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Taux

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lingot d'or

« Le dollar a grimpé en flèche après l’élection, tout comme le Dow Jones et le S&P 500. Ce mouvement n’est basé sur aucun facteur fondamental. Ce fut plutôt un petit effet de mode alimenté par la promesse vide de l’espoir. Si l’espoir est une émotion valide pour ceux qui croient à la vie après la mort, l’espoir en l’absence de raisons concrètes peut rapidement se muer en peur, la peur de perdre de l’argent.

Bank of America a publié un sondage, fait auprès de « professionnels » de Wall Street, dans lequel les interrogés ont indiqué que la hausse du dollar est de loin l’investissement le plus encombré. Le Dollar Index a déjà reculé d’environ 3,5 % depuis le 1er janvier. Si l’Index passe en dessous de la barre des 100, l’exode actuel du dollar pourrait rapidement se muer en sauve-qui-peut vers la sortie.

Côté face on retrouve l’or, qui a augmenté de presque 6 % depuis la fin décembre, et l’argent, qui a grimpé de 7,8 % depuis son plus bas de la fin décembre. Les facteurs fondamentaux qui alimentent la hausse de l’or par rapport au dollar est :

  • l’augmentation continue de l’émission d’obligations américaines, qui ont doublé durant les huit dernières années ;
  • la contraction de l’activité économique malgré la pléthore de « fausses nouvelles économiques » ;
  • le déficit du gouvernement qui ne cesse de se creuser, ainsi que le déficit commercial.

La solution rapide, de fortune, que Trump va implémenter sera une politique visant à faire baisser le dollar. Il l’a tweeté pas plus tard qu’aujourd’hui. Le bond de l’or est attribué à ce tweet.

Ce qui alimente vraiment la hausse récente de l’or

Mais minute papillon, vous qui appréciez les « fausses nouvelles ». 50 % de cette hausse de l’or a eu lieu ce lundi, alors que c’était jour férié aux États-Unis, bien avant le tweet de Trump. Les actions minières au Canada ont largement grimpé hier. Cela nous dit qu’il y a d’autres facteurs derrière la hausse de l’or que la simple attente d’une baisse du dollar.

Lael Brainard, un des gouverneurs de la FED, a donné un discours aujourd’hui dans lequel elle a en quelque sorte fait marche arrière par rapport à la menace de la FED de relever quatre fois son taux directeur en 2017. Nous savions que cela allait se produire. L’or va commencer à anticiper la posture plus mesurée de la FED sur sa politique monétaire, qui deviendra probablement officielle à l’occasion de sa prochaine réunion, surtout au vu des chiffres des ventes de détail et de la consommation de décembre qui furent catastrophiques.

Alors que le Dollar Index passe en dessous de 100, les algorithmes des hedge funds passeront de l’achat à la vente de dollars, et de la vente d’or à l’achat. Mais il ne s’agit que de zakouski. L’initiative de démonétisation de Modi n’a pas réussi à entraver les importations d’or en Inde, alors que la Chine et les États-Unis continuent d’engloutir de grandes quantités d’or physique. Ces facteurs permettront de donner de la substance aux actions des hedge funds sur les marchés papier or et argent. »

Interview de Dave Kranzler, ancien collaborateur de Paul Craig Roberts au Trésor américain, publiée le 17 janvier 2017 sur KWN

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Actuellement, la dette américaine a atteint la somme colossale de 19,8 trillions de dollars. Elle va continuer d’augmenter sous la présidence de Trump, vu ses intentions de baisser les impôts et d’investir dans les infrastructures.

Les baisses d’impôts proposées augmenteront la dette américaine de 7 trillions dans les 10 ans à venir (en prenant en compte les intérêts courus et les effets macro-économiques), de 20 trillions dans les 2 décennies à venir, d’après Forbes. Le président élu n’a pas détaillé comment il compte financer ces baisses d’impôts.

Le protectionnisme, un jeu sans gagnant

Le président élu Trump a des plans radicaux : il souhaite enterrer des accords commerciaux établis de longue date, comme l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA), augmenter les droits de douane sur les importations chinoises, etc.

Cependant, dans un contexte économique toujours plus mondialisé, chaque action que mettra en place le président Trump provoquera une réaction aussi forte dans une économie déjà hautement endettée qui patine déjà en raison d’une croissance anémique. Cette guerre commerciale planétaire a peu de chances de bénéficier aux États-Unis ou à l’économie mondiale.

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Il n’est pas certain que les consommateurs américains apprécient de devoir payer plus cher les biens importés qu’ils achètent. Après tout, les délocalisations ont donné un fameux coup de pouce aux entreprises américaines, leur permettant de baisser leurs coûts de production (par exemple, un iPhone plus cher risque de réduire sa demande, aussi bien domestique qu’internationale).

Les investisseurs ont profité de l’argent bon marché pour acheter des actions et de l’immobilier, alors qu’il était censé alimenter l’économie réelle. Le désastre économique de Trump est une catastrophe inéluctable.

Je vous rappelle que rien n’a changé dans l’économie américaine depuis le marché haussier engendré par l’élection de Trump.

Le futur président Trump a critiqué Janet Yellen alors que celle-ci comprend que l’économie ne peut encaisser des taux beaucoup plus élevés. Elle s’effondrera si les taux augmentent, comme on a pu le voir durant ces dernières années. Les taux planchers perdureront malgré les attentes des experts, qui se prononcent en faveur d’une hausse importante du taux directeur. Lorsque Trump prendra ses fonctions, il aura besoin de l’assistance de la FED. Même s’il doit encore le comprendre !

Les entreprises n’ont pas énormément investi dans des projets. Elles ont plutôt racheté leurs titres. Lorsqu’elles embauchent, c’est principalement à temps partiel. À mon avis, rien ne justifie la hausse de la bourse et de l’immobilier, qui sont pour moi des bombes à retardement. (…)

Sans connaître les détails des politiques proposées, les marchés ont bien trop anticipé en se dotant d’un filet de sécurité très mince. Il est donc prudent d’être prêt à acheter de l’or, en quantité importante et pour le long terme. (…) »

Article de Chris Vermeulen, publié le 15 décembre 2016 sur SafeHaven.com

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Taux américains de ces 2 derniers siècles

 « L’histoire montre que la seule direction possible pour les taux est la hausse – Louise Yamada, analyste technique »

Voyez le graphique en en-tête qui montre les taux d’intérêt américains durant plus de 200 ans.

  • Les taux montent et descendent durant de longs cycles, longs de 20 à 40 ans entre un pic et un creux.
  • Des pics importants ont été enregistrés en 1920 et en 1981.
  • Des creux importants ont eu lieu en 1946 et probablement en 2016.
  • Les taux actuels sont les plus bas de ces 2 derniers siècles. Certains analystes ont même affirmé de ces 5000 dernières années.

Voyez ci-dessous le graphique du prix annuel de l’argent depuis 1913 à l’échelle logarithmique. La tendance haussière du cours de l’argent est claire et elle se poursuivra tant que la dette augmentera dans notre système monétaire basé sur l’argent papier.

cours-argent-100-ans

Les taux d’intérêt et le prix de l’argent

Comparez les 2 graphiques ci-dessus des taux durant ces 2 derniers siècles et du prix de l’argent durant le dernier siècle. Notez la corrélation entre des taux élevés et un cours de l’argent élevé, et vice versa.

  • Pics : taux d’intérêt 1920 – argent 1919
  • Pics : taux d’intérêt 1981 – argent 1980
  • Creux : taux d’intérêt 1946 – argent 1932 et 1941
  • Creux : taux d’intérêt 2016 – argent 2015

Les taux d’intérêt ont augmenté pendant environ 35 ans à partir de 1946 jusqu’en 1981 pour ensuite chuter durant les 35 années suivantes (entre 1981 et 2016). Le prix de l’argent pourrait augmenter durant plusieurs décennies, de concert avec les taux, alors que la dévaluation du dollar se poursuit, que l’argent est fortement utilisé pour des applications industrielles, que la demande d’investissement augmente, et peut-être… le monde est forcé de retourner à un système monétaire offrant un plus grand rôle à l’or ou à l’argent.

Des taux d’intérêt en hausse

Nous savons également que les taux d’intérêt sont le « coût de l’argent » et qu’ils ont été constamment poussés à la baisse durant ces 35 dernières années par les actions des gouvernements et des banques centrales. De plus, le marché obligataire augmente lorsque les taux baissent (c’est la fête pour Wall Street) et baisse lorsque les taux augmentent. Des taux plus élevés signifient que le service de la dette d’environ 200 trillions de dollars est plus cher. Les budgets sont étranglés, les projets sont limités, les entreprises fragiles font faillite, les rachats d’actions sont réduits et ces produits dérivés liés aux taux passeront pour la plupart un mauvais quart d’heure.

Que faire ? 2 options :

  • Laisser tout exploser. Admettre que les gouvernements n’ont aucune intention de rembourser leur dette (au moins depuis 2008), laisser démarrer une dépression qui détruira les économies, les gouvernements, les entreprises ainsi que des millions de vies, y compris celles des politiciens et des banquiers centraux qui ont créé des systèmes non viables et encouragé les déficits.

OU

  • Monétiser la dette, faire tourner la planche à billets, faire décoller les hélicoptères de Bernanke et remettre sur le dos d’un bouc émissaire les conséquences inflationnistes à venir.

Quels politiciens, banquiers, CEO de Wall Street, banquiers centraux ou CEO d’entreprise choisira l’option du krach ? Il faut donc s’attendre à l’option inflationniste.

Pour rappel…

En 1913, un dollar permettait d’acheter presque 1/20 d’once d’or, 8 galons d’essence et 14 pains. Aujourd’hui, nous savons tous que le dollar dévalué permet d’acheter beaucoup moins de choses. Pour donner un chiffre rond, les politiciens et les banquiers centraux ont dévalué le dollar d’environ 98%. Attendez-vous à l’accélération de la dévaluation de toutes les monnaies papier.

Durant les 8 années de l’administration Obama, la dette fédérale américaine a plus ou moins doublé, passant d’environ 10 trillions à 20 trillions de dollars. Attendez-vous à encore bien plus de dette !

Quelles sont les conséquences sur le cours de l’argent ?

Davantage de dette signifie davantage de dollars en circulation, donc des prix plus élevés pour la plupart des produits comme le pain, l’énergie, les soins de santé et… l’argent métal.

La monétisation des obligations, la création de dollars et le parachutage d’argent par hélicoptère finiront par indiquer à tout un chacun que le dollar n’est pas une réserve de valeur fiable, et qu’il ne l’a d’ailleurs jamais été depuis 1913. Lorsque ce fait deviendra évident, les gens agiront pour protéger leur patrimoine et leur pouvoir d’achat. L’argent et l’or performeront mieux que les obligations en chute libre, les actions surévaluées et les promesses des politiciens.

L’argent et l’or sont des assurances contre les krachs boursiers, les manipulations des banques centrales et des gouvernements, la dévaluation des devises, l’effondrement des Ponzi de la dette et du marché des changes, et bien plus encore.

Le dollar a perdu environ 98 % de sa valeur en 100 ans. L’or et l’argent ont grosso modo conservé leur valeur durant cette période. Attendez-vous à voir les bas prix actuels augmenter alors que les devises papier déclinent pour atteindre leur valeur intrinsèque.

Hyperinflations

De nombreux épisodes d’hyperinflation ont eu lieu durant les 100 dernières années. Exemple : l’Argentine a dévalué par rapport au dollar américain de 10 trillions depuis les années 50. La dévaluation continue du dollar américain, la perte de son statut de monnaie de réserve et les dépenses massives à venir visant à stimuler l’économie pourraient entraîner une hyperinflation aux États-Unis. Dans une telle éventualité, l’argent atteindrait des niveaux stratosphériques. Très peu de gens se satisferont d’un tel scénario, si de telles personnes devaient exister, mais posséder de l’argent permettra de limiter le traumatisme.

Conclusion : attendez-vous à voir les taux et l’argent métal grimper, de concert avec la dette, tandis que les dévaluations et la folie économique s’accélèrent jusqu’à la réinitialisation complète du système.

Article de Gary Christenson, publié le 1er décembre 2016 sur SilverSeek.com

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or

D’ici mars 2017, je pense que l’or pourrait à nouveau franchir la barre des 1400 $ l’once. Le fait est que, Trump ou pas, d’ici janvier prochain, les États-Unis seront fermement engagés dans une ère de politiques monétaires insensées.

Il n’est pas exagéré de dire que le système monétaire actuel n’est pas viable. De nombreuses années de taux bas et, plus récemment, de taux réels négatifs, ont démoli le futur financier d’une grande majorité des ménages américains.

L’effondrement des politiques monétaires américaines n’est qu’une question de temps. Et nous pensons que le premier coup de semonce aura lieu en décembre du fusil de la Fed.

En décembre dernier, à la fin de l’année 2015, la Fed a relevé d’un minuscule quart de point son taux directeur. Le dollar s’était renforcé et les investisseurs avaient fui les marchés actions, provoquant la chute des cours en janvier et en février.

Au vu de la situation, la Fed pourrait refaire la même chose en décembre, et donc répéter son erreur de 2015 : relever son taux directeur dans le contexte d’un environnement économique fragile.

L’économie n’est pas assez robuste pour supporter ce relèvement de taux, même minime. Mais la Fed ne souhaite pas augmenter les taux pour freiner une économie qui surchauffe. Il s’agit d’une décision tactique afin de se ménager une marge de manœuvre à la baisse pour la prochaine récession.

Les décideurs de la Fed ont admis sans détour que les taux se stabiliseront sûrement après décembre, ce qui signifie qu’ils resteront bien en dessous de leurs niveaux historiques. Cela veut également dire que la Fed ne sera pas en mesure d’abaisser suffisamment ses taux pour enrayer le prochain effondrement financier.

Si la Fed et les actions rejouent la pièce de décembre 2015, vous pouvez vous attendre à voir l’or suivre sa trajectoire de 2016. Voyons ci-dessous le graphique du cours de l’or de ces 2 dernières années :

cours de l'or en 2015 et 2016

Comme le graphique l’indique, le cours de l’or est parti à la baisse durant la seconde moitié de 2015 pour atteindre un plus bas à la fin du mois de décembre, juste après la hausse des taux de la Fed. C’est en quelque sorte ce que nous avons également connu durant les derniers mois de 2016.

Alors que nous débutions 2016, la Fed a relevé son taux directeur. L’or a connu ensuite une hausse importante durant les mois de janvier et février suivants, alors que les marchés globaux tanguaient. L’or a connu un premier pic en mars 2016. Après le 23 juin et le Brexit, l’or est reparti à la hausse pour atteindre 1350 $. Au total, l’or a grimpé de 300 $ entre le relèvement du taux directeur américain et début juillet.

Depuis la mi-août de cette année, alors que les remous du Brexit se dissipaient et que l’attention se tournait sur l’élection américaine, l’or a chuté lourdement, en dessous de sa moyenne mobile à 200 jours. Sur le graphique suivant, la ligne en pointillés représente la moyenne mobile à 200 jours de l’or.

or-moyenne-mobile-200-jours

Voyez le mouvement récent de l’or à la baisse. Comme vous pouvez le remarquer, la moyenne mobile est de 1281 $ l’once alors que le métal jaune s’échange autour des 1210 $.

Après la victoire de Trump le 8 novembre, les titres de nombreux secteurs sont partis fermement à la hausse tels que les bancaires, les pharmaceutiques, les sociétés d’infrastructure et les aérospatiales. Mais l’or a fortement baissé depuis son rebond de la soirée de l’élection (même s’il ne s’est pas rapproché de ses plus bas de décembre 2015). Que s’est-il passé ?

Les mains fortes étouffent l’or

Cette tendance baissière, on la doit en grande partie à Stanley Druckenmiller. Druckenmiller est un géant financier. Son hedge fund avait pour habitude de générer des rendements annuels de 30 %. Il a récemment vendu toutes ses positions or, d’une valeur d’environ 1 milliard de dollars.

Durant une interview accordée ainsi NBC, il a déclaré : « J’ai vendu tout mon or le soir de l’élection… Toutes les raisons qui faisaient que je le possédais durant ces dernières années semblent disparaître. »

« Semblent disparaître » ? C’est une justification un peu légère pour vendre pour 1 milliard de dollars d’or. Cela va bien plus loin que le fameux « acheter sur la rumeur et vendre sur la nouvelle ». Je comprends ce qu’il dit, il s’enthousiasme pour Trump, mais je ne comprends pas pourquoi il le dit maintenant. (…) On nous mijote les mêmes politiques que celles concoctées en réaction au krach de 2008 et qui nous ont mené où nous sommes. (…)

L’or à 1400 $ d’ici mars 2017

Comme Jim Rickards l’a dit récemment, « le marché de l’or va vite réaliser que le plan économique de Trump, c’est simplement du parachutage d’argent par hélicoptère. Il veut baisser les taxes et dépenser plus. Cela signifie creuser les déficits. La Fed devra plafonner les taux nominaux afin d’obtenir des taux réels négatifs ». Cela s’appelle de la répression financière.

Avec le temps, tôt ou tard, et je pense relativement tôt, l’or va poursuivre sa hausse. Il doit grimper en raison de l’inflation future. Le gouvernement américain, et les autres gouvernements à travers le monde, sont pieds et poings liés à cause de la dette actuelle et de leurs obligations futures. Quand les taux réels grimperont, le coût de cette dette augmentera rapidement, avec des effets mortels pour les nations.

La présidence de Trump générera probablement une période de reprise économique. Trump pourrait réussir à commencer à restaurer la grandeur de l’Amérique (une tâche herculéenne).

Il est quasi acquis que nous assisterons bientôt à un énorme plan de stimulation via des baisses d’impôt, des dépenses dans le secteur de la Défense et des infrastructures. En bout de course, les États-Unis pourraient connaître des taux de croissance de 3 ou de 4 %. Ce qui mènerait à des taux d’intérêt plus élevés en raison de la dissipation des craintes concernant la déflation.

Pour le futur, je m’attends à des taux réels négatifs et à une inflation supérieure. Il s’agit d’un scénario prometteur pour l’or et les minières. Je pense qu’ils grimperont durant les mois à venir pour nous donner un remake de l’année dernière. (…)

L’économie américaine et le dollar sont loin d’être sortis du sable. (…) Achetez le dip actuel de l’or et attendez la hausse. »

Article de Byron King, publié le 28 novembre 2016 sur DailyReckoning.com

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Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Mais que se passe-t-il, c’est ce que vous me demandez de plus en plus nombreux chaque jour, ne comprenant pas trop bien pourquoi les Bourses volent de records en records alors que l’on nous promettait l’apocalypse selon Saint Trump en cas de victoire de ce dernier.

Vous êtes tout aussi nombreux à ne pas comprendre l’effondrement des cours de l’or ou encore l’explosion des taux d’intérêt.

C’est assez normal que vous ne compreniez pas vu que l’on ne vous dit pas la vérité et que personne d’ailleurs ne vous aide vraiment à y voir clair. Mais ça, c’est justement ma tâche !! Alors c’est parti pour une explication qui, je l’espère, sera aussi passionnante qu’enrichissante pour chacune et chacun de vous.

Comme vous le savez, Trump c’est le grand méchant loup, l’ogre, le sexiste, le raciste machin toussa, toussa… Une fois ceci posé, il est difficile du coup de faire les bonnes anticipations parce que si c’est le vilain qui gagne, cela devrait être la catastrophe… Eh non, c’est l’euphorie boursière…

Pourquoi la Bourse monte ?

Simple ! Le programme de Trump c’est moins de contrôle budgétaire, plus de déficit et une relance par les « grands travaux » d’infrastructures… donc c’est bon pour la Bourse.

Trump est un milliardaire profondément pro-business, donc c’est bon pour la Bourse.

Le programme de Trump est inflationniste, d’où la montée des taux – on y reviendra plus loin. Du coup, les valeurs faiblement endettées augmentent. C’est bon pour la Bourse.

Après, si les taux montent trop vite et trop fort, ce sera mauvais pour la Bourse mais pour le moment, cela permet aux banques de regonfler leurs marges donc c’est bon pour l’ensemble des valeurs financières qui tirent les marchés vers le haut… C’est donc bon pour les Bourses !

Le pari des marchés financiers est le suivant : Trump va relancer l’économie US sans casser pour autant toute la mondialisation… Il va dépenser plus, creuser le déficit, et ça, c’est bon pour la Bourse. Doublement bon même ! La démondialisation sera très « soft » et les marchés vont gagner de tous les côtés.

Attention tout de même, la période que nous vivons actuellement ressemble bigrement à une période d’euphorie et les périodes d’euphories boursières qui durent de quelques jours à quelques mois terminent en général sur de grands marchés haussiers et précèdent des krachs monumentaux.

S’il est très difficile de vous donner un « timing » ou des « délais », sachez que ma conviction est que si ce mouvement de hausse se poursuit sans correction assez forte, alors nous allons tout doit vers un krach vers la fin de l’année ou le début de l’année prochaine plus précisément.

Traditionnellement, les marchés aiment les « rallyes » de fin d’année qui permettent d’avoir de beaux bilans et d’afficher de superbes performances (et accessoirement de se gaver de beaux bonus). Cette année, le rallye risque d’être d’anthologie ! Le krach qui le suivra aussi.

Pourquoi les taux montent ?

Parce que la politique de Trump est… inflationniste !!

Pourquoi est-elle inflationniste ? Parce qu’en théorie (le pays imaginaire où tout se passerait comme prévu), Donald Trump veut démondialiser, limiter l’immigration et relancer la dépense publique dans les grands travaux d’infrastructures.

En clair, moins d’usines en Chine et au Mexique et plus aux USA, c’est plus d’emplois aux États-Unis, moins de chômage et des salaires qui finissent par augmenter.

En clair, moins d’immigrés c’est également moins de main-d’œuvre à occuper, plus de chômeurs qui retrouvent du travail et…. évidemment des salaires qui, là encore, vont augmenter.

Enfin, plus de dépenses publiques et des grands travaux, c’est plus d’ouvriers sur les routes à travailler et moins de chômeurs et au bout du compte, encore une fois, des salaires qui montent.

Des salaires qui montent, cela donne de l’inflation. Or de quoi se meurent nos économies ? Justement de la déflation !

Officiellement, d’ailleurs, les autorités monétaires comme la FED luttent contre… la déflation et cherchent à relancer… l’inflation contre laquelle elles voudront lutter après en montant les taux, ce qui nous amène au dernier à savoir l’or…

Mais avant, c’est parce que la politique théorique de Trump est inflationniste que les marchés anticipent une inflation et qui dit inflation dit relèvement des taux… donc les taux montent et se tendent.

Le risque, ici, c’est évidemment le krach obligataire qui serait absolument désastreux pour l’ensemble des épargnants qui termineraient ruinés (et ce n’est pas faute de vous prévenir depuis des années). Or au moment où j’écris ces lignes, les taux s’envolent littéralement et le mouvement est rapide et violent. Pour le moment, ils restent historiquement bas MAIS si ce mouvement se prolonge à cette vitesse-là quelques semaines, alors ce sera la catastrophe.

Nous allons donc surveiller à nouveau les taux comme le lait sur le feu et je vous ferai un point quotidien si nécessaire.

Pourquoi l’or baisse ?

Parce que les taux montent et les Bourses aussi ! Pourquoi se faire suer à stocker de l’or physique qui ne rapporte rien (mais ne coûte rien non plus quand les taux sont négatifs) quand on peut gagner 15 % en Bourse en 2 semaines, ou avoir des taux dits sans risque qui sont à la hausse ?

Donc logiquement, l’or baisse parce qu’il est moins attractif sur le très court terme. Vous en profiterez justement pour vous renforcer ou rentrer sur le métal jaune, car si vous m’avez bien lu, je suppose que vous avez perçu dans ce texte et ces explications quelques contradictions majeures !

Comment l’or peut-il baisser s’il protège de l’inflation et que l’inflation revient ou est anticipée ?

Voilà une bonne question.

Le problème ce sont les anticipations à un instant « T » et pas la réalité du futur.

Les marchés jouent les choses de façon conventionnelle et sans prise de risque. Le marché est moutonnier. D’ailleurs, le marché avait joué Clinton, pas Trump !

Laissez donc tomber le « marché ». Concentrez-vous sur la réalité.

