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hausse des taux américains

Depuis l’annonce du résultat de l’élection présidentielle américaine, les taux des obligations américaines ont bondi. Quelle est la raison de cette hausse ? Explications de Richard Turnill de BlackRock.

Des attentes revues à la hausse en ce qui concerne la croissance et l’inflation alimentent la hausse des taux obligataires américains depuis l’élection. Le graphique de cette semaine montre que les explications derrière la hausse actuelle des taux sont assez différentes de celles qui furent derrière la liquidation du marché obligataire de 2013.

Le graphique en en-tête met en exergue les deux facteurs derrière le bond des taux enregistrés durant ces deux périodes. Le premier de ces deux facteurs est la compensation de l’inflation, telle que visible dans les obligations américaines liées à l’inflation (TIPS). Le second est à chercher du côté des taux réels, soit le rendement moins l’évaluation du marché de l’inflation future.

Pourquoi est-ce différent cette fois ?

  • Le bond des taux de 2013 était la manifestation de l’anticipation du fait que la fin des achats d’obligations de la Fed ne permettrait plus de contrôler les taux et qu’une hausse était donc à venir. On s’attendait à ce que ce facteur handicape la croissance et l’inflation à venir, ce qui était une source d’inquiétude quant à la fragilité de l’économie. Ce mouvement alimenté par les taux réels a envoyé le dollar à la hausse, a écorné les actions tout en déclenchant une liquidation des actions et des obligations des marchés émergents.
  • De retour en 2016, la hausse des taux obligataires a été aussi bien alimentée par les perspectives d’inflation que les taux réels. Les craintes de déflation, qui étaient les plus répandues au début de l’année lorsque les cours du brut ont plongé, se sont dissipées. L’anticipation de l’inflation augmente en raison d’une reprise de la hausse des salaires et de la croissance, ainsi que de la probabilité de voir la future administration implémenter un programme de relance. Vu qu’une croissance revue à la hausse et une inflation supérieure peuvent profiter à la croissance des émergents sans impacter la valeur de leur monnaie nationale, les actifs et les matières premières des émergents résistent mieux.

Les investisseurs ne s’attendent pas à une augmentation de la pression sur les prix. Le marché TIPS a intégré une inflation moyenne de 2 % pour la décennie à venir, par rapport aux 2,6 % qui ont précédé le serrage de vis monétaire de la FED. (…) Les derniers changements apportés à notre vision globale de 2017 reflètent cette relance mondiale qui prend de l’ampleur. Nous sommes désormais positifs sur les actions japonaises tout en étant passés neutres sur les titres européens. Nous sommes sous-exposés sur les Treasuries.

Source : article de Richard Turnill, publié sur le blog de BlackRock le 13 décembre 2016

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Article de Richard Turnhill, stratégiste « investissements » en chef du hedge fund américain,  publié le 27 septembre 2016 sur le blog de BlackRock :

« Le moment est venu de repenser le rôle des obligations américaines dans les portefeuilles, et particulièrement de se méfier des obligations gouvernementales à long terme, explique Richard Turnill en se basant sur le graphe ci-dessus.

Les rendements en baisse signifient que le filet de sécurité est bien maigre pour les porteurs d’obligations américaines. Une simple augmentation de 0,2 % du taux des Treasuries serait suffisante pour effacer leur rendement annuel. D’autres actifs à rendement fixe comme les obligations d’entreprises de qualité et la dette libellée en dollars des marchés émergents offrent des garanties plus solides, ainsi qu’une volatilité du rendement similaire à celle de l’année dernière. Voir les barres vertes et bleues du graphe ci-dessus.

