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Tapering

Article de Simon Black, publié le 15 mai 2015 sur le blog SovereignMan.com :  « Vous rappelez-vous du ramdam de l’année dernière à propos du fameux « tapering » de la Fed ? Après des années de création monétaire sortie tout droit de son chapeau, la Fed annonçait mettre un terme à ses programmes d’assouplissement quantitatif (QE) sans précédent. Au total, le bilan de la Fed a explosé passant de 800 milliards à 4,5 trillions entre 2008 et 2014, ce qui est tout sauf réjouissant. Un bilan surchargé signifie que la Fed utilise un effet de levier trop important et que sa marge de manœuvre est très étroite en cas de problème sérieux pour le système financier. En 2008, de grosses banques (Lehman, Wachovia, etc.) étaient également surendettées sans disposer d’un filet de sécurité sérieux. Lorsque les choses ont mal tourné, elles se sont retrouvées au tapis. Comme la Fed qui a passé 6 ans à créer de la monnaie et à augmenter son portefeuille d’actifs, ces banques avaient pris des risques substantiels. En 2014, la Fed devait cependant mettre un terme à cette politique. Janet Yellen ainsi que son prédécesseur Ben Bernanke avaient promis le fameux tapering soit la réduction et plus tard l’élimination des programmes d’achats d’obligations des QE. En octobre, le QE tirait enfin sa révérence et le dollar commençait à s’apprécier en conséquence mais en fait tout ceci n’était que du cinéma. Chaque jeudi, la Fed publie l’état de son bilan pour ceux que cela intéresse. Je le suis religieusement. La mise à jour du 14 mai montre que la semaine précédente, le bilan de la Fed a augmenté massivement de 28,5 milliards de dollars principalement suite à des achats de MBS, la classe d’actifs toxiques qui a provoqué l’explosion de l’économie en 2008. Suite à cette grosse augmentation, le bilan de la Fed est de nouveau au-dessus de la barre des 4,5 trillions… à seulement 0,5 % de son plafond record. On ne peut pas vraiment donc parler de tapering… La marge de sécurité de la Fed est quasi nulle. Et si on devait valoriser ses actifs à leur valeur réelle (mark to market), la Fed serait déjà probablement insolvable. Hier, je vous avais expliqué comment, selon les propres mots de la FDIC (l’organisme public responsable de la stabilité bancaire aux USA), les États-Unis ne sont pas prêts  pour affronter une future crise financière beaucoup de banques américaines disposant de liquidités minimales. Aujourd’hui, c’est au tour de la Fed de se mettre à nouveau en position d’insolvabilité. Tout ceci avec la bénédiction du gouvernement américain qui, selon ses propres estimations, dispose d’un patrimoine négatif de -18 trillions de dollars. Tout ceci ne sent pas bon. On a poussé la plupart des gens à croire que les banques sont sures ainsi que le système financier et le dollar. Mais objectivement, les faits sont nombreux pour prouver que le système est loin d’être sûr. Personne ne dispose d’une boule de cristal, moi le premier. Il est possible que les choses se poursuivent ainsi durant de nombreuses années. Le système pourrait également s’effondrer demain, personne n’est en mesure de donner la date exacte. Mais face à un tel risque, il est certainement sage de réduire votre exposition. Faites l’acquisition d’actifs tangibles détenus en dehors du système. Que ce soit de l’or, de l’immobilier ou une entreprise productive. (…) Diversifiez-vous. Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier, notamment dans un même pays où le gouvernement et le système bancaire sont insolvables. (…) »

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Les marchés actions ont beau avoir connu une ascension fulgurante depuis 2009 sans baisse significative, il aura suffi d’une correction pour créer la panique et pour que des voix s’élèvent pour demander le retour d’un QE… qui n’est même pas totalement terminé !

C’est John Williams, président de la Fed de San Francisco et grand amateur devant l’éternel de la planche à billets, qui a lancé le bal le 14 octobre dernier, lorsqu’il a déclaré « qu’un nouveau QE pourrait être nécessaire si l’économie devait faiblir ». Il s’est déclaré ouvert à un nouveau round d’assouplissement quantitatif si l’inflation devait « continuer à s’éloigner des objectifs de la banque centrale ».

