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Trump

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bunker datant de la guerre froide

Après le candidat à la présidentielle qui avait promis de « drainer le marécage », puis qui nomme des créatures de ces mêmes marécages, et que l’on annonçait comme un isolationniste qui allait permettre de détendre les tensions géopolitiques grandissantes à travers la planète, les relations bilatérales américaines avec la Russie mais surtout la Chine se détériorent alors que Donald Trump n’a même pas encore pris ses quartiers à la Maison Blanche.

Si nous préférons encore attendre les actes, ceux-ci étant plus importants que les paroles, la présidence de Trump s’annonce être une arnaque de la même ampleur que celle d’Obama. D’un point de vue français ou européen pour la paix et le multilatéralisme, le milliardaire américain semblait être un meilleur choix que la va-t-en-guerre Clinton. Mais au vu des déclarations du futur secrétaire d’État Rex Tillerson, qui a déclaré ceci durant son audition, il est légitime d’en douter :

« Nous allons devoir envoyer un signal fort à la Chine. Tout d’abord, la construction des îles artificielles doit s’arrêter, ensuite l’accès aux îles existantes ne sera pas permis. »

Malcolm Davis, analyste senior à l’Australian Strategic Policy Institute de Canberra, a déclaré à Bloomberg : « Il s’agit d’une remarque débridée tel un tweet, qui met de l’huile sur le feu et pourrait faire dégénérer les choses. À part déclarer la guerre à la Chine, les Américains ne peuvent rien y faire. » Pour rappel, les Chinois avaient déjà bondi lorsque Trump a déclaré qu’il fallait remettre en question le principe même d’une seule Chine.

La Russie en prend également pour son grade via le Général Mattis

Hier, c’était au tour du Général Mattis, choisi par la colombe Trump pour prendre la tête de la Défense, de s’attaquer cette fois à la Russie en déclarant « qu’elle est la menace principale pour la sécurité américaine ». Un néoconservateur n’aurait pas fait mieux. La Russie est plus dangereuse que les groupes terroristes qui sèment la mort à travers le monde, selon « Mad Dog », qui n’aura jamais aussi bien porté son nom. Il a également épinglé la Chine pour son action en Mer de Chine du Sud. Trump devrait rencontrer Poutine en Islande prochainement… pour clarifier notamment ces déclarations ?

L’administration Trump est-elle en train de créer un nouvel « axe du mal » ? Cela y ressemble. Car nous voyons mal comment ces deux figures majeures de la future équipe de Trump pourraient se fendre de telles déclarations pour plaire à leur auditoire (il s’agit d’auditions préliminaires à leur nomination officielle) et ensuite faire marche arrière. Ces tensions géopolitiques devraient se multiplier tout au long de 2017 et profiter aux métaux précieux au gré des tweets de Trump et des déclarations fracassantes de son équipe.

Sources : ZeroHedge ici et ici

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or physique

« Le cours de l’or pour livraison immédiate a grimpé suite au retour des investisseurs dans les ETF, tandis que le dollar a baissé après la conférence de presse animée de Donald Trump, de laquelle peu de détails concernant ses politiques de stimulation fiscale ont transpiré.

Le métal jaune a grimpé de plus de 2 % depuis le début de sa conférence de presse à New York, lui faisant franchir la barre des 1200 $ l’once pour la première fois depuis la fin novembre. Les ETF ont assisté au retour des investisseurs le plus massif depuis l’élection. La monnaie américaine a reculé par rapport à la plupart de ses pairs, baissant par exemple de 1,1 % par rapport au yen.

Le président élu a passé le plus clair du temps de sa conférence de presse, la première depuis sa victoire à la présidentielle, à attaquer les médias et les agences de renseignement, ainsi qu’à expliquer comment il allait isoler ses affaires de sa présidence, ce qui a déçu ceux qui souhaitaient en savoir plus sur ses politiques économiques et fiscales.

« L’or grimpe alors que des points d’interrogation émergent par rapport à l’opinion prévalente affirmant que Trump aura un impact très positif pour le dollar et pour la Bourse grâce à ses projets d’investissement non financés », a déclaré Adrian Ash, responsable de la recherche du site de vente d’or en ligne BullionVault, à l’occasion d’une interview téléphonique. « Les transactions que nous connaissons sont quasi à sens unique, les clients achètent », a-t-il ajouté.

« L’or pour livraison immédiate a grimpé jusqu’à 1207,07 dollars l’once. » (source Bloomberg)

« La faiblesse du dollar continue d’aider le redressement de l’or », a déclaré Richard Perry, analyste chez Hantec Markets.

« Une clôture aujourd’hui au-delà des 1200 $ serait une avancée psychologique clé pour les bulls… si le seuil de résistance de 1200-1211 $ peut être franchi, il y a peu de raisons pour qu’une hausse jusqu’à 1241 $ – 1250 $ n’ait pas lieu.

Le dollar index a glissé jusqu’à 101,02, son niveau le plus bas depuis un mois. Cette baisse abrupte du dollar intervient après que Trump, durant sa première conférence de presse digne de ce nom depuis juillet, ait dévoilé très peu de détails sur les intentions de son administration quant à la stimulation de l’économie, les politiques commerciales ou encore les réformes fiscales. Au lieu de cela, il a préféré tirer sur les médias alors que les investisseurs attendaient plus de clarté sur ses politiques afin de poursuivre la hausse du dollar et des marchés actions. » (source MarketWatch)

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risk

D’après l’Eurasia Group, qui fait écho aux craintes de BlackRock, l’année 2017 devrait être la plus volatile en termes de risque politique depuis la Seconde Guerre mondiale, ce qui devrait profiter à l’or et à l’argent. Bloomberg en a parlé dans un article le 3 janvier 2017 :

« L’unilatéralisme américain sous Donald Trump, l’affirmation de la Chine et une chancelière allemande affaiblie feront de 2017 l’année «la plus volatile» en termes de risque politique depuis la Seconde Guerre mondiale, d’après l’Eurasia Group. »

« En 2017, nous entrons dans une période de récession géopolitique », a déclaré la société basée à New York dans son rapport annuel sur les perspectives de l’année à venir. Une guerre internationale, ou « la décomposition d’institutions d’un gouvernement majeur », n’est pas inévitable, même si « un tel événement est désormais concevable ».

