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Stratégie

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statue de Mao en or

L’Epoch Times s’est entretenu avec Willem Middelkoop pour parler des achats d’or de la Chine ainsi que de sa stratégie concernant la fin du système financier actuel et sa réforme. Article publié le 7 mars 2016 :

« (…)

Epoch Times : comment la Chine perçoit-elle l’or ?

Willem Middelkoop : la chose la plus importante à comprendre à propos de la stratégie or de la Chine, c’est que ce pays considère le métal jaune comme une assurance contre le système financier et les réserves qu’il possède aujourd’hui. La Chine a encore 3,2 trillions de dollars de réserves mais elle comprend que le système du dollar est en fin de vie. Ils ont clairement fait savoir en Chine qu’ils souhaitent se protéger contre leurs positions en dollars avec de l’or.

La plupart de ces déclarations n’ont quasi jamais été répercutées en Occident mais si vous lisez les articles de la presse chinoise, ils disent de but en blanc qu’ils souhaitent « accumuler le plus vite possible les réserves d’or les plus importantes possible ».

La Chine avait un peu d’or dans les années 20 et les années 30 mais la plupart de ces lingots ont été volés par les Japonais justes après l’invasion du pays, qui a eu lieu quelques années avant la Seconde Guerre mondiale.

Après la guerre, le Kuomintang a pris la fuite vers Taiwan avec le peu qu’il restait. Si bien que les coffres de la Chine furent vides jusqu’aux années 90. Maintenant, le désir d’augmenter rapidement leurs réserves est très fort.

Epoch Times : à votre avis, combien d’or possède la Chine maintenant ?

Willem Middelkoop : pour savoir combien d’or les Chinois ont accumulé durant ces 15 dernières années, se contenter des statistiques officielles n’est pas suffisant. Ce que possède la banque centrale est faible par rapport à l’or qui se trouve en Chine. Les statistiques officielles font état de 1800 tonnes, ce qui représente moins de 2 % de toutes les réserves de la Chine.

Leur objectif est d’avoir 10 % de leurs réserves en or soit 320 milliards de dollars. La Russie possède plus de 10 % de ses réserves en or, l’Europe et les États-Unis bien plus. En Occident, l’or représente plus de 50 % des réserves de change.

Un programme officiel existe en Chine, baptisé « stocker de l’or parmi la population ». Un article de la Banque Centrale chinoise en a fait mention en juin 2015, juste après la mise à jour de leurs réserves d’or.

En ce qui concerne la quantité d’or qui se trouve en Chine, elle dépasse facilement les 10.000 tonnes. Ces lingots sont stockés par les banques commerciales, des sociétés de garde et des particuliers.

Au moins la moitié de cet or appartient à la population chinoise. Le leadership chinois a étudié l’histoire financière d’assez près. Ils savent qu’en situation de crise, le gouvernement peut décider de confisquer l’or en l’échange d’argent papier en guise de compensation. Surtout dans un pays centralisé comme la Chine.

Les Coréens l’ont fait durant la crise asiatique, les États-Unis l’ont fait en 1933 lorsque le président Roosevelt a obligé les Américains à remettre leur or au gouvernement. Entre 1933 et 1974, les Américains n’avaient d’ailleurs pas le droit d’acheter de l’or.

En cas de besoin les Chinois pourront confisquer l’or de la population par exemple si le gouvernement devait perdre trop de réserves dans la défense de leur devise. Dans ce scénario, le gouvernement pourrait confisquer l’or du citoyen ordinaire. Mais il s’agit d’une mesure extrême, prise uniquement lorsque la situation est désespérée.

Epoch Times : comment ont-ils pu accumuler autant d’or sans propulser le cours jusqu’à 5000 $ l’once ?

Willem Middelkoop : la Chine ne souhaite pas voir le cours de l’or grimper trop, ni trop vite, elle ne souhaite pas trop insister sur le fait qu’elle utilise l’or en tant qu’assurance contre le pétrodollar.

