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Stephen Leeb

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Bâtiment de la BRI

Interview de Stephen Leeb, publiée le 9 juillet 2016 sur KWN :

« En 2013, la banque des Règlements Internationaux (BRI), l’une des institutions les plus puissantes du monde, a commis une erreur fatale. Elle a snobé l’or ; je vais expliquer comment plus tard. Ce faisant, elle a contribué à la chute de l’or de 1800 $ l’once en octobre 2012 à moins de 1200 $ à la fin juin 2013, correspondant à une baisse massive de 35 % en seulement 8 mois. La tendance baissière s’est poursuivie jusqu’à la fin de l’année dernière lorsque l’or s’est retrouvé brièvement en dessous de 1050 $ l’once.

Oubliez l’impact sur les investisseurs positionnés sur l’or. La véritable tragédie est que le dédain de l’or de la BRI a préparé le terrain de l’insoutenable chaos économique d’aujourd’hui. Ironiquement, le monde a désormais désespérément besoin que l’or endosse un rôle monétaire plus important. Si les banques centrales n’agissent pas en ce sens, la planète risque de tomber dans un chaos dans lequel l’or saisira un tel rôle, qu’on le veuille ou non. Peu importe le scénario, l’or sera gagnant.

La tour de Bâle (BRI) – la banque centrale qui dirige vraiment le monde

Focalisons-nous à nouveau sur la BRI, connue pour être la banque centrale des banques centrales. En 2013 la BRI, au lendemain de la crise financière, eut pour mission de redéfinir les règles visant à s’assurer que les banques disposent des réserves tampons nécessaires pour qu’il n’y aurait pas de répétition de l’effondrement financier de 2008. Au pire de la crise, les banques étaient tellement à sec que General Electrics a presque failli ne pas pouvoir payer ses salariés par manque de liquidités. L’objectif était de créer des réserves suffisantes pour couvrir les sorties de liquidités durant une période de 30 jours sous tension extrême.

On pensait que la BRI allait inclure l’or dans les actifs financiers que les banques pouvaient utiliser pour constituer leurs liquidités. Mais, incroyablement, lorsque la BRI a publié ses recommandations connues sous le nom de Bâle III, l’or fut absent. Au lieu de cela, la BRI a inclus la dette souveraine, les actions courantes ainsi que les obligations au moins BBB+ en tant qu’actif acceptable, certains à une valeur moindre que leur valeur véritable.

Omettre l’or était extraordinaire en raison de la performance exceptionnelle du métal jaune. Entre le 30 septembre 2007 (lorsque la grande récession a démarré) jusqu’au 6 mars 2009, lorsque le marché a connu un plus bas, la progression de 26 % de l’or a scotché les autres classes d’actifs loin derrière. Seules les obligations américaines à long terme le talonnaient. Les obligations allemandes à 30 ans avaient perdu environ 20 %, tandis que les obligations britanniques à 20 ans avaient baissé d’environ 40 %. Le S&P500 avait plongé de 55 %. De plus, seules les obligations américaines étaient moins volatiles que l’or.

Autrement dit, d’un point de vue purement objectif l’or aurait dû constituer, et de loin, les réserves les plus adéquates. Pourtant, la BRI a préféré ignorer l’or en faveur des actions classiques et des obligations médiocres. Disons en passant que la livre sterling, qui fait partie des classes d’actifs acceptées en tanr que liquidités de sécurité à 100 % de leur valeur, est la devise d’un pays sur le point de couper ses liens avec l’Europe tout en devant à des étrangers environ 6 fois son PIB. Il est également frappant que les classes d’actifs qui ont été privilégiées par la BRI sont principalement celles qui peuvent être créées à volonté, à savoir via la création monétaire.

Les véritables motivations de la BRI alors que l’Occident se dirige vers une nouvelle catastrophe

Force est de constater que soit la BRI voulait provoquer une nouvelle crise, soit qu’elle avait d’autres objectifs. Le problème est que ces autres objectifs, même en étant atteints, garantissent virtuellement une nouvelle crise en bout de course – ce qui est exactement ce qui est en train de se dérouler.