Il a rapidement été imité par son collègue James Bullard, président de la Fed de Saint-Louis, qui a déclaré que la Fed « devrait considérer le report de la fin de son QE » (source ZeroHegde).

À ce sujet, Keith Barron a déclaré sur King World News :

« Toute idée d’abandonner le QE tombe désormais à l’eau. Je ne serais pas du tout surpris que la Fed annonce le report de son tapering, en raison de la fragilité de la situation. Elle est d’autant plus préoccupante que des élections pointent à l’horizon. Je ne serais donc pas étonné de voir les liquidités affluer à nouveau sur les marchés. »

Mais où est alors la reprise économique pérenne que l’on nous vend depuis des années ?

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Pourquoi la Fed a-t-elle interrompu son QE 3 ? Pour Alasdair Macleod, c’est tout simplement parce que l’objectif principal du programme était de financer la dette du gouvernement américain. Vu que les taux sont au plus bas, ce soutien n’est plus nécessaire (source) :

« L’année dernière, les marchés ont réagi nerveusement aux rumeurs de fin progressive du QE 3 ; cette année, après que la rumeur se soit concrétisée en fait, c’est passé comme une lettre à la poste : les marchés n’ont que très peu réagi à la nouvelle, alors que les taux obligataires sont au plus bas et que les marchés actions battent tous les records.

C’est totalement différent de la fin du QE1 et QE2, qui avait engendré une chute du S&P 500 de respectivement 9 et 11,6 %. Il semble que l’introduction de l’opération Twist, suivi du QE3, avait en partie pour objectif de faire repartir à la hausse les actifs financiers. Le tapering avait eu les conséquences logiques d’une telle stratégie.

D’un point de vue monétaire, il n’existe qu’une corrélation faible entre la croissance de la masse monétaire, mesurée par l’indicateur FMQ (quantité de monnaie papier) et les achats mensuels d’obligation de la Fed. Le FMQ est unique du fait qu’il cherche spécifiquement à mesurer la quantité de monnaie papier créée sur le dos de l’or donné à l’origine par nos ancêtres aux banques commerciales, qui ont reçu en compensation un substitut monétaire et des garanties de dépôt. Cet or, dans le cas des Américains, a été ensuite remis à la Fed par les banques commerciales après la création de la banque centrale américaine. Cela signifie donc que l’or a toujours été acquis par la Fed en échange de dollars papier. Le FMQ correspond donc à l’ensemble de l’argent liquide en circulation + tous les montants disponibles rapidement sur des comptes en banque et les actifs des banques commerciales déposés à la Fed.

Le tableau ci-dessus montre les augmentations mensuelles d’achat d’actifs de la Fed et les fluctuations du FMQ.

J’utilise 2 fois les achats mensuels de la Fed parce qu’ils sont enregistré 2 fois dans le FMQ. Le graphique montre que la création de monnaie papier se poursuit même sans le QE. Étant donné ce fait, le QE n’a pas vraiment pour objectif de stimuler l’économie (objectif qu’il n’a d’ailleurs pas rempli), mais plutôt de financer le déficit du gouvernement.

Grâce aux politiques monétaires de la Fed, qui ont augmenté la demande pour les bons du Trésor américain, le gouvernement fédéral n’a eu aucun problème à financer son déficit. Le QE n’est donc plus nécessaire, raison pour laquelle la Fed l’a supprimé. Cela ne signifie pas qu’elle n’y aura pas recours à nouveau : tout dépendra des besoins de financement du gouvernement américain et de la demande du marché pour ses obligations.

Cette analyse est confirmée par la situation actuelle du Japon. Là-bas, un QE a lieu alors que l’économie se détériore de jour en jour. Personne ne peut affirmer que le QE est positif pour l’économie japonaise. La vérité derrière les Abenomics, c’est que le gouvernement du Japon finance son énorme déficit tandis que les Japonais tapent dans leur épargne pour maintenir leur train de vie. En bref, le manque d’argent est comblé par la création monétaire. Désormais, l’effondrement du yen, conséquence inévitable de l’inflation monétaire japonaise, risque d’exposer cette folie.

