Tags Posts tagged with "USA"

USA

0

L’emploi ne se porte pas mal aux États-Unis mais la croissance patine ? Voici peut-être un élément de réponse avec cet article de CNBC.com, publié le 18 octobre 2016 :

«

Les jeunes, coulant sous le poids de leurs crédits étudiants, affirment devoir épargner plus

Dans ce climat d’incertitude, de nombreux Américains ont choisi de jouer la carte de la sécurité. De ce fait, presque 2 Américains sur 3 limitent leurs dépenses mensuelles d’après un nouveau rapport de Bankrate.com.

La majorité des personnes interrogées ont cité la nécessité d’épargner plus en tant que raison motivant cette approche plus prudente en ce qui concerne leurs dépenses, alors que 25 % des sondés avancent des revenus qui stagnent. Les motifs les plus fréquemment cités sont ensuite par ordre d’importance des craintes concernant l’économie (15 %) ainsi qu’une dette trop importante (10 %).

« Les Américains limitent enfin leurs dépenses pour une bonne raison, pour épargner, » a déclaré le Chief Financial Analyst de BankRate.com Greg McBride. « C’est la première fois depuis 4 ans que le motif principal cité n’est pas la stagnation des revenus. »

Même si les Américains envisagent d’épargner davantage que durant les années précédentes, l’absence d’un matelas de sécurité en cas d’urgence reste un problème critique pour bon nombre d’entre eux, d’après McBride.

En effet, il y a plus d’Américains qui sont à découvert via leurs cartes de crédit que d’Américains qui disposent d’une épargne en cas d’urgence, toujours d’après BankRate. McBride recommande de constituer une épargne d’au moins 6 mois de dépenses en guise de fonds d’urgence. Seulement 28 % d’Américains disposent de ce bas de laine, d’après une autre étude, tandis qu’ils sont également 28 % à ne disposer d’aucune épargne.

Si on prend l’âge en compte, on remarque que ce sont les jeunes qui sont les plus susceptibles de limiter leurs dépenses en raison de leur besoin d’épargner davantage, a déclaré BankRate. Principalement en raison du lourd fardeau de leur crédit étudiant, les plus anciens des jeunes, âgés de 26 à 35 ans, ont cité en premier « trop de dette » en tant que raison principale, bien plus que les autres tranches d’âge.

Par contre, les Américains de 62 ans ont déclaré limiter leurs dépenses mensuelles en raison de revenus qui stagnent. 1.000 adultes ont été interrogés le mois dernier dans le cadre de ce sondage. »

0
épargne aux usa

L’épargne est sans aucun doute un des éléments centraux de nos économies et marchés particulièrement dynamiques. En effet, mettre de côté une certaine somme d’argent, c’est en quelque sorte investir dans sa propre sécurité ultérieure.

Néanmoins, il s’avère que malgré cette évidence – du moins à première vue –, selon une étude réalisée par Bargainfox en mai 2016, un Américain sur trois dispose de moins de 500 dollars dans son compte d’épargne, tandis qu’en Grande-Bretagne, les statistiques ont montré qu’un Britannique sur trois en a moins de 100 livres sterling. Ce sont là des données pour le moins inquiétantes.

Et comment pourrait-il être autrement lorsqu’on sait que ces deux pays sont estimés comme parmi les plus prospères sur la planète ? Pour autant, l’on se rend compte, finalement, que leurs populations respectives ne semblent pas vraiment à l’« abri » en cas d’imprévus graves. En effet, force est de constater qu’avec 500 dollars ou 100 livres sterling, on ne peut pas faire grand-chose à part payer une ou deux factures supplémentaires. Mais en cas d’accident grave, ces sommes paraissent tout simplement dérisoires.

Qui plus est, les chiffres de cette enquête réalisée auprès de 3560 Américains et Britanniques, sont d’autant plus inquiétants quand on voit que seulement  35,72 % des Américains ont plus de 3000 dollars économisés, tandis que chez les Britanniques, seulement 24,8 % en ont plus de 3000 livres sterling. De l’autre côté de l’extrémité, 45 % des Américains interrogés ont affirmé avoir moins de 1000 dollars épargnés  – 20,29 % de ces 45 % ayant même moins de 100 dollars. Côté britannique, les choses ne sont guère si différentes, puisque 45 % ont affirmé avoir moins de 500 livres sterling économisées – 32,98 % de ceux-ci ayant moins de 100.