La BRI, selon moi, avait pour objectif d’empêcher l’or d’être considéré comme une devise à pied d’égalité avec le dollar. Elle craignait que le métal jaune, le seul actif financier qui ne peut être créé à volonté, atteigne rapidement le statut d’actif financier privilégié s’il avait été considéré en tant que devise, devenant ainsi de facto la monnaie de réserve favorite. Le dollar aurait alors été confiné à un second rôle, avec des conséquences très incertaines pour les États-Unis.

3 ans plus tard, la BRI et les banquiers centraux occidentaux peuvent se satisfaire d’avoir atteint un objectif : le dollar reste la monnaie de réserve numéro 1. Mais à présent, vu que leur autre objectif était de protéger l’Occident d’un nouvel effondrement, ils doivent être bien moins satisfaits.

La BRI averti que l’économie mondiale est fortement exposée

Dans son rapport le plus récent, publié le 30 juin 2016, la BRI a concédé que les perspectives s’assombrissent, en écrivant :

« On pourrait parler de « trinité risquée » : croissance de la productivité anormalement basse… Niveaux mondiaux de dette à des niveaux historiquement élevés, ce qui soulève des risques pour la stabilité financière… et une marge de manœuvre remarquablement étroite qui fait que l’économie mondiale est fortement exposée. »

Mais au vu de ce que la BRI souhaitait en 2013, elle devrait bondir de joie. Après tout, la dette de haute qualité est une forme de liquidités qui est aujourd’hui plus qu’abondante, et qui pourra encore être créée à perte de vue. La création de dette est un cercle vicieux : plus il y a de dette, plus il y a de transactions liées à celle-ci et plus de dette est nécessaire pour constituer les réserves tampons. (…)

Si la BRI avait conféré à l’or le rôle qui lui revient, non seulement son prix aurait grimpé mais cette hausse du cours aurait réduit la nécessité de créer de la monnaie. Les perspectives de connaître le cercle vicieux dans lequel nous sommes auraient été amoindries. (…)

L’or a le dernier mot

Mais l’or est en train d’avoir le dernier mot, ainsi que la Chine. Ce sera la seule devise à rester debout lorsque le château de cartes s’écroulera. La BRI peut au moins rectifier son erreur, soit en incluant l’or en tant que réserves tampons à 100 % ou, peut-être, en accord avec le FMI, en incluant l’or dans le panier des droits de tirages spéciaux. Mais il pourrait déjà être trop tard pour sauver le rôle du dollar. Pourquoi ? À cause de l’or que la Chine a amassé.

En prenant en compte son fonds souverain, la Chine possède environ 4 trillions de dollars de réserves, dont un trillion seulement est composé d’obligations américaines. Comment sont investis les 3 trillions restants est un secret d’État. (…) Les 30.000 t d’or détenues par les banques centrales ont une valeur d’environ 1,2 trillion de dollars. La valeur de l’or détenu à des fins d’investissement est d’environ 1,4 trillion. Ce que nous voulons dire, c’est que la Chine a les moyens d’acheter quasi tout l’or disponible à la vente. Ne nous comprenez pas mal : je ne dis pas que la Chine va le faire, ou qu’elle possède 60.000 t d’or. Mais il est quasi certain qu’elle possède bien plus que les misérables 1800 tonnes qu’elle déclare avoir, ainsi que bien plus que les 8000 t que les États-Unis sont supposés détenir.

Nous pensons que la Chine possède assez d’or pour lui permettre d’imposer le nouvel ordre monétaire. La réalité est que la puissance économique s’est déplacée vers l’Orient et qu’il est probablement trop tard pour empêcher cette nouvelle donne. Il n’est cependant pas trop tard pour les investisseurs pour profiter des métaux précieux. (…) »

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or

Interview de Stephen Leeb, publiée le 26 mai 2015 sur KWN :

« Les Chinois ont pour intention de faire de l’or une composante active et importante du système monétaire. Cet événement boostera le cours de l’or.