Elle doit donc faire croire que l’or ne représente qu’une partie infime de ses réserves. Et la Chine est très habile à ce petit jeu. Si les Chinois voulaient propulser l’once d’or à 3000 $, ils pourraient le faire demain en publiant un simple communiqué annonçant qu’ils vont convertir 25 % de leurs réserves de change en or.

Epoch Times : et quid du Shanghai Gold Exchange ?

Willem Middelkoop : Ils veulent transférer le mécanisme de valorisation de l’or et de l’argent de Chicago, où se trouvent les marchés futures (COMEX), vers Shanghai.

Ils ont donc ouvert une bourse d’échange or à Shanghai où quasi tout le monde peut investir sur le marché des futures. À Shanghai, une transaction sur 3 débouche sur une livraison physique alors qu’au Comex ce ratio est de une pour 300.

Ils travaillent donc à l’élaboration d’une infrastructure capable de transférer le mécanisme de détermination du cours de l’or, de l’argent et d’autres matières premières de l’Occident vers l’Orient.

Si vous observez les volumes échangés sur le marché des futures en ce moment, en ce qui concerne l’argent les volumes sont plus importants en Chine qu’aux États-Unis. Et en ce qui concerne l’or, Shanghai commence à concurrencer le Comex.

Epoch Times : les Chinois ont également acheté des coffres à New York et à Londres.

Willem Middelkoop : les Chinois jouent à fond la carte de l’or et se préparent clairement pour le futur qui offrira un rôle plus important à l’or.

La Chine a aussi créé un fonds d’investissement or disposant d’actifs s’élevant à 16 milliards de dollars. Avec ce fonds, ils financent l’exploration et le développement de nouvelles mines d’or dans des pays faisant partie de la nouvelle Route de la Soie.

Si vous échangez de l’or sur le marché à terme du système financier actuel, vous devez mettre en place un système de règlement, notamment pour les actions et les obligations, ainsi que pour l’or physique.

Il est donc nécessaire d’avoir des lieux de stockage un peu partout dans le monde. En contrôlant les coffres vous pouvez contrôler le système de règlement de l’or qui représente la pierre angulaire du marché à terme qui est justement celui qui détermine le cours de l’or.

Le marché papier est le mécanisme mais il doit être adossé par du métal physique. C’est pourquoi vous avez besoin de coffres. Si vous n’avez pas la clé d’un coffre, vous ne possédez pas son contenu. C’est la raison pour laquelle les Chinois ont acheté les coffres de la JP Morgan à New York et ceux de la Deutsche Bank à Londres.

Epoch Times : quelle est la stratégie de la Chine ?

Willem Middelkoop : je pense que ce pays a une stratégie à plus long terme dans laquelle l’or joue un rôle plus important. La Chine se prépare au changement de système financier dans lequel l’or remplira un rôle plus dominant. Je pense que les Chinois anticipent des prix bien plus élevés pour le métal jaune.

Je pense que les Chinois suivent une stratégie, comme croit le savoir Jim Rickards. Il pense que le FMI, les États-Unis, l’Union européenne et la Chine se sont mises d’accord pour que lorsque chaque entité détiendra les mêmes quantités d’or par rapport à leur PIB, ce métal qui devrait représenter 30.000 tonnes pourrait être mis en commun afin d’adosser les droits de tirages spéciaux à l’or. (…)

Je pense que les Chinois ont passé un accord avec les États-Unis et le FMI pour qu’une partie de leur or reste aux États-Unis dans des coffres qui sont la propriété de la Chine. Il s’agit donc de l’ancien bâtiment de la JP Morgan, qui se trouve justement en face du bâtiment de la Fed de New York qui possède les réserves d’or physique les plus importantes juste derrière Fort Knox.

Les Chinois semblent se satisfaire de stocker une partir de leur or à l’étranger mais ils veulent être les propriétaires des coffres.

Epoch Times : quel est l’avantage d’une telle stratégie ?

Willem Middelkoop : en redonnant à l’or une place centrale dans le système monétaire, vous augmentez la confiance dans celui-ci afin d’éviter l’hyperinflation. (…) Si on réévaluait l’or disons à 8400 $ l’once, les bilans des banques centrales seraient les premières bénéficiaires. Surtout aux États-Unis car la Fed et le Trésor comptabilisent encore l’or à sa valeur historique de 42 $ l’once.

