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U-6

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Fed taux

Article de Johhn Crudele, publié le 25 mai 2016 sur le site du New York Post :

« Donald Trump, s’il est élu président, enquêtera sur la véracité des statistiques économiques américaines produites par Washington, y compris sur « la façon dont elles sont rapportées ».

Je me suis entretenu avec Trump, le probable candidat républicain, par téléphone ce mardi matin. Nous avons eu une franche conversation à propos de l’économie et sur les raisons du succès de sa campagne.

« Lorsque vous regardez certains de ces chiffres qu’ils nous donnent, puis que vous obsrevez la réalité de terrain, les gens qui peinent à trouver un travail aux 4 coins du pays, vous voyez, c’est se moquer de la situation réelle, » a déclaré Trump.

« L’économie ne se porte pas bien, » a-t-il ajouté. « Vous savez, John, à chacun de mes meetings il y a entre 20.000 et 25.000 personnes, ils ne sont pas là uniquement pour les questions d’immigration, » a-t-il ajouté, évoquant sa promesse de bâtir un mur entre le Mexique et les États-Unis.

« Ils sont là, et vous le savez aussi bien que moi, parce qu’à chaque publication d’une offre d’emploi, il y a des milliers de candidats, » a-t-il déclaré. (…)

Trump affirme que selon lui, le taux de chômage américain est proche des 20 %, loin des 5 % rapportés par le Labor Department. Toute personne qui croit à ces 5 % est « une andouille », selon ses propres mots. (…)

Dans le passé, Trump a affirmé que la Fed est dans son collimateur pour un audit. Cela fait des années que j’évoque le sujet : le taux de chômage officiel américain est sous-évalué, au plus grand profit des autorités, en raison de toute une série de facteurs. Par exemple, les chômeurs qui ne cherchent plus d’emploi depuis plus d’un an ne sont pas comptabilisés. Lorsqu’ils sont inclus (mesure officielle U-6), ainsi que ceux qui sont forcés de travailler à mi-temps faute de mieux, le taux de chômage passe déjà à 9,7 %. (…) »

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travailleurs américains

Article de John Crudele, publié le 9 mai 2016 sur le site du New York Post, qui explique comment les États-Unis affichant au chômage officiel de 5 % alors que la majorité des autres indicateurs économiques sont loin d’être aussi guillerets.

« Le Labor Department a déterminé que 151 millions d’Américains travaillent et que le taux de chômage est de 5 %. Il y a de quoi être impressionné, jusqu’à ce que vous vous penchiez sur ce que le gouvernement considère être un emploi, et de ce fait à quel point il est difficile d’être catalogué parmi les chômeurs.

C’est un peu confus, donc accrochez vos ceintures. Mais laissez-moi d’abord préciser que l’administration Obama n’est pas responsable de tout ceci. Les 2 partis profitent de cette définition très favorable du chômeur depuis des décennies.

D’après la définition des actifs de la Current Population Survey, l’enquête qui est utilisée pour calculer un taux de chômage qui s’élève à un solide 5 % selon l’annonce de vendredi dernier concernant les chiffres de l’emploi d’avril, une personne active est quelqu’un « qui a effectué tout type de travail rémunéré (pendant au moins 1 heure) ».  Une foutue heure par mois est donc suffisant pour faire partie des actifs !

Sur cette base, vous pouvez affirmer travailler pour avoir promené le chien de votre voisin pendant 1 heure en échange de quelques dollars. Mais ce n’est pas tout. Les gens peuvent affirmer faire partie des actifs s’ils travaillent dans leur entreprise ou dans leur ferme, d’après les standards du Labor Department. Donc les gens qui ont été virés et qui ont créé une société de conseil dans leur chambre à coucher peuvent affirmer faire partie des actifs s’ils ont facturé un client pour un coup de fil. (…)

Des chiffres sur base de simples déclarations

N’oubliez pas qu’aucune vérification n’est faite. Le Current Population Survey, aussi connu sous le nom de Household Survey, est mené par le Census Bureau. Les déclarations des personnes interrogées durant cette enquête sont prises pour argent comptant.

Je suppose qu’il est humain de mentir si vous êtes au chômage et que cela vous embarrasse. « Bien sûr que j’ai travaillé le mois dernier, vous me prenez pour un clodo ? » pourrait être ma réponse si j’étais questionné par les interrogateurs du recensement.

Mais la définition de la personne active devient encore plus cucul la praline au fur et à mesure que vous vous plongez dans les explications du Labor Department. Par exemple, si vous avez travaillé au moins 15 heures, sans être payé, dans une entreprise appartenant à un membre de votre famille, vous êtes considéré comme un actif. Donc si votre oncle Lou vous a demandé de balayer son magasin sans pouvoir vous rémunérer vous pouvez affirmer que vous travaillez. (…)

Comment sont calculés les chiffres du chômage américain

Le taux de chômage des États-Unis est calculé sur base d’enquêtes mensuelles d’environ 60.000 ménages par le bureau du recensement pour le compte du Labor Department. Sur base de ces questionnaires, des projections nationales sont établies.