Avec l’ascension de Trump à la présidence sur la base d’un programme « les États-Unis d’abord », l’économie mondiale ne peut plus compter sur les USA pour offrir une rampe de stabilité, d’après Eurasia, qui conseille les investisseurs sur le risque politique. Les signaux envoyés par Trump à propos d’un accord avec la Russie, le scepticisme envers l’OTAN ainsi que son « alignement » avec les partis anti-establishment européens comme le Front National en France pourraient affaiblir l’alliance principale post-guerre qui maintenait l’ordre mondial, d’après ce rapport publié mardi.

Cet avertissement est un rappel des nombreuses menaces qui pèsent sur la stabilité en 2017, des élections en Allemagne, en France et aux Pays-Bas à la sortie planifiée de la Grande-Bretagne de l’UE en passant par les crises de nations émergentes comme le Brésil ou encore la crise des réfugiés.

Malgré ce contexte, les États-Unis pourraient se revigorer, d’après le président d’Eurasia Ian Bremmer. « Nous pourrions voir en 2017 un environnement géopolitique négatif comme on ne l’a plus vu depuis des décennies. Pourtant, les investissements sur les marchés américains et la vigueur du dollar pourraient se poursuivre », a-t-il déclaré à l’occasion d’une interview sur Bloomberg TV.

En Chine, le passage de témoin programmé dans le leadership signifie que le président Xi Jinping sera « plus que jamais susceptible de répondre avec force aux défis de politique étrangère », ce qui pourrait faire grimper les tensions entre les États-Unis et la Chine, d’après Eurasia. Pour maintenir la stabilité intérieure, Xi pourrait « réagir de façon excessive » au moindre toussotement économique, ce qui pourrait gonfler de nouvelles bulles ou déboucher sur de nouvelles mesures de contrôle des capitaux.

Merkel, qui tentera de se faire réélire durant l’automne, sera probablement en difficulté sur des dossiers comme le Brexit, la crise de la dette qui n’en finit plus en Grèce et un président turc Erdogan « de plus en plus autoritaire » qui menace l’accord sur les réfugiés entre l’UE et la Turquie. (…)

Les autres risques cités par Eurasia :

  • Le manque de réformes économiques, seule la Chine étant sur une trajectoire positive parmi 14 nations majeures alors que l’Italie, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud, la Turquie et le Royaume-Uni devraient décliner.
  • Des politiciens qui remettent sur le dos des banques centrales, y compris la FED, les difficultés économiques. Ces attaques posent « un risque sur les marchés en 2017 car elles menacent le rôle d’institution technocratique des banques centrales, qui fournissent la stabilité économique et financière ».
  • La chasse aux sorcières dans les rangs de l’opposition turque, un contrôle des médias encore plus strict par Erdogan ainsi que des pressions sur la banque centrale turque sur les taux et les stimulations visant à compenser la faible croissance.
  • Le programme nucléaire nord-coréen, qui pourrait porter son arsenal à 20 têtes nucléaires, en combinaison avec des avancées technologiques lui permettant de frapper la côte ouest américaine dans le futur.

Une victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle représente le plus gros risque politique en Europe, où les liens au sein de l’union et dans la zone euro sont engagés « dans un processus lent et graduel de désintégration », a déclaré le professeur d’économie de l’université de New York Nouriel Roubini.

« Si Le Pen prend le pouvoir en France, si un parti anti-euro prend le pouvoir en Italie, ce pourrait être le début de la fin de l’Europe et de la zone euro », a-t-il déclaré.

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or

L’ère de Donald de Trump marque un nouveau départ pour l’or en tant que valeur refuge. Tandis que le métal jaune est toujours populaire durant les périodes troubles, une volée de surprises politiques et économiques en 2016 ont enclenché une augmentation des achats qui a permis à l’or d’enregistrer sa première hausse annuelle depuis 4 ans. Le cours pourrait augmenter de 13 % en 2017, d’après les 26 analystes interrogés par Bloomberg.

Ces perspectives optimistes sont alimentées par des risques en provenance de plusieurs fronts : une guerre commerciale possible entre les États-Unis et la Chine sur fond de relations qui se détériorent, les accusations de hacking des partis américains par la Russie, la sortie compliquée de la Grande-Bretagne de l’Union européenne ainsi que les élections à risque à venir en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, qui pourraient voir émerger des partis nationalistes. Mais il y a aussi les Tweets fréquents de Donald Trump via lesquels le président élu se querelle avec des rivaux et fâche des alliés avant même son investiture, prévue pour le 20 janvier.

« 140 caractères de Trump non filtrés sont en mesure de créer des tensions avec les plus gros partenaires commerciaux des États-Unis, » a déclaré Mark O’Byrne, directeur de GoldCore basé à Dublin. « Les marchés sont déjà secoués par les conséquences du Brexit, les élections à venir en Europe… les perspectives grandissantes de cyberguerres pourraient engendrer des achats dictés par la recherche de la sécurité. »

previsions-or-2017

L’or pour livraison immédiate est en hausse de 8,1 % cette année (note : au 30 décembre) à 1155,12 dollars l’once, mettant ainsi un terme à 3 années de baisses. Plus de deux tiers des analystes et des traders interrogés, basés de Singapour à New York, ont indiqué être optimistes pour 2017. La prévision médiane pour la fin de l’année prochaine était de 1300 $, alors que l’or pourrait atteindre un pic de 1350 $. Deux analystes, dont O’Byrne, estiment que le métal pourrait atteindre les 1600 $.

La demande pour l’or pourrait être dopée en cas de victoire de partis anti-establishment dans les élections européennes à venir, d’après les analystes de Commerzbank et leur patron Eugen Weinberg. Des politiques de plus en plus protectionnistes et la possibilité d’une guerre commerciale entre l’administration Trump et la Chine pourraient également pousser l’or à la hausse, ont-ils déclaré.

Dans de plus en plus de pays, « des tendances nationalistes émergent, des tendances davantage isolationnistes, » a déclaré Peter Marrone, CEO de Yamana Gold, société qui possède des mines au Canada et en Amérique du Sud. « Cela provoquera de la volatilité géopolitique et socio-économique, peut-être de l’instabilité, et certainement du risque. »

Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas de raisons d’être pessimiste. Après avoir démarré 2016 avec un rally le plus fort du premier semestre d’une année depuis 40 ans, les cours ont baissé depuis leur plus haut de juillet tandis que les investisseurs se retiraient. Cela s’explique principalement par l’amélioration de l’économie américaine est le relèvement des taux, qui rendent les autres classes d’actifs plus attractives, notamment les actions.