Se posent ainsi quelques questions particulièrement intrigantes autour de cette tendance évidente des Américains et des Britanniques à ne pas économiser – ou en tout cas à économiser moins. S’agit-il là de la preuve que ces deux populations vivent encore plus sous l’emprise des crédits bancaires qu’auparavant ? Ou faut-il en chercher les causes dans les revenus en baisse nette ?

Certains seraient peut-être même tentés de percevoir ici des logiques culturelles des classes populaires versus celles des classes moyennes. Quoi qu’il en soit, le fait est qu’aux États-Unis et en Grande-Bretagne, les populations se divisent distinctement entre ceux qui économisent et ceux qui le font pas. Voyons, à ce propos, quelques détails supplémentaires et relatifs à ces populations.

Les inégalités hommes/femmes toujours d’actualité

Un premier point qui, malheureusement, n’est pas si surprenant que cela, concerne la persistance des inégalités socioéconomiques entre hommes et femmes, y compris lorsqu’il s’agit d’économies personnelles. En effet, aux États-Unis, les femmes sont presque deux fois plus nombreuses que les hommes à avoir moins de 100 dollars économisés sur leur compte (27 % de femmes contre 15 % d’hommes). Dans le même état d’esprit, elles sont deux fois moins nombreuses à avoir plus de 10 000 dollars d’économies. Ainsi, en prenant ces deux données extrêmes, l’on peut clairement apercevoir que la sécurité financière des femmes est bien plus fragile que celle des hommes.

epargne-homme-femme

L’âge et les économies

L’enquête a démontré que les jeunes (tranche d’âge entre 18 et 34 ans) sont ceux qui économisent le moins. Ainsi, 50,99 % d’entre eux avaient moins de 1000 dollars d’économies au moment de l’enquête. La tranche d’âge de ceux entre 35 et 54 ans semble se débrouiller mieux, mais ce sont clairement les seigneurs ceux qui économisent le plus. En effet, seulement 28 % d’entre eux avaient moins de 1000 dollars économisés sur leurs comptes.

epargne-jeunes

Éducation, revenus et économies

En termes d’éducation, il n’y a pas non plus de surprise. La tendance est que plus le diplôme des interrogés est élevé, plus leurs économies sont importantes. En guise d’exemple, 50 % de ceux qui ont un diplôme de doctorat, disposent de plus de 10 000 dollars d’économies, tandis que, de l’autre côté du trottoir, 55 % des non qualifiés en ont moins de 100 dollars. La logique ici – ce que démontre également l’enquête –, c’est que les diplômes plus élevés assurent des revenus parallèlement plus élevés.

epargne-qualifications

Et le niveau des revenus est, bien naturellement, un facteur décisif en matière d’épargne. Ainsi, 85 % de ceux qui perçoivent un salaire annuel de 20 000 dollars ont moins de 1000 dollars d’économies. De l’autre côté, 68 % de ceux qui gagnent entre 100 000 et 150 000 dollars à l’année, ont plus de 3000 dollars d’économies. Il va donc sans dire que plus les revenus sont élevés, plus les bénéficiaires s’avèrent protégés financièrement contre toutes sortes d’imprévus.

epargne-revenus

Le profil type de l’Américain précaire en matière d’épargne

Cette enquête dessine clairement le profil de l’Américain précaire en matière d’économies. Il s’agit des jeunes personnes non qualifiées, avec un faible revenu annuel et vivant seules (les femmes en sont particulièrement touchées).

Ainsi, au risque de nous répéter, nous avons pu nous rendre compte que même dans un pays comme les États-Unis, qui profite de la réputation d’un des pays les plus riches sur la planète, un profil plus ou moins variable de la population reste très précaire face à l’avenir. Le conseil à donner à nos lecteurs français, c’est de commencer par économiser des petites sommes tous les mois, transférables sur un compte d’épargne. Au fur et à mesure, même avec un revenu modeste, des économies pourront voir le jour sur le jour, sans que votre standard de vie actuel en souffre.

