Tags Posts tagged with "Tsipras"

Tsipras

0

Ce qui devait arriver est arrivé : Alexis Tsipras a remis hier sa démission au président grec. Il n’y aura aucune tentative de formation d’un nouveau gouvernement vu qu’une telle possibilité n’est pas envisageable vu la configuration actuelle du parlement.

C’était dans l’air depuis juillet. Alexis Tsipras se retire donc, étant dans l’impossibilité de gouverner alors qu’une frange importante de son parti s’oppose à lui depuis son retournement de veste au lendemain du référendum qui devait sceller l’indépendance retrouvée de la Grèce face à l’Europe et au FMI.

Cette faction rebelle, essentiellement composée d’élus de la « plateforme de gauche », devrait d’ailleurs faire sécession de Syriza. Le nom du nouveau parti aurait déjà été choisi : Unité Populaire. Hier soir, Tsipras s’est adressé à la nation en déclarant notamment (source KeepTalkingGreece) : « j’ai remis ma démission au président, le mandat qui nous avait été donné par le peuple le 25 janvier a expiré. »

Aucune date pour ces élections anticipées n’a été annoncée, mais les médias grecs évoquent le 13 ou le 20 septembre 2015. En agissant ainsi, Tsipras espère renforcer son pouvoir en se débarrassant des éléments perturbateurs de ses propres rangs et en formant une nouvelle coalition plus solide. Cependant, comme le note KeepTalkingGreece, Tsipras doit faire attention avec ses certitudes car depuis l’élection, son parti, soi-disant anti austérité, a conclu le pire accord des 3 et depuis les 62 % du non au référendum, les électeurs se sentent trahis. Reste à savoir si les électeurs de Syriza, principalement de gauche, seront prêts à se tourner vers les partis restants qui se proclament anti austérité, majoritairement des partis nationalistes (à l’exception du parti communiste KKE).

1

Par où commencer… après les trompettes de lundi, la situation de la Grèce est plus que jamais compromise. Syriza sur le point d’imploser, le peuple grec furieux contre son gouvernement, des politiciens européens qui affirment qu’aucun nouveau prêt à la Grèce est possible et le spectre de la faillite qui plane sur de nombreuses banques grecques sont quelques-uns des éléments illustrant à merveille que la résolution du cas grec n’est nulle part.

Hier, nous évoquions la perte de souveraineté de la Grèce à travers le fonds des privatisations qui devrait être sous contrôle européen. Mais aujourd’hui, ZeroHedge a signalé qu’une autre précondition dont quasi personne n’a parlé fait partie des termes des grandes lignes de la base de négociations pour un nouvel accord : le transfert du contrôle des banques grecques de l’État à la BCE et à l’Union européenne.

Ce sera donc l’Europe qui décidera des banques qui feront éventuellement faillite ainsi que de la contribution des épargnants aux opérations de renflouements internes (ou chypriotisation)  qui seront plus que probablement nécessaires. Un officiel européen a d’ailleurs déclaré à Reuters qu’au final, des 4 grandes banques grecques que sont National Bank, Piraeus, Eurobank et Alpha, deux seulement pourraient subsister.

Les Grecs sont furieux sur Tsipras

Après avoir voté courageusement à 61 % contre les propositions d’accord à l’occasion du référendum malgré la fermeture des banques et le contrôle des capitaux, les Grecs ont désormais découvert avec stupeur que Tsipras les a trahis. Bloomberg est allé prendre la température chez un barbier d’Athènes. Giorgos, un coiffeur septuagénaire, affirme que la plupart de ses clients se sentent trahis :

« Tous les gens qui viennent ici maudissent Tsipras. Il nous a promis toutes ces choses mais il n’a pas tenu ses promesses. Maintenant la Grèce est plus endettée que jamais, les gens sont furieux. Nos pensions ont déjà été abaissées à 600 €. Que va-t-il se passer maintenant ? Si cela continue, les gens souffriront de la faim. Il y aura une guerre civile. »

Le syndicat ADEDY (fonctionnaires) a déjà appelé à une grève de 24 heures est décrété une manifestation pour ce soir sur la place Syntagma (source).

