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Taux directeur

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Fed taux

Tout le monde ou presque s’accordait sur le fait que la FED allait remonter d’un quart de pour cent son taux directeur hier. Yellen et cie n’ont pas déçu. Il faut dire que la FED a reporté autant que possible l’inéluctable en se réfugiant derrière un discours formaté désormais habituel. En revanche, les marchés ont été surpris par le rythme auquel la banque centrale américaine souhaite poursuivre la hausse de son taux directeur pour 2017 : en effet, elle prévoit 3 relèvements de ses taux l’année prochaine.

Le dollar grimpe et tout le reste baisse

Prisonnière de ses statistiques « discutables » (comme un taux de chômage officiel à 4,6 %), la FED n’a donc eu d’autre choix que d’enfin relever son taux directeur après des palabres interminables. L’élection présidentielle derrière elle, elle disposait également d’une plus grande marge de manœuvre, son dernier relèvement des taux ne s’étant pas spécialement bien passé… Maintenant que Trump a été élu, le risque politique qu’elle provoque un minikrach boursier est écarté.

Le dollar s’est bien entendu « apprécié » peu de temps après l’officialisation de la nouvelle. En revanche, les autres classes d’actifs n’ont pas vraiment « apprécié » : ce fut le cas pour les obligations, le pétrole, les actions et bien entendu l’or. Reste à voir comment toutes ces classes d’actifs vont évoluer après avoir digéré la nouvelle, dans l’attente de voir Donald Trump prendre ses quartiers à la Maison-Blanche. L’or se rapproche à nouveau de son coût de production moyen ; à moins de connaître un effondrement de la demande physique, qui fixe une barre sous laquelle le métal ne peut descendre, la baisse ne devrait pas excéder durablement les 1080 dollars l’once.

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pièces d'or et d'argent

Article publié sur KWN le 31 août 2016 :

« La majorité des actions minières or et argent ont grimpé à la verticale. Elles ont très bien performé si bien qu’elles ont été surachetées. L’or s’est aussi bien comporté, mais pas aussi bien.

Le point le plus important est que l’or est désormais dans une période d’attente, de consolidation. C’est ce que le graphe de son cours indique, une consolidation à tous les étages. La raison fondamentale derrière ce fait, car il faut toujours prendre en compte les aspects techniques et fondamentaux, réside dans le verbiage continuel de la Fed à propos de la hausse des taux qui serait à venir.

La prochaine réunion du comité de la Fed est prévue pour les 20 et 21 septembre. À chaque fois que le dollar baisse, et cela est arrivé jusqu’à présent à 3 reprises, les cafards (sic) de la Fed sortent pour faire des déclarations positives pour le cours du dollar, en affirmant notamment que le marché sous-estime la vigueur de l’économie américaine. Le dollar reprend sa hausse et les cafards disparaissent (rires). C’est comme si on allumait la lumière.

Ne croyez pas la propagande de la Fed

Ce que je veux dire, c’est que l’or se consolide parce que les marchés attendent de voir si la Fed va rehausser son taux directeur ou pas. Les décideurs de la Fed ont sous-entendu que si les chiffres de l’emploi sont robustes, ils relèveront les taux. Je ne crois pas un mot de cette propagande. Avant l’élection présidentielle, il est tout simplement hors de question que la Fed prenne ce risque. Car elle sera pointée du doigt en cas de problème, même si celui-ci n’a rien à voir avec la hausse des taux.

Vous pouvez donc oublier les 2 prochaines réunions de la Fed car elle ne relèvera pas son taux directeur. Les prévisions de croissance ont toutes été relevées car le gouvernement est censé dépenser 250 milliards de dollars durant ce trimestre. L’année dernière, à la même époque de l’année, il avait seulement dépensé 8 milliards. Autrement dit, les dés sont pipés.