Pour conclure, les marchés traitent avec beaucoup de complaisance les déficits gouvernementaux. Une correction sur le marché obligataire aura obligatoirement lieu tôt ou tard, ce qui compliquera grandement le financement des gouvernements. Lorsque cela arrivera, et vu qu’il est maintenant clair qu’un QE n’engendre pas de croissance, il sera difficile de réintroduire un tel programme de financement déguisé des états sans entamer la confiance des marchés. »

Gerald Celente

Alors que la Fed est sur le point de mettre un terme à son QE, elle n’injecte plus que 15 milliards de dollars par mois sur les marchés. Voici ce qu’en pense Gerald Celente, qui a également fourni son sentiment sur l’or durant sa dernière interview sur KWN.

Gerald Celente : « la Fed a annoncé la poursuite du tapering, si bien qu’elle n’injecte désormais plus que 15 milliards de dollars par an dans le système. Mais je pense que la nouvelle de l’OCDE qui abaisse ses prévisions de croissance à l’échelle mondiale est plus importante. Elle avertit également que le risque est très élevé dans l’environnement actuel.

Ce ne sont pas que les économies européennes et américaines qui patinent. Regardez ce qui se passe en Chine. Elle vient de lancer elle aussi un programme d’assouplissement quantitatif parce que son économie ralentit et que son système bancaire est en difficulté.

Il s’agit donc d’un ralentissement global. Si vous regardez les chiffres de la production industrielle, des ventes au détail, de l’emploi, c’est la stagnation ou la baisse, parfois une très légère hausse. Tout ceci avec des taux d’intérêt au plus bas. Pour les gens à la mémoire courte, la Fed n’a plus relevé ses taux d’intérêt depuis 2006. Et malgré ces taux planchers, à des niveaux historiques, l’économie reste à la traîne.

Les médias dominants peuvent balancer toute la propagande qu’ils veulent, les faits sont têtus, et la vérité, c’est que nous assistons à un ralentissement mondial et que les économies du monde entier calent. Désormais, la Fed a déclaré qu’elle ne savait pas quand elle allait remonter ses taux, qu’il s’agit plus une question de chiffres que de timing. Si les statistiques économiques suivent la tendance actuelle, cela signifie que les taux ne bougeront pas en 2014.

Eric King : « Gerald, mis à part la propagande de la Fed, que se passe-t-il réellement dans l’économie américaine ? »

Gerald Celente : « regardez les chiffres. Concernant les ventes de détail, la production industrielle, le logement et l’emploi, c’est faible. C’est très important, car toute reprise économique implique que de nombreux indicateurs passent au vert. Mais cela ne se produit pas. Et, une fois de plus, c’est un phénomène mondial.

La Chine avait déclaré qu’elle ne s’engageait pas dans un programme de stimulation, mais elle a retourné sa veste car l’économie faiblit. Au fait, si vous analysez les chiffres du chômage en Chine, les jeunes diplômés ne trouvent pas de travail. Cela s’explique par le fait que la création d’emplois a lieu au niveau de postes à faible valeur ajoutée. La Chine est donc également en crise, et elle risque d’être pire que celle des États-Unis car il s’agit d’un pays de 1,2 milliard de personnes.

La Chine n’a pas peur des États-Unis, ou du Japon. Sa plus grande crainte, c’est sa propre population. Si elle ne parvient pas à créer de l’emploi, elle devra faire face à des remous sociaux sérieux. On parle très peu aux États-Unis du nombreux d’émeutes, de troubles sociaux et de remous qui ont lieu en Chine. De nombreux problèmes sociaux et économiques affectent une grande partie de la société chinoise.

Pourtant, dans ce pays, il y a 70 millions d’appartements de luxes qui sont vides. Notamment parce que ses diplômés ne trouvent pas de travail.

Après l’annonce du tapering de la Fed, l’or et l’argent ont baissé, tandis que le dollar a grimpé. Mais ce ne sera que temporaire. Le tournant pour le marché de l’or sera lorsque la Fed sera forcée d’admettre qu’elle doit injecter encore plus d’argent contrefait dans le système afin de le propulser.

Je pense que cela arrivera lorsque les taux d’intérêt remonteront. Lorsque cela arrivera, cette timide reprise prendra fin. La seule chose qui a maintenu les marchés et l’économie à flot, ce sont les taux d’intérêt très bas. (…)

Nous voyons un nombre record d’entreprises acheter leurs propres actions. C’est aussi ce qui soutient les marchés, sûrement pas les fondamentaux. Mais ce sera la panique lorsque l’économie va commencer à vaciller. Cela entraînera l’annonce d’un nouveau programme de stimulation de la Fed, qui propulsera l’or vers de nouveaux sommets.