Mutinerie au sein de SYRIZA

Les médias mainstream se sont faits largement l’écho des révélations de Yanis Varoufakis sur les coulisses des négociations et sa mise à l’écart par Tsipras alors que l’ancien Ministre des finances n’a pas été suivi dans son plan visant à défier directement la BCE en émettant des IOU (monnaie parallèle sous forme de reconnaissance de dette) en euro et en saisissant le contrôle de la banque de Grèce, quitte à retourner à la drachme.  Qualifié tour à tour d’idiot et de diva par de nombreux commentateurs y compris dans les médias alternatifs, nous estimons au contraire que Varoufakis était le seul à avoir une vision et la volonté d’aller au bout pour la Grèce. Malheureusement, il a été sacrifié sur l’autel de l’euro. S’il aurait été mieux inspiré de se rendre au parlement pour voter non, son absence lui a tout de même évité de s’humilier comme bon nombre de ses collègues parlementaires.

Mais les problèmes de Tsipras ne sont pas partis avec Varoufakis. Une véritable mutinerie est en cours avec 2 factions de son gouvernement qui se sont déjà officiellement positionnées contre l’accord. Varoufakis fut peut-être le premier limogeage d’une longue série.  Ironie du sort, Tsipras devra s’appuyer sur les fossoyeurs de la Grèce (PASOK et compagnie) pour obtenir la majorité au parlement demain.

2

Alexis Tsipras avec le résultat du référendum du 5 juillet 2015 avait l’opportunité de rentrer dans l’histoire en menant la fronde du peuple grec contre l’Europe et le FMI pour reprendre les rênes du pays et le sortir de l’ornière du surendettement. Au lieu de cela, il a préféré se coucher plutôt que de sortir son pays de la zone euro en reniant au passage bon nombre de ses promesses de campagne (toutes ?).

Qui allait plier le premier ? Lorsque les Allemands ont proposé à la Grèce d’aller faire un petit tour de 5 ans en dehors de la zone euro hier, Alexis Tsipras a dû se décomposer vu qu’il a accepté toutes les mesures exigées par la frange dure de l’Europe, à savoir l’Allemagne, les Pays-Bas et les pays nordiques pour obtenir un accord encore plus dur que celui qu’il avait refusé une dizaine de jours auparavant et déclenchant le référendum.

Pas de privatisations ? Eh bien si, sauf que le produit de la liquidation des actifs grecs jusqu’à 50 milliards (alors que l’on ne sait même pas si ce montant sera atteint même en privatisant tout ce qui rapporte encore un peu d’argent à l’État grec) atterriront dans un fond sous le contrôle de l’Europe. Du coup, la restauration de la souveraineté du pays prend également du plomb dans l’aile. Les hausses de TVA et les baisses des retraites sont confirmées. Comme l’a écrit de façon succincte ZeroHedge : « la Grèce va permettre au prix de la cession de sa souveraineté à la Troïka de se rembourser ».

Mais cerise sur le gâteau, grâce à la fermeture des banques le secteur bancaire grec a désormais besoin d’injection de liquidités (25 milliards) pour éviter la faillite. Les banques grecques vont donc à nouveau engloutir une bonne partie de cette nouvelle dette (on évoque le chiffre de 86 milliards au total) contractée pour payer les anciens crédits.

La Grèce est donc repartie pour un tour à moins que les parlements européens ne rejettent ce cadre de négociations (car l’accord porte sur l’ouverture de nouvelles négociations…) ou que les Grecs, habité par l’étrange impression de s’être fait rouler par ce gouvernement, décident de faire tomber les dignes successeurs du PASOK et cie. Des élections anticipées ne sont d’ailleurs pas à exclure, Tsipras ayant été désavoué par la frange de son parti menée par Panagiotis Lafazanis, ce qui l’a forcé à s’appuyer sur l’opposition (Nouvelle Démocratie, PASOK, etc.) pour obtenir l’aval du parlement ce week-end, fait qui en dit long sur la nature de cet « accord » qui n’est rien d’autre qu’une capitulation en bonne et due forme.