Une assurance à long terme à un coût supérieur

Ce filet de sécurité disparaîtra lorsque les taux à long terme commenceront à grimper. Nous anticipons une courbe des rendements plus raide vu le contexte de pivot graduel vers des politiques d’expansion fiscale au niveau mondial, même si les banques centrales disposent encore de capacités pour limiter toute hausse non désirable des taux. Les banques centrales majeures font montre d’une tolérance quant à l’échauffement de l’inflation ; la Fed a adopté une stratégie prudente pour le relèvement de son taux directeur. Les banques centrales semblent approcher des limites de l’efficacité de leurs politiques monétaires accommodantes extraordinaires. C’est évident à travers les décisions de la banque centrale du Japon de la semaine dernière, qui ont étiré la courbe des rendements locale.

Les Treasuries sont de moins en moins attractifs pour les investisseurs non américains vu que le coût de l’assurance contre les fluctuations du marché des changes efface le rendement supérieur que les Treasuries offrent. De plus, les obligations ont tendance à afficher une corrélation plus étroite avec les marchés actions lorsque les investisseurs craignent un serrage de vis monétaire de la Fed, réduisant leur attractivité en tant qu’actif de diversification d’un portefeuille. C’est un risque alors que la réunion de décembre de la Fed approche.

Les obligations américaines à long terme ont encore un rôle à jouer, et devraient protéger les portefeuilles en cas de ruée vers les valeurs refuges. Aujourd’hui, le coût des avantages de la diversification est néanmoins élevé pour les investisseurs. Nous préférons les obligations d’entreprises à court terme et les obligations municipales, dont les rendements ont grimpé temporairement dans l’anticipation des réformes des marchés du crédit américain d’octobre. Globalement, nous préférons les marchés du crédit tout en voyant un rôle pour d’autres éléments de diversification d’un portefeuille, comme l’or. »

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Article de Zero Hedge, publié le 27 août 2015 :

Jeudi soir, nous nous posions la question de savoir ce qui se passerait si les marchés émergents se mettaient à se débarrasser de leurs obligations américaines comme la Chine. Cela fait des mois que nous détaillons comment la banque centrale chinoise se débarrasse du papier américain qu’elle possède en quantités énormes. En juillet, par exemple, nous rapportions que la Chine s’était délestée d’un montant record de treasuries (143 milliards) en 3 mois via la Belgique en laissant dans la foulée Goldman Sachs sans voix.

Nous avons suivi ce dossier jusqu’à cette semaine en notant qu’en vertu du nouveau régime FX (entre le dollar et le yuan) la Chine a probablement vendu environ 100 milliards de dollars de treasuries rien que durant les 2 dernières semaines afin de stabiliser le yuan. Pour dire les choses simplement, dans le cadre de la dévaluation du yuan et les efforts qui ont suivi afin de contenir ladite dévaluation, la Chine a effectué une purge épique dans ses obligations américaines.

Même si les lecteurs de Zero Hedge étaient au courant et, pour ajouter une métaphore colorée, que le génie était sorti de la lampe depuis la mi-août en raison de la volonté de la Chine de ne pas laisser fluctuer librement le yuan ce qui oblige le pays à vendre des obligations américaines par centaines de milliards, le reste de la communauté financière a mis du temps à réaliser les conséquences des interventions de la Chine sur les marchés des changes. Cela a changé mercredi, lorsque 2 événements se sont produits :

  1. Bloomberg, citant des opérateurs sur les marchés obligataires de New York, rapporta « une pression à la vente substantielle » sur les obligations américaines à long terme en provenance d’une entité « d’Extrême-Orient ».
  2. Bill Gross, dans un Tweet, posait la question suivante : la Chine est-elle en train de vendre des treasuries ?

Bien entendu, jeudi, nous avons reçu la confirmation d’informations que nous avons rapporté en long et en large pendant des mois grâce à Bloomberg :

« La Chine a réduit son portefeuille d’obligations américaines ce mois afin d’obtenir les dollars nécessaires pour soutenir le yuan suite à la dévaluation choc d’il y a 2 semaines, d’après des personnes familières avec le dossier.