0
Tanguy

Vivre avec papa et maman en tant que jeune adulte est-il la nouvelle mode ? Ou le chômage et le pouvoir d’achat en berne, notamment en raison des bulles immobilières qui se sont développées aux 4 coins du monde, forcent-ils les jeunes à vivre chez leurs parents dans des proportions plus vues de puis… 1940 ? Vous vous ferez votre opinion, mais le constat du PewResearchCenter est sans appel, que ce soit aux États-Unis, en Europe ou ailleurs :

tangi-europe-jeunes-vivent-parents« Les jeunes adultes qui vivent chez leurs parents n’ont jamais été aussi nombreux, depuis 1940 environ, qu’aujourd’hui d’après une nouvelle étude du Pew Research Center sur base des chiffres officiels du recensement. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la Grande Récession de 2007-2009 n’est pas l’unique facteur de cette tendance, tout comme elle n’est pas confinée aux États-Unis. Dans la majorité du monde développé, les recherches montrent que de plus en plus de jeunes vivent de plus en plus longtemps avec leurs parents. Dans certains cas, ils n’ont d’ailleurs jamais quitté le domicile familial, tandis que dans d’autres ils ont été contraints d’y retourner, qu’ils soient étudiants ou entrés dans le monde du travail.

À travers les 28 pays membres de l’Union européenne, presque la moitié des 18 à 34 ans (48,1 %) vivaient avec leurs parents en 2014, d’après Eurostat. Même si ces statistiques européennes, compilées par chaque pays, ne sont pas toujours comparables aux chiffres américains, la plupart des pays européens semblent afficher des taux plus élevés de jeunes vivant avec leurs parents. Tout comme aux États-Unis, ce sont les jeunes hommes qui sont les plus susceptibles de vivre au domicile familial : ils sont 54,4 %, contre 41,7 % pour les jeunes femmes, d’après Eurostat. (…)

Sans surprise, les pays nordiques affichent les taux les plus bas tandis que les pays du Sud et de l’Est affichent les taux les plus élevés. C’est la Macédoine qui détient le record avec 72,5 % des 18 à 34 ans qui vivent chez leurs parents.

Depuis la crise de 2009-2013, cette cohabitation a augmenté dans de nombreux pays européens, mais pas tous. Dans les pays du Sud, ces changements furent négligeables tout simplement parce que la grande majorité des jeunes vivait déjà chez leurs parents. Pour les jeunes des autres pays, « les difficultés économiques sont devenues un frein à leur envol du nid familial, même lorsqu’ils décrochent un emploi ». (…)

Ces tendances lourdes se retrouvent ailleurs. D’après le dernier recensement canadien, datant de 2011, 42,3 % des adultes âgés de 20 à 29 ans vivaient chez leurs parents, alors que ce pourcentage s’élevait à 26,9 % en 1981 et à 32,1 % en 1991. En Australie, environ 29 % des 18 à 34 ans vivent encore chez leurs parents, alors que ce pourcentage était de 21 % 1976. Au Japon, les 20 à 34 ans qui vivent chez leurs parents sont passés de 29,5 % en 1980 à 48,9 % en 2012.

jeunes-vivent-parents-usa

1

La tendance était déjà amorcée, notamment dans le secteur des matières premières, elle ne fait que s’accélérer en s’étendant aux autres pans de l’économie : les défauts de paiement des entreprises commerciales et industrielles ont désormais atteint la « pré-Lehman », suggérant ainsi qu’une nouvelle récession a déjà démarré ou est sur le point de montrer le bout de son nez.

Le graphique ci-dessus, emprunté à l’article de Michael Snyder consacré au sujet, est sans équivoque. Loin de signaler l’existence d’une récession, les défauts de paiement des entreprises annoncent historiquement leur imminence.

Cette contagion des défauts de paiement du secteur énergétique à l’ensemble de l’économie est confirmée par cet article de Bloomberg, basé sur une étude de Deutsche Bank AG (qui, cela dit en passant et de façon bien ironique, vient de voir sa note être abaissée par Moody’s pour la seconde fois cette année, passant désormais à BAA2, 2 crans au-dessus du statut d’obligations pourries pour sa dette de premier rang, source FT) :

« Les investisseurs dans les obligations semblent avoir placé leur foi dans l’exceptionnalisme des matières premières, beaucoup tablant que la hausse récente des défauts d’entreprises aux États-Unis contredira les tendances historiques et resteront confinés à ce secteur.

Des recherches récentes de Deutsche Bank vont les décevoir : elles affirment que les signes de contagion aux obligations à haut risque sont déjà visibles dans les autres pans de l’économie. (…)

« Les cycles de défauts du passé n’ont jamais été confinés à un seul secteur, ou un groupe restreint de secteurs, » affirment Oleg Melentyev et Daniel Sori, stratégistes de DB qui ont mené les recherches. « Oui, les cycles sont toujours menés par certains secteurs, mais ils finissent toujours par affecter les autres pans de l’économie. »

Les stratégistes ont notamment mis en exergue les pressions récentes sur le commerce de détail, notamment avec les difficultés de Quicksilver, d’Aeropostale et d’American Apparel en tant que preuves que des défauts ont déjà lieu en dehors de l’univers des matières premières. »

defauts-par-secteur-usa-avril-2016

Cela dit, tout va bien. Et comme le dit Obama, « toute personne qui affirme que l’économie américaine est en déclin colporte des ragots ».