Et enfin, ce scenario ne fait que confirmer les dires du Telegraph qui affirmait que Tsipras avait organisé le référendum dans le but de le perdre et de pouvoir ainsi accepter les mesures d’austérité dont il avait juré l’annulation.

1

Malgré les conseils de Nigel Farage, Alexis Tsipras a préféré l’option de la capitulation partielle pour tenter d’obtenir un accord auprès de ses créanciers, revenant sur bon nombre de ses promesses de campagne (pas d’effacement partiel de la dette, etc.).

Le premier ministre grec se justifie en affirmant qu’il ne « dispose pas d’un mandat pour sortir le pays de la zone euro ». Même si la question du référendum n’était pas exactement orientée en ce sens, le peuple grec, en votant non, devait être bien conscient que cette posture pouvait mener à la sortie du pays de la zone euro en cas d’intransigeance des créanciers.

Il a donc fait marche arrière sur bon nombre de ses promesses de campagne en soumettant une nouvelle offre de cadre de négociations qui est fort similaire à l’offre de l’UE du 26 juin (quelques éléments ont tout de même sauté). Cependant, cette offre devra au préalable être validée par le parlement grec aujourd’hui. Si c’était le cas (et avec l’aide de l’opposition alors qu’une petite moitié de son parti voterait non), rien ne dit encore que l’Europe acceptera la proposition qui n’intègre pas toutes les demandes de l’Allemagne. Et en admettant que l’Europe accepte, comment vont réagir les 61 % de Grecs qui ont voté non à cet accord.

0

D’après Ekhaterimini, Tsipras va vivre aujourd’hui le jour le plus difficile de son exercice du pouvoir alors qu’il doit finaliser les propositions qui devraient lui permettre d’obtenir un accord sur le plan de sauvetage sur 3 ans qu’il a officiellement demandé hier.

Mais avant de les présenter à la troïka, il devra obtenir la validation de son propre cabinet. Cependant, il est d’ores et déjà acquis que si Tsipras décide d’accéder à toutes les demandes d’austérité de l’Europe, il se mettra à dos une bonne frange de son propre parti. L’aile dure de SYRIZA (qui représente environ 40 %) estime que la victoire sans appel du non durant le référendum de dimanche ne fait que légitimer son souhait de mettre un terme définitif aux négociations et de retourner à la drachme.

Le FMI pousse également pour un effacement partiel de la dette, chose dont ne veulent pas entendre parler les Allemands depuis le début des négociations. En attendant, les banques resteront fermées jusqu’au moins vendredi (source) tandis que toutes les mesures de contrôle des capitaux qui ont été prises jusqu’à présent sont également prolongées jusqu’à cette date. La BCE ayant gelé le plafond des aides d’urgence disponible pour les banques grecques, celles-ci n’ont de toute façon presque plus d’argent à disposition.

La prochaine réunion de la dernière chance aura lieu ce samedi. Cette fois-ci, il devrait vraiment s’agir de la dernière avant 3 scénarios probables :

  1. Un « accord » est trouvé et une nouvelle crise aura lieu dans les 2 ans
  2. Tsipras démissionne et convoque des élections anticipées.
  3. Tsipras suit l’aile dure de son parti et réintroduit la drachme

1

La saga grecque met en scène toute une série de joueurs de poker dont il est très difficile de cerner les intentions véritables. L’Europe souhaite-t-elle conserver la Grèce en son sein ou l’éjecter ? Que veut vraiment la BCE ? Jusqu’où Syriza est-elle prête à aller ? Il faudra probablement attendre quelques années pour connaître toute la vérité, mais en attendant, voici des hypothèses intéressantes (qu’il considère comme des faits sans vraiment citer ses sources) émises par le journaliste du Telegraph, Ambrose Evans Pritchard :

« Comme une tragédie d’Euripide, la longue lutte entre la Grèce et ses créditeurs est en train d’atteindre une fin cataclysmique que personne n’avait anticipé, à laquelle personne ne semble en mesure d’échapper et qui menace de remettre en question l’ordre européen en constitution.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras ne s’attendait pas à gagner le référendum de dimanche sur les termes du plan de sauvetage, et encore moins de prendre la tête d’une révolte nationale contre le contrôle du pays par des puissances étrangères.