Quatre des analystes interrogés par Bloomberg ont prédit la baisse de l’or en dessous de 1000 $, surtout si la Fed relève son taux directeur par trois fois et si Trump tient ses promesses de doper les investissements dans les infrastructures afin de relancer la croissance. (…)

Cependant, les signes optimistes persistent. Un sondage de Bloomberg Intelligence du 10 novembre montre que 42 % des répondants ont prédit que l’or serait le métal le plus performant de 2017. Ronald Stoeferle, partenaire d’Incrementum AG et le prévisionniste le plus précis de ceux interrogés par Bloomberg durant le dernier trimestre, a déclaré que le métal jaune allait grimper jusqu’à 1422 $ car la Fed pourrait être plus conciliante qu’anticipé, ce qui signifierait une accélération de l’inflation, soit un contexte qui augmente l’attrait de l’or.

« L’or est sujet aux manies, que ce soit à la hausse comme à la baisse, » a déclaré Christopher Cruden, qui gère 350 millions de dollars en tant que CEO d’Insch Capital Management à Lugano. Son fonds spécialisé dans l’or est en hausse de 39 % cette année. « C’est irrationnel, mais vous pouvez en profiter, » a-t-il déclaré. « Si vous êtes du bon côté de cette irrationalité, vous pouvez engranger de beaux profits. »

Source

pays émergents

Les marchés des capitaux et des devises de la Chine se télescoperont inévitablement avec ceux des États-Unis et par extension avec ceux du monde entier. Les économistes se plaisent à marteler que quelque chose qui ne peut durer s’arrêtera. Ce truisme s’applique à la Chine.

L’idée même de tensions économiques en Chine peut paraître étrange. La Chine a émergé du chaos de la Révolution Culturelle pour devenir la première économie du monde en termes de parité de pouvoir d’achat, tout cela en seulement 35 ans. Même sur base du PIB nominal, mon indicateur favori, il s’agit de la seconde économie de la planète.

La croissance annuelle chinoise fut de 12% entre 2006 et 2008. Cette performance fut encore atteinte en 2010. Même au pire de la crise financière, en 2009, la croissance chinoise était encore supérieure à 6%. Elle a oscillé entre 6,7 et 8% entre 2011 et 2016. Ces taux de croissance sont extraordinaires par rapport aux 0-2% de croissance des économies développées, enregistrés depuis 2007.

Mais au-delà des apparences aguichantes, tout est loin d’être rose. La majorité de la croissance chinoise fut complètement artificielle. On n’en parlerait pas si la Chine utilisait des normes comptables plus rigoureuses.

Investissements en Chine : pour quel retour ?

Les investissements ont représenté environ 45% de la croissance chinoise. Dans les économies développées, ce chiffre est de 30%. Ce n’est pas un problème si les investissements ont des retours positifs et ne sont pas financés avec des excès de dette. Or la Chine ne remplit aucune de ces 2 conditions.

Une partie importante des investissements chinois ont été gaspillés dans la construction de villes fantômes. Ou encore engloutis dans des projets pharaoniques de prestige comme la gare sud de Nankin, qui a coûté des milliards de dollars et dont les 128 escalators ne sont presque jamais utilisés. En supposant que la moitié des investissements chinois sont du gaspillage, cela signifie que le PIB devrait être réduit de 22,5%. Une croissance de 6,7% correspondrait ainsi à une croissance de 5,2%, au mieux.

C’est encore pire si on prend en compte la quantité de dettes utilisée pour financer ce gaspillage. Les actifs des banques chinoises sont passés de 2,5 trillions à 40 trillions de dollars durant les 10 dernières années, soit une augmentation de 1500%. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

La plupart de la dette chinoise est hors bilan, comptabilisée dans des produits financiers similaires aux CDO qui ont fait couler Lehman Brothers en 2008, et dans des produits dérivés. Il existe un énorme secteur bancaire de l’ombre en Chine (garanties provinciales, crédits inter-sociétés et plans de transfert offshore, etc). Lorsque toute cette dette est comptabilisée, la Chine ressemble au plus grand Ponzi de l’histoire.

Dévaluation continue du yuan

Si la situation est si instable et gérée avec des effets de levier à outrance, pourquoi l’effondrement n’a-t-il pas déjà eu lieu ? La réponse est la suivante : la Chine est le plus grand manipulateur de devise de l’histoire. La Chine a exploité une méga dévaluation du yuan en 1994 pour rendre sa monnaie compétitive et doper ses exportations. Sa banque centrale est ensuite intervenue entre 1994 et 2006 pour faire perdurer la faiblesse de sa monnaie.

Ces manipulations de devises, longues de 12 ans, ont permis à la Chine de construire ses usines, de créer de l’emploi, d’accumuler des réserves de dollars et de développer son système bancaire. Bien sûr, la majorité de cette croissance s’est faite aux dépens de l’emploi manufacturier aux États-Unis, des millions de postes ayant été perdus durant cette période. Ce n’est qu’après 2007, et des pressions politiques américaines intenses, que la Chine a permis l’appréciation du yuan à des niveaux plus raisonnables, conformes à sa production et aux accords commerciaux en vigueur.

Mais aujourd’hui, la Chine a recours à ses vieilles tactiques. Depuis 2014, elle a favorisé la dévaluation du yuan, de 6 yuan pour un dollar à 6,9. Aujourd’hui, le yuan se prépare à franchir la barre clés de 7 yuans pour un dollar.

La différence entre 1994 et aujourd’hui, c’est qu’aujourd’hui les États-Unis suivent la situation. En particulier, le président élu Trump a menacé la Chine de la qualifier de « manipulatrice de devises » le premier jour de son investiture, le 20 janvier 2017.

Cette escalade de la tension de la guerre des devises arrive dans un contexte de risque accru d’un conflit armé avec la Chine. Peu de temps après son élection, Trump a reçu un appel téléphonique de félicitations de la part du président de Taïwan. Cela peut sembler comme une formalité de courtoisie, mais pas pour le parti communiste chinois.

Pékin considère Taïwan comme une « province dissidente », et non une nation souveraine. Les politiciens américains ont pris l’habitude d’esquiver ce dossier, mais pas Trump. Non seulement il a discuté avec le président de Taïwan, mais il a même remis en question la politique d’une seule Chine dans un tweet.

Les actions de Trump ont fait retentir la sonnette d’alarme à Pékin. Les dirigeants ont donc décidé d’envoyer un message à Trump en volant l’un des drones sous-marins de la Navy qui opèrent dans les eaux des Philippines, bien loin des eaux de la mer de Chine du Sud revendiquées par Pékin.