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« La Fed n’a pas d’autre choix que d’arrêter son QE, car en 2008, son bilan ne représentait que 6 % du PIB américain, or aujourd’hui ce chiffre a grimpé à 26 %.

La vérité, c’est que la Fed voudrait bien continuer, mais elle ne le peut pas. C’est important de le noter. D’ici la fin de l’année, la Fed possédera pour 4,5 trillions d’actifs, qui se composent à environ 65 % d’obligations américaines. La Fed en possède donc de grandes quantités. Si elle avait continué à ce rythme, elle aurait probablement acquis l’intégralité des Treasuries d’ici 6 ans. Vous voyez à quel point ce que la Fed a fait est absurde.

Désormais, 5 ans ont passé depuis la soi-disant fin de la récession. Pourtant, les politiques en place sont similaires à celles de 2008. N’est-ce pas révélateur ? L’économie est toujours anémique, c’est un désastre. La Fed, via ses politiques, laisse entendre que les États-Unis sont toujours dans une situation d’urgence en raison de l’état désastreux de son économie. Je veux être clair à ce propos : les risques sur les marchés sont actuellement astronomiquement élevés. C’est pourquoi la Fed maintient sa politique de taux zéro et continue d’injecter de l’argent dans le système.

Eric King : « dans ce contexte, que voyez-vous venir durant la seconde moitié de l’année ? »

Sperandeo : « tout d’abord, je voudrais dire que les gens qui croient les déclarations et les statistiques économiques du gouvernement « ont leur tête au mauvais endroit » (sic). Lorsque la Fed affirme que les États-Unis ont connu une croissance de 4 % au second trimestre, vous avez la liberté de les croire, mais c’est votre problème. Je tiens à clarifier une autre chose : le gouvernement américain peut choisir comme bon lui semble ce chiffre. C’est du pipeau, il n’y a jamais eu une croissance de 4 % au second trimestre.

De nouveau, l’économie est beaucoup plus faible que ce que prétend le gouvernement. Le marché de l’emploi est toujours une catastrophe. Il ne faudrait pas grand-chose pour faire plonger les marchés de 20 à 30 %. Cependant, je ne vous recommande pas de shorter les marchés, car le gouvernement et la Fed font tout pour les garder au plus haut. Ce qui fera plonger les marchés est un événement qui échappe au contrôle de la Fed.

Il ne faut pas s’attendre à un redressement économique durant le second semestre de l’année, mais cela ne signifie pas que l’on assistera une correction sur les marchés, même si ceux-ci sont totalement déconnectés de la réalité. Personne ne sait quel sera le catalyseur soudain qui provoquera la chute des marchés.

En ce qui concerne l’or, son marché est bien sûr manipulé par les banques centrales. Les gros acheteurs réguliers sont l’Inde, la Chine et les autres nations orientales. Mais tout investisseur se doit de posséder de l’or en tant qu’assurance contre le désastre potentiel découlant des politiques folles de la Fed. »

Source : Victor Sperandeo sur KWN

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Les investisseurs observent désormais avec grande attention les tentatives répétées de la Fed de sortir de ses politiques monétaires non conventionnelles. Durant les 5 dernières années, 2 tentatives identiques ont déjà échoué. À la fin des QE1 et QE2, nous avons assisté quasi immédiatement à des dislocations massives des marchés financiers. À l’occasion de sa 3e tentative de sortie de QE, la Fed a privilégié une approche plus en douceur pour mettre un terme à son assouplissement quantitatif.

 

À ce propos, la comparaison la plus amusante a probablement été faite en janvier 2014 par Richard Fisher, membre du Comité de la Fed. Il a déclaré que sous l’influence de l’alcool, les choses ont l’air d’être plus belles qu’elles ne le sont en réalité. Il a suggéré que le QE provoque l’effet de l’alcool chez les investisseurs. À cause des taux d’intérêt artificiellement bas, ils perçoivent les actifs risqués à travers les « yeux d’une personne en état d’ébriété ».