Mais l’élément critique pour les marchés de l’or et de l’argent, à court terme, se trouve du côté des chiffres de l’emploi qui seront publiés ce vendredi. Ce paramètre influencera les mouvements à venir de l’or et de l’argent. Et alors que l’élection présidentielle se rapproche, nous devons nous attendre à une propagande allant crescendo à propos de la vigueur de l’économie américaine, ne l’oubliez pas. »

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Fed taux

Article de John Rubino, publié le 14 janvier 2016 sur SafeHaven.com :

« Cela n’aura pas pris longtemps. Un mois après la hausse d’un quart de point du taux directeur de la Fed, les marchés vacillent et les présentateurs promettent déjà que Papa prendra soin de tout ce qui contrarie les investisseurs :

« La baisse des perspectives d’inflation pourrait déboucher sur une réévaluation de la politique, d’après Bullard de la Fed » (titre d’un article de Reuters). (…)

En résumé : si les choses restent telles qu’elles sont à travers le monde, les taux d’intérêt resteront proches de zéro mais vu que les choses se sont dégradées malgré des années de taux planchers, ne pas les relever n’est pas une solution pour sortir de l’ornière. Donc lorsque la hausse temporaire des marchés suivant habituellement les propos de Bullard prendra fin et qu’ils reprendront leur descente vers le fond, voici ce qui se passera :

  1. Ils insinueront que le bilan de la Fed s’est suffisamment contracté et qu’il est peut-être temps de le stabiliser (traduction : un nouveau round modeste de QE).
  2. Après son échec, ils promettront d’augmenter la portée du QE existant afin qu’il atteigne un niveau suffisant pour renverser la tendance des marchés.
  3. Après ce nouvel échec, ils débuteront une nouvelle expérience baptisée d’une appellation attrayante telle que « QE pour le peuple », « jubilé de la dette », matérialisant enfin l’hélicoptère déversant de l’argent sur la population que Ben Bernanke avait promis il y a longtemps en cas de déflation sévère. Cette expérience sera accompagnée d’une belle panoplie de contrôles des capitaux afin de tenir en respect les épargnants indisciplinés et autres ennemis de la société.

À ce moment-là, nous serons tellement en terra incognita que vouloir faire des prédictions est futile sauf s’il s’agit de fournir une forme de divertissement. »

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Janet Yellen

Quelques heures nous séparent désormais de l’annonce de la décision de la Fed concernant son taux directeur qui sera plus que probablement relevé. Dans l’attente de la décision, James Turk a évoqué la tourmente que traverse le marché du crédit et d’autres facteurs qui pourraient forcer la Fed à s’abstenir (source KWN) :

« Le moment de vérité concernant la décision de la Fed à propos de ses taux est enfin arrivé. Ils n’ont plus été modifiés depuis sept ans. L’annonce sera faite ce mercredi après-midi, au terme de deux jours de réunion du Comité de la Fed.

En vertu du contenu des comptes-rendus des réunions précédentes ainsi que des nombreuses déclarations publiques faites durant ces dernières semaines, les officiels de la Fed ont indiqué qu’ils augmenteront les taux directeurs de 0,25 %. Il y a pourtant de bonnes raisons de croire que la Fed finira par ne rien modifier.

Carnage sur le marché du crédit

Notamment en raison du chaos qui règne sur les marchés du crédit. C’est particulièrement visible sur le marché des obligations risquées (junk bonds) parce qu’il est le maillon le plus faible de la chaîne.

Ce n’est pas pour rien qu’on les appelle « obligations pourries ». Il s’agit d’obligations émises par des sociétés qui sont sur le fil du rasoir, vivotant entre solvabilité et faillite. Un petit problème peut se muer en désastre pour ces sociétés. Les compagnies pétrolières qui se sont trop endettées pensant que le cours du brut ne passa jamais en dessous de la barre des 60 $ le baril sont en train de payer les conséquences.

Il y a pire encore : la détérioration du marché du crédit se propage au système bancaire. Aujourd’hui, la banque Wells Fargo a déclaré que des tensions apparaissent dans son portefeuille de crédits octroyés à des sociétés énergétiques en raison de la chute du cours du pétrole, un autre événement qui pourrait pousser la Fed à ne pas relever ses taux.

deficit-budgetaire-dette-usaMais la meilleure raison pour dissuader la Fed de le faire : c’est la dette du gouvernement américain. C’est ce facteur qui explique pourquoi j’affirme depuis des années que les États-Unis ne relèveront jamais leurs taux. Le gouvernement US est tellement endetté qu’il ne peut se permettre de payer des intérêts justes.