Le drone a été restitué, mais l’avertissement a été lancé. Les tensions géopolitiques entre la Chine et les États-Unis sont très clairement en recrudescence (note : on vient d’apprendre qu’une « flottille » chinoise, avec porte-avions, vient de se balader dans des eaux contestées, au large de Taïwan).

Une nouvelle méga dévaluation à venir ?

Alors que la Chine se dirige vers une crise du crédit, et que les relations politiques sino-américaines se détériorent, quid du futur du yuan et de la guerre des devises ?

La première chose à noter, c’est qu’une nouvelle méga dévaluation chinoise a déjà commencé. Bien sûr, ils ne vont pas agir d’un coup, comme ils l’ont fait en 1994. Ils le font au fur et à mesure. Néanmoins, la simple dévaluation de 3% du 10 août 2015 fut suffisante pour faire baisser les marchés américains de 11% dans les trois semaines suivantes.

Une méga dévaluation de 10% aujourd’hui, moins d’un tiers de ce qu’avait fait la Chine en 1994, ferait chuter en quelques jours la bourse américaine de 30%, en raison des perspectives de guerre commerciale ouverte avec la Chine.

Quelles sont les chances d’assister à une telle dévaluation ? Cela pourrait être une question de semaines. La baisse récente du yuan n’est pas due à des manipulations du gouvernement, mais à la fuite des capitaux chinois. Les Chinois fortunés tentent de sortir leur argent du pays aussi vite que possible car ils craignent l’émergence de cette méga dévaluation (note : voir le cours de Bitcoin).

Des réserves chinoises qui fondent comme neige au soleil

La Chine a consommé un trillion de dollars de réserves durant les deux dernières années afin de satisfaire la demande en dollars émanant de cette fuite des capitaux. Les obligations américaines dans le portefeuille de la Chine ont baissé de 1 265 trillions de dollars en novembre 2015 à 1 115 trillions de dollars en octobre 2016, d’après les statistiques du Trésor.

Globalement, les réserves de la Chine sont passées d’environ 4 trillions de dollars en 2014 à 3 trillions aujourd’hui. De ces 3 trillions, environ 1 trillion n’est pas liquide, tandis qu »un trillion de dollars sera nécessaire pour renflouer les banques chinoises durant la crise du crédit à venir. Cela ne laisse qu’un trillion de dollars à disposition pour défendre le yuan. La fuite des capitaux se poursuit en Chine au rythme de 100 milliards de dollars par mois. Cela signifie que la Chine sera à sec d’ici un an.

Si la Chine veut éviter la banqueroute, elle n’a que 3 options, selon la « trinité impossible » de Mundell. Elle peut relever ses taux pour défendre sa monnaie, mettre en place des contrôles des capitaux ou encore dévaluer le yuan.

Relever les taux tuera l’économie et accélérera la crise du crédit. Les contrôles des capitaux étrangleront les investissements directs étrangers et forceront la fuite des capitaux à travers des canaux illégaux, sans pour autant l’arrêter. La méga dévaluation est la solution la plus simple.

Pourquoi la Chine n’a-t-elle pas encore agi ? Notamment pour éviter d’être qualifiée de manipulatrice des devises par les États-Unis. Cela pourrait entraîner des représailles, par exemple sur les droits de douane. C’est pourquoi la Chine agit progressivement, sans faire de vagues.

Mais voilà que Donald Trump affirme qu’il qualifiera la Chine de manipulatrice quoi qu’il arrive. Peut-être par l’un des décrets présidentiels qu’il signera le jour de son investiture. Si Trump devait le faire, et il en est capable, la Chine n’aurait plus de raison de reporter sa méga dévaluation.

Les conséquences d’un tel scénario feraient de la correction de 2015 de 11% une balade en forêt. Les marchés mondiaux seront affectés. Les États-Unis souffriront, mais la Chine encore plus.

Article de Jim Rickards, publié le 22 décembre 2016 sur DailyReckoning.com

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Actuellement, la dette américaine a atteint la somme colossale de 19,8 trillions de dollars. Elle va continuer d’augmenter sous la présidence de Trump, vu ses intentions de baisser les impôts et d’investir dans les infrastructures.

Les baisses d’impôts proposées augmenteront la dette américaine de 7 trillions dans les 10 ans à venir (en prenant en compte les intérêts courus et les effets macro-économiques), de 20 trillions dans les 2 décennies à venir, d’après Forbes. Le président élu n’a pas détaillé comment il compte financer ces baisses d’impôts.

Le protectionnisme, un jeu sans gagnant

Le président élu Trump a des plans radicaux : il souhaite enterrer des accords commerciaux établis de longue date, comme l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA), augmenter les droits de douane sur les importations chinoises, etc.

Cependant, dans un contexte économique toujours plus mondialisé, chaque action que mettra en place le président Trump provoquera une réaction aussi forte dans une économie déjà hautement endettée qui patine déjà en raison d’une croissance anémique. Cette guerre commerciale planétaire a peu de chances de bénéficier aux États-Unis ou à l’économie mondiale.

protectionnisme-impact-usa

Il n’est pas certain que les consommateurs américains apprécient de devoir payer plus cher les biens importés qu’ils achètent. Après tout, les délocalisations ont donné un fameux coup de pouce aux entreprises américaines, leur permettant de baisser leurs coûts de production (par exemple, un iPhone plus cher risque de réduire sa demande, aussi bien domestique qu’internationale).

Les investisseurs ont profité de l’argent bon marché pour acheter des actions et de l’immobilier, alors qu’il était censé alimenter l’économie réelle. Le désastre économique de Trump est une catastrophe inéluctable.

Je vous rappelle que rien n’a changé dans l’économie américaine depuis le marché haussier engendré par l’élection de Trump.

Le futur président Trump a critiqué Janet Yellen alors que celle-ci comprend que l’économie ne peut encaisser des taux beaucoup plus élevés. Elle s’effondrera si les taux augmentent, comme on a pu le voir durant ces dernières années. Les taux planchers perdureront malgré les attentes des experts, qui se prononcent en faveur d’une hausse importante du taux directeur. Lorsque Trump prendra ses fonctions, il aura besoin de l’assistance de la FED. Même s’il doit encore le comprendre !

