plus est par son vice-président, qui est également l’économiste le plus chevronné du lot. Autrement dit, le chaos qui règne à la Fed aurait fait la une des journaux.

Une Fed dans le chaos, avec Fischer menant la charge, aurait été perçu comme un vote de défiance envers l’ensemble de l’entité, ce qui aurait pu engendrer des conséquences graves. Donc bravo à Fischer pour avoir mis son doigt pour colmater la fuite du barrage. Malheureusement, elle est loin d’être la seule dans notre environnement économique.

Comment la Fed justifie son inaction

La justification principale de la Fed pour expliquer son inaction est le manque d’inflation. Mais il s’agit d’histoires. Observez le graphe ci-dessus, fourni par la Fed de Cleveland et qui montre l’inflation médiane, à savoir le rythme auquel le prix des biens moyens augmente.

Le chiffre actuel est de 2,6 %, ce qui est plus élevé que la moyenne de ces 20 dernières années tandis que la courbe est en progression. Dire que l’inflation est sous contrôle est un pur non-sens. Seules les matières premières, et particulièrement le pétrole et les denrées alimentaires, ont vu leur niveau d’inflation être contrôlé. Tout le reste connaît une hausse supérieure à la moyenne de ces 20 dernières années.

Vu que l’alimentation et l’énergie sont en baisse pour des raisons exceptionnelles et que ces 2 éléments vont grimper avec quasi-certitude, on peut parier que l’inflation globale va commencer à augmenter à un rythme élevé. La Fed est en train de bricoler alors que l’économie commence à brûler. La combinaison de l’inflation, de la hausse du pétrole et de la croissance en berne ont mené au crash de 2008. Nous nous dirigeons très rapidement vers un scénario similaire.

Comme je l’ai dit la semaine dernière, ne commettez pas l’erreur de considérer l’or qui vivote (il pourrait même tomber en dessous de 1300 $ dans les semaines à venir) comme un signe d’une inflation basse à venir. Dans notre monde, un or en forte hausse serait un message politique trop négatif. Si les institutions occidentales telles que la Banque des Règlements Internationaux, qui a le pouvoir d’affecter le cours de l’or (même si ce pouvoir est en baisse), le laissait évoluer librement, il aurait déjà fortement grimpé. (…)

En bref, la Fed attend un miracle qui ne se produira pas. L’or attend patiemment l’avènement de son règne monétaire mondial. La Chine l’a bien compris. L’ascension de l’or est également l’ascension de la Chine. Récemment, Caixin, agence de presse chinoise, a publié un article de prime abord innocent concernant les droits de tirage spéciaux. Au milieu de cet article on pouvait lire le paragraphe suivant :

« Les droits de tirage spéciaux sont un actif spécial de réserve international créé par le FMI pour compléter les réserves officielles de ses pays membres vu que les 2 autres actifs clés majeurs, l’or et le dollar, se sont montrés inadéquats pour soutenir l’expansion du commerce mondial et des flux financiers. »

L’ascension de l’or jusqu’à 26.000 $

Ceci à quelques implications cachées. Premièrement, cela signifie que les Chinois estiment que l’or et le dollar sont sur un pied d’égalité en tant que réserve. Deuxièmement, les DTS, dont le yuan fera bientôt partie, sont cruciaux pour maintenir le commerce mondial. Reste à déterminer le rôle que jouera l’or dans les DTS, mais on peut supposer qu’il sera égal à celui du dollar.

En fait l’or, lorsqu’il fera d’une manière ou d’une autre partie du panier de devises des DTS, de lui-même ou parce que le yuan y est adossé, disposera d’un poids initialement plus faible. Mais l’histoire montre que la valeur de l’or a augmenté 20 fois plus que les DTS. Je ne veux pas dire que l’or vaudra jusqu’à 26.000 dollars l’once car je vais passer pour un fou. Je me bornerai donc à dire que 20 fois 1300 $ est un chiffre très élevé… »

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Si vous vous demandez pourquoi l’or a bondi  ce 10 janvier 2014 fin d’après-midi (heure française), l’explication est simple : les chiffres de créations d’emplois aux États-Unis de décembre 2013 sont sortis, et ce fut une catastrophe. Seulement 74.000 emplois ont été créés en décembre, alors que le consensus attendait en moyenne 197.000 emplois.

Il s’agit du plus gros raté depuis décembre 2009. Cela n’a pas empêché le taux de chômage de chuter une nouvelle fois, passant de 7 à 6,7 %. Comme c’est devenu une habitude, cette baisse est due à une nouvelle chute du taux de population active. Aujourd’hui, plus de 91,8 millions d’Américains n’en font plus partie, il s’agit d’un nouveau record battu. En ce qui concerne le taux de participation, il faut remonter à 1978 pour trouver un chiffre aussi bas.

Pour justifier ces chiffres moribonds, le BLS a sorti de son chapeau la sempiternelle excuse du mauvais temps (apparemment, les prévisionnistes économiques n’avaient pas pris connaissance des conditions climatiques de décembre). Mais Obamacare a également été pointé du doigt, dans une moindre mesure. Cette statistique, qui permet d’obtenir l’intégralité des données des créations d’emplois pour 2013, permet également d’annoncer que 2013 aura créé moins d’emplois que 2012, malgré le trillion de dollars injectés par la Fed l’année dernière dans « l’économie » (les marchés) par la Fed. D’après ZeroHedge, le taux de chômage réel aux États-Unis serait de 11,5 %.

Chomage-Reel-USA-2013

En ce qui concerne la Fed, Stanley Fischer, ancien numéro 1 de la banque d’Israël, vient d’être nommé vice-président jusqu’en 2018 par Obama.

Dans les autre nouvelle dignes d’intérêt tombées aujourd’hui, citons également le Baltic Dry Index (prix du transport cargo) qui a chuté de 35 % durant les 2 dernières semaines. Une baisse est toujours enregistrée après les fêtes de fin d’année, mais celle-ci fut conséquente. Du jamais vu depuis 1984.

Source : articles du vendredi 10 janvier de ZeroHedge