0
egon von greyerz dans le keiser report

Interview d’Egon von Greyerz, publiée le 20 décembre 2015 par KWN :

« Comme attendu, la Fed a provoqué un fameux désordre avec sa politique monétaire. Afin de sauver la face, elle n’a pas eu d’autre choix que de relever son taux directeur. Si elle ne l’avait pas fait, elle aurait perdu toute crédibilité auprès des marchés et cela aurait entraîné un vent de panique mondial.

Même si cette décision n’était pas appropriée, la Fed n’a pas eu d’autre choix que de la prendre mais comme je l’avais suspecté, on a assisté à un mouvement de type « acheter sur la rumeur, vendre une fois la nouvelle annoncée » alors que le Dow a perdu 620 points durant les deux dernières séances. Rappelez-vous que 99 % des participants aux marchés s’attendaient à cette hausse.

La Fed est bien entendue en retard de deux guerres. Elle aurait dû s’attaquer à la croissance du crédit et aux bulles il y a bien longtemps mais comme d’habitude, elle a réagi trop tard en gardant les taux à zéro pendant 7 ans, alimentant ainsi d’énormes bulles sur les marchés actions, dans l’immobilier et sur les marchés obligataires.

La situation économique se détériore rapidement

La Fed vient de relever son taux directeur alors que les banques centrales du monde entier augmentent leurs injections monétaires ou prennent d’autres mesures sans précédent, comme la BCE qui a plongé ses taux en territoire toujours plus négatif. Ce relèvement n’a donc aucun sens et ne fait que confirmer que la Fed ne suit aucune ligne de conduite. De plus, la Fed semble ne pas voir que la situation économique se détériore rapidement aussi bien aux États-Unis qu’à travers le monde.

Le taux de chômage américain à 5 % est complètement déconnecté de la réalité. 94 millions de personnes en mesure de travailler ne font pas partie de la population active : une bonne partie de ces gens ont simplement perdu tout espoir de trouver un travail. Nous savons que le taux de chômage réel est supérieur à 20 % et que l’emploi augmente uniquement grâce aux temps partiels et aux embauches chez les plus de 55 ans et dans le secteur des services. L’emploi chez les moins de 55 ans et dans la production ne cesse de baisser.

Les ventes de détail souffrent, les chiffres d’affaires et bénéfices des entreprises déclinent. Le danger le plus concret qui plane sur les États-Unis se trouve cependant du côté des bulles qui commencent à éclater. Quelques fonds de placement spécialisés dans les obligations ont déjà interdit tout retrait de leurs clients ; on pourrait assister à une véritable ruée pour quitter le navire.

La semaine dernière, les retraits des fonds d’investissement ont grimpé à plus de 13 milliards de dollars aux États-Unis. De ce total : 5,3 milliards provenaient des obligations pourries, le plus gros retrait depuis douze mois, tandis que les retraits sur les obligations à cote de solvabilité élevée se sont élevés à 3,3 milliards de dollars soit les plus importants depuis deux ans.

L’allumage de la mèche de la prochaine crise a eu lieu

Les fonds d’investissement basés sur les marchés émergeant et les crédits bancaires ont également connu de gros retraits. Ce n’est que le début. Les obligations pourries fournissent un rendement de 17 % maintenant, nous nous dirigeons tout droit vers la prochaine crise des subprimes. Les crédits dans le secteur de l’énergie, les crédits auto et étudiants s’effondreront tous, générant ainsi la panique sur les marchés de la dette.

Yellen en est consciente. Elle a déclaré durant la session de questions-réponses suivant la réunion de la Fed que des taux plus élevés ont l’avantage de lui fournir une plus grande marge de manœuvre si une baisse s’avérait nécessaire. Elle a également mentionné que la Fed étudie l’expérience européenne des taux négatifs. Il s’agit d’une indication claire que la Fed est consciente que cela pourrait bientôt arriver aux États-Unis.

Je serais surpris si on passait le T1 2016 sans de gros problèmes sur les marchés du crédit. Ils prépareront le terrain de la prochaine crise bancaire qui sera bien plus grave que celle de 2007-2009.