Les entreprises n’ont pas énormément investi dans des projets. Elles ont plutôt racheté leurs titres. Lorsqu’elles embauchent, c’est principalement à temps partiel. À mon avis, rien ne justifie la hausse de la bourse et de l’immobilier, qui sont pour moi des bombes à retardement. (…)

Sans connaître les détails des politiques proposées, les marchés ont bien trop anticipé en se dotant d’un filet de sécurité très mince. Il est donc prudent d’être prêt à acheter de l’or, en quantité importante et pour le long terme. (…) »

Article de Chris Vermeulen, publié le 15 décembre 2016 sur SafeHaven.com

crise années 30 usa

Barrières douanières, grands travaux, guerre contre l’immigration illégale pourvoyeuse de main-d’œuvre bon marché, dérégulation… Les grands chantiers de l’administration Trump semblent enthousiasmer les marchés. Si on peut être très perplexe quant à sa capacité de générer suffisament de croissance pour rembourser cette dette, déjà immense, qui va exploser, les déclarations même de son stratégiste en chef, Stephen Bannon, n’augurent rien de bon.

C’est David Haggith qui relate les déclarations de Bannon et qui s’en étonne, ou plutôt s’en amuse :

« Quelque chose d’amusant s’est produit sur la route de la reprise : le stratégiste en chef de Trump a admis que sa vision du futur « trumpien » ressemble à la Grande Dépression. Même la plus grosse banque du monde a déclaré récemment qu’un défaut mondial est la meilleure option, et la plus probable, pour sortir de la grande récession de 2007/2008. Voici le nouvel optimisme version 2016. (…)

Trump va hériter, après Truman, de la pire dette par rapport au PIB de l’histoire des États-Unis. La solution de Trump à ce problème exige une énorme augmentation de la dette pour tenter de s’en extirper. (…) Ceci a été clairement dit par Bannon :

Les taux sont négatifs à travers le monde, il s’agit donc d’une magnifique opportunité pour tout reconstruire. Chantiers navals, industrie sidérurgique, remontons-les tous. On va lancer tout cela contre le mur et voir si ça colle. Ce sera aussi excitant que les années 30, plus important que la révolution de Reagan.

« Lancer tout cela contre le mur et voir si ça colle ? » Cela résonne à mes oreilles comme une tentative de la dernière chance. Ce n’est pas l’optimisme politique auquel on est habitué.

« Aussi excitant que les années 30 ». Aïe ! Leur plan ressemble à quelque chose d’aussi excitant que le plus gros effondrement économique que le monde moderne a connu… jusqu’à aujourd’hui ? Et clairement, ce plan n’est possible que parce que les taux sont si bas qu’ils sont parfois négatifs. Vous pouvez donc accrocher vos ceintures car ça va tanguer ferme en 2017 ! (…)

Bien sûr, je suis certain que Bannon, en déclarant ceci, ne faisait pas référence à la décennie de difficultés de la Grande Dépression ; il voulait dire que le plan de Trump à base de dettes ressemble au WPA de Roosevelt. Il n’empêche, voilà où nous en sommes : l’économie est tellement à l’arrêt que nous avons besoin d’un plan à la WPA ! (…) »

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Trump et la dette

Quel genre de président sera Donald Trump ? Va-t-il restaurer la grandeur de l’Amérique ou finir sur la longue liste des bons à rien, alimentée par ses prédécesseurs ? Cela reste à voir.

Il est désormais clair que si Donald Trump veut éviter de démarrer son mandat avec une crise économique similaire à celle qu’a connu Obama, il faudra rapidement contenir les taux d’intérêt à long terme. Pour y parvenir, il devra convaincre la supposée politiquement agnostique présidente de la Fed, Janet Yellen, de non seulement s’abstenir de relever les taux, mais aussi de démarrer un nouveau round d’achats de Treasuries à long terme, c’est-à-dire de lancer un  nouveau QE.

Le mouvement à la hausse des taux des Treasuries, depuis l’élection de Trump, est tout sauf tranquille. Cependant, le coût du crédit était déjà en hausse avant le 8 novembre. Le taux des obligations à 10 ans avait déjà commencé son ascension, après avoir connu un plus bas en juillet à 1,36%. Cela s’explique par le fait que les banquiers centraux étaient arrivés à une nouvelle conclusion : creuser la courbe des taux est préférable pour le système bancaire et la croissance économique, plutôt que de continuer à pousser les taux longs à la baisse. Le taux des obligations à 10 ans a grimpé jusqu’à 1,83%, la veille du vote, pour ensuite grimper jusqu’à plus de 2,3%, quelques jours après que l’Amérique ait choisi son président.

Mais pourquoi l’élection de Trump est-elle si mauvaise pour les prix des obligations ? Il y a 2 raisons à cela. Premièrement, les politiques de croissance de Trump (baisse des taxes des particuliers et des entreprises, en plus de la dérégulation) poussent les investisseurs à vendre des actifs à rendement fixe, pour investir dans les actions. Les actions de croissance offrent simplement un potentiel de meilleurs retours que le rendement offert par des obligations, affichant des taux historiquement bas. Deuxièmement, et plus important encore, l’administration Trump est hautement inflationniste, car son plan d’investissement dans les infrastructures d’un trillion de dollars, associé à sa proposition de reconstruire l’armée, creusera significativement les déficits annuels, au moins à court terme. À vrai dire, les déficits explosent déjà : le trou budgétaire de 2016 a bondi jusqu’à 587 milliards, en hausse par rapport aux 438 milliards de l’année précédente, soit une augmentation énorme de 34% (note : et encore, ce n’est que la partie visible de l’iceberg, voir notre article sur le déficit réel des États-Unis sur l’année fiscale en 2016).

Des déficits qui explosent, et qui ne feront que creuser davantage la dette nationale, ont tendance à forcer la banque centrale à recourir à des politiques monétaires ultra accommodantes. Mais il n’y a pas que la dette américaine, de 20 trillions de dollars, qui mettra la pression sur la Fed afin qu’elle continue à créer de la monnaie. Le total de la dette non financière a augmenté de 33,1 trillions, fin 2007, à un chiffre record de 45,6 trillions de dollars, au premier trimestre 2016. Ce qui signifie que la dette totale, par rapport au PIB, a augmenté, passant de 226%, juste avant la grande récession, à plus de 250%, au début 2016. (…)

De plus, les mesures protectionnistes de Trump devraient soit introduire des droits de douane de 35% sur certaines importations, soit imposer la fabrication des produits aux États-Unis à des prix bien plus élevés. Par exemple, l’augmentation du prix de la main-d’œuvre, par rapport à des produits fabriqués en Chine, serait de 190%, en se basant simplement sur le salaire minimum fédéral. Ce qui signifie que l’inflation est en route.