Nous pensons que le « tapering », soit la sortie en douceur du QE, aura de nouveau un impact significatif sur les marchés. Si une tentative de réduire la création de masse monétaire devait être faite, une récession sévère suivrait sans aucun doute. (…)

La réaction immédiate à la fin des effets d’une politique monétaire accommodante à court terme sera à nouveau la mise en œuvre d’un nouveau « shoot monétaire ». Nous croyons, contrairement à la majorité des investisseurs, que non seulement le QE ne sera pas arrêté, mais qu’il sera probablement prolongé à long terme ou remplacé par une drogue monétaire encore plus dure, par exemple des taux d’intérêt négatifs. La BCE a déjà prouvé qu’une telle décision était possible en juin. Les banques centrales font désormais face à un choix difficile : éclatement des bulles ou ajustements économiques douloureux. Sur base des décisions prises ces dernières années, la première méthode devrait être choisie.

Le facteur décisif qui affecte les marchés financiers est donc, malheureusement, l’anticipation des actions de la Fed. Afin de stimuler la demande de l’économie, la Fed mise à nouveau sur « l’effet de richesse ». Ce phénomène empire la dépendance d’une économie basée sur la consommation aux politiques monétaires accommodantes.

Si le marché devait demain retrouver des valorisations plus normales, la demande des consommateurs baisserait encore plus et l’on risquerait alors la récession. D’où l’intérêt de mettre en place des politiques monétaires encore plus accommodantes. La corrélation très étroite entre la croissance du bilan de la Fed et le S&P 500 est visible sur le graphique suivant.

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Vu les excès monétaires et la guerre des monnaies de ces dernières années, nous nous attendons à voir le cours de l’or grimper.

Source : article de Ronald-Peter Stoferle publié sur KWN

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Contrainte de vendre le mirage de la reprise, la Fed continue son tapering. Elle a annoncé hier la diminution de ses achats de MBS et Treasuries de 10 nouveaux milliards, passant désormais de 45 à 35 milliards d’achats par mois.

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Cela ne l’a pas empêché de revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour 2014 (mais que pouvait-elle faire après les chiffres désastreux du premier trimestre ?). La Fed prévoit désormais de 2,1 à 2,3 % de croissance, alors qu’elle annonçait 2,8 à 3 % en mars. Selon Bill Fleckenstein, la Fed ne pourra plus tenir pendant bien longtemps son discours rassurant, comme il l’a expliqué dans sa dernière interview sur KWN :

« Les marchés actions croient toujours que la Fed pourra continuer son tapering et se rapprocher de zéro sans que quelque chose de fâcheux arrive. Les marchés ont tort. Un accident aura lieu.

Le tapering signifie une réduction de l’assouplissement quantitatif, mais nous ne devons pas oublier que la Fed continue de fournir des liquidités supplémentaires. Quoi qu’il en soit, la Fed interprète mal l’économie car elle n’est pas aussi forte qu’elle le pense, les problèmes du marché immobilier le prouvent. Il y a néanmoins d’autres signes de faiblesse.

La Fed s’est donc positionnée pour un réveil douloureux à propos de la vigueur de l’économie, mais aussi à propos de l’inflation qu’elle aura générée, car ce sera beaucoup plus que voulu. La communication d’aujourd’hui (lire hier) est tout à fait conforme à mes attentes, et je ne pense pas que Yellen dira quoi que ce soit d’important durant sa conférence de presse. Le marché poursuit son jeu de dupes tandis que les métaux précieux tentent de trouver la direction à prendre. (…)

La Fed a acheté du papier pour un trillion de dollars l’année dernière. Leur bilan atteint désormais les 4 trillions de dollars. Cela n’inclut pas ce que les autres banques centrales ont fait pour également propulser les marchés majeurs à la hausse.

Les bourses mondiales sont à ces niveaux à cause des sommes astronomiques d’argents qui ont été injectées. C’est pourquoi nous allons à assister à l’automne prochain à un crash ou à une sorte de dislocation. À ce moment-là, il y aura tellement d’investisseurs avec des attentes si grandes qu’elles ne pourront être satisfaites. Ils se regarderont alors en chiens de faïence et le marché se heurtera à un mur.

Nous parlons d’un changement de psychologie, mais la question est de savoir quand ce revirement aura lieu et ce qui le provoquera. Je ne sais pas quelle sera l’événement catalyseur, mais quiconque pense qu’il n’y a pas d’inflation ou qui croit en la déflation est dans le déni.»