C’est pourquoi je ne cesse de répèter aux lecteurs qu’ils doivent acquérir une quantité substantielle d’or physique. Aux États-Unis aucune banque ne vend de l’or physique dans ses agences. Alors qu’en Chine et au Moyen-Orient presque toutes les banques le font.

Signatures historiques de contrats entre la Chine et des sociétés minières

Avant cette interview, vous m’avez fait remarquer que la société minière étatique Zijin Mining Group vient de signer 2 accords dont un avec Barrick Gold, la plus grosse société minière du monde spécialisé dans l’or. Cet accord avec Barrick Gold a pour objectif de garantir à la Chine un approvisionnement en or encore plus important.

Lisez plutôt les commentaires du PDG de Barrick Gold, John Thornton :

« Une société minière du 21e siècle de carrure internationale et désireuse de devenir l’un des leaders de son industrie doit, par définition, avoir une relation privilégiée avec la Chine. C’est particulièrement vrai dans notre secteur : la Chine est devenue à la fois le plus gros producteur et le plus gros consommateur d’or ainsi qu’une source majeure de capital et d’expertise pour le développement futur des mines.

Notre partenariat avec Zijin est la première étape d’une collaboration stratégique à long terme avec l’une des sociétés minières les plus importantes de Chine. Il s’agit d’un partenariat à facettes multiples qui nous fournira de nombreuses opportunités significatives pour travailler main dans la main à long terme alors que nous continuons de créer de la valeur pour nos propriétaires respectifs. »

Voici également les commentaires du PDG de Zijin Mining Group, Chen Jinghe :

« Un partenariat stratégique avec Barrick est parfait pour Zijin, il s’agit d’une alliance puissante alors que nous souhaitons nous développer à l’international. (…) Barrick dispose d’une présence opérationnelle internationale importante ainsi que certains des meilleurs actifs du secteur de l’or tandis que nous avons un accès sans pareil au marché chinois ainsi qu’une ingénierie distinctive, la capacité de gérer des projets de construction et une technologie avancée. »

Il y a quelques semaines, j’ai également fait remarquer que la Chine a également conclu des partenariats avec la Russie. Ce qui signifie que les Chinois ne se satisfont plus d’acheter tout l’or physique disponible à travers le monde, ils veulent désormais également avoir un accès direct aux plus gros producteurs mondiaux. Les Chinois n’agissent pas ainsi car ils aiment contempler la couleur de l’or mais parce qu’ils veulent adosser leur monnaie au métal jaune. Lorsque ce cauchemar deviendra réalité, ce sera échec et mat pour le dollar donc la fin de l’hégémonie économique mondiale des États-Unis. »

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pièces d'argent

L’utilisation industrielle de l’argent est l’une des propriétés de ce métal qui permet de le différencier de l’or. Et d’après Stephen Leeb, interviewé sur KWN le 18 novembre, les besoins en argent de l’industrie vont aller crescendo dans les années à venir :

« La plupart des gens qui suivent les métaux précieux se focalisent sur l’or. J’en fais partie, mais l’argent est un métal fascinant. Il a probablement été utilisé en tant que monnaie avant l’or, mais il dispose également de nombreuses applications industrielles. Je me suis penché sur ce sujet récemment. Et j’en ai conclu que les perspectives pour l’argent sont plus positives que jamais.

La Chine travaille sur son problème très sérieux de pollution. Afin de le régler, la Chine mise notamment sur un plan de développement des panneaux photovoltaïques, qui contiennent de l’argent. Cela signifie que d’ici 2017, la demande en argent du secteur photovoltaïque représentera au moins 18 % de la demande.