Cette consultation populaire surprise avait été annoncée dans la perspective et avec l’intention de la perdre. Ce faisant, il aurait donné l’image d’avoir combattu de façon honorable, aurait admis sa défaite et rendu les clés de la villa Maximos (résidence du premier ministre grec) en laissant à d’autres le soin d’implémenter « l’ultimatum » du 25 juin et de souffrir de l’opprobre.

L’annonce de l’ultimatum eut l’effet d’un choc sur le cabinet grec alors qu’il pensait être sur le point de décrocher un accord, aussi mauvais soit-il. M. Tsipras avait déjà pris la décision d’accepter les demandes d’austérité en reconnaissant que Syriza n’a pas réussi à établir un cartel des pays endettés du Sud tout en ayant très mal jugé l’humeur des membres de la zone euro.

Mais au lieu de cela, le cabinet s’est retrouvé confronté à une version durcie du texte exigeant une augmentation de la TVA sur les hôtels touristiques de 7 à 23 % d’un coup.

Les créditeurs insistaient également sur de nouvelles baisses des pensions à hauteur de 1 % du PIB dès l’année prochaine ainsi que la fin progressive du système d’assistance pour les retraités les plus pauvres alors que les pensions ont déjà été réduites de 44 %.

Ils ont également demandé un serrage de vis fiscal de 2 % du PIB pour une économie en chute libre depuis 6 ans de dépression et d’hystérésis. Aucun effacement partiel de la dette n’était prévu. Les Européens sont intervenus en coulisse pour étouffer un rapport du FMI qui valide l’affirmation grecque que la dette n’est pas remboursable. Selon le FMI, la Grèce aurait besoin d’un effacement de 30 % de sa dette ainsi qu’une injection de 52 milliards d’euros pour sortir de la crise.

Ils ont aussi rejeté la proposition grecque de travailler en partenariat avec l’OCDE sur des réformes et avec l’organisation internationale du travail sur des conventions collectives. Ils s’en sont tenus à leur script, refusant de reconnaître que leur propre prescription Dickensonienne est discréditée par des économistes du monde entier.

« Ils ne voulaient pas d’un accord. Ils avaient déjà décidé de nous jeter dehors, » a déclaré l’ancien ministre des Finances Yanis Varoufakis.

Syriza a donc annoncé le référendum. Mais à leur stupeur, ils ont gagné, démarrant ainsi la révolte grecque de 2015, le moment lorsque le peuple laisse enfin échapper un cri primal, revêt sa tenue de combat et forme sa phalange de hoplites. Tsipras est désormais piégé par son succès. « Le référendum impose sa propre dynamique. Les gens se révolteront s’il revient de Bruxelles avec un mauvais compromis, » a déclaré Costas Lapavitsas, député SYRIZA.

« Tsipras ne veut pas sortir de la zone euro, mais je pense qu’il réalise désormais que c’est ce qui l’attend au bout du chemin, » a-t-il ajouté.

Ce qui aurait dû être une fête dimanche soir s’est mué en veillée funèbre. Tsipras était déprimé, faisant la liste jusqu’au petit matin des erreurs que Syriza a commises depuis son arrivée du pouvoir en janvier.