L’incroyable bond de 50 points de base de l’obligation de référence, dans la foulée de l’élection, est la preuve de la débauche fiscale de Trump et de son impact inflationniste sur la nation.

La fin du marché haussier obligataire, long de 35 ans, approche. Les politiques commerciales de Trump, en conjonction avec son amour avoué de la dette, mettent une pression haussière significative sur le coût de l’argent. Donald va maintenant tenter de convaincre Janet Yellen d’inverser sa politique naissante de resserrage de vis monétaire, pour ramener les taux à zéro, et éventuellement lancer le QE 4.

Si les taux continuent de grimper, ce n’est pas uniquement les prix des obligations qui vont s’effondrer. Ce sera le cas de toutes les classes d’actifs qui ont été considérées comme étant « à rendement sans risque », avec pour leçon douloureuse que des politiques de taux quasiment zéro, durant les 90 derniers mois, n’étaient pas sans risque. Toutes les classes d’actifs, que les taux planchers ont si massivement faussées, incluent les obligations Corporate, les obligations municipales, les REIT, les CLO, les matières premières, les voitures de luxe, les actions, l’art, tous les actifs à rendement fixe et les produits apparentés. Lorsque l’économie mondiale s’effondrera, les prix de ces actifs suivront.

Pour info, la normalisation des rendements obligataires serait à long terme très saine pour l’économie. Elle est nécessaire pour corriger les énormes déséquilibres d’aujourd’hui. Cependant, le président Trump ne voudra pas être associé à la dépression qui résulterait de l’effondrement de l’immobilier, des actions et des obligations.

Mais le problème est qu’il demandera à Mme Yellen de faire exactement ce qu’il l’a accusée de faire durant sa campagne : à savoir d’être une marionnette politique du président. Si la Fed est vraiment apolitique, elle refusera poliment. Mais quoi qu’il en soit, Yellen et Trump ne comprennent pas que l’Amérique est handicapée par sa dette et accro aux bulles, ce qui requiert d’avoir des taux proches de zéro, au risque de faire imploser son ersatz d’économie. L’effondrement dévastateur de la bulle obligataire ramènera très rapidement Trump à la réalité. Et si Mme Yellen ne souhaite pas faire tourner la planche à billets, elle pourrait quitter son poste à la tête de la Fed bien avant la fin de son mandat, en février 2018.

Article de Michael Pento, publié le 15 novembre 2016 sur SafeHaven.com

Crédit photo : Plastic Jesus

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Depuis la hausse initiale de l’or, dans les heures qui ont suivi l’élection de Donald Trump, le cours est sous pression. Pour jauger ce qui attend le métal jaune, nous allons disséquer les différentes forces qui peuvent l’influencer.

Par le passé, nous avons affirmé que pour tout investisseur qui souhaite considérer l’ajout d’un actif à son portefeuille, et cela vaut pour l’or, l’actif en question doit satisfaire 2 conditions : il doit afficher une faible corrélation par rapport aux autres actifs en portefeuille et il doit présenter des perspectives de retour positif. Examinons les changements qui ont lieu dans le paysage de l’or et dans le contexte de l’élection :

L’or en tant qu’actif de diversification ?

Depuis 1971, le cours de l’or affiche une corrélation zéro par rapport à l’indice S&P 500, selon notre analyse (-0,016 sur la base des rendements quotidiens, pour être précis). De ce point de vue, l’or peut être considéré comme un actif de diversification à long terme. Cela dit, il y a des périodes de corrélation positive et d’autres de corrélation négative.

correlation-or-sp500

Traditionnellement, un portefeuille comporte à la fois des actions et des obligations. De ce fait, examinons également la corrélation entre l’or et les obligations : depuis 1971, cette corrélation est de 0,024 ; elle est donc très basse. Cependant, si vous regardez le graphique ci-dessous, vous pouvez observer que cette corrélation, par rapport aux obligations, s’est trouvée récemment à des plus hauts historiques.

correlation-or-treasuries

Nous reparlerons plus en détail des obligations lorsque nous aborderons les moteurs principaux. Afin de savoir si cette corrélation, relativement élevée par rapport aux obligations, va durer, on s’en réfère à l’histoire : elle devrait s’évaporer assez rapidement.

Autrement dit, dans le contexte de l’or, en tant qu’actif de diversification, nous pensons que les arguments positifs à long terme sont solides, mais certains investisseurs pourraient ne pas les apprécier, lorsque la corrélation aux actions ou aux obligations réapparaît.

Par le passé, nous avons dit que l’or pourrait bien être l’un des actifs de diversification les plus « faciles », du fait qu’il est plus simple d’investir dans le métal jaune que de mettre en place, par exemple, une stratégie long/short actions ou devises qui, par nature, pourrait également avoir une corrélation zéro par rapport aux autres classes d’actifs. Mais cette diversification facile a un prix : cette basse corrélation n’est pas stable, si bien que durant certaines périodes la corrélation peut être élevée.

L’or dans le contexte d’un revers boursier

Toujours sur le thème de l’or, en tant qu’actif potentiel de diversification, son cours a affiché un retour positif durant tous les marchés baissiers des actions, depuis 1971, avec une seule exception notable, celle que j’appelle le marché baissier provoqué par Volcker, lorsque les taux d’intérêt grimpèrent substantiellement :

sp500-vs-or

Nous allons parler des taux d’intérêt dans une seconde, mais laissez-moi vous expliquer l’une des raisons fondamentales pour laquelle l’or a pu bien se comporter, durant chacun de ces marchés baissiers. Durant une période de compression de la prime de risque, soit lorsque les prix des actifs risqués, que sont par exemple les obligations spéculatives ou les actions, sont élevés, nous pensons en effet que ces prix deviennent vulnérables si la prime de risque grimpe à nouveau. C’est-à-dire que si pour quelle que raison que ce soit le marché permet une valorisation encore plus élevée de ces actifs, cela pourrait créer des vents contraires, aussi bien pour les actions que pour les obligations. En fin de compte, l’or pourrait à nouveau briller, grâce à sa basse corrélation avec les actifs risqués, à l’occasion d’un marché baissier.

L’or va-t-il fournir un rendement positif ?

Si les investisseurs apprécient la diversification, ils apprécient encore plus les rendements positifs. Nous avons connu une liquidation notable sur le marché obligataire, depuis l’élection, alors que le cours de l’or, comme on peut le voir ci-dessus, est depuis peu corrélé à celui des obligations. Alors, que se passe-t-il ?