Crash boursier, destruction de la richesse et hyperinflation

Simultanément, nous assisterons à la fin du marché haussier séculier des actions. La configuration à long terme de type « mégaphone » du marché boursier américain mènera sur un crash des actions et à une destruction massive de la richesse dans les années à venir. La Fed devra baisser ses taux, probablement les faire entrer en territoire négatif. Simultanément, elle devrait enclencher le début du QE le plus important de l’histoire. Ce qui devrait accélérer la liquidation de la dette et pousser les taux à long terme à plus de 10 %. Suite à l’effondrement du dollar, les États-Unis connaîtront l’hyperinflation dans les années à venir.

La situation est aussi catastrophique à travers le monde avec les prix des matières premières qui s’effondrent et le commerce mondial qui se détériore rapidement. Le Baltic Dry vient d’atteindre un nouveau plus bas, les marchés émergents connaissent quant à eux des tas de soucis.

Il est impossible de prédire le timing exact de ces événements. Ils pourraient prendre du temps à se déclarer ou arriver subitement. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le risque n’a jamais été aussi élevé dans l’histoire. C’est pourquoi les investisseurs ne doivent pas s’enfoncer dans la complaisance en croyant que les banques centrales et la création monétaire résoudront tous les problèmes. (…) »

1
récession usa à venir ?

Article de Charles Hugh Smith, publié le 2 décembre 2015 sur Daily Reckoning :

« (…) L’économie réelle américaine, en opposition avec les marchés actions, est au point mort et sur le point de tomber en récession. Comme l’analogie d’un avion qui ne dispose plus de la vitesse nécessaire pour se maintenir dans les airs, l’économie est en perte de vitesse sur de nombreux fronts.

Le graphique de B. C. est unique du fait qu’il inclut les stimulations préférées du monde de la finance, les énormes déficits fédéraux américains. Des trillions de dollars empruntés sur le dos de nos enfants et de nos petits-enfants pour financer des fiefs administratifs démesurés, leurs cartels privilégiés ainsi que toute une série de programmes de type « du pain et des jeux » pour apaiser la populace rétive.

Ce graphique comporte trois courbes. Abordons-les une à une :

  1. La ligne rouge représente les ventes finales réelles par habitant soit toutes les ventes de l’économie ajustées à l’inflation et divisées par la population. Ce calcul permet de gommer les distorsions intrinsèques du calcul du PIB qui est largement conçu pour donner l’illusion de la croissance. Veuillez noter que les ventes réelles ont atteint des plus hauts moins élevés et des plus bas toujours plus bas durant ces trois dernières décennies. Aujourd’hui, cette courbe s’est inversée ce qui signifie que l’économie ralentit.
  2. La ligne noire représente les ventes réelles moins le fardeau des soins de santé et le déficit fiscal « emprunté aux générations futures » qui permet des dépenses ne correspondant pas à une croissance économique organique. Ensemble, ces lignes rouge et noire furent historiquement très fiables pour prédire les récessions de ces quatre dernières décennies. Aujourd’hui, elles viennent à nouveau de passer sous la limite qui signale l’arrivée d’une récession. (…)
  3. La ligne bleue représente les déficits fédéraux en tant que pourcentage des ventes réelles. Cet indicateur permet de jauger le poids des dépenses fédérales à crédit sur l’économie réelle. C’est une lapalissade de dire qu’une économie ayant besoin de déficits massifs pour ne pas imploser ne peut être saine. (…)

Au pic de sept années de « reprise économique », on constate que cette ligne noire a atteint les niveaux constatés durant le pire des épisodes de récession de ces quatre dernières décennies. Autrement dit, les dépenses du gouvernement américain atteignent en ce moment des niveaux considérés autrefois comme exceptionnels pour sortir de la récession. (…) »

En bonus, le calcul du PIB en temps réel de la Fed d’Atlanta, GDPnow, en chute libre :

gdpnow-prevision-q4-2015-decembre

0

Résumé de l’étude de Peter Schiff par Addison Quale, publiée sur SafeHaven.com :

« ‘Pour réussir aux États-Unis vous avez besoin d’un diplôme d’études supérieures’. Cette idée est aujourd’hui tellement répandue que le droit à une formation supérieure est aujourd’hui l’un des points clés du programme de la plupart des plates-formes politiques. Quid des jeunes qui ne peuvent pas se permettre de telles études ? La réponse ‘logique’ des politiciens des 2 bords est que le gouvernement doit les subsidier. Mais très peu sont assez courageux pour poser la question suivante, à savoir ‘combien tout cela coûte-t-il ?’.