On aurait donné 2 alternatives au premier ministre : soit profiter du plébiscite du référendum pour déclarer la guerre à l’Eurogroupe, soit céder aux demandes des créditeurs en se débarrassant du lunatique Varoufakis en signe de bonne volonté. »

La suite, nous la connaissons : Tsipras n’a pas eu le courage de nommer un nouveau gouverneur de la banque centrale grecque, émettre une monnaie parallèle pour garder le système bancaire à flot en forçant ainsi l’Europe à provoquer la sortie de la zone euro de la Grèce. Pourtant, c’est peut-être ce qu’il sera forcé de faire bientôt. Même si les Américains s’en sont désormais mêlés, 15 des 18 pays de la zone euro sont derrière l’Allemagne.

0

Article publié sur RT.com le 9 juin 2015 :

« La sortie de la Grèce de la zone euro ou Grexit serait un revers majeur pour l’Union européenne qui engendrerait un effet domino et aurait des conséquences importantes sur les contribuables européens » a déclaré le premier ministre grec Alexis Tsipras.

« Je pense que c’est évident. Ce serait le début de la fin de la zone euro. Si le leadership politique européen est incapable de gérer un problème comme la Grèce, qui représente 2 % de son économie, quelles seraient les réactions des marchés face à la problématique de pays ayant des soucis bien plus sérieux comme l’Espagne ou l’Italie, qui a une dette de 2 trillions » s’est interrogé Tsipras face au Corriere della Sera mardi.

Un ‘Grexit’ serait désastreux pour la zone euro car il se muerait en un lourd fardeau pour les contribuables européens, a-t-il ajouté. Il a cependant insisté sur le fait que son pays n’utilisait pas le spectre de la sortie de la zone euro en tant que moyen de pression ou de chantage.

« Nous voulons mettre un terme à ces débats cauchemardesques concernant la sortie de la zone euro de la Grèce. Il s’agit d’un obstacle à la stabilité économique européenne » a-t-il ajouté. (…)

Tsipras dont le gouvernement est arrivé au pouvoir sur base de la promesse de mettre un terme à l’austérité, a déclaré qu’il ne pouvait accepter les termes des créditeurs. Ils  exigent la réduction des retraites et l’augmentation des factures d’eau, de gaz et d’électricité. Suite aux mesures d’austérité prises, le chômage est passé de 12 à 27 % en 3 ans, le PIB grec est tombé de 25 %, les contribuables croulent sous les impôts et le nombre de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté grandit de jour en jour a déclaré Tsipras.

« Ils veulent augmenter l’électricité de 10 % pour les ménages dans un pays où des milliers de gens n’ont déjà pas accès à l’électricité. Ils veulent que nous abolissions la subsidiation du chauffage alors que des gens meurent de froid » a-t-il ajouté.

En 5 ans, la Grèce a déjà réduit les retraites jusqu’à 44 %, les salaires du secteur privé ont baissé jusqu’à 32 %. Selon Tsipras, le marché de l’emploi grec est détruit. (…) »

0

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a dans la nuit de mercredi à jeudi, rejeté plusieurs points de l’accord proposé par les créanciers d’Athènes refusant par exemple de couper dans les retraites. Les négociations reprendront dans « quelques jours ».

Sans trop de surprise, la Grèce et ses créanciers ont une fois de plus afficher leurs divergences. Mercredi Alexis Tsipras, le Premier ministre grec s’est rendu à Bruxelles répondant à l’invitation du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

L’objectif de cette réunion de travail à laquelle assistait également le chef de file de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, était de tenter de trouver les bases d’un accord permettant le versement à la Grèce de 7,2 milliards d’euros promis de longue date.

Mais comme l’avait anticipé Bruxelles, elle ne s’est pas avérée concluante. Alexis Tsipras a rejeté certaines des propositions de réformes faites par les créanciers d’Athènes et conditionnant le déblocage de l’aide financière.

Dans le plan des créanciers, « il y a des points que personne ne peut considérer comme une base de discussion » a estimé le Premier ministre grec citant les coupes dans les pensions de retraite les moins élevées et une hausse de la TVA sur l’électricité.