Avec cette revalorisation, ces 11 milliards de valorisations de l’or deviendraient 2,2 trillions. Il s’agit donc d’une astuce très simple pour rééquilibrer le bilan des banques centrales. La réévaluation de l’or est une solution très simple à la problématique actuelle. (…)

Epoch Times : pensez-vous que les hedge funds ont raison de parier sur la dévaluation du yuan ?

Willem Middelkoop : les Chinois ont connu un épisode d’hyperinflation à la fin des années 40. C’est justement grâce à ce désordre monétaire que le Parti Communiste fut en mesure de prendre le pouvoir. Les leaders chinois comprennent donc qu’ils doivent empêcher à tout prix la perte de confiance en l’argent papier. Il s’agit de l’un des rares événements qui pourraient provoquer la chute du Parti Communiste.

C’est pourquoi ils sont terrifiés par les mouvements d’ampleur sur les marchés financiers. Ils comprennent parfaitement qu’ils doivent contrôler les marchés et la devise, ce qui explique pourquoi l’or est si important pour eux. L’enjeu est de taille : il s’agit de conserver le pouvoir. »

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Les grands titres de ces dernières années se sont concentrés sur l’accumulation d’or physique de la Chine, de la Russie et des autres banques centrales orientales mais ce dont on parle moins, c’est de cette stratégie vieille de 7000 ans sur laquelle la Chine mise pour s’assurer la suprématie sur le marché de l’or. Vidéo de Future Money Trends sous-titrée par or-argent.eu.

Texte :

Nous avons vu la Federal Reserve fournir 16 trillions de dollars pour renflouer les banques, des gouvernements étrangers bref notre système global à base de dette.

Nous sommes au bord d’une crise monétaire historique… Une crise qui pourrait avoir créé l’une des plus grosses bulles de l’histoire de l’humanité.

Nous avons déjà assisté à une hausse mondiale de l’or, qui a atteint dans de nombreux pays son record. Le rouble s’est effondré et l’or a explosé.

Alors qu’au début de cette année, l’euro était en chute libre, l’or s’est fortement apprécié et lorsque la BNS a décidé de dévaluer sa devise via les taux négatifs, l’or a explosé en franc.

Durant les 6 derniers mois, l’or au Brésil a augmenté pour atteindre quasi son record en devise locale.

Nous assistons à cette tendance dans quasi tous les pays, sauf aux États-Unis… enfin, pour le moment.

L’or est la seule véritable protection contre les banquiers centraux, la réponse contre la guerre des devises.

L’or a tendance à être la solution pour les habitants d’un pays qui ne sont pas rassurés par les actions de leur banque centrale.

Mais que se passe-t-il lorsque ladite banque centrale gère la monnaie de réserve mondiale ?

Que se passera-t-il lorsque le monde entier voudra échanger ses dollars contre du métal ?

En raison d’une politique décidée par la Fed parce que la dette américaine dépasse un plafond psychologique, disons 20 trillions de dollars.

Nous voyons déjà la Chine et la Russie accumuler de l’or. La demande chinoise a particulièrement explosé durant les 5 dernières années.

Cela dit en passant, la Chine est à la fois le plus gros producteur et importateur mondial d’or.

Non seulement ils accumulent du métal étranger en quantités industrielles mais aucune once de sa production locale ne quitte ses frontières.

La Chine est globalement en train de se préparer à un gros événement monétaire.

L’année dernière, la Chine s’est associée au Brésil, à la Russie et à l’Afrique du Sud pour former une banque concurrente à la Banque Mondiale, sous le contrôle de l’Occident.

Depuis 2008, des accords de swaps de devises entre 30 pays ont été conclus pour un total d’un demi-trillion de dollars.

Le monde se méfie du système reposant sur le dollar, Vladimir Poutine est allé jusqu’à dire que le monopole du dollar nuit à l’économie russe. Le président de la Chine, Hu, a déclaré l’année dernière que « le dollar est un produit du passé ».