Le taux de chômage U-6, qui inclut les chômeurs officiels + les travailleurs à mi-temps qui souhaitent travailler à temps plein (ainsi que d’autres profils mineurs) s’élevait à 9,7 % en avril.

Pourtant, ce taux U-6 n’inclut pas les gens qui ont abandonné l’idée de trouver un emploi. Déterminer le taux de chômage réel en prenant en compte ces gens oblige à se lancer dans le jeu des estimations ; de mon côté, je pense que ce chiffre est supérieur à 20 %.

Mais revenons au taux de chômage officiel, le taux U-3. Celui qui affiche 5 %, qui fait planer les politiciens et qui désoriente certains journaux car il ne correspond pas aux autres chiffres indiquant une économie faiblarde.

Selon moi, le Labor Department oriente les gens vers le taux U-3 : il est indiqué au tout début du communiqué de presse mensuel annonçant les chiffres du chômage. Pour prendre connaissance du taux U-6, vous devez consulter son site Internet.

Le taux de chômage officieux de 20 % que j’ai mentionné, qui inclut les travailleurs découragés, est introuvable sur le site du département du travail. Pour Washington, ces gens ne font plus partie de la population active. (…)

Tandis que le gouvernement a rapporté une croissance de l’emploi anémique en avril avec 160.000 créations de postes sur base de l’enquête (baptisée Establishment Survey) menée auprès de 60.000 entreprises, l’enquête qui entre en ligne de compte pour le calcul du taux de chômage a rapporté 316.000 pertes d’emploi.

Une enquête parle de 160.000 postes créées. Une autre de 316.000 postes détruits. À votre avis, quel chiffre fut mis en évidence dans le communiqué de presse ? Lequel a-t-il exigé un petit calcul sur base des chiffres bruts pour être obtenu ?

Donc, 151 millions d’Américains ont un boulot ? À vous de me dire… »

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drapeau américain

Article de Paul Craig Roberts, publié le 18 février 2016 sur son blog

« L’économie américaine fut enterrée lorsque les emplois des classes moyennes furent délocalisés et le système financier dérégulé.

Les délocalisations ont profité aux cadres supérieurs et aux actionnaires car la baisse des coûts du travail a augmenté les profits. Ces profits ont ruisselé jusqu’aux actionnaires sous la forme de plus-values tout en profitant aux dirigeants sous la forme de « bonus de performance ». Wall Street a quant à lui bénéficié de la hausse des marchés engendrée par l’augmentation des bénéfices.

Cependant, la délocalisation des emplois a également entraîné les délocalisations de la croissance et du pouvoir d’achat des consommateurs. Malgré les promesses de « nouvelle économie » et de meilleurs emplois, les emplois de substitution consistent de plus en plus en des postes à temps partiels, des emplois mal payés dans les services, par exemple en tant que vendeur, serveuse ou barman.

La délocalisation des emplois industriels et dans les services qualifiés vers l’Asie a stoppé la croissance de la demande aux États-Unis, décimé les classes moyennes et engendré des perspectives d’emploi insuffisantes pour les diplômés de l’enseignement supérieur qui sont alors dans l’incapacité de rembourser leurs prêts étudiants. L’échelle de la promotion sociale qu’offraient les États-Unis en tant que « société des opportunités » a été vendue pour des profits à court terme.

Le crédit pour compenser la baisse ou stagnation des revenus

En l’absence de croissance des revenus des consommateurs pour porter l’économie, la Fed sous Alan Greenspan a eu recours à la croissance du crédit des ménages pour compenser la différence. Sous le régime de Greenspan, les revenus en stagnation ou en baisse des Américains furent dopés par la possibilité de consommer à crédit. Les citoyens étaient en mesure d’obtenir des crédits grâce à leur bien immobilier, qui s’était apprécié depuis, pour gagner ainsi en pouvoir d’achat.

L’expansion de la dette, largement corrélée au crédit hypothécaire, s’est subitement arrêtée lorsque la fraude perpétrée par un système financier dérégulé a provoqué l’effondrement des marchés immobilier et actions. Le renflouement des coupables a alors alourdi le fardeau de leurs victimes.

Sous Bernanke, l’économie américaine fut soutenue par les assouplissements monétaires, soit l’augmentation massive de la masse monétaire afin de sauver les banques « too big to fail ». Les liquidités fournies par la Fed se sont déversé sur les marchés actions et obligataires, enrichissant ainsi ceux qui avaient investi dans ces actifs. Les dirigeants des entreprises ont contribué à la hausse des marchés actions en utilisant les profits et en empruntant pour racheter les propres actions de leur société, donc en creusant leur dette.