Ces transactions ont eu lieu via la Chine elle-même ainsi que via des agents en Belgique et en Suisse, a déclaré l’une de ces personnes qui ont souhaité conserver l’anonymat vu que l’information est confidentielle. La Chine a communiqué avec les autorités américaines à propos de ces ventes, a déclaré une autre personne. Les montants concernés n’ont pas été révélés.

Les dernières données du Trésor américain et les estimations des stratégistes suggèrent que la Chine contrôle pour 1,48 trillion de dette américaine. Nomura Holdings Inc. en Belgique possède pour 200 milliards d’obligations au nom de la Chine.

Durant les 2 dernières semaines, la banque centrale chinoise a vendu pour au moins 106 milliards de dollars d’actifs de réserve, dont des obligations américaines d’après une estimation de Société Générale. » (…)

Mais quelles sont les conséquences pour les États-Unis ? Chaque 500 milliards de dollars d’actifs chinois liquidés engendre une pression haussière de 108 points de base (soit 1,08 %) sur les obligations américaines à 10 ans. N’oubliez pas non plus que grâce à la menace d’une hausse des taux par la Fed et la multitude d’autres facteurs négatifs comme la chute des matières premières et les risques politiques idiosyncrasiques, les devises des pays émergents sont en chute libre. Ce qui signifie qu’il n’y a pas que la Chine qui soit occupée à liquider des actifs libellés en dollars. (…)

Et maintenant que la frénésie liquidatrice de la Chine a atteint des niveaux qui rendent impossible sa dissimulation ou sa minimisation et que Bill Dudley a officiellement ouvert la porte à un nouveau QE, il semblerait que la seule façon d’empêcher la Chine et les pays émergeant de liquider leurs actifs libellés en dollars est, comme City le suggère, « d’étouffer le marché immobilier américain » et d’exercer une sorte de serrage de vis forcé via les canaux de transmission des Treasuries, soit la mise en place d’un environnement qui ouvrira la porte au QE4. (…) »

De Chriss Street ; article paru sur le site contrarian David Stockman’s contra corner :

 

« Même si les investisseurs sont suspendus aux lèvres de la Présidente de la Fed Janet Yellen afin d’anticiper la direction des taux d’intérêt, ainsi que leurs conséquences sur l’économie et la valorisation des actifs, le paramètre qui orientera les taux d’intérêt américain pourrait être dans les mains de la Chine, d’après Lombard Street Research. Confrontée à une devise surévaluée qui mange les bénéfices de ses entreprises et ralentit la croissance, la Chine semble prête à se débarrasser de ses 1,3 trillions de Treasuries afin de faire augmenter les taux d’intérêt américain et de soutenir le dollar.

Le secret de la croissance spectaculaire de la Chine au début des années 90, ce fut la dévaluation de sa monnaie par rapport au dollar, celui-ci étant passé de 2,8 à 8,7 yuans. Cette dévaluation a permis de diminuer le coût de la main-d’œuvre chinoise de 68 %, processus qui démarra l’ère du Made in China. Les exportations, exprimées en pourcentage du PIB, passèrent de 13 % en 1994 à 39 % en 2007.

Cette explosion des exportations engendra une énorme demande en main-d’œuvre, si bien qu’environ 200 millions de Chinois déménagèrent des zones rurales vers les villes entre 2000 et 2007. Durant cette période, la bourse de Shanghai a explosé de 330 %, alors que le S&P ne progressait que de 11 %.

Cependant, depuis 2006, la Fed, ainsi que les administrations Bush et Obama, ont poursuivi des politiques du dollar faible en poussant les taux d’intérêt à la baisse. Cela a fait baisser le dollar, notamment par rapport au yuan (de 8,3 yuans par dollar à 6 yuans). L’explosion de 28 % de la valeur de la monnaie chinoise a massacré la compétitivité chinoise, si bien que les exportations sont passées de 39 % de son PIB à 26 %.

La Chine a tenté de ralentir la chute du dollar en augmentant son portefeuille de Bons du Trésor américain, passant de 400 milliards en 2007 à 1,33 trillion à la fin 2013. Malgré presque un trillion d’achats en Treasuries, la politique du dollar faible a entraîné une baisse du Shanghai Index de 38 %, alors que sur la même période, le S&P a explosé de 199 %.

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Alors que yuan surévalué détruit la compétitivité chinoise, la Chine a tenté de rééquilibrer son économie pour éviter le chômage de masse en favorisant l’industrie des services. Cependant, « une monnaie chère dans un environnement international faible rend impossible pour la Chine de rééquilibrer son économie sans effondrement, » d’après Lombard. Les 1,3 trillions de Treasuries que possède la Chine semblent représenter 7 % des 17,7 trillions de la dette fédérale américaine, mais 1/3 de la dette a été « achetée » par le gouvernement américain soi-disant pour soutenir la sécurité sociale et d’autres objectifs. Ce qui signifie que dans l’absolu, la Chine possède environ 1/7 des émissions obligataires américaines.

« Pendant longtemps, la menace que Pékin puisse vendre ses obligations américaines était négligeable, mais plus aujourd’hui, » d’après Lombard. « Les problèmes de croissance dans tout le Pacifique pourraient avoir un impact plus important sur les rendements américains en 2015 et 2016 que le tapering de la Fed. »

En novembre 2013, la Banque de Chine a annoncé qu’elle arrêtait d’acheter des obligations américaines. Lorsque la Chine a vendu pour 48 milliards de Treasuries en janvier, le yuan a baissé de 5 %. Récemment, la Chine est intervenue sur les marchés des changes afin d’empêcher le yuan de grimper.

Même si le FMI estime que le yuan reste sous-évalué de 5 à 10 %, Lombard estime au contraire qu’il est surévalué de 15 à 25 % par rapport au dollar. La façon la plus simple de régler ce problème pour la Chine serait de libéraliser les flux des capitaux, mais cela risquerait selon Lombard de déclencher une fuite des capitaux, et éventuellement une crise bancaire.

Une vente maîtrisée de ses Treasuries ferait grimper le taux des obligations à 10 ans jusqu’à 0,5 %, et les taux intérêt américains jusqu’à 1 %. (…)

Cependant, la dévaluation du yuan et des taux américains plus élevés seraient une combinaison mortelle pour la compétitivité de la zone euro. La plupart des pays européens ont modestement amélioré leur balance commerciale avec la Chine grâce à la diminution de la consommation, qui a réduit les importations. Un yuan beaucoup plus faible et des taux d’intérêt américains plus élevés détruiraient les économies de la périphérie de l’Europe, qui sont en concurrence avec la Chine sur le marché du travail bon marché à faible valeur ajoutée.

L’affaiblissement du dollar qui a démarré en 2007 a peut-être précipité la crise financière globale de 2008. La Chine ne souhaite pas démarrer une nouvelle crise monétaire internationale. Cependant, cherchant désespérément à affaiblir le yuan pour retrouver le chemin de la croissance et soutenir l’emploi, la Chine, selon Lombard, se prépare à vendre ses Treasuries. »

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Stephen Leeb estime qu’un axe Pékin Moscou Berlin est en train de se constituer. Le Dr Malmgren ne voit pas les choses de cette façon. Il explique pourquoi sur KWN, tout en dévoilant que la Chine et la Russie se débarrassent depuis des mois de leurs obligations américaines, un évènement bien plus crucial que l’accord gazier selon lui .

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« Je ne pense pas que la Chine et la Russie s’alignent. En ce moment ils ont des intérêts communs, mais la Russie et la Chine ont probablement plus de pommes de discorde entre eux que la Russie et l’Occident. Ces 2 pays sont tout sauf des alliés.