Eric King : « beaucoup d’investisseurs, et même des professionnels, estiment désormais qu’il n’y a plus rien à craindre, que les banquiers centraux sont invincibles. »

Fleckenstein : « il faut qu’ils prennent du recul. L’année dernière, la Fed a injecté un trillion de dollars et elle continue de fournir des liquidités. En 1999, les injections de liquidités furent d’environ 40 milliards et ce fut suffisant pour faire exploser le marché. Les gens qui fonctionnent logiquement sont très frustrés en ce moment.

Il est dangereux de posséder des actions, des obligations, de faire confiance au dollar, mais si vous voulez investir dans les métaux précieux, cela ne marche pas depuis ces 2-3 dernières années. Les investisseurs rationnels sont donc logiquement frustrés, comme ils l’étaient en 1999 et en 2007.

Cette période un peu folle dure plus longtemps qu’attendu par la plupart. Par contre, personne ne sait ce qu’il se passe lorsque les banques centrales mondiales créent autant d’argent et lorsque les monnaies ne sont adossées à rien de tangible. Il est impossible de prédire l’avenir car nous sommes dans un contexte absolument inédit, il s’agit d’une première dans l’histoire.

Nous avançons en terrain inconnu. Il est impossible de prédire le timing, mais ces politiques monétaires vont mener à la destruction. »

Hier, toute la finance n’attendait qu’une chose, le communiqué du comité de la Fed. Malgré la croissance quasi nulle du premier trimestre 2014, de 0,1 % (alors que les analystes s’attendaient à 3 %…), elle a décidé de poursuivre son serrage de vis en diminuant de 10 milliards supplémentaires son QE.

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Désormais, la Fed n’injectera « plus que » 45 milliards de dollars par mois, 25 milliards en obligations et 20 milliards en MBS. Fini les excuses de la météo pour justifier les performances médiocres du premier trimestre, qui ont débouché sur un taux de croissance ridicule de 0,1 % pour une économie qui serait soi-disant en train de se redresser.

Pour ne pas perdre le semblant de crédibilité qui lui reste, la Fed a donc dû poursuivre sa stratégie de tapering, estimant que l’hiver passé, tout va bien se passer alors que la consommation des ménages serait en hausse.

Les semaines à venir vont être cruciales. Comme l’a répété à de maintes reprises Michael Pento, la récession risque de faire son retour alors que la Fed se retire petit à petit son programme d’injection de liquidités. Pour l’instant, les marchés croient toujours au succès du tapering. Le jour où la Fed devra faire marche arrière, c’est à ce moment-là qu’ils devront acter du fait que rien n’est réglé, entraînant des corrections inévitables sur de nombreux marchés, tandis que l’or et l’argent reviendront subitement en grâce parmi les investisseurs.

Le tapering de la Fed se poursuit, sans surprise, mais de nouvelles données importantes ont été ajoutées à l’équation d’après Michael Pento (source).

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« Jusqu’ici, la Fed a réduit ses achats de MBS et de Treasuries pour atteindre respectivement 25 milliards et 30 milliards par mois, pour un total de 55 milliards. Tout cela était prévu et n’a donc surpris personne.

Cependant, la Fed a supprimé le seuil des 6,5 % de chômage auquel elle avait prévu de relever les taux d’intérêt. Cela signifie qu’il n’y a plus aucun objectif tangible, et pour une bonne raison : la Fed ne peut pas se permettre de relever les taux.

L’état de l’économie américaine et de l’économie mondiale est tellement anémique que même après 5 ans de manipulations de la masse monétaire et des taux d’intérêt, la Fed est dans l’incapacité d’augmenter à court terme les taux d’intérêt. Autrement dit, elle va continuer à chercher des excuses et à modifier les objectifs afin de ne jamais y toucher.

La Fed est donc engagée dans un processus de tentative de sortie du QE, mais ce que les marchés actions ignorent, c’est que cela pousse les taux d’intérêt à long terme à la hausse. Par exemple, les bons du Trésor à 10 ans sont passés à 2,76 % au moment où je vous parle. Les taux à court terme ont augmenté de façon encore plus significative.

Le QE de la Fed est la seule raison pour laquelle le taux des Treasuries à 10 ans sont aussi bas aujourd’hui. La fin du QE provoquera une hausse importante de ces taux, que la Fed le veuille ou non.