D’ici quelques semaines, la dette du gouvernement fédéral américain dépassera la barre des 19 trillions. J’estime à 14 trillions la dette à court terme. Une augmentation des taux de 0,25 % signifie que le budget américain se creuserait de 35 milliards supplémentaires par an.

Le gouvernement fédéral ne réalisera pas de coupe dans ses budgets pour compenser l’augmentation de la facture du service de sa dette. Toute hausse des taux augmentera donc le fardeau de la dette et creusera les déficits budgétaires américains.

Hyperinflation et une grosse surprise

En bref, des taux plus élevés ne peuvent mener qu’à l’hyperinflation et à la destruction du dollar. Les officiels de la Fed le comprennent sans aucun doute. C’est pourquoi vous ne devriez pas être surpris si la Fed annonçait le statu quo. Si elle devait tout de même relever ses taux, cet acte serait accompagné d’un communiqué extrêmement rassurant.

La Fed pourrait également décider de laisser inchangés le taux directeur le plus bas à zéro et augmenter le taux directeur le plus élevé à 0,5 %. Une telle décision serait elle aussi accompagnée de pommade pour tenter de faire grimper les marchés.

De toute façon, nous serons bientôt fixés. La Fed surprendrait tout le monde si elle décidait de ne pas agir mais quoi qu’elle fasse, on pourrait assister à une semaine agitée. »

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Toute l’attention est à nouveau tournée vers la Grèce, qui a remis avec un peu de retard sa liste de réformes qui doit désormais être validée par la Troïka (désolé, les « Institutions », nos lacunes en novlangues sont toujours aussi criantes). D’autres événements importants méritent d’être abordés notamment au niveau du Baltic Dry et des banques centrales.

Mais pour en revenir à la Grèce, un premier couac a déjà eu lieu concernant la fameuse liste des réformes qu’Athènes doit remettre pour que ce nouveau plan de renflouement de 4 mois prenne effet. Les Grecs étaient largement dans les temps hier mais il semblerait que la liste n’ait pas plu aux Allemands. Quelques heures plus tard, on apprenait que la liste serait pour finir « remise le lendemain ». Et ce matin, on apprenait qu’elle avait été remise à 23 h 32… L’Allemagne a refusé de la commenter, selon Ekhatimerini, en attendant la conférence téléphonique prévue cet après-midi.

Nous supposons que les Allemands ont corrigé le devoir de Syriza et qu’une liste conforme aux exigences teutonnes a été remise. Du côté du parti de gauche grec, les fissures continuent de se former. Hier, ce fut au tour de Costas Lapavitsas de questionner la politique de son parti, lorsqu’il a demandé « ce qui allait exactement changer durant ces 4 mois d’extension pour permettre à la Grèce d’améliorer sa position de négociation et ce qui allait empêcher la détérioration de la situation économique, politique et sociale du pays. »

Avec ce qui ressemble furieusement à une nouvelle trahison politique de la volonté du peuple, il ne faudra pas s’étonner que celui-ci se tourne de plus en plus vers des partis comme Aube Dorée qui n’hésiterait pas une seule seconde à inviter « les Institutions » à venir se faire voir chez eux…

Reprise ? 20 banques centrales ont baissé leur taux directeur en 2015

Pour passer au sujet des banques centrales et de la baisse des taux, c’est au tour de la banque centrale d’Israël de baisser à la « surprise générale » son taux directeur de 0,15 %. Il s’élève désormais à 0,1 %, un record pour le pays. En 2015, il s’agit déjà de la 20e banque centrale à baisser son taux directeur soit des baisses de taux qui concernent 38 pays. L’Ouzbékistan, la Roumanie, la Suisse, l’Inde, l’Égypte, le Pérou, la Turquie, le Canada, la BCE (qui agit au nom de 19 pays), le Pakistan, Singapour, l’Albanie, la Russie, l’Australie, la Chine, le Danemark (à 3 reprises !), La Suède, l’Indonésie, le Botswana et enfin Israël sont concernés. L’article de Zero Hedge conclut ainsi :

« Pourquoi le monde entier s’est-il lancé dans une course à la baisse de leur devise ? La réponse est simple : comme nous l’avons répété durant des mois et comme Goldman Sachs vient de l’admettre la semaine dernière, la planète entière ne peut plus nier que nous traversons une période de récession mondiale. »