Je pense que la Russie est très nerveuse à propos de la Chine depuis un moment, car leur voisin est beaucoup plus gros et dispose d’une technologie avancée. Les Chinois ont également besoin de beaucoup de ressources, que la Russie possède. La Russie doit donc penser à protéger ses ressources pour éviter que la Chine les lui prenne. Ces 2 pays coopèrent, mais cela ne signifie pas qu’ils soient des alliés. Croire qu’ils constituent un nouveau bloc est une erreur selon moi.

Cela dit, de nombreux pays en ont assez de la politique des États-Unis, notamment de sa politique monétaire qui va se terminer probablement par de l’inflation, que ce soit aux USA ou à l’étranger. Cela risquera d’affaiblir leur monnaie et de créer de l’inflation.

Ce fait a donc permis la mise en place d’un dialogue entre ces autres pays pour la création d’un nouveau bloc monétaire. Mais ces pays ont-ils la confiance et la foi en ce que cela représente ? Je pense que cela explique pourquoi la Chine achète autant d’or. Au final, la Chine est le seul pays qui ne peut pas vraiment choisir la voie inflationniste car ils doivent importer la majorité de leur nourriture et de leur énergie.

Plus le yuan est faible, plus ces importations coûtent cher. Si cette monnaie devait trop se déprécier, ce serait une catastrophe. Les Chinois achètent donc à deux mains de l’or car ils savent que les autres pays vont déprécier énormément leur monnaie. Résultat des courses, la Chine émergera en étant la seule nation dotée d’une monnaie solide adossée il a de l’or, ce qui serait plutôt ironique. Quoi qu’il en soit, c’est clairement la stratégie à long terme adoptée par la Chine. »

La Russie et la Chine se débarrassent de leurs Treasuries

« Mais pour moi, ce qui est encore plus important, c’est que la Russie vend ses bons du Trésor américains. Et il est intéressant de constater que la Chine est également vendeuse depuis quelques mois. Les Chinois l’ont fait sans faire de vagues, petit à petit, mais plus important encore, ils n’en achètent plus.

Cela fait longtemps que les Chinois n’achètent plus d’obligations américaines à plus de 2 ans. Il est donc clair que ces pays à travers le monde ne veulent plus posséder de Treasuries, qu’ils vendent même, tandis que les taux continuent de baisser.

Cela signifie qu’il y a soit assez d’acheteurs américains pour ces actifs, soit c’est la Fed elle-même qui les achète (note : c’est probablement le cas, notamment par des pays satellites comme la Belgique, qui ont subitement acheté des quantités astronomiques de Treasuries durant ces derniers mois). »

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ZeroHedge en a beaucoup parlé ces dernières semaines : depuis le tapering de la Fed, certaines entités achètent des obligations américaines à tour de bras via la Belgique, si bien que le minuscule royaume est devenu le 3e plus gros porteur de Treasuries au monde avec un portefeuille de 341 milliards de dollars. Cette question a été abordée par Paul Craig Roberts sur KWN. Voici ce qu’il a répondu lorsqu’on lui a demandé à quoi tout cela rimait :

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« Il faut garder 2 choses à l’esprit : il devient difficile d’obtenir du rendement aujourd’hui. Dernièrement, j’ai vu que les obligations grecques pourries ne rapportent que 4,7 %. On peut donc toujours dire que les obligations américaines, c’est beaucoup moins risqué que des obligations grecques, et expliquer ainsi pourquoi la Belgique achète des Treasuries, afin d’opter pour la sécurité.

Mais le second point est bien plus intéressant : alors que la Fed se retire du marché obligataire, comment fait-elle pour empêcher les taux d’intérêt de monter ? Vu qu’elle en achète moins, la demande baisse, ce qui fait donc monter mécaniquement les taux d’intérêt.

Pour empêcher que cela arrive, vous pouvez demander à vos marionnettes en Europe de reprendre le flambeau de la Fed. C’est peut-être la stratégie adoptée par les États-Unis, à savoir forcer ses caniches européens à acheter la dette. C’est peut-être ce qu’il se passe en ce moment.