Depuis 7000 ans, l’homme extrait de l’or, faisant de cette activité l’une des plus anciennes et des plus rentables de l’histoire.

Mais aussi l’une des plus sensées, car contrairement à la simple accumulation de métal, posséder une mine vous permet de produire de l’or en continu après l’investissement.

Si on fondait un énorme cube avec l’ensemble de l’or extrait tout au long de l’histoire, chaque côté de ce cube ne dépasserait pas les 21,4 m !

Pensez-y, durant toute l’histoire, l’or est tellement rare et précieux qu’en rassemblant tout l’or extrait par les Égyptiens, les Romains, etc… on ne pourrait remplir d’or que 3 piscines olympiques.

Les grands titres de ces dernières années se sont concentrés sur l’accumulation d’or physique de la Chine, de la Russie, et des autres banques centrales orientales.

Mais ce dont on parle moins, c’est de cette stratégie vieille de 7000 ans sur laquelle la Chine mise.

D’après les données compilées par Bloomberg en 2013 les achats d’actifs par les mines de Hong-Kong et de Chine ont augmenté pour atteindre le chiffre record de 2,2 milliards.

La Chine achète des mines d’or à un rythme record… Un fait qui est ignoré par les investisseurs particuliers et les analystes de l’or qui ont tendance à se focaliser sur l’or physique.

Les réserves d’or de la Chine n’ont plus été mises à jour depuis 2009 mais d’après les statistiques d’échanges d’or de Bloomberg, la Chine pourrait avoir triplé ses réserves depuis.

La Chine, qui achète agressivement de l’or, pourrait provoquer des remous si elle faisait la lumière sur l’état véritable de ses réserves.

Mais imaginez la vérité sur ses réserves d’or si on ajoute tout le potentiel de ses mines, pas seulement en Chine mais aussi à l’étranger.

En 2013, 2,2 milliards de dollars représentaient 46 tonnes d’or physique mais en les investissant dans des mines cela peut déboucher sur une production de 5000 tonnes, voire même de 10.000 tonnes et cela sur une simple année record d’investissements dans le secteur minier aurifère.

Il se peut que la Chine se prépare à dévoiler ses réserves d’or en octobre car ses dirigeants souhaitent l’ajout du yuan aux DTS, la devise du FMI composée d’un panier de monnaies.

Mais la Chine se contentera de dévoiler ses réserves en lingots, sans parler des mines qu’elle a acquises.

Cette stratégie chinoise d’exposition aux mines peut être imitée par les investisseurs individuels

en se focalisant sur des sociétés spécialisées dans l’or qui, au milieu d’un marché baissier des matières premières et d’une guerre globale des devises, sont en chasse d’actifs à la réputation établie. Avec des investisseurs stratégiques comme Rick Rule, Eric Sprott et Doug Casey.

Un investissement à faible risque, une croissance via des acquisitions qui ouvrent la voie à la production de millions d’onces d’or, achetées pour une bouchée de pain alors que souvent des millions de dollars ont été déjà dépensés en exploration.

Aujourd’hui, des vendeurs paniqués cherchent un acheteur, souvent à des prix cassés.

Les Chinois ont saisi cette opportunité et FutureMoneyTrends.com pense que lorsque la Chine révélera dans quelques mois l’état véritable ses réserves d’or, un nouveau marché haussier débutera.

Une hausse qui sera aussi spectaculaire que le marché baissier qui a fait fondre la valorisation des mines à des plus bas vieux de quelques décennies.

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Dans cet article très instructif et passionnant du 18 mai 2015, Jim Rickards nous donne une leçon d’histoire en montrant comment Hugo Stinnes, un industriel allemand, est devenu l’un des hommes les plus riches de la planète durant l’une des pires catastrophes économiques de l’histoire (la république de Weimar) tout en mettant en évidence les étranges similitudes entre sa stratégie et les décisions d’investissement récentes de Warren Buffett.