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James-Turk-septembre-tapering« On saura bientôt si la Fed va commencer à réduire ses achats d’obligations ce mercredi, lorsque les minutes de la dernière réunion du comité seront publiées. Cependant, on a déjà eu un aperçu suite au discours donné par le président de la Fed de Boston, un petit discours passé inaperçu mais très révélateur.

Eric Rosengren a déclaré que la décision de réduire les achats aurait probablement été prise pour septembre si « les dossiers fiscaux américains n’étaient pas aussi problématiques. »

Ce commentaire révèle ce que la Fed va faire, mais confirme aussi selon moi 2 choses : tout d’abord, malgré ce que l’on dit, la Fed n’est pas indépendante par rapport au gouvernement. Il s’agit d’un instrument du gouvernement, qui fait ce que celui-ci demande. Ce qui mène au second point : même si la Fed affirme que ses missions sont d’avoir un taux de chômage bas et de maintenir la stabilité des prix, il ne s’agit pas de ses véritables objectifs.

Si c’était le cas, il y a belle lurette que la Fed aurait disparue car sa performance dans ces 2 dossiers est exécrable. Par rapport à la création de la Fed, il y a 100 ans, le dollar a perdu presque toute sa valeur, tandis que le chômage a été un problème récurrent depuis que la Fed contrôle les taux d’intérêt, donc l’économie.

La véritable raison pour laquelle la Fed existe est dévoilée par M. Rosengren : la Fed a pour objectif de fournir au gouvernement l’argent dont il a besoin. La Fed s’assure qu’il y ait des acheteurs pour les émissions obligataires, que ce soit quelqu’un d’autre qu’elle-même. C’est le but du QE.

Les déficits américains énormes ont engendré des emprunts records. Il y a plus de dette émise que d’acheteurs. C’est pourquoi la Fed achète aujourd’hui plus de 70 % des T-bonds (obligations à court terme) et est le plus gros détenteur d’obligations américaines (plus de 50 % en tout). Si la Fed n’achetait pas tout ce papier, qui le ferait ?

Il est possible que d’autres banques centrales, poussées par Washington, puissent en acheter. Mais il est important de constater que les investisseurs sortent du marché obligataire en masse. Le plus gros fonds mutuel obligataire voit ses clients fuir.

Mais admettons que la décision de Bernanke soit vraiment dépendante des chiffres, comme il le dit. La question est de savoir : quels chiffres ? La Fed parle de chômage et d’inflation, mais les chiffres qu’elle analyse sont erronés, car les méthodes statistiques utilisées ne reflètent pas la réalité. Si les décisions sont prises sur base de chiffres, ceux-ci doivent être corrects.

Mais quel chiffre correct la Fed regarde-t-elle ? La réponse : les déficits gouvernementaux, l’accumulation de dette et qu’il achète. La Fed sait que si elle n’achète pas les obligations, il faudrait des taux d’intérêt « à la Volcker » (note : ancien président de la Fed qui avait augmenté radicalement les taux directeurs) pour convaincre les investisseurs d’accepter le risque qui accompagne l’achat d’obligations américaines, d’un pays à qui une nouvelle baisse de notation pend au nez.

Je pense que désormais, la fin de partie est proche. On peut reporter le problème, mais pas indéfiniment. La dette et les promesses intenables sont plus que jamais là. Les Américains pensent que leurs politiques folles peuvent continuer ad vitam aeternam, mais ce genre de choses finit toujours par une catastrophe.

C’est pourquoi le débat autour du plafond de la dette est tellement important. Il s’agit du dernier garde-fou aux dépenses folles du gouvernement. Lorsque celui-ci est augmenté, et je pense que ce sera encore le cas, ce sera la porte ouverte à une nouvelle vague de création monétaire. Je pense que la fin de partie sera beaucoup plus radicale qu’anticipé habituellement. Nous allons subir les conséquences de 40 ans de mauvaises politiques monétaires et fiscales.

Je pense aussi que c’est la raison pour laquelle l’or et l’argent ont atteint un plus bas il y a environ 3 mois. Depuis, la tendance est plutôt haussière, tandis que les métaux précieux commencent à repasser au-dessus de seuils clés. L’or et l’argent sont les seuls actifs sans risque qui survivront au chaos à venir. »

Source : James Turk sur KWN