La réponse est simple : aujourd’hui, ce coût s’élève à 1,2 trillion. Il s’agit du montant accordé en prêts étudiants aux États-Unis. Ils sont désormais la seconde catégorie la plus importante du crédit privé derrière le crédit hypothécaire. Le prêt étudiant a littéralement explosé depuis la dernière crise financière de 2008 pour dépasser aujourd’hui les encours du crédit auto et des cartes de crédit.

Le Rêve Américain était simple : il représentait la capacité de chaque individu de tracer sa propre destinée et sa prospérité sans interférences de la part du roi, du gouvernement ou d’autres intérêts puissants ; le droit à la vie, à la liberté et à la propriété. Au fil des générations, ce rêve a été coopté par les politiciens et les banquiers pour que ceux-ci accaparent les votes et les richesses. Au 20e siècle, posséder son logement devint partie intégrante du rêve. Une idée qui déboucha sur l’opinion catastrophique que même les emprunteurs qui ne remplissent pas les conditions ont le droit d’acheter une maison. Nous en avons déjà subi les conséquences avec la crise des crédits subprime qui déboucha sur la grande récession.

Aujourd’hui, 10 ans plus tard, les politiciens affirment désormais qu’un diplôme d’enseignement supérieur fait partie intégrante du rêve américain et qu’il s’agit donc d’un droit qui doit être accessible à tou(te)s, peu importe vos moyens financiers ou intellectuels. Encouragée par des taux d’intérêt toujours plus bas et la promesse implicite que Mr Contribuable viendra encore une fois la rescousse en cas de défaut, la bulle du crédit étudiant n’a cessé de gonfler.

Depuis 2003, cette dette a plus que quadruplé, passant de 250 milliards à plus d’un trillion. Depuis le premier mandat du président Obama, elle a augmenté de plus de 500 milliards (une hausse de 75 %) alors qu’elle n’était encore qu’à 660 milliards avant son élection. De plus, fin 2008, le taux de défaut était de 7,9 % alors qu’il est aujourd’hui à 11,3 %, une énorme hausse d’un chiffre qui reste probablement sous-évalué.

Mais le facteur le plus alarmant de cette tendance est qu’aucune garantie n’est requise pour l’octroi d’un crédit étudiant. Les banques peuvent saisir et procéder à la vente publique d’une maison lorsque le propriétaire n’est plus en mesure de rembourser son crédit. Cependant, que peut faire une banque dans le cas d’un crédit étudiant ? Saisir le diplôme ? Le savoir ?  En bref, chaque dollar en défaut d’un crédit étudiant sera un nouveau coup de poignard dans l’économie.

Mais ne pensez pas un seul instant que les étudiants en réchapperont indemne. Les crédits étudiants ne sont pas effacés via la faillite personnelle (note : aux États-Unis, les individus ont le droit, comme une entreprise, de se déclarer en faillite et d’obtenir ainsi l’effacement total ou partiel de leurs dettes). Le gouvernement fédéral a le droit de saisir jusqu’à 15 % des revenus bruts des personnes qui ont fait défaut durant 25 ans.

Certains pourraient dire : et alors ? L’Amérique a déjà fait face à des niveaux massifs de dette, quelle est la différence aujourd’hui ? Le problème c’est que la bulle du crédit étudiant ne fait que s’ajouter au fardeau énorme de la dette nationale, qui à 102 % du PIB américain est clairement irremboursable et qui nous mènera inexorablement vers un effondrement financier.

De plus, le chiffre de 1,2 trillion n’est que le total actuel des crédits étudiants. On s’attend à ce que montant triple dans les 10 années à venir. (…) »

Note : de nombreux articles et reportages ont montré que les prêts étudiants sont utilisés par de nombreux ménages pour nouer les 2 bouts depuis la crise de 2008. Pour en bénéficier, il suffit de s’inscrire à une formation ou un cursus. Il n’y a aucune vérification quant à l’utilisation des montants prêtés.

0

Les estimations de la croissance du PIB américain au premier trimestre sont tombées : +0,2 %, soit le chiffre exact de GDPnow de la Fed d’Atlanta, bien en dessous du consensus des « économistes officiels ».

Qu’à cela ne tienne, la Fed compte bien relever ses taux d’ici quelques mois d’après son porte-parole officieux Hilsenrath. La faible croissance du premier trimestre est évidemment due à la météo pour Yellen et Cie, vous allez voir ce que vous allez voir dans les mois à venir ! On a hâte…

D’autant que ce chiffre pâlot a été obtenu principalement grâce à la constitution de stocks. Durant le premier trimestre 2015, les stocks des sociétés (hors agriculture) ont augmenté de 121,9 milliards de dollars soit la plus grosse hausse d’inventaire de l’histoire. A titre de comparaison, cette croissance de 0,2 % représente 6,3 milliards de dollars. Si on soustrait ces 121,9 milliards du PIB enregistré durant les 3 premiers mois de l’année, on obtient ainsi une belle récession de -2,6 %.

Pour terminer, nous allons traduire la conclusion de ZeroHedge qui a relevé cette anomalie qui va évidemment se payer dans la croissance des mois à venir :

« Ce qui signifie que lorsque cet excédent massif de stock sera éventuellement liquidé, le PIB américain sera encore plus sous pression durant les trimestres suivants. Le cas échéant, l’extase déflationniste que nous vivrons lorsque toutes les entreprises seront forcées de se débarrasser en même temps de leurs inventaires résultera en une supernova monétaire qui ne laissera d’autre choix à la Fed que de littéralement parachuter des tonnes de billets sur le pays. »

Article de Michael Snyder, publié le 18 mars 2015 :

Si vous pensez que les ignorants sont bénis, il est peut-être préférable que vous ne lisiez pas cet article. Non seulement je vais balayer la croyance de la soi-disant reprise économique mais prouver en fait que la situation actuelle est bien pire que celle qui a précédé la crise de 2008.

En 2007, l’optimisme était de mise dans la population. Les maisons rénovées se vendaient comme des petits pains avec un gros profit à la clé, la bourse se portait comme un charme et le chômage était relativement bas. Ce fut alors la crise de 2008. Pendant un moment, on a cru que la fin du monde nous attendait. Bien sûr, il tient toujours debout mais il ne s’agissait que d’une première vague de soucis. La prochaine sera celle qui balayera véritablement tout sur son passage.

Malheureusement, en raison des années de stabilité relative que nous avons vécues depuis, beaucoup d’Américains pensent que Barak Obama, Janet Yellen et le reste de l’équipe à Washington ont réglé les problèmes engendrés par la crise. Alors que les chiffres disent tout le contraire, des millions de gens pensent que la situation est plus ou moins normalisée. Apparemment, nous sommes incapables de tirer les leçons du passé. Lorsque nous allons vivre le prochain revers économique, les dommages seront encore plus importants vu que la dernière crise nous a davantage fragilisés.

Dans la liste des graphiques que je vais vous présenter, je voudrais que vous vous concentriez sur la dernière zone grisée de chaque graphique, qui représente la dernière récession. Comme vous pourrez le constater, la situation économique actuelle est bien pire qu’en 2008. Ce qui signifie que nous sommes moins bien équipés aujourd’hui pour faire face à une nouvelle crise.

  1. La dette américaine

Juste avant la crise de 2008, la dette américaine s’élevait à un peu plus de 9 trillions de dollars. Depuis, elle a presque doublé. Est-ce positif ou négatif ? La réponse est évidente. Et tandis que Barak Obama nous assure que les déficits sont sous contrôle, la dette a augmenté de plus d’un trillion de dollars en 2014 (…)

dette-usa

  1. La dette globale aux États-Unis

Durant les 40 dernières années, la dette globale (Etat, ménages, entreprises, collectivités locales, etc.) aux États-Unis a explosé pour atteindre des niveaux astronomiques. Notre société vit par le crédit ce qui a des conséquences dévastatrices. En 1975, la dette totale atteignait environ 2,5 trillions de dollars. En 2007, elle s’élevait à environ 50 trillions pour s’approcher aujourd’hui rapidement de la barre des 60 trillions.

dette-globale-usa

  1. La vélocité de la monnaie

Lorsqu’une économie est saine, l’argent a tendance à changer de main et à circuler assez rapidement dans le système. Il est donc logique que la vélocité de la monnaie ait fortement baissé durant la dernière récession. Mais pourquoi continue-t-elle de ralentir ?

velocite-monnaie-usa

  1. Le taux de propriétaires

Saviez-vous que le nombre d’Américains qui possèdent leur logement est tombé à un plus bas de 20 ans ? Traditionnellement, la propriété immobilière est le signe d’appartenance à la classe moyenne. La dernière récession a particulièrement touché cette classe sociale, il n’est donc pas étonnant que le taux de propriétaires ait baissé durant cette période mais pourquoi la tendance se poursuit-elle ?