« Hugo Stinnes est quasi un inconnu aujourd’hui mais ce ne fut pas toujours le cas. Au début des années 20 c’était l’homme le plus riche d’Allemagne, du temps où le pays était la 3e puissance économique mondiale. C’était un industriel et un investisseur qui possédait un portefeuille varié en Allemagne et à l’étranger.

Les chanceliers et les ministres de la république de Weimar prenaient souvent conseil auprès de lui sur des questions économiques et politiques. À de nombreux points de vue, Stinnes jouait en Allemagne un rôle similaire à celui de Warren Buffett aujourd’hui aux États-Unis.

C’était un investisseur richissime dont les opinions comptaient qui exerçait une influence importante dans les coulisses et qui semblait toujours prendre les bonnes décisions au bon moment sur les marchés.

Si vous connaissez un peu l’histoire économique, vous savez qu’en 1922-1923 l’Allemagne a vécu le pire épisode d’hyperinflation qu’un pays développé ait jamais connu. Le taux de change entre le reichsmark et le dollar est passé de 208 au début de 1921 à 4,2 trillions à la fin 1923.

À ce moment le reichsmark avait perdu toute valeur, on balayait les billets de banque dans le caniveau comme de vulgaires détritus. Pourtant, Stinnes ne s’est pas fait lessiver durant cet épisode. Pourquoi ?

Stinnes est né en 1870 dans une famille allemande aisée active dans le secteur du charbon. Il a travaillé lui-même dans des mines afin d’acquérir une expérience pratique du secteur et s’est formé à l’académie des mines de Berlin.

Plus tard, il a repris le flambeau de l’affaire familiale en la développant. Il s’est ensuite diversifié dans le transport maritime en achetant des sociétés. Ses propres bateaux servaient à transporter son charbon en Allemagne sur le Rhin ainsi qu’à l’exporter. Ses navires transportaient aussi du bois et des céréales. Il avait également acheté un grand journal qu’il utilisait pour asseoir son influence politique.

Avant l’hyperinflation de Weimar, Stinnes a emprunté d’énormes sommes d’argent en reichsmarks. Lorsque l’hyperinflation s’est manifestée, Stinnes s’était parfaitement positionné. Son charbon, son acier et ses bateaux conservaient leur valeur.

Ce qui se passait avec la devise allemande n’avait aucune espèce d’importance, un actif tangible dispose toujours d’une valeur intrinsèque même lorsque la monnaie perd toute valeur. Les actifs de Stinnes à l’étranger lui ont également été d’un grand secours vu qu’ils généraient du profit en devises solides et pas en reichsmarks sans valeur. Une partie de ces profits fut conservée à l’étranger sous la forme d’or gardé dans des coffres en Suisse.

De cette façon, il pouvait se protéger de l’hyperinflation et de la taxation allemande. En définitive, Stinnes a pu effacer ses dettes en reichsmarks en les remboursant avec du papier sans valeur. Non seulement il ne fut pas impacté par l’hyperinflation de Weimar mais son empire financier prospéra pour le rendre plus riche que jamais.

Il étendit son portefeuille d’actifs en rachetant ses concurrents en faillite. Stinnes a gagné tellement d’argent durant la république de Weimar qu’il fut surnommé l’Inflationskönig, le Roi de l’Inflation. Lorsque les choses rentrèrent dans l’ordre et que l’Allemagne réintroduisit une devise adossée à l’or, Stinnes faisait partie des hommes les plus riches du monde alors que la classe moyenne allemande avait été détruite.

Buffett imite Stinnes presque un siècle plus tard

Chose intéressante, Warren Buffett utilise aujourd’hui la même stratégie. Il semblerait que Buffett ait méticuleusement étudié Stinnes et se prépare à la même catastrophe que Stinnes avait anticipée : l’hyperinflation. En 2009, Buffet a beaucoup investi dans les transports, notamment en achetant la société ferroviaire Burlington Northern Santa Fe.