Mais il y a encore mieux. L’AIE, l’agence internationale de l’énergie, aime le pétrole. Mais même cette agence a déclaré que de l’argent devra être fourni pour permettre la fabrication d’un parc de 4 térawatts ici 2050. Soit 4.000 gigawatts, ce qui est une quantité énorme.

Cela signifie que sur base annuelle, la planète va tripler sa consommation d’argent pour la production de panneaux solaires. Cela signifie également que si les objectifs de l’AIE sont atteints, la demande globale pour l’argent deviendra à terme 3 fois plus importante que les réserves mondiales.

Autrement dit, il n’y a pas assez d’argent existant pour répondre à cette future demande. Il faut également bien comprendre que nous ne parlons que de la demande pour le photovoltaïque, cela ne prend même pas en compte l’utilisation de l’argent en tant qu’investissement (pièces et lingots), ou pour d’autres applications industrielles.

Cela signifie donc que le cours de l’argent, ainsi que le cours des actions des sociétés minières qui produisent de l’argent, va atteindre des sommets dans les années à venir. Je ne peux pas vous promettre que l’argent ne baissera plus, mais je peux vous dire que d’ici 3 à 5 ans, le cours de l’argent dépassera allègrement les 100 $. Nous sommes à l’aube d’un tournant, les investisseurs doivent donc posséder de l’argent, ainsi que des actions de sociétés minières, avant que la folie démarre. »

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De par leur politique étrangère, les États-Unis sont en train de se mettre à dos le reste du monde. Après les BRICS qui ont décidé de créer leur propre banque concurrente au FMI, on assiste à un rapprochement de l’Allemagne, de la Russie et de la Chine, qui sont en train de former un nouvel axe selon Stephen Leeb (source).

 

« Vladimir Poutine, le président chinois Xi et la chancelière allemande se sont rencontrés à l’occasion de la Coupe du Monde au Brésil. Partout où l’on regarde, on voit ces 3 pays ensemble.

John Kerry a même demandé le soutien de la Chine dans ses négociations avec l’Iran. Bonne chance. La Chine aidera peut-être les États-Unis, mais elle fera ce qui va dans son intérêt, ainsi que celui de la Russie et de l’Allemagne. Ce sont les nouvelles règles du jeu.

Ces 3 pays se moquent des souhaits des États-Unis. En attendant, la guerre fait toujours rage en Ukraine. Cela signifie que petit à petit, les États-Unis perdent leur puissance et leur hégémonie. Il fut un temps où les États-Unis étaient la grande puissance dominante du monde, grâce à la puissance du dollar et de son armée. Cette époque est révolue. Pourtant, les États-Unis continuent de se comporter comme s’ils étaient le seul pays qui compte.

Aujourd’hui, la Russie court-circuite les États-Unis en Irak en leur ayant fourni des avions et d’autres armes pour faire face aux terroristes. L’Iran assiste également la Russie en Irak. La question est de savoir combien de temps le dollar pourra maintenir son statut alors que les États-Unis perdent jour après jour un peu plus de leur puissance.

Plus la puissance américaine baissera, plus l’or et l’argent deviendront attractifs. De plus, les ambitions photovoltaïques de la Chine signifient que le pays accaparera 25 à 30 % de la production mondiale pour son projet de panneaux solaires. Cette demande supplémentaire ne sera pas comblée par une augmentation de l’offre.

Résultat des courses, le cours de l’argent devra augmenter. Il s’agit de l’une des raisons qui feront que l’argent dépassera les 100 $ l’once. Même si la manipulation continue, elle ne pourra pas faire plus de dégâts que ce que l’on a vu ces derniers jours, à cause de la demande sur le marché physique.