« On parle d’un pays qui, ces cinq dernières années, a subi une grande catastrophe économique, a perdu 25% de son PIB après cinq ans de dure austérité. Des propositions qui ramènent des idées comme couper dans les retraites les plus basses ou augmenter la TVA sur l’électricité ne peuvent être des bases de discussions », a jugé Alexis Tsipras à l’issue de la réunion.

« Le résultat est que la proposition grecque reste la seule proposition réaliste sur la table » a-t-il ajouté, tout en reconnaissant des points positifs dans le plan des créanciers comme « la proposition d’un excédent (primaire) plus faible ».

Lire la suite sur BFM Business

0

Vendredi dernier, l’euro reprenait du poil de la bête face au dollar et les marchés actions s’envolaient sur fond d’optimisme concernant la réunion entre Angela Merkel et Alexis Tsipras alors que le futur de la Grèce dans la zone euro était toujours aussi incertain.

Ce regain d’optimisme a cependant été balayé par la suite : non seulement aucune base d’accord n’a été trouvée mais les discussions se sont terminées dans la confusion. Le vendredi matin, on nous annonçait qu’un accord avait été trouvé pour débloquer les fonds dont Athènes a un besoin urgent pour apprendre quelques heures plus tard que les différentes parties ne s’entendaient pas sur la signification de cet accord…

« 2 jours de négociations intenses et parfois tendues à l’occasion d’un sommet de l’Union européenne à Bruxelles furent simplement la répétition des pourparlers d’il y a un mois entre les ministres des Finances de l’euro zone et les officiels grecs » a écrit le Financial Times qui a ensuite résumé la situation, ou plutôt l’imbroglio, en 2 phrases :

« Les personnes impliquées dans les négociations étaient incapables de s’accorder sur la nature de l’accord qu’elles venaient de conclure dans les 12 heures, après une réunion tenue tard dans la nuit afin de résoudre les désaccords. »

Non seulement la Grèce n’a plus d’argent mais elle doit déjà un peu moins de 4 milliards d’euros. (…) En ce moment, Athènes doit racler les fonds de tiroir pour éviter la faillite.

Durant leur dernière visite les inspecteurs du FMI, de la Commission Européenne et de la BCE ont été mal reçu par leurs hôtes grecs, d’après Draghi. Le ministre des Finances grec a promis un changement d’attitude. Pour les Allemands, il s’agit de la dernière chance de la Grèce pour rester dans la zone euro. Athènes doit présenter un enième nouveau plan de réformes susceptible d’être accepté par les créditeurs.

Et l’article de ZeroHedge de conclure : soit Tsipras renie définitivement ses promesses de campagne et capitule en public, soit la Grèce sortira de la zone euro dans quelques jours, voire quelques heures.

Et de l’AFP :

« Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a prévenu mi-mars dans un courrier adressé à la chancelière allemande qu’Athènes ne pourrait pas honorer certaines échéances de remboursement sans le versement prochain de fonds de la part de ses créanciers, rapporte lundi le Financial Times.

Dans une lettre datée du 15 mars et consultée par le FT, M. Tsipras « a averti Angela Merkel qu’il serait impossible pour Athènes d’assurer le service de la dette d’ici les prochaines semaines si l’UE n’apportait pas à court terme une assistance financière au pays« , écrit le quotidien britannique des affaires.

« Étant donné que la Grèce n’a pas accès aux marchés financiers et en vue des +pics+ attendus dans nos échéances de dette au printemps et à l’été… il est clair que les restrictions particulières de la BCE combinées à des retards de versement rendraient impossible pour tout gouvernement d’assurer le service de sa dette », explique M. Tsipras dans ce courrier qui serait parvenu à la chancelière juste avant que celle-ci n’invite le Premier ministre grec à venir lui rendre visite à Berlin.

Le porte-parole du gouvernement grec, Gabriel Sakellaridis, a confirmé le contenu de la lettre. « Il ne s’agit pas d’une menace mais de la réalité« , a-t-il déclaré à la chaîne privée Mega TV, en indiquant que Alexis Tsipras avait envoyé une lettre similaire au président français François Hollande et au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. »

Inspiré de l’article de ZeroHedge.