Cette société compte de nombreux actifs tangibles comme des droits de passage, des droits d’exploitation minière, un réseau ferroviaire et du matériel roulant. Le chemin de fer rapporte de l’argent en transportant des actifs tangibles, comme du minerai ou des céréales. Ensuite, Buffett a investi dans l’énergie au Canada en achetant Suncor.

Aujourd’hui, Buffett transporte son pétrole Suncor avec ses trains de la même façon que Stinnes transportait son charbon avec ses bateaux en 1923.

Pendant des décennies Buffett fut également le propriétaire de l’un des journaux les plus puissants des États-Unis, le Washington Post. Il a récemment vendu sa participation majoritaire mais il possède toujours des médias. Il a également acheté de gros actifs en Chine et ailleurs qui produisent des profits en devises autres que le dollar, qui peuvent être parqués à l’étranger sans être taxés.

Buffett possède également beaucoup d’actions du secteur financier notamment de banques et d’assurances soit des emprunteurs très leveragés. Comme Stinnes dans les années 20, Buffett pourra être bénéficiaire de l’effacement de la dette par l’inflation de ces géants financiers lorsqu’ils redéployeront leurs propres actifs pour se protéger de leurs propres expositions.

En bref, Buffett imite Stinnes. Il emprunte pour se diversifier sur des actifs tangibles comme l’énergie, les transports et les devises étrangères. Il utilise ses médias et son prestige pour connaître tous les petits secrets des coulisses de la politique. Aujourd’hui, le positionnement de Buffett ressemble furieusement à celui de Stinnes en 1922.

Si les États-Unis devaient être victime d’hyperinflation aujourd’hui, les résultats de Buffett seraient similaires à ceux de Stinnes. La valeur de ses actifs tangibles exploserait, sa dette disparaîtrait comme par magie et il serait en position de racheter ses concurrents en faillite. Bien sûr, les classes moyennes américaines seraient détruites comme ce fut le cas en Allemagne.

Le conseil que je vous donne, lorsqu’il s’agit de milliardaires comme Buffett est d’observer ce qu’ils font et pas ce qu’ils disent. Stinnes avait anticipé l’hyperinflation allemande et s’était positionné en conséquence. Pour vous aussi, il n’est pas trop tard pour prendre les mêmes précautions. »

Crédit photo : http://rarehistoricalphotos.com/

Via son journaliste L. Tood Wood, le grand public américain qui lit The Washintgon Times ne pourra pas dire « qu’il ne savait pas ». Dans son dernier article intitulé « la Russie accumule de l’or, vous devriez vous inquiéter », les choses sont dites de façon claire et limpide (même si certains passages sont fortement discutables).

Il reprend certaines idées de Rotislav Ishchenko développées dans cet article très intéressant qui a été traduit par le Comité Valmy, les 2 papiers ayant évidemment un certain biais national (Ishchenko qui voit une bataille Russie-USA sans reconnaître à la Chine le statut qu’elle mérite, Tood Wood voyant toujours en son pays le chevalier blanc de la planète) :

« La banque centrale de la Russie a annoncé cette semaine sur son site que la Russie a acheté environ 30 tonnes d’or en mars portant ainsi ses réserves à 1238 tonnes. La Russie est désormais la 5e nation au classement des plus grosses réserves d’or d’après le FMI. Et il s’agit de l’or que la Russie souhaite exposer au monde ! À l’instar de la Chine, il se peut que la Russie ne rapporte pas l’intégralité de ses réserves au FMI une institution dominée par les États-Unis. L’Occident devrait aussi se faire du mouron à propos des réserves d’or de la Chine mais ce sera le sujet d’un autre article.

En quoi est-ce un problème pour l’Occident ? Cela peut sembler anodin mais ça ne l’est pas au vu des circonstances géopolitiques récentes. L’accumulation de métal de la Russie est un signe de ce qui nous attend. Elle permet de comprendre ce que Poutine anticipe.

Il suffit de contempler la folie fiscale et monétaire de l’administration actuelle pour comprendre que notre énorme dette, nos dépenses prodigieuses et la vulnérabilité lancinante de notre monnaie finiront par nous mener au désastre. Tout observateur objectif peut voir que nos adversaires lorgnent vers le futur et essayent d’exploiter nos faiblesses. Dans le jargon militaire on appelle ça la guerre asymétrique. Je parlerai plutôt de stratégie intelligente à long terme.