La Chine vient juste d’annoncer qu’elle dispose de presque 4 trillions de dollars de réserves. C’est pourquoi je m’amuse de lire les articles de Bloomberg à propos de la dette en Chine et de leurs dépenses. Ils sont assis sur des réserves de 4 trillions de dollars. C’est pourquoi ils pourront continuer à accumuler énormément d’or. (…)

Dès que la Chine, la Russie et l’Allemagne auront suffisamment assez d’or, ils formeront un nouveau bloc monétaire, qui sera adossé au yuan, au mark, au rouble et à l’or. C’est la raison pour laquelle la Fed ne rendra pas à l’Allemagne son or. (…)

La Fed a promis de rendre 300 tonnes des 1436 tonnes d’or que l’Allemagne possède à New York, mais jusqu’à aujourd’hui, seulement 5 tonnes ont été expédiées, pour les raisons énoncées ci-dessus. Si l’Allemagne souhaite acquérir de l’or, elle devra en acheter sur le marché. »

Stephen Leeb est toujours aussi enthousiaste à propos de la Chine. Voici ses derniers commentaires concernant le les évolutions de l’empire du Milieu (source), ainsi que sur le futur de l’argent :

argent cours lingot pièce

« La Banque Mondiale a déclaré que la Chine était déjà peut-être la première puissance économique mondiale, et qu’en tout cas elle le serait d’ici la fin de l’année prochaine. Les Américains ont réagi en disant ‘et alors’. Les Chinois de leur côté ont dit ‘ non ce n’est pas vrai. Les statistiques sont erronées, et même si nous sommes la première puissance économique, le pouvoir d’achat par habitant reste très bas. Nous sommes un pays pauvre.’

L’un des livres les plus étudiés en Chine, c’est l’Art de la Guerre de Sun Tzu. L’un des principes préconisés est de montrer à tout le monde ses faiblesses tout en cachant ses forces. C’est vrai qu’en termes de revenu par habitant, la Chine est à la traîne.

Mais en ce qui concerne son infrastructure énergétique, la Chine est loin d’être à la traîne. Il est difficile de régner sur le monde sans énergie. Cela fait des décennies que la Chine travaille sur son approvisionnement énergétique. Entre 2011 et 2015, la Chine va installer l’équivalent du réseau électrique américain existant. C’est énorme.

Par habitant, le réseau électrique chinois sera 5 fois plus dense que celui des États-Unis. On parle souvent du retard technologique de la Chine, mais en ce qui concerne son réseau électrique, elle est à la pointe. Ses câbles à haute tension et ses connecteurs sont les plus rapides du monde.

Un réseau électrique moderne doit être capable d’intégrer toutes sortes d’énergie, du charbon au solaire. Et pour rebondir sur l’énergie solaire, à laquelle l’argent est nécessaire, j’estime que ce métal est extrêmement bon marché. D’ici 5 ans, l’argent coûtera plus de 100 $ l’once. Non seulement il s’agit d’un métal précieux, mais également d’un métal industriel, très important pour le photovoltaïque, qui est très utilisé en Chine.

Je ne peux pas expliquer pourquoi l’argent est si bon marché. Tout ce que je sais, c’est qu’il est sous-évalué. À vrai dire, pourquoi se poser la question ? Peu importe, et profitez-en pour en acheter. Malgré la propagande concernant les gaz de schiste, les États-Unis n’atteindront jamais l’indépendance énergétique. Ils vont devoir continuer à mendier leur énergie à l’étranger.

La Chine dispose par contre de toute l’énergie dont elle a besoin. Elle a conclu un pacte très solide avec la Russie. Non seulement la Russie a de l’énergie, mais elle est toute proche de la Chine, tout en étant un point de passage obligé entre celles-ci et l’Europe, notamment l’Allemagne.

Pour en revenir à la Chine, les municipalités sont en train de vendre certaines entreprises d’État actuellement très peu efficientes. Cela va permettre de faire rentrer de l’argent frais. Cela ne va pas écarter certains risques de défaut d’entités locales, mais cela va améliorer la productivité du pays. (…)

En attendant, les États-Unis exploitent les gaz de schiste en disant : ‘pas de souci, pas besoin d’infrastructure’. Ce n’est pas avec cet état d’esprit que nous obtiendrons notre indépendance énergétique. Je suis un Américain qui se fait beaucoup de souci pour mon pays en ce moment.