Quelle est-elle ?

Soit Trump applique réellement son programme et alors les taux monteront, la mondialisation cessera et il y a aura de gros problèmes puisque dans des pays endettés à plus de 100 % du PIB, 1 % de taux c’est plus de 1 % de PIB en plus à trouver pour financer les intérêts de la dette et c’est la faillite au bout du chemin et cela tuera la croissance.

Si les taux ne montent pas par décision « gouvernementale » avec l’appui de la FED qui injectera les liquidités nécessaires, alors… ce sera l’inflation et l’hyperinflation.

Si de surcroît le système, ou « l’establishment » comme le dit Trump, veut jouer contre lui, alors il va jouer justement le krach obligataire, faire monter les taux de marché jusqu’à l’explosion de la plus grosse bulle obligataire qui, de toutes les façons, aurait explosé à la moindre remontée de taux, et accuser la politique catastrophique de Trump qui ruinera tous les épargnants de la planète.

Dans tous les cas, à terme, encore une fois, tout cela sera très bon pour l’or ! La seule question est… quand !!

L’or donc, encore une fois, baisse sans raison parce que le marché a tort à long terme mais joue le court terme et les réactions « prévisibles » ainsi que « logiques ». En résumé, l’or baisse parce que les taux montent mais si les taux montent trop, ce sera la ruine généralisée et il ne restera que l’or. Si les taux ne montent pas assez, il y aura de l’inflation et ce sera bon pour l’or.

C’est ce que je vous dis depuis des années. Et je n’ai pas changé d’avis. Dans tous les cas, c’est bon pour l’or. Et j’ai comme l’impression qu’effectivement, l’heure des comptes vient de se rapprocher très dangereusement !!

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

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or physique

Trump le macho égocentrique Vs Hillary la despote malhonnête ; jamais l’élection présidentielle américaine, exportée à coups de canon aux 4 coins du globe et censée être la vitrine de la démocratie occidentale, n’est tombée aussi bas en termes de débat de fond. C’est tout bénéfice pour l’or, qui grimpe sur fond de conversations de vestiaire, débordant de testostérone, et de magouilles en tout genre du clan Clinton, tellement nombreuses qu’on ne peut douter de la santé olympique d’Hillary.

Mais résumer le regain de forme de l’or par les chances revigorées d’un Trump, sauvé par de nouvelles révélations « déplorables » sur Clinton, est évidemment un raccourci trop simple ; les tergiversations de la Fed sur les taux profitent également aux métaux précieux.

Comme le met en exergue cet article de l’EconomicTimes, « l’annonce de la réouverture de l’enquête du FBI sur l’utilisation d’une adresse de messagerie privée par Hillary Clinton, lorsqu’elle était à la tête du secrétariat d’État, a mis la pression cette semaine sur les actions, tout en dopant l’or. »

Cette nouvelle, qui pourrait inverser l’avance dont bénéficiait Clinton sur Trump dans les sondages, est mal digérée par les marchés : les craintes concernant l’élection américaine ont vu l’indice de peur (VIX) atteindre son plus haut durant un mois. Les sondages d’opinion montrent que l’avance de la démocrate Clinton sur le républicain Donald Trump s’est fortement réduite depuis le début de la semaine dernière.

« Nous voyons que Clinton est en train de perdre son avance du début sur Trump, » a déclaré Simona Gambarini, de Capital Economics. « Une toute petite possibilité de voir Trump à la Maison-Blanche est intégrée dans le cours de l’or. S’il devait finir par l’emporter, le métal jaune pourrait bondir substantiellement. »

Il faudra voir ensuite ce que la Fed décidera. Il est très peu probable qu’elle agisse cette semaine et il est raisonnable d’affirmer qu’elle attendra jusqu’à décembre pour relever son taux directeur.

La réunion de 2 jours du comité de la Fed démarrera dans la journée de mardi ; elle sera suivie de près, dans le but d’anticiper la période à laquelle aura lieu la prochaine hausse des taux. (…)

D’après l’outil FedWatch du CME Group, les marchés estiment que les taux ont 78% de chances de grimper en décembre, contre seulement 6% cette semaine. (…)

Selon Ron Williams, fondateur et stratégiste en chef de RW Market Advisory, l’élection présidentielle à venir créera une anomalie dans les mouvements traditionnels des marchés, pendant que les investisseurs éviteront les prises de risques à proximité du 8 novembre, date du vote. (…) Il estime que l’or, sur la base de l’analyse technique, devrait poursuivre sa hausse, pour atteindre jusqu’à 1500$ l’once. L’article de CNBC, qui relaie ses propos, mentionne 2 prévisions à la baisse :

  • ABN-AMRO a abaissé ses prévisions pour l’or à : 1200$ l’once pour 2016 / 1150$ pour 2017
  • Chez Wells Fargo, on estime que la baisse pourrait aller jusqu’à 1050$ l’once

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Est-ce que le mouvement des taux d’intérêt américains pourrait déclencher un renversement de tendance pour l’or ? Simona Gambarini affirme que non.

Le prix de l’or a fortement augmenté cette année, mais la spéculation sur les taux d’intérêt américains a suscité des suggestions, quant à la possibilité que cette trajectoire ascendante fasse marche arrière. « Non ! », affirme Simona Gambarini, analyste des matières premières, au sein du conseil de recherche économique d’une des plus grandes agences consultantes sur ces problématiques, Capital Economics.

Le prix de l’or a augmenté de près de 20% cette année, en termes de dollars, malgré l’achat modéré des consommateurs en Chine et en Inde, et des banques centrales des pays émergents. Cela reflète en partie l’évolution des perspectives relatives aux taux d’intérêt américains, observée plus tôt cette année. Comme il a semblé moins probable que la Fed augmente les taux d’intérêt, le dollar a fait montre d’un affaiblissement, tandis que l’or d’une hausse. Mais les inquiétudes croissantes concernant l’inflation américaine et la reprise de la demande en valeurs refuge, ont également joué un rôle important.

Cette gamme d’influences nous amène à penser que le prix de l’or devrait rester relativement résistant, lorsque la Fed relèvera ses taux à nouveau.

En effet, lorsque la Fed a relevé les taux en décembre 2015, pour la première fois depuis près de dix ans, l’effet sur le prix de l’or a été de courte durée : il a, en fait, augmenté dans les mois suivants.

