Tags Posts tagged with "Valeur refuge"

Valeur refuge

0

Article de Richard Turnhill, stratégiste « investissements » en chef du hedge fund américain,  publié le 27 septembre 2016 sur le blog de BlackRock :

« Le moment est venu de repenser le rôle des obligations américaines dans les portefeuilles, et particulièrement de se méfier des obligations gouvernementales à long terme, explique Richard Turnill en se basant sur le graphe ci-dessus.

Les rendements en baisse signifient que le filet de sécurité est bien maigre pour les porteurs d’obligations américaines. Une simple augmentation de 0,2 % du taux des Treasuries serait suffisante pour effacer leur rendement annuel. D’autres actifs à rendement fixe comme les obligations d’entreprises de qualité et la dette libellée en dollars des marchés émergents offrent des garanties plus solides, ainsi qu’une volatilité du rendement similaire à celle de l’année dernière. Voir les barres vertes et bleues du graphe ci-dessus.

Une assurance à long terme à un coût supérieur

Ce filet de sécurité disparaîtra lorsque les taux à long terme commenceront à grimper. Nous anticipons une courbe des rendements plus raide vu le contexte de pivot graduel vers des politiques d’expansion fiscale au niveau mondial, même si les banques centrales disposent encore de capacités pour limiter toute hausse non désirable des taux. Les banques centrales majeures font montre d’une tolérance quant à l’échauffement de l’inflation ; la Fed a adopté une stratégie prudente pour le relèvement de son taux directeur. Les banques centrales semblent approcher des limites de l’efficacité de leurs politiques monétaires accommodantes extraordinaires. C’est évident à travers les décisions de la banque centrale du Japon de la semaine dernière, qui ont étiré la courbe des rendements locale.

Les Treasuries sont de moins en moins attractifs pour les investisseurs non américains vu que le coût de l’assurance contre les fluctuations du marché des changes efface le rendement supérieur que les Treasuries offrent. De plus, les obligations ont tendance à afficher une corrélation plus étroite avec les marchés actions lorsque les investisseurs craignent un serrage de vis monétaire de la Fed, réduisant leur attractivité en tant qu’actif de diversification d’un portefeuille. C’est un risque alors que la réunion de décembre de la Fed approche.

Les obligations américaines à long terme ont encore un rôle à jouer, et devraient protéger les portefeuilles en cas de ruée vers les valeurs refuges. Aujourd’hui, le coût des avantages de la diversification est néanmoins élevé pour les investisseurs. Nous préférons les obligations d’entreprises à court terme et les obligations municipales, dont les rendements ont grimpé temporairement dans l’anticipation des réformes des marchés du crédit américain d’octobre. Globalement, nous préférons les marchés du crédit tout en voyant un rôle pour d’autres éléments de diversification d’un portefeuille, comme l’or. »

1
or physique

L’été est chaud sur les marchés, mais les traders n’ont pas vraiment la tête à sortir les serviettes et les maillots de bain alors que les liquidations s’accélèrent et que les valeurs refuges telles que l’or, l’argent et le yen en profitent.

Comme le note cet article de Zero Hedge, que nous synthétisons dans les paragraphes suivants, les obligations à 10 ans du Danemark viennent de rejoindre le club fermé devenu désormais open bar des actifs à rendement négatif alors que le complexe obligataire voit dans l’ensemble ses taux baisser. La livre, en chute libre, n’a plus été aussi faible depuis 1985.

Les ennuis des banques européennes ont repris de plus belle. Alors que la cotation de Monte Paschi a été interrompue suite à une baisse de 10 %, aussi bien Deutsche Bank que Crédit Suisse, 2 banques pointées par le FMI pour présenter le plus gros risque systémique du monde, ont atteint de nouveaux plus bas, cette fois sur fond de craintes que les 2 établissements de crédit pourraient devoir quitter l’indice Stoxx 50 d’après une analyse de LBBW.

Sans encore parler de panique, les investisseurs privilégient avant tout la sécurité alors que les craintes concernant les conséquences du Brexit se matérialisent. La recherche de valeur refuge a précipité les rendements obligataires à des plus bas après que le président de la Fed de New York Dudley ait déclaré que l’impact du Brexit pourrait croit en cas de contagion aux marchés étrangers.

« Tout le monde essaie de réagir face à une situation inédite, » a déclaré Stewart Richardson, CIO la société de gestion de patrimoine londonienne RMG Wealth Management. « Le système a connu des chocs auparavant, mais nous n’avons jamais connu quelque chose de similaire. Nous n’aurons pas les réponses avant un certain temps (concernant les conséquences). »

Après avoir grimpé la semaine dernière en anticipant que les banques centrales feront ce qu’il faut pour limiter la chute engendrée par le Brexit, les marchés actions mondiaux reculent à nouveau vu que les conséquences du Brexit deviennent évidentes et que la crédibilité et l’efficacité des banques centrales sont à nouveau remises en question.