Vous devez vous protéger de cette arrogance américaine, qui provoquera la chute du dollar. Je ne connais pas de meilleure méthode que de posséder de l’or et de l’argent pour y parvenir. J’aimerais dire un jour que l’Occident applique les bonnes politiques, mais je ne vois rien venir. Dans 5 ans, on se souviendra de cette époque comme du temps où on pouvait acheter de l’argent pour moins de 20 $, alors qu’il s’échange à plus de 100 $ l’once.

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Les Allemands ont beau être idéologiquement opposés à tout QE, l’Europe pourra-t-elle se passer de faire tourner la planche à billets si les banques centrales des autres devises principales du monde s’en donnent à cœur joie ? Voici l’avis de Stephen Leeb (source).

Euro-Draghi

« En Europe, les choses deviennent intéressantes. La Bundesbank a annoncé qu’elle envisageait la possibilité de faire un QE. Ils ont notamment expliqué en quoi cela ne serait pas illégal au vu des lois européennes. Cela dit, alors que l’on assiste à un léger mieux sur le Vieux continent, pourquoi la BCE se lancerait-elle maintenant dans un assouplissement quantitatif ? À mon avis, cela s’explique par le fait que l’Europe s’inquiète à propos de l’Ukraine. Il s’inquiète aussi pour les pays baltes. Leur économie commence vraiment à tanguer à cause des sanctions contre la Russie.

Les problèmes qui émergent dans les pays baltes sont une menace pour l’Europe entière. Ces pays furent une vitrine pour l’Europe. Des problèmes qui dégénèrent dans les pays baltes sont donc une menace pour l’euro. C’est aussi la raison pour laquelle Mario Draghi a déclaré qu’il ferait tout pour faire baisser l’euro. Ils veulent faire baisser le cours.

En attendant, la Chine manoeuvre pour que le prix du pétrole soit libellé en une devise autre que le dollar. Il est clair que la Chine travaille main dans la main avec la Russie à cet objectif. Il est également intéressant de noter que les Allemands ne peuvent pas se passer de l’euro, mais qu’il se rapproche de la Chine de la Russie.

Vu la situation, il faut désormais s’attendre à tout. Et si les Allemands et les Russes finissaient par former un bloc économique ? Il est impossible de savoir comment les choses vont tourner. Comme je l’ai dit, lorsque la Bunds banque parle de QE, c’est à cause de la peur.

Tout le monde se focalise sur l’Ukraine et personne ne parle de pays baltes. Ces pays ont déjà énormément perdu à cause des sanctions contre-productives contre la Russie. Ils ne parlent plus de sanctions car elles pourraient tout simplement tuer l’euro. »

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Jinan-Chine-File-10000-Acheter-Or-2Alors que le gouvernement indien a pris des tas de mesures pour empêcher sa population d’acheter de l’or, on assiste à une politique totalement inverse du côté de la Chine. C’est ce qu’a déclaré Stephen Leeb  dans sa dernière interview sur KWN.

Stephen Leeb : « il faut vraiment se poser la question de savoir pourquoi les Chinois, contrairement à ce qui se passe en Occident ou en Inde, encouragent à ce point leur population à acheter de l’or. Je ne dis pas qu’on ne leur interdit pas de le faire, mais qu’on les encourage activement à acquérir du métal jaune, notamment à la télévision. »

Eric King : « pourquoi le font-ils à votre avis ? »

Stephen Leeb : « Il se peut éventuellement que le gouvernement chinois ait pour projet de prendre cet or et de le remplacer par une devise. Ce serait génial. Ce serait en quelque sorte consacrer le retour du standard or.