0

Qui allait plier la première entre la Grèce et l’Allemagne ? L’accord semble indiquer que la Grèce s’est couchée. Cependant, il reste 2 grands points d’interrogation. Tout d’abord, si les réformes proposées par Athènes ne sont pas approuvées ce lundi, l’accord sera enterré. Et deuxièmement, que se passera-t-il lorsque cet accord de 4 mois expirera ?

Ne nous voilons pas la face, les grandes déclarations fracassantes de Tsipras et Varoufakis paraissent grotesques au vu de ce qu’ils ont signé hier. Ils avaient juré de mettre un terme à la Troïka or tout ce qu’ils ont fait en paraphant cet accord de 4 mois ce week-end c’est de changer les termes Troïka par Institutions et les mots créditeurs en partenaires ; rien n’a changé. En Grèce on n’est pas dupe : Syriza est sous le feu nourri de la critique (encore mieux que Le Changement C’Est Maintenant de Hollande). Elle provient même de son propre camp, même si la plupart des cadres de Syriza se sont murés dans le silence préférant ne pas évoquer les termes douloureux de cet accord.

Certains n’ont tout de même pas hésité à s’attaquer frontalement à la direction du parti. C’est notamment le cas de Manolis Glizas, qui n’a pas mâché ses mots en publiant sur son blog le message suivant :

« Renommer la troïka en institutions, mémo en accord et créditeurs en partenaires ne change rien à la situation antérieure, si ce n’est faire de la sémantique. Bien sûr, il n’est pas possible de changer le vote du peuple grec des élections du 25 janvier 2015. Les gens ont voté pour les promesses de Syriza : mettre fin à l’austérité qui est non seulement la stratégie de l’oligarchie de l’Allemagne et des autres pays de l’Europe mais aussi la stratégie de l’oligarchie grecque. Pour mettre fin aux mémos et à la Troïka, pour abolir toutes les lois de l’austérité. Le lendemain des élections c’est ce que nous avons fait. Désormais, un mois s’est écoulé et les promesses n’ont pas été mises en pratique. Dommage, 1000 fois dommage. De mon côté, je présente mes excuses au peuple grec car j’ai participé à cette illusion. (…)

Mais avant qu’il ne soit trop tard, réagissons. Les membres de Syriza, nos amis et nos sympathisants à tous les niveaux de l’organisation doivent décider à l’occasion de réunions extraordinaires s’ils acceptent la situation. (…) »

Les Grecs vont-ils accepter ce qui ressemble furieusement à une trahison ? Il ne faut pas non plus oublier que Syriza ne dispose que d’une très courte majorité au parlement. Il suffirait de quelques députés frondeurs pour le faire tomber.

Deuxièmement, il n’est pas encore dit que l’Europe validera les réformes proposées à la va-vite par la Grèce ce lundi. Tsipras a déclaré à ce propos : « je suis quasi certain que notre liste de réforme sera approuvée par les institutions (troïka…), Elles ne diront pas non. Si les institutions refusent lundi, il y aura une réunion de l’eurogroupe mardi. J’espère qu’elles diront oui ». Du côté de l’Allemagne cette liste devra être approuvée par le parlement, or, d’après Hans Michelbach (du parti de Merkel), il est impossible d’avoir un vote avant le 28 février prochain.

Mais en  admettant que tout se règle, que le gouvernement Syriza ne tombe pas, le problème de la Grèce se représentera à nouveau dans 4 mois. Syriza aurait-il simplement cherché à gagner un peu de temps pour mieux s’organiser, ou s’est-il purement et simplement couché ? L’avenir le dira. En attendant, l’apparence visuelle des billets de banque de la nouvelle drachme ont déjà été conçus. Preuve que le scénario d’une sortie de la zone euro est tout sauf du domaine de la science-fiction.