Les métaux précieux ont progressé alors que les investisseurs se précipitent sur les valeurs refuges. L’or a grimpé jusqu’à 1,1 % pour atteindre 1371,39 dollars l’once à Londres, soit son plus haut niveau enregistré depuis mars 2014. L’argent, quant à lui, a bondi jusqu’à 2,9 %. La plupart des métaux industriels ont quant à eux reculé, le cuivre baissant de 1,5 % et le cuivre de 1,6 %.

0
or physique

Article de MarketWatch.com, publié le 23 février 2016 :

« Le cours de l’or a grimpé de 1 % mardi, effaçant ainsi plus de la moitié de ses pertes enregistrées lundi alors que les baisses des marchés actions mondiaux et du pétrole ont poussé les investisseurs à privilégier les valeurs refuge.

Les futures or pour livraison en avril ont grimpé de 12,5 dollars, soit de 1 %, pour clôturer à 1222,6 dollars l’once, enregistrant ainsi leur 4e séance positive en 5 jours. L’argent pour livraison en mars a vu son prix augmenter de 5,6 centimes, soit 0,4 %, à 15,24 dollars l’once.

Le cours de l’or avait baissé de 1,7 % ce lundi alors que l’optimisme général des marchés financiers s’était traduit par une embellie pour les actifs risqués comme les actions et le pétrole, et par une baisse de l’or.

Cependant, cette tendance s’est inversée ce mardi alors que les marchés américains baissaient. En Asie, Shanghai clôturait également dans le rouge ainsi que le principal indice européen.

« Durant les 7 derniers jours, l’or est entré dans une phase de digestion alors que le grand retour de la prise de risque parmi toutes les catégories d’actifs a réduit la demande pour les valeurs refuge, » a déclaré Tyler Richey, coéditeurs du 7:00’s Report.

Mais la baisse des cours du pétrole de ce mardi, enregistrée grâce aux commentaires du ministre du Pétrole saoudien Ali al-Naimi concernant son accueil favorable de nouvelles sources d’approvisionnement de pétrole malgré un contexte de surproduction mondiale, « a consacré le retour de la demande de l’or, » a déclaré Richey.

« À court terme, la volatilité continuera d’être le grand animateur du marché de l’or. Si l’appétit pour le risque continue de baisser au cours de la semaine, la tendance haussière bien visible de l’or est destinée à se poursuivre avec des supports clés situés à hauteur de 1190 et 1200 $ l’once, » a-t-il ajouté.

Simultanément, la banque de Chine a de nouveau dévalué le yuan par l’écart le plus important de ces 6 dernières semaines. Cette décision est perçue en tant que le dernier signe du ralentissement de l’économie chinoise qui ne fait que renforcer les craintes concernant la baisse des importations de la seconde économie du monde. Outre ce titre, la Chine est également l’un des importateurs les plus importants de matières premières de la planète. (…) »

2
lingot et pièces d'or

Article de Frank Holmes, publié le 13 janvier 2016 sur MineWeb.com :

Qui a dit que l’or avait perdu de sa superbe en tant  que valeur refuge ?

« Après les cinq clôtures en hausse d’affilée de la semaine dernière, le métal jaune a franchi la barre des 1100 $ l’once son plus haut niveau depuis neuf mois, sur fond d’affaiblissement du dollar. Cette hausse prouve que l’or conserve son statut de valeur refuge auprès des investisseurs qui furent poussés vers le métal jaune en raison des turbulences de la bourse en Chine, de l’annonce de l’essai d’une bombe à hydrogène par la Corée du Nord et des tensions grandissantes entre l’Arabie Saoudite et l’Iran.

Aux États-Unis l’or a clôturé l’année 2015 en baisse de 10,42 %, enregistrant une 3e baisse annuelle consécutive. Jusqu’à la nouvelle année, l’humeur était maussade et de nombreux partisans de l’or avaient du mal à conserver leur optimisme.

Après la hausse de la semaine dernière, des ETF importants ont connu des afflux massifs confirmant le renversement de tendance des investisseurs envers le métal précieux.

Il est important de se remémorer qu’environ 90 % de la demande physique émane du reste du monde, principalement des marchés émergents comme la Chine et l’Inde. Dans de nombreuses économies qui ne reposent pas sur le dollar, les acheteurs font face à des prix stables, ou en hausse. Le cours de l’or progresse en Russie, au Pérou, en Afrique du Sud, au Canada, au Mexique, au Brésil et dans bien d’autres pays encore.

Voyez la différence de rendement de l’or en fonction de la devise de référence (Brésil, Turquie, Canada, Russie et