Les conséquences sont absolument phénoménales. Il faudrait vraiment que les Chinois et complètement perdus la tête pour ne pas croire que lors va atteindre un cours représentant un multiple de 1000 dollars. Les Chinois agissent ainsi uniquement car ils font ce pronostic. C’est la seule explication plausible. Ils perçoivent l’or en tant que pierre angulaire de la future nouvelle monnaie de réserve. Qui, en dehors des États-Unis, a intérêt à posséder du dollar ? Une incroyable alliance entre la Chine, la Russie et l’Allemagne est en train de se former.

En ce qui concerne l’argent, il est un peu à la traîne. Pourtant, le métal est très important pour le photovoltaïque, et la Chine a décidé de miser sur cette énergie. Le futur de l’argent et donc aussi rose, en tant que métal précieux et matière première industrielle.

Chine-Or-Leeb-5000-tonnesInterview de Stephen Leeb sur KWN :

“Eric, pour le moment je me concentre sur l’importante volatilité des marchés, ainsi que sur ce qui se passe du côté du gouvernement américain. Avec l’imbroglio politique aux États-Unis, le marché obligataire monte un jour pour tomber le lendemain. On voit aussi l’or dégringoler sans aucune raison, pour remonter le lendemain.

Mais ce qui est très intéressant, c’est la faiblesse du dollar. Son index est en dessous du seuil psychologique des 80. Ce qui est important de constater, c’est que la dernière fois qu’il y a une crise, le dollar s’est apprécié. Cette fois, c’est le dollar qui baisse par rapport à l’euro. L’Europe est empêtrée dans de nombreux problèmes, pourtant sa devise s’apprécie. Cela me fait dire qu’il n’y a pas de devises fortes, à part peut-être le yuan.

Il y a donc de nombreuses incertitudes sur le marché des changes, tandis que l’on voit certaines matières premières comme le cuivre s’apprécier. Ce dernier événement est probablement dû au fait que les gens réalisent que la Fed va devoir continuer à acheter des obligations. Qui sait, ils achèteront peut-être un jour toutes les émissions obligataires. Mais avant cela, les gens ne voudront plus du dollar. Que vont-ils en faire ? Peut-être se tourner en masse vers l’or. Quand toutes les devises papier ne valent plus rien, il s’agit de la dernière alternative.

Pour en revenir aux États-Unis, fermer les services publics en partie, c’est une chose, mais faire défaut est totalement différent. Je ne pense pas que cela arrivera, car les États-Unis peuvent faire tourner la planche à billets (note : c’est d’ailleurs ce qu’Alan Greenspan en personne a déclaré en août 2011), mais on se rapproche toujours plus de ce jour.

Évidemment, vu la situation, c’est à se demander pourquoi le cours de l’or n’explose pas. Pourquoi n’en est-on pas à 1800 ou 2000 $ l’once ? Le métal jaune devra immanquablement atteindre ces niveaux. La question n’est pas de savoir si cela arrivera, mais quand. Ma théorie, et je sais que cela ressemble à une théorie du complot, c’est que personne n’a vraiment intérêt à voir l’or monter. Mes sources me disent que la Chine veut encore accumuler 5000 tonnes. Ils n’ont évidemment pas envie d’acheter à 2000 ou 2500 $ l’once.

Ce n’est pas non plus dans l’intérêt de l’Occident de laisser le dollar s’effondrer. Dans cet environnement incroyablement chaotique, il y a une monnaie de choix, l’or, cependant le métal jaune est extrêmement volatile. Pour moi, les graines du changement sont en train d’être plantées.

Il semblerait que ceux qui avaient enterré l’économie chinoise aient été trop vite en besogne. Hier, les Australiens ont augmenté leurs prix pour leur minerai de fer, car l’économie chinoise est plus résistante que prévu. Les choses se passent bien en Asie, par contre les États-Unis ont des problèmes de chômage. Ce n’est que grâce aux manipulations des statistiques que les chiffres présentés ont l’air bon.

Pour l’instant, l’or est roi. Un roi qui se cache derrière le rideau et qui va bientôt bondir lorsque celui-ci sera ouvert. Lorsque cela va se passer, nous avons assisté à un feu d’artifice.