Un Baltic Dry qui sèche

Depuis la mi 2014 le Baltic Dry, l’indice des prix du cargo maritime a suivi la même voie que celle du cours du pétrole. Les médias dominants nous ont expliqué qu’il s’agissait de simples conséquences de surinvestissements (conséquences des QE ?) dans le transport maritime. Affirmer qu’il s’agit de la conséquence de la baisse du commerce mondial est une autre manière de voir les choses. Il s’agit peut-être un peu des 2. Quoi qu’il en soit durant les 3 dernières semaines, 3 sociétés de transport maritime ont déposé le bilan d’après Reuters via ZeroHedge. D’après le secteur, ce sont les pires conditions de marché depuis les années 80. Aujourd’hui, le Baltic Dry Index s’élève à 512 : jamais il n’a été aussi bas.

Une dette qui ne cesse d’exploser

Pour conclure, un petit rappel sur LE problème qui mine les économies de la plupart des pays développés : la dette. En prenant en compte à la fois la dette publique et privée, 9 pays disposent d’un taux d’endettement supérieur à 300 % de leur PIB.

Dans cette liste publiée par ZH, les méchants profiteurs grecs suceurs d’euros n’occupent pas la plus haute marche du podium mais sont précédés par 6 nations. Outre le Japon (le champion incontesté en la matière), l’Irlande, Singapour et le Portugal, on retrouve la Belgique mais surtout les Pays-Bas, la nation du Président de l’Eurogroupe, Mr Dijsselbloem, qui ferait donc mieux de balayer devant sa porte avant de se permettre de donner des leçons aux autres… La Russie, qui ne cesse de voir sa note être baissée par Standard & Poor’s est bien loin derrière avec 65 % de dette par rapport à son PIB.

dette-mondiale-globale

Alors que la guerre des monnaies bat son plein et que les banques centrales ont acheté les secondes plus grandes quantités d’or en 2014 depuis un demi-siècle, c’est autour de la Suède de faire passer son taux directeur en territoire négatif dans l’espoir de faire baisser la couronne. Article du FT :

« La Suède vient de passer son taux directeur en territoire négatif et de lancer un assouplissement quantitatif dans le but de combattre la déflation devenant ainsi le dernier pays scandinave à alimenter l’escalade de la guerre des devises qui a lieu en Europe.

La Riksbank a pris les marchés par surprise en passant son taux directeur à -0,10 % et en dévoilant son premier programme d’achat d’actifs, tout en s’engageant à d’autres actions futures pour éviter que le pays ne s’enlise dans le piège déflationniste. La banque a présenté sa stratégie en tant que précautions contre les risques étrangers et la crise en Grèce.

Janet Henry de HSBC estime qu’il s’agit clairement d’une mesure destinée à dévaluer la couronne, une telle décision dans un contexte global de guerre des devises n’ayant aucun effet sur le problème de fond à savoir la demande mondiale en berne.

La Suède a pris cette décision alors que son voisin danois a pris des mesures encore plus draconiennes pour stopper le flot d’argent qui met son peg avec l’euro à mal et qui ressert le piège  de la déflation.

De leur côté, les Danois ont baissé leur taux directeur à -0,75 % en un mois afin de contrecarrer les effets à venir du QE de la BCE. Ils ont même pris la décision sans précédent de suspendre toute émission obligataire.

D’après Jens Nordvig (Nomura), la banque centrale danoise aurait dépensé cette année 32 milliards d’euros afin de défendre le peg face à l’euro soit 10 % du PIB danois. (…) Steen Jakobsen (Saxo Bank) a déclaré que l’échec du peg serait dangereux vu que les fonds de pension privés du pays dépendent largement d’actifs libellés en euro, tandis que leur dette est en couronnes danoises.

« Ces divergences monétaires pourraient rendre certains fonds de pension techniquement insolvables. Si cela devait arriver, le Danemark préférerait probablement rejoindre l’euro qui permet une réévaluation de 10 %. Cela pourrait arriver très rapidement si la situation dégénérait en Grèce. (…) »

Les responsables de la banque centrale du Danemark sont apparemment convaincus d’être plus intelligents que leurs homologues suisses, pensant réussir là où la BNS a échoué. De belles turbulences sur les marchés des changes et de conférences organisées à la va-vite en perspective !