La sagesse conventionnelle, bien sûr, affirme que le resserrement de la Fed est mauvais pour l’or, principalement parce que la hausse des taux américains peut renforcer le dollar et augmenter le coût d’opportunité de détenir des matières premières. Et les prix pourraient retomber à court terme, si la prochaine hausse arrivait plus tôt que les anticipations actuelles des marchés ne le suggèrent.

Cependant, nous pensons que les « marches arrière » seront temporaires, notamment pour trois raisons principales.

Tout d’abord, nous nous attendons à ce que la Fed ne relève ses taux que progressivement et uniquement à un bas niveau, du moins par rapport aux normes antérieures. Les taux d’intérêt nominaux ne devraient pas, selon nos estimations, augmenter beaucoup plus que 2 à 3% au cours des années à venir, et il est peu probable que le « jeu » change, surtout si l’inflation maintient les taux d’intérêt réels à un niveau bas.

Notons, à ce propos, que les taux d’intérêt réels comptent le plus quand il est question de déterminer le coût d’opportunité de la détention d’un actif comme l’or, dont on peut s’attendre à ce qu’il maintienne (au moins) sa valeur en termes réels. En effet, le prix de l’or est en corrélation relativement étroite avec les rendements réels (voir le graphique 1).

Graphique 1 : Les rendements des obligations américaines à 10 ans ont protégé le prix de l’or

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Certes, l’inflation reste faible aux États-Unis, mais les titres, tout comme l’inflation de base, sont en voie de dépasser largement les 2%, l’objectif de la Fed d’ici la fin de l’année 2017. De fait, cela signifie que les taux d’intérêt réels devraient se maintenir à des niveaux historiquement bas.

Qui plus est, les autres banques centrales sont peu susceptibles de suivre l’exemple de la Fed. Cela contribue à expliquer pourquoi les prix de l’or ont récemment bien résisté, même si les attentes concernant les taux d’intérêt américains (voir le graphique 2) ont, elles aussi, récemment commencé à grimper à nouveau. En effet, la politique monétaire au sein de la zone euro, au Royaume-Uni et au Japon, restera « desserrée » dans un avenir prévisible et des stimuli supplémentaires verront probablement le jour dans les prochains mois, en particulier suite à l’incertitude économique et politique, générée par le vote du Royaume-Uni, relatif à sa sortie de l’Union Européenne.

Les rendements des obligations gouvernementales sont déjà négatifs dans une grande partie de l’Europe et du Japon, alors que la Banque d’Angleterre a répondu au vote Brexit en réduisant son taux directeur à 0,25%, et au travers d’une augmentation de son actif Mécanisme d’achat, équivalente à 170 milliards de livres sterling. À l’avenir, nous nous attendons à ce que les taux baissent fortement au Japon, tandis que les achats d’actifs négatifs s’y étendent, ainsi que dans la zone euro.

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Force est également de constater que des chocs potentiels supplémentaires sont à venir. Il y a effectivement un risque important que l’affaire Brexit provoque une sorte de résurgence de la crise de la dette, dans la périphérie de la zone euro. De fait, une « contagion Brexit » s’avère être un scénario réel : d’autres pays peuvent décider de se détacher, eux aussi, de l’Union Européenne. A ce propos d’ailleurs, l’élection présidentielle aux États-Unis pourrait, de son côté, provoquer une nouvelle crise de l’incertitude politique mondiale.

L’or a déjà démontré son importance en tant que valeur refuge cette année – notamment au lendemain du vote du Royaume-Uni relatif à sa sortie de l’Union Européenne. Avec l’affaire Brexit, l’incertitude économique et politique est susceptible de persister pendant un certain temps et, en ce sens, nous pensons que le métal précieux restera en forte demande.

En regardant en arrière, plusieurs facteurs ont contribué à l’augmentation du prix de l’or cette année. À l’avenir, les risques mondiaux persistants devraient maintenir la demande d’or, en tant que valeur refuge, à un niveau élevé, même en prenant en compte le resserrement de la Fed dont il a été question. En outre, les inconvénients de l’or devraient être limités par l’accent mis puis renouvelé sur les risques d’une inflation plus élevée, et ce notamment après des années de politique monétaire exceptionnellement relâchée.

Nous ne prévoyons pas que le prix de l’or remettra le pied sur ses sommets précédents, d’environ 1900 dollars/oz, à moins bien sûr qu’une crise majeure ne force la Fed à assouplir de nouveau sa politique monétaire. Cependant, nous croyons qu’il y a beaucoup de possibilités pour des gains supplémentaires à moyen terme, malgré les perspectives de resserrement monétaire aux États-Unis.

Article de Simona Gambarini, publié le 26 ocotbre 2016 sur MineWeb.com

 

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lingot et pièces d'or

Article de Clint Siegner, publié le 11 octobre 2016 sur SafeHaven.com :

« Durant les 6 premiers mois de l’année, les cours de l’or et de l’argent ont progressé. Ils ont ensuite stagné durant l’été pour chuter mardi dernier. Beaucoup d’investisseurs dans les métaux précieux se demandent que diable a-t-il bien pu leur arriver. Il y a 3 facteurs principaux qui expliquent cette correction.

1. La vigueur du dollar

L’indice DXY, qui calcule la valeur du dollar par rapport aux autres devises mondiales majeures, a atteint un plus haut depuis juillet. Cette vigueur, cependant, n’est pas alimentée par la recherche de valeur refuge vu qu’elle a suivi immédiatement le Brexit. Une hausse entraînée par cette cause aurait avec quasi certitude profité aux métaux précieux. En fait, les investisseurs lorgnent plutôt du côté des velléités de serrage de vis monétaire de la Fed, ce qui aide le dollar et pénalise les métaux précieux.

L’ennemi juré des partisans de l’or, la Fed, ne cesse de faire des sorties à ce sujet. Il semble que rien ne puisse tuer les attentes du marché en termes de hausse des taux. Malgré des années passées à en parler en vain, la croissance du PIB qui ralentit et d’autres statistiques économiques faibles, le consensus anticipant une hausse des taux d’ici la fin de l’année ne cesse de grimper à nouveau.