taux-proprietaires-etats-unis

  1. Le chômage

Barack Obama se plaît à nous répéter que le chômage baisse. Mais comme je vais l’expliquer plus loin dans cet article, cette baisse est avant tout due à des artifices comptables. Ci-dessous, vous pouvez voir le ratio de la population qui occupe un emploi par rapport à la population active. Juste avant la dernière récession, un peu plus de 63 % de la population active travaillait. Durant la récession ce chiffre est tombé à 59 %, pour y rester pendant plusieurs années. Récemment, ce chiffre vient de dépasser la barre des 59 % mais nous sommes encore très loin des niveaux d’avant la crise alors que la prochaine arrive à grands pas.

chomage-population-active

  1. Le taux de participation à la population active

Comment Obama peut-il dire que le chômage a fortement baissé ? Tout simplement parce que chaque mois, le gouvernement élimine de la population active des milliers et des milliers de chômeurs de longue durée car Washington estime que cette inactivité signifie qu’ils ne cherchent pas un emploi. De ce fait, le taux de participation à la population active ne cesse de baisser depuis la fin de la dernière récession.

taux-participation-population-active

  1. Le taux d’inactivité chez les jeunes hommes

Si les choses s’améliorent, pourquoi de nombreux jeunes se tournent-ils les pouces ? Juste avant la dernière récession, ce taux d’inactivité était de 9 %, et à l’heure qu’il est, de 12 %.

chomage-jeunes-hommes-usa

  1. Le revenu médian des ménages

Non seulement il y a moins d’Américains qui travaillent aujourd’hui par rapport à la dernière récession mais la qualité des emplois se dégrade également. Il s’agit de l’un des facteurs qui expliquent le déclin marqué du revenu médian des ménages. J’ai souvent évoqué ces chiffres mais il est important de les rappeler. Dans les États-Unis d’aujourd’hui, la plupart des Américains ne gagnent pas assez d’argent pour faire partie de la classe moyenne avec un salaire.

revenu-median-usa

Les chiffres suivants proviennent de l’administration de la sécurité sociale :

  • 39 % des travailleurs américains gagnent moins de 20.000 $ par an
  • 52 % des travailleurs américains gagnent moins de 30.000 $ par an
  • 63 % des travailleurs américains gagnent moins de 40.000 $ par an
  • 72 % des travailleurs américains gagnent moins de 50.000 $ par an

Nous connaissons tous des gens qui travaillent à mi-temps car ils ne trouvent rien d’autre. Alors que la qualité des emplois diminue, les chiffres ci-dessus ne pourront que se détériorer.

  1. L’inflation

Alors que nos revenus stagnent, le coût de la vie continue d’augmenter. Par exemple, depuis 2000, le coût de la nourriture et des boissons a augmenté de presque 50 %.

inflation-alimentation-boissons-usa

  1. La dépendance au gouvernement

Alors que la classe moyenne américaine se réduit comme peau de chagrin et que de nombreux Américains ne peuvent plus faire face seuls au coût de la vie, la dépendance au gouvernement atteint des niveaux sans précédent. Par exemple, le gouvernement fédéral dépense pour les food stamps un budget supérieur de 2 fois à celui de 2007. Dans de telles circonstances, comment peut-on oser parler de redressement économique ?

food-stamps-budget-etats-unis

Qu’en pensez-vous, la situation s’améliore ou se détériore ? Pour moi, il est évident que la situation est bien pire que celle de 2007. (…) »

2
Alan Greenspan

Article de Bloomberg, publié le 30 décembre :

« Alors que vous pensiez que l’économie américaine fait son grand retour vers la croissance, l’ancien président de la Fed Alan Greenspan est là pour refroidir vos ardeurs.

« Les États-Unis vont mieux que le reste du monde, mais cela ne signifie pas que tout aille si bien, » a déclaré l’octogénaire sur la chaîne Bloomberg. « Notre économie fonctionne toujours au ralenti. »

Greenspan affirme que l’économie américaine ne se rétablira pas totalement avant de voir le retour des investissements des sociétés américaines dans des outils productifs, ainsi qu’après avoir assisté au rebond du marché immobilier. (…)

Greenspan, qui a quitté son poste de président de la Fed en janvier 2006, prévoit une croissance inférieure à 3 % pour le 4e trimestre 2014. Ces prévisions concordent avec celles du panel d’économistes interrogés par Bloomberg, qui prévoit une croissance moyenne de 2,5 %. »