À court terme, je recommanderai plus l’argent, dont le potentiel est supérieur. La demande pour le solaire augmente, tandis qu’il bénéficie des mêmes effets que l’or en tant qu’assurance contre l’effondrement des devises papier. Pour ceux qui sont patients, l’or reste un excellent pari.

Chine-Urbanisation-Russie-Allemagne-OrAujourd’hui, voici la vision tout aussi géopolitique qu’économique de Stephen Leeb. Même si nous tenons à mettre un bémol sur son enthousiasme pour la Chine (il y a bien une bulle de l’immobilier là-bas, ainsi que des problèmes démographiques, sans parler de la transition difficile entre une économie d’exportation et de consommation locale), Leeb propose une analyse intéressante d’un point de vue contrarian. Voici ce qu’il a déclaré à KWN dans sa dernière interview.

Stephen Leeb : « pour l’instant, mon attention et tout particulièrement portée sur l’Europe. Après 6 trimestres de croissance négative consécutifs, le Vieux continent semble avoir pu inverser la tendance. Je pense que c’est très important, car lorsque les matières premières ont commencé leur déclin en 2011, c’était sur fond de faiblesse économique de l’Europe.

Vu que l’Europe représente la plus grosse économie du monde, ce petit mieux est non seulement bénéfique pour l’or et l’argent, mais pour les matières premières en général. Comme je le répète souvent, lorsqu’on lit les médias dominants on pourrait croire que la Chine est à genoux, à l’aube de s’effondrer économiquement parlant.

Pourtant, je n’ai lu nulle part récemment un chiffre très intéressant, la consommation électrique en Chine, qui a explosé de 8 % sur base annuelle. Je cite ce chiffre car il est très difficile de dire qu’il est manipulé. Il s’agit d’une statistique peu discutable. Il suggère que l’économie chinoise vient d’accélérer.

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Allemagne-OrLes médias dominants n’arrêtent pas de nous dire que l’or est mort. Si les actions des banques centrales à l’Est semblent dire le contraire, il y a également une banque centrale européenne qui, subitement, souhaite rapatrier son or. Si l’or est mort, pourquoi l’Allemagne tient tant à récupérer cette relique barbare ?

Stephen Leeb : « comme vous le savez, l’Allemagne est en train de rapatrier son or stocké aux États-Unis. Les Allemands vont récupérer quelques centaines de tonnes. Or, l’opération ne sera pas finalisée avant 2020. Tout le monde s’est demandé pourquoi cela prendrait autant de temps. Il ne faut pas 8 ans pour transporter environ 500 tonnes d’or.

Mais l’Allemagne a également décidé de rapatrier de l’or stocké en France. Ils ont justifié leur décision en disant : nous n’avons plus besoin de stocker notre or en France vu que nous partageons la même devise. Vraiment ? Pensent-ils vraiment qu’ils continueront de partager leur avec la France dans 10 ou 20 ans ? Et puis, de toute façon, vu qu’ils partagent la même devise, pourquoi ne pas le laisser en France ?

L’Allemagne commence à prendre les choses au sérieux en ce qui concerne son or

Elle constitue une exception dans le monde occidental. L’or a tendance à prendre la direction de l’Est. Pendant ce temps, on voit que l’Allemagne, Toronto et Londres se disputent la position de place financière majeure pour l’échange du yuan, la devise chinoise.

Tout à coup, le yuan est sur le point de devenir une devise de réserve. Si vous pensez que cette tendance à disparaître, vous vous trompez lourdement. L’Allemagne semble évoluer à contre-courant. C’est le seul pays européen à courir derrière son or. Ils veulent permettre l’échange du yuan. Cela montre bien vers où le monde va.

Un gros déclin de l’or était inévitable. L’Occident, et en particulier les États-Unis, tente désespérément de conserver le statut du dollar, en tant que seule valeur refuge.