Le problème, c’est que la Fed ne peut pas compter que sur la Belgique. Il sera intéressant de voir comment vont évoluer les achats de Treasuries de l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, de l’Italie, mais aussi du Japon, de l’Australie, etc. Ce sont probablement ces pays qui vont compenser le retrait de la Fed.

De plus, certains pays avec une banque centrale indépendante comme l’Australie peuvent faire leur propre QE pour acheter des obligations américaines. Cela supporterait évidemment le dollar, vu que pour acheter les obligations le dollar australien doit d’abord être converti en dollars américains. Bien sûr, cela leur permettra de gagner un peu de temps, mais cette stratégie n’est pas durable et finira par se payer. »

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Bernanke-TaperÀ la surprise générale, Ben Bernanke, pour sa dernière réunion, a finalement décidé de mettre en œuvre son fameux « taper » en réduisant de 10 milliards de dollars par mois ses achats d’obligations. Voici ce qu’en pense Bill Fleckenstein (source) :

« Je crois que Ben Bernanke  voulait partir en pouvant affirmer qu’il avait commencé à réduire son QE. Je pense que c’est la seule raison qui explique cette décision, surtout qu’ils avaient évoqué des règles différentes pour commencer, et que cela n’avait pas déjà été fait en septembre.

Les marchés semblent en conclure que tout va bien et que les choses vont rentrer dans l’ordre, mais le marché obligataire longtemps d’une tout autre oreille. Malgré tout, cela signifie que la Fed continue d’acheter pour 75 milliards de dollars, ce qui reste énorme.

Eric King : « Bernanke a également affirmé que cette réduction pouvait être annulée plus tard, et que les achats pourraient même être augmentés si l’économie devait replonger. »

Fleckenstein : « si l’économie replonge, c’est exactement ce qu’ils feront. La seule raison pour laquelle les gens pensent que le QE a marché, c’est par ce qu’ils regardent les cours de marché. Cette monétisation a permis d’envoyer les indices vers les plafonds durant les 4 ou 5 dernières années.

Mais si on devait juger l’efficacité du QE sur l’économie réelle et le chômage, il est clair qu’il s’agit d’un échec total. Mais, pour eux, c’est le marché qui est le baromètre de la santé économique.

Les marchés croient en la Fed, ils lui font entière confiance. Lorsque cela changera, cela sera difficile car la Fed devra intervenir à nouveau et les marchés se poseront alors des questions. C’est vraiment un jeu psychologique, et pour le moment les gens pensent que tout ira pour le mieux, exactement comme en 1999 et en 2007. Aujourd’hui, c’est l’optimisme qui prévaut.

Mais si l’économie ralentit, ils finiront peut-être par se dire « oh my God, cela ne marche pas ». On n’en revient à ce que je dis depuis longtemps : c’est le marché obligataire qui devra stopper la Fed. Pour l’instant, celui-ci ne se comporte pas vraiment comme la Fed le souhaite (note : au moment où nous écrivons ces lignes, les Treasuries à 10 ans se rapprochent dangereusement des 3 %, à 2,95 %), mais c’est pourtant nécessaire si on souhaite qu’un peu de bon sens revienne. »

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Fed-Treasuries-10-ans-PentoSuite à la publication des minutes de la dernière réunion de la Fed, les taux sont repartis à la hausse, notamment des bons du Trésor à 10 ans (2,88 % au moment d’écrire cet article). Voici les dernières considérations de l’un des plus grands experts des treasuries, l’économiste Michael Pento. Comme de nombreux autres analystes, il prévoit une explosion du cours de l’or et l’argent début 2014. Source KWN.

« Tout ce qui se passe en ce moment est provoqué par le retrait de la Fed. Pendant des années, on nous a martelé que les étrangers étaient obligés d’acheter de la dette américaine, qu’il n’avait pas le choix. Nous avons appris pourtant il y a quelques jours au mois de juin, ils ont vendu pour 40,8 milliards de bons du trésor, ce qui constitue un record depuis 1977.