2. Les taux à long terme augmentent

Ce facteur est lié au premier. Le rendement des obligations américaines à 10 ans a récemment connu son plus haut depuis juin. Les marchés obligataires ont largement ignoré les boniments de la Fed en ce qui concerne les taux à la fin du printemps et durant l’été. Mais aujourd’hui ils se comportent comme si un relèvement du taux directeur américain est acquis. Des taux en hausse signifient un vent contraire pour l’or, qui n’offre pas de rendement.

3. Les positions hautement spéculatives sur les marchés des métaux précieux

L’intérêt ouvert aussi bien pour les contrats à terme or qu’argent a augmenté au fur et à mesure de la hausse des cours pour atteindre son pic au lendemain du Brexit. Cet intérêt spéculatif s’est quelque peu tassé durant l’été alors que les prix stagnaient, mais moins qu’anticipé. Le mois d’octobre est arrivé avec de nombreux traders toujours disposés à attendre des prix plus élevés à partir du moment où les cours ne s’effondraient pas.

De l’autre côté se trouve les banques de lingots, largement positionnées short et poussant pour faire baisser les prix. Le statu quo a volé en éclat lorsque le dollar plus fort et la hausse des taux ont catapulté les métaux en dessous de leur support technique. Les spéculateurs les plus fragiles ont alors pris leurs jambes à leur cou.

La bonne nouvelle, si on peut la considérer ainsi, est que le lessivage des mains faibles et la réduction de l’intérêt ouvert mettent les marchés dans une meilleure position pour créer un plus bas et démarrer un nouveau marché haussier. Mais, bien sûr, ces perspectives dépendront beaucoup du futur du dollar et des taux.

Notre opinion reste inchangée. La Fed éprouvera des difficultés à normaliser les taux et les marchés finiront éventuellement par s’en rendre compte. Les marchés actions accrocs aux stimulations monétaires ainsi que les marchés immobiliers ont atteint leur plus haut actuel grâce au déversement d’argent bon marché.

De plus, le coût du service de la dette fédérale augmenterait d’environ un trillion de dollars si le taux directeur franchissait la barre des 5 %, un chiffre plus proche de la normale. Cela signifie que le remboursement de la dette engloutirait plus de 25 % du budget fédéral. Vu les projections de déficits en hausse pour les années à venir, on peut affirmer sans trop s’avancer que des taux normaux ne sont pas gérables, et donc que la Fed ne permettra pas cette normalisation.

Le gros point d’interrogation concerne la capacité des gestionnaires de la Fed à relever les taux une ou 2 fois avant de devoir faire machine arrière et de réouvrir les vannes des liquidités.

La dernière hausse des taux, qui a consisté en un maigre 0,25 % en décembre 2015, a fait fortement chuter les marchés actions si bien que les responsables de la Fed ont immédiatement rétropédalé. Les cours de l’or et de l’argent avaient grimpé. Les investisseurs doivent s’attendre à ce que l’histoire se répète à la prochaine occurrence. »

inflation médiane

Interview de Stephen Leeb, publiée le 24 septembre 2016 sur King World News :

La décision de la Fed de la semaine dernière concernant le statu quo sur les taux est tout sauf une surprise. Après tout, avant son annonce, les chances d’une hausse des taux s’élevaient à environ 20 %. Seuls 2 des 23 acteurs majeurs du marché obligataire américain voyaient éventuellement une hausse, mais sans en être sûr. Malgré tout, les marchés ont repris un second souffle : les marchés actions ont grimpé pendant 2 jours, l’or et les matières premières ont suivi, même s’ils se sont essoufflés vendredi.

Mais si la décision de la Fed de ne pas toucher à son taux directeur ne fut pas véritablement significative, les circonstances du vote le sont. Tout d’abord, parmi les 10 membres du Comité, dont la présidente Janet Yellen, il y avait 3 contestataires, un nombre inhabituellement élevé. Pour Eric Rosengren de la Fed de Boston, l’un des 3 contestataires, c’est une surprise. Jusqu’à présent, c’était l’un des membres les plus conciliants de la Fed. Il a clairement effectué un virage à 180 degrés.

Toujours plus de propagande de la part de la Fed

Pour expliquer son vote, Rosengren a déclaré : « les progrès économiques réalisés depuis le dernier serrage de vis de décembre pourraient à eux seuls être suffisants pour justifier une nouvelle hausse de l’objectif de taux… Cependant, c’est en considérant les implications de la politique actuelle pour la pérennité de l’expansion (économique) que l’argument en faveur de la hausse des taux est devenu encore plus convaincant. »

Waouh, que se passe-t-il avec les écrans de fumée de la Fed ? Voici quelqu’un qui a gagné ses galons de chercheur à la Fed, qui a réussi ses études universitaires avec mention d’excellence, qui a un doctorat d’économie en poche, (…) et qui nous dit de but en blanc que nous risquons une récession en cas d’absence de hausse des taux.

L’un des autres membres du comité de la Fed de renom qui s’est rangé à la majorité, contre le relèvement des taux, est Stanley Fischer, le vice-président. C’est aussi révélateur. Dans ses commentaires précédant le vote, Fischer avait fait connaître sa posture agressive. Je doute grandement qu’il ait changé d’avis à propos de l’intérêt d’une hausse des taux. La raison de son vote en faveur du statu quo est certainement plus politique qu’économique. Fischer est sans aucun doute l’un des membres les plus respectés du Comité de la Fed. Il fut le mentor d’économistes de renom comme l’ancien patron de la Fed Ben Bernanke. Ayant la double nationalité américaine et israélienne, il a officié à la tête de la banque centrale d’Israël durant les 8 années où ce pays a connu une forte croissance économique. Il fut également l’économiste en chef de la Banque Mondiale.

Si Fischer avait rejoint les rangs des contestataires, la grande nouvelle à la clôture de la réunion n’aurait pas été la décision prise, à savoir des taux inchangés, mais l’opposition sans précédent à la majorité. Opposition menée qui plus est par son vice-président, qui est également l’économiste le plus chevronné du lot. Autrement dit, le chaos qui règne à la Fed aurait fait la une des journaux.

Une Fed dans le chaos, avec Fischer menant la charge, aurait été perçu comme un vote de défiance envers l’ensemble de l’entité, ce qui aurait pu engendrer des conséquences graves. Donc bravo à Fischer pour avoir mis son doigt pour colmater la fuite du barrage. Malheureusement, elle est loin d’être la seule dans notre environnement économique.

Comment la Fed justifie son inaction

La justification principale de la Fed pour expliquer son inaction est le manque d’inflation. Mais il s’agit d’histoires. Observez le graphe ci-dessus, fourni par la Fed de Cleveland et qui montre l’inflation médiane, à savoir le rythme auquel le prix des biens moyens augmente.

Le chiffre actuel est de 2,6 %, ce qui est plus élevé que la moyenne de ces 20 dernières années tandis que la courbe est en progression. Dire que l’inflation est sous contrôle est un pur non-sens. Seules les matières premières, et particulièrement le pétrole et les denrées alimentaires, ont vu leur niveau d’inflation être contrôlé. Tout le reste connaît une hausse supérieure à la moyenne de ces 20 dernières années.

Vu que l’alimentation et l’énergie sont en baisse pour des raisons exceptionnelles et que ces 2 éléments vont grimper avec quasi-certitude, on peut parier que l’inflation globale va commencer à augmenter à un rythme élevé. La Fed est en train de bricoler alors que l’économie commence à brûler. La combinaison de l’inflation, de la hausse du pétrole et de la croissance en berne ont mené au crash de 2008. Nous nous dirigeons très rapidement vers un scénario similaire.

Comme je l’ai dit la semaine dernière, ne commettez pas l’erreur de considérer l’or qui vivote (il pourrait même tomber en dessous de 1300 $ dans les semaines à venir) comme un signe d’une inflation basse à venir. Dans notre monde, un or en forte hausse serait un message politique trop négatif. Si les institutions occidentales telles que la Banque des Règlements Internationaux, qui a le pouvoir d’affecter le cours de l’or (même si ce pouvoir est en baisse), le laissait évoluer librement, il aurait déjà fortement grimpé. (…)

En bref, la Fed attend un miracle qui ne se produira pas. L’or attend patiemment l’avènement de son règne monétaire mondial. La Chine l’a bien compris. L’ascension de l’or est également l’ascension de la Chine. Récemment, Caixin, agence de presse chinoise, a publié un article de prime abord innocent concernant les droits de tirage spéciaux. Au milieu de cet article on pouvait lire le paragraphe suivant :

« Les droits de tirage spéciaux sont un actif spécial de réserve international créé par le FMI pour compléter les réserves officielles de ses pays membres vu que les 2 autres actifs clés majeurs, l’or et le dollar, se sont montrés inadéquats pour soutenir l’expansion du commerce mondial et des flux financiers. »

L’ascension de l’or jusqu’à 26.000 $

Ceci à quelques implications cachées. Premièrement, cela signifie que les Chinois estiment que l’or et le dollar sont sur un pied d’égalité en tant que réserve. Deuxièmement, les DTS, dont le yuan fera bientôt partie, sont cruciaux pour maintenir le commerce mondial. Reste à déterminer le rôle que jouera l’or dans les DTS, mais on peut supposer qu’il sera égal à celui du dollar.

En fait l’or, lorsqu’il fera d’une manière ou d’une autre partie du panier de devises des DTS, de lui-même ou parce que le yuan y est adossé, disposera d’un poids initialement plus faible. Mais l’histoire montre que la valeur de l’or a augmenté 20 fois plus que les DTS. Je ne veux pas dire que l’or vaudra jusqu’à 26.000 dollars l’once car je vais passer pour un fou. Je me bornerai donc à dire que 20 fois 1300 $ est un chiffre très élevé… »

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Interview de Michael Belkin, publiée le 22 septembre sur KWN :

« Eric, les réunions de deux banques centrales importantes se sont clôturées aujourd’hui. Cela fait un bon moment que les taux sont négatifs au Japon. La BoJ (Banque du Japon) a décidé de ne rien changer. Là-bas, elle achète des actions.  Elle achète une partie importante du marché, des ETF actions, pourtant le Nikkei est en baisse depuis le début de l’année et il continue de glisser.

Le marché des obligations japonaises vient également de partir à la baisse, ce qui a envoyé une onde de choc sur les marchés obligataires mondiaux. Le marché obligataire mondial, les obligations japonaises, les Bunds, les Treasuries, tous ces actifs sont vendus, ils sont entrés dans une phase de liquidation. Cette dynamique a ensuite provoqué un tremblement de terre sur le marché des obligations à haut risque. Ce type d’actif, qui s’était plutôt bien comporté, est subitement entré en phase de liquidation.

Cela dit, ce qui s’est passé à l’occasion de la réunion de la Fed est très intéressant. Cela fait des lunes qu’ils nous promettent qu’ils vont « bientôt relever leurs taux, bientôt relever leurs taux », mais lorsque la date de la réunion suivante arrive, rien ne se passe. C’est du Yellen tout craché. Le titre de mon rapport cette semaine, à l’attention de mes clients institutionnels, était : « Ils mentent » (rires). Car c’est ce que font les banques centrales,  elles mentent.

Elles n’arrêtent pas de dire que l’économie se porte mieux et qu’elles vont relever les taux. Alors que simultanément, les ventes de voitures neuves sont en baisse de 4 % sur les 12 derniers mois, que la production industrielle est en baisse de 1 % sur les 12 derniers mois, l’indice manufacturier ISM vient de baisser de 3 points pour s’élever à 49,4, soit en dessous de 50, ce qui signale une récession. L’indice des services ISM affiche quant à lui 51,4, soit une baisse de 4 points par rapport au mois dernier. C’est énorme.

La désinformation de la Fed et la copine d’Obama

Nous sommes sur le point de basculer en récession. Lorsque la Fed se décidera enfin à bouger, je m’attends à ce qu’elle opte en fait pour une politique accommodante. Ils attendent simplement la prochaine élection pour bouger tout en faisant de la désinformation pour que les gens aient confiance en l’économie avant l’élection afin que la copine d’Obama soit élue.

Mais une fois l’élection passée, nous allons nous rendre compte que nous sommes déjà en récession, ou sur le point d’en connaître une. C’est très positif pour l’or et mauvais pour le dollar. (…) »