La Russie, malgré sa xénophobie et son autoritarisme est dotée d’une qualité cruciale : elle fait ce qui est bon pour le pays. Le Kremlin agit pour augmenter la puissance nationale. Les décisions ne sont pas prises pour satisfaire un agenda politique politiquement correct ou idéaliste. Ils ont déjà donné au temps de l’URSS et cela n’a pas marché. Pourquoi l’Occident n’a pas tiré les leçons de cet échec me dépasse car nous suivons le même chemin.

La Russie n’est pas socialiste ou communiste, elle est nationaliste. D’une certaine façon, on pourrait dire que le capitalisme de type « laissez-faire » y est plus présent qu’en Occident. Il n’y a aucun filet de sécurité, les oligarques dirigent le pays. J’ai toujours dit que la Russie est à de nombreux points de vue, 150 ans en arrière par rapport à l’Occident. Ils sont dans leur phase de bourgeoisie prédatrice (note : l’auteur ignore peut-être que l’écart de revenu entre les plus pauvres et les plus riches est à nouveau à son pic) avec tous les problèmes que cela engendre sur la société.

La Russie accumule de l’or car elle estime que cela augmentera la valeur du rouble et sa stabilité. Comme la Chine, la Russie est engagée dans une stratégie à long terme. Elle contemple le déclin de la puissance économique de l’Occident et se prépare à occuper un siège lorsque la musique s’arrêtera.

À Wall Street, on a coutume de dire que les « taux d’intérêt sont bas jusqu’à ce qu’ils remontent ». Actuellement, le taux directeur russe est supérieur à 10 %. La banque centrale de Russie a augmenté ses taux malgré les conséquences néfastes pour son économie afin de sauver sa monnaie. Cela a marché. Cependant, la Russie a l’avantage de n’avoir quasiment pas de dette. Aux États-Unis, nous ne payons presque pas d’intérêts sur une dette proche des 20 trillions de dollars. La Fed politisée est intervenue pour maintenir les taux à des niveaux artificiellement bas. Même une augmentation de 1 % des taux coûterait aux États-Unis des centaines de milliards en service de la dette, un coût que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre. C’est à ce moment-là que le rouble adossé à l’or entre en scène.

La Russie le sait. Le monde entier le sait. Couplée à notre manque actuel de leadership cette faiblesse économique s’est muée en faiblesse militaire et géopolitique mondiale. Regardez ce qui se passe. Les « méchants » (sic) n’ont plus peur de la réaction des États-Unis car nous sommes ruinés. Et cela ne fait que commencer. Machiavel a dit qu’il est préférable d’être craint que d’être aimé. J’ai bien peur que dans le cas des États-Unis, ce ne soit ni l’un ni l’autre.

Il y aura des conséquences mortelles à notre irresponsabilité qui est le fruit du manque de discipline fiscale de nos deux partis. Je parle d’une génération perdue, sérieusement, les jeunes générations américaines vont devoir réapprendre quelques dures leçons du passé. Elles pourraient ne pas survivre aux épreuves qui les attendent.

Nous avons offert à nos ennemis économiques et potentiellement militaires une arme économique. Il s’agit d’une bombe à retardement. Tôt ou tard, la Fed perdra le contrôle du marché obligataire. Notre monnaie fiduciaire verra sa valeur tomber au prix du papier sur lequel elle est imprimée. Les grands pays socialistes occidentaux s’effondreront sous le poids de leur lourdeur.

La Russie attend le jour où l’Amérique se réveillera pour réaliser qu’elle possède une monnaie adossée à l’or. Leurs problèmes économiques mis de côté et malgré ce que notre président dit à propos de la maîtrise de la Russie sur l’échiquier géopolitique, ce pays attend d’avoir la main économique pour renverser les États-Unis. Si nous continuons de la sorte, il ne s’agit pas de savoir si cela aura lieu, mais quand. »