Nous avons affirmé que le plus grand concurrent de l’or est l’argent liquide : si les investisseurs compensent pour conserver du cash, les arguments en faveur de l’or, actif non productif, sont réduits. Une bonne compensation du cash serait par exemple un taux d’intérêt réel acceptable.

Actuellement, les taux d’intérêt réels, c’est-à-dire le taux moins l’inflation, sont proches de zéro (nous mettrons de côté la discussion au sujet des calculs de l’inflation officielle, c’est-à-dire s’ils prennent totalement en compte ou non l’augmentation du coût de la vie). La question est de savoir à quel point la présidence de Trump change la donne. Les 2 thèmes principaux qui me viennent à l’esprit sont les dépenses d’infrastructures et la dérégulation :

  • Les dépenses d’infrastructures : nous pensons premièrement que Trump réalisa de telles dépenses, et deuxièmement qu’elles seront inflationnistes. Trump est un « faiseur d’accords », donc il pourrait promettre à certains sénateurs de construire leur pont tant désiré, qui ne mène nulle part, en échange de la construction de son mur. Il s’agit d’une façon simplifiée d’affirmer qu’il devrait être possible, à Washington, de dépenser de l’argent en faisant des promesses « à gauche et à droite », même si les Républicains plus rigoureux font objection. Dans un environnement de faible chômage, nous pensons que cela provoquera une inflation des salaires. (…)
  • La dérégulation : même si le Congrès ne vote pas les propositions de Trump, il devrait avoir une influence substantielle sur le mode de fonctionnement des agences gouvernementales, ce qui suggère qu’il pourrait tenir ses promesses de dérégulation du secteur privé. (…)  C’est notamment parce que les entreprises ont préféré acheter des actifs financiers, plutôt que d’investir, que les obligations à long terme rapportent si peu. De fait, si la liquidation du marché obligataire reflète les velléités des entreprises d’investir davantage, nous pensons que ce sera négatif pour le prix de l’or.

Nous pouvons également citer les baisses d’impôt. Il faudra voir leur poids, lorsqu’elles seront décidées, mais toute simplification de la fiscalité devrait aussi encourager les investissements.

Nous n’avons pas vu Trump proposer une solution sérieuse pour enrayer les coûts grandissants des avantages sociaux. Ce qui signifie qu’avant même que Trump n’arrive à augmenter les dépenses gouvernementales, les déficits devraient gonfler dans les années à venir.

Nous n’avons pas encore abordé l’impact potentiel d’une guerre commerciale. En ce moment, le marché semble suggérer que Trump puisse faire volte-face par rapport à sa rhétorique anti-globalisation. Nous pensons cela du fait que le dollar serait vulnérable face à une guerre commerciale, et étant donné que les États-Unis ont besoin de l’étranger pour financer leur déficit. Le Royaume-Uni est un exemple récent d’un pays qui compte beaucoup sur l’étranger pour se financer et qui a vu sa devise souffrir, lorsque les barrières commerciales se sont élevées (le Brexit ayant provoqué l’élévation de telles barrières). Le dollar pourrait ne pas décliner, par rapport au peso mexicain ou à une autre devise d’un pays émergent, mais il pourrait baisser par rapport aux devises majeures et par rapport à l’or.

Quel futur pour le cours de l’or ?

Nous nous attendons à voir les différentes forces citées ci-dessus se livrer bataille. Pour le moment, il semble que le marché anticipe une croissance réelle plus élevée, grâce à la dérégulation, avec une Fed en mesure de faire grimper les taux, alors que l’économie reprend. Nous avons vu ce film plusieurs fois, le marché anticipant une hausse des taux, grâce à des fondamentaux qui s’améliorent.

Le souci est que l’économie subit tellement d’effets de levier, que des taux obligataires plus élevés et même l’anticipation de taux plus élevés pourraient bien faire grimper la prime de risque, c’est-à-dire faire augmenter la volatilité des marchés et éventuellement renverser les marchés actions. Cette baisse de liquidité pourrait provoquer « la détérioration des conditions financières », pour paraphraser la Fed ; ce qui la ferait reculer de ses plans bellicistes. Cette anticipation du relèvement des taux pourrait donc à nouveau s’évaporer, pour supporter le cours de l’or.

Outre les taux, en tant que source de volatilité, les politiques de Trump en elles-mêmes, comme l’introduction de barrières douanières, pourraient faire grimper la volatilité et profiter à l’or. (…)

Pour ceux qui pensent que nous allons assister à une répétition des Reaganomics, il faut se rappeler que le chômage était bien plus élevé lorsque Reagan fut élu et que le patron de la Fed de l’époque était plus strict.

Pour conclure, en plus de tout ce qui a été dit, la Fed s’assied toujours sur un bilan énorme. (…)

Nous ne possédons pas de boule de cristal, mais nous croyons en une gestion du risque prudente. De ce fait, nous encourageons les investisseurs à évaluer le risque découlant de ces scénarios. Étant donné que l’or présente une faible corrélation par rapport aux obligations et aux actions, nous pensons que les investisseurs peuvent considérer l’or, dans le cadre d’une stratégie prudente.

Article d’Axel Merk, publié sur le site de Merk Investments

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Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Mais que se passe-t-il, c’est ce que vous me demandez de plus en plus nombreux chaque jour, ne comprenant pas trop bien pourquoi les Bourses volent de records en records alors que l’on nous promettait l’apocalypse selon Saint Trump en cas de victoire de ce dernier.

Vous êtes tout aussi nombreux à ne pas comprendre l’effondrement des cours de l’or ou encore l’explosion des taux d’intérêt.

C’est assez normal que vous ne compreniez pas vu que l’on ne vous dit pas la vérité et que personne d’ailleurs ne vous aide vraiment à y voir clair. Mais ça, c’est justement ma tâche !! Alors c’est parti pour une explication qui, je l’espère, sera aussi passionnante qu’enrichissante pour chacune et chacun de vous.

Comme vous le savez, Trump c’est le grand méchant loup, l’ogre, le sexiste, le raciste machin toussa, toussa… Une fois ceci posé, il est difficile du coup de faire les bonnes anticipations parce que si c’est le vilain qui gagne, cela devrait être la catastrophe… Eh non, c’est l’euphorie boursière…

Pourquoi la Bourse monte ?

Simple ! Le programme de Trump c’est moins de contrôle budgétaire, plus de déficit et une relance par les « grands travaux » d’infrastructures… donc c’est bon pour la Bourse.