Les bénéficiaires de l’inflation des prix des actifs financiers, produite par les QE et les rachats d’actions, sont bien moins nombreux que ceux qui ont profité de l’expansion du crédit à la consommation de Greenspan. Une poignée de gens relativement riches, ce n’est pas suffisant pour porter l’économie.

La politique des taux 0 de la Fed fut conçue afin de soutenir les bilans des grosses banques tout en privant les Américains du paiement d’intérêts sur leur épargne. Cette politique a réduit les revenus des retraités. Ils furent donc forcés de réduire leur consommation ou de taper dans leur épargne pour compenser, privant ainsi leurs héritiers d’un filet de sécurité.

En utilisant des statistiques sous-évaluées de l’inflation et du chômage en tant qu’écrans de fumée, le gouvernement américain a maintenu les apparences d’un redressement économique. Les étrangers ayant mordu à l’hameçon ont continué de soutenir le dollar en détenant des instruments financiers américains.

L’arnaque du calcul de l’inflation

Le calcul officiel de l’inflation fut « réformé » durant l’ère Clinton afin de sous-estimer fortement l’inflation. 2 méthodes ont été utilisées pour y parvenir :

  1. La première consiste à supprimer du panier de référence du calcul de l’inflation les produits dont le prix augmente pour les remplacer par des alternatives moins chères. Par exemple, si le prix de l’entrecôte augmente, on la remplace par un steak de ronde. Auparavant, l’inflation était calculée sur base d’un niveau de vie constant. Aujourd’hui, le calcul réformé mesure la baisse de la qualité de la vie.
  2. L’autre méthode utilisée pour sous-estimer l’inflation consiste à ne pas prendre en compte la hausse des prix lorsque la qualité augmente. Il est vrai que l’augmentation de la qualité peut provoquer une hausse des prix. Cependant, lorsque l’ancienne alternative n’est plus disponible il s’agit toujours d’une hausse de prix pour le consommateur. (…)

Ces 2 « réformes » ont permis de dissimuler la véritable inflation, mettant ainsi un terme à l’indexation du montant des aides sociales au coût de la vie. La baisse des revenus réels des bénéficiaires de la sécurité sociale a également impacté négativement la demande globale. La sous-évaluation de l’inflation donne également l’illusion que l’économie américaine se redresse vu qu’elle engendre la surestimation de la croissance du PIB. (…)

Sur les chiffres du chômage, qui s’élève réellement à 23 % aux États-Unis

Le taux de chômage rapporté par les presstituées est sans valeur vu qu’il ne prend pas en compte les travailleurs découragés, qui représentent un pan important des chômeurs américains. Le taux officiel est d’environ 5 %, soit celui rapporté par le calcul U-3 qui ne prend pas en compte les chômeurs qui ont abandonné leur quête d’un emploi par découragement.

Le gouvernement américain dispose néanmoins d’un autre mode de calcul, l’U-6, qui prend en compte les travailleurs découragés depuis moins d’un an. Ce taux officiel est de 10 %. Si on prend en compte les chercheurs d’emploi découragés depuis plus d’un an, comme c’était le cas auparavant, le taux de chômage américain s’élève à 23 % (voir John Williams sur shadowstats.com).

Les stimulations fiscales et monétaires ne peuvent remettre les chômeurs au travail que si des emplois locaux existent. Mais vu qu’ils ont été délocalisés, ces politiques sont inutiles. (…) Les politiques américaines du 21e siècle ont détruit la possibilité de voir augmenter la demande réelle des consommateurs. Les économistes le nieront car ils sont complices du globalisme et des délocalisations. Ils les vendent sous l’illusion du libre-échange qui soi-disant profite à tout le monde tout en étant incapables de prouver leurs dires. (…)

Sur la « nouvelle économie »

On nous a dit que les revenus allaient provenir d’emplois mieux rémunérés, de la « nouvelle économie », mais aucun signe des effets de cette mythique nouvelle économie n’est visible dans les statistiques de l’emploi.

Il n’y a pas de nouvelle économie. La nouvelle économie est telle la promesse des néoconservateurs d’une guerre en Irak qui devait être une promenade de santé de 6 semaines remboursée par le pétrole irakien. Alors que la facture s’élève à 3 trillions de dollars d’après Joseph Stiglitz et Linda Bilmes et que cette guerre a duré tout au long du 21e siècle et devient toujours plus dangereuse. (…)

Le gouvernement américain a abandonné l’ensemble de sa population à l’exception des riches. »

Crédit photo : Sergio Vassio via Flickr