Même les étrangers se soucient de ce que la Fed va faire, ainsi que des manipulations massives qui ont lieu sur les taux d’intérêt.

En ce qui concerne les produits dérivés basés sur les taux, il en existe pour des centaines de trillions de dollars, et ce n’est que le début de l’histoire. Les taux d’intérêt ont des répercussions énormes aux 4 coins du globe.

Par exemple, la Fed avait pour habitude de garder son taux aux environs de 5 %, et ce depuis environ 1970. Il a connu un pays qui a la fin des années 70 et début des années 80, pour ensuite rebaisser, mais le taux moyen interbancaire pour les prêts de 24 heures (overnight) se situe historiquement dans une moyenne de 5 %.

Après l’effondrement du marché immobilier, la Fed a fait baisser ce taux à 0 %. Pourtant, cela n’a pas suffi : ils ont décidé qu’ils devaient même manipuler les taux périphériques. Il s’agit du véritable objectif du QE.

Il s’agit d’abaisser les taux moyens de 7 % à 1,5 %. Cela crée évidemment toutes sortes de distorsion sur les marchés, non seulement sur le coût du crédit, mais aussi dans le cours des devises. Cette manipulation des taux à des conséquences incroyables aux 4 coins de la planète, nous assistons aux premières fissures des fondations du système.

Quels pourraient être les implications ? Cela pourrait être bien pire que l’explosion de la bulle Internet en 2000 et l’effondrement du marché immobilier. Les taux obligataires vont partir à la hausse, ce que la Fed ne semble pas comprendre, mais cela va venir.

Ils ont déjà commencé à bouger, mais ce n’est que le début. Je pense qu’ils s’élèveront à 4 % d’ici le début du premier trimestre 2014. C’est à ce moment-là que la Fed va revenir sur le devant de la scène pour manipuler à long terme les taux des bons du Trésor. C’est à ce moment-là que vous avez tout intérêt à vous être protégé en achetant des métaux précieux, car l’or et l’argent vont voir leur cours exploser.

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Michael-Pento-TreasuriesMichael Pento, l’expert du marché obligataire, nous explique que selon lui, jamais les traders n’ont été aussi mal positionnés aujourd’hui que durant ses 20 ans de carrière.

Michael Pento : « Wall Street et non seulement convaincu que l’économie américaine s’améliore, mais ils sont également persuadés que le dollar va exploser. Il pense également que la Fed va mettre fin à son assouplissement quantitatif, que la hausse des taux d’intérêt n’aura pas d’impact négatif sur le marché immobilier ou la croissance.

Ils sont complètement fous : positions long sur le dollar, short sur l’or, fin du QE et amélioration économique aux États-Unis. Quand on voit que désormais, les Treasuries sur 10 ans sont à 2,75 %, que cela a déjà provoqué une hausse du taux des crédits hypothécaires… Les gens annulent même leur contrat de construction parce qu’ils ne peuvent pas se permettre de payer de tels taux.

Ce n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend en ce qui concerne les taux d’intérêt. Tout me porte à croire que le taux de 10 ans repensa à 4 % dans les mois à venir. Cela va faire mal à l’immobilier, et donc à l’ensemble de l’économie américaine.

Cette situation obligera donc Ben Bernanke à ressortir son hélicoptère. Ce nouvel assouplissement quantitatif massacrera le dollar et propulsera alors à des niveaux records. Le temps n’est pas encore venu, mais je pense que ce sera assez rapide que pour conseiller à tous de se positionner dès maintenant.

Les bénéfices des entreprises pour le second trimestre 2013 seront décevants. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de croissance en Europe, que la Chine ralentit fortement et que le dollar s’est apprécié durant ces derniers mois.

Source : interview de Michael Pento sur KWN