Trump est un milliardaire profondément pro-business, donc c’est bon pour la Bourse.

Le programme de Trump est inflationniste, d’où la montée des taux – on y reviendra plus loin. Du coup, les valeurs faiblement endettées augmentent. C’est bon pour la Bourse.

Après, si les taux montent trop vite et trop fort, ce sera mauvais pour la Bourse mais pour le moment, cela permet aux banques de regonfler leurs marges donc c’est bon pour l’ensemble des valeurs financières qui tirent les marchés vers le haut… C’est donc bon pour les Bourses !

Le pari des marchés financiers est le suivant : Trump va relancer l’économie US sans casser pour autant toute la mondialisation… Il va dépenser plus, creuser le déficit, et ça, c’est bon pour la Bourse. Doublement bon même ! La démondialisation sera très « soft » et les marchés vont gagner de tous les côtés.

Attention tout de même, la période que nous vivons actuellement ressemble bigrement à une période d’euphorie et les périodes d’euphories boursières qui durent de quelques jours à quelques mois terminent en général sur de grands marchés haussiers et précèdent des krachs monumentaux.

S’il est très difficile de vous donner un « timing » ou des « délais », sachez que ma conviction est que si ce mouvement de hausse se poursuit sans correction assez forte, alors nous allons tout doit vers un krach vers la fin de l’année ou le début de l’année prochaine plus précisément.

Traditionnellement, les marchés aiment les « rallyes » de fin d’année qui permettent d’avoir de beaux bilans et d’afficher de superbes performances (et accessoirement de se gaver de beaux bonus). Cette année, le rallye risque d’être d’anthologie ! Le krach qui le suivra aussi.

Pourquoi les taux montent ?

Parce que la politique de Trump est… inflationniste !!

Pourquoi est-elle inflationniste ? Parce qu’en théorie (le pays imaginaire où tout se passerait comme prévu), Donald Trump veut démondialiser, limiter l’immigration et relancer la dépense publique dans les grands travaux d’infrastructures.

En clair, moins d’usines en Chine et au Mexique et plus aux USA, c’est plus d’emplois aux États-Unis, moins de chômage et des salaires qui finissent par augmenter.

En clair, moins d’immigrés c’est également moins de main-d’œuvre à occuper, plus de chômeurs qui retrouvent du travail et…. évidemment des salaires qui, là encore, vont augmenter.

Enfin, plus de dépenses publiques et des grands travaux, c’est plus d’ouvriers sur les routes à travailler et moins de chômeurs et au bout du compte, encore une fois, des salaires qui montent.

Des salaires qui montent, cela donne de l’inflation. Or de quoi se meurent nos économies ? Justement de la déflation !

Officiellement, d’ailleurs, les autorités monétaires comme la FED luttent contre… la déflation et cherchent à relancer… l’inflation contre laquelle elles voudront lutter après en montant les taux, ce qui nous amène au dernier à savoir l’or…

Mais avant, c’est parce que la politique théorique de Trump est inflationniste que les marchés anticipent une inflation et qui dit inflation dit relèvement des taux… donc les taux montent et se tendent.

Le risque, ici, c’est évidemment le krach obligataire qui serait absolument désastreux pour l’ensemble des épargnants qui termineraient ruinés (et ce n’est pas faute de vous prévenir depuis des années). Or au moment où j’écris ces lignes, les taux s’envolent littéralement et le mouvement est rapide et violent. Pour le moment, ils restent historiquement bas MAIS si ce mouvement se prolonge à cette vitesse-là quelques semaines, alors ce sera la catastrophe.

Nous allons donc surveiller à nouveau les taux comme le lait sur le feu et je vous ferai un point quotidien si nécessaire.

Pourquoi l’or baisse ?

Parce que les taux montent et les Bourses aussi ! Pourquoi se faire suer à stocker de l’or physique qui ne rapporte rien (mais ne coûte rien non plus quand les taux sont négatifs) quand on peut gagner 15 % en Bourse en 2 semaines, ou avoir des taux dits sans risque qui sont à la hausse ?

Donc logiquement, l’or baisse parce qu’il est moins attractif sur le très court terme. Vous en profiterez justement pour vous renforcer ou rentrer sur le métal jaune, car si vous m’avez bien lu, je suppose que vous avez perçu dans ce texte et ces explications quelques contradictions majeures !

Comment l’or peut-il baisser s’il protège de l’inflation et que l’inflation revient ou est anticipée ?

Voilà une bonne question.

Le problème ce sont les anticipations à un instant « T » et pas la réalité du futur.

Les marchés jouent les choses de façon conventionnelle et sans prise de risque. Le marché est moutonnier. D’ailleurs, le marché avait joué Clinton, pas Trump !

Laissez donc tomber le « marché ». Concentrez-vous sur la réalité.

Quelle est-elle ?

Soit Trump applique réellement son programme et alors les taux monteront, la mondialisation cessera et il y a aura de gros problèmes puisque dans des pays endettés à plus de 100 % du PIB, 1 % de taux c’est plus de 1 % de PIB en plus à trouver pour financer les intérêts de la dette et c’est la faillite au bout du chemin et cela tuera la croissance.

Si les taux ne montent pas par décision « gouvernementale » avec l’appui de la FED qui injectera les liquidités nécessaires, alors… ce sera l’inflation et l’hyperinflation.

Si de surcroît le système, ou « l’establishment » comme le dit Trump, veut jouer contre lui, alors il va jouer justement le krach obligataire, faire monter les taux de marché jusqu’à l’explosion de la plus grosse bulle obligataire qui, de toutes les façons, aurait explosé à la moindre remontée de taux, et accuser la politique catastrophique de Trump qui ruinera tous les épargnants de la planète.

Dans tous les cas, à terme, encore une fois, tout cela sera très bon pour l’or ! La seule question est… quand !!

L’or donc, encore une fois, baisse sans raison parce que le marché a tort à long terme mais joue le court terme et les réactions « prévisibles » ainsi que « logiques ». En résumé, l’or baisse parce que les taux montent mais si les taux montent trop, ce sera la ruine généralisée et il ne restera que l’or. Si les taux ne montent pas assez, il y aura de l’inflation et ce sera bon pour l’or.

C’est ce que je vous dis depuis des années. Et je n’ai pas changé d’avis. Dans tous les cas, c’est bon pour l’or. Et j’ai comme l’impression qu’effectivement, l’heure des comptes vient de se rapprocher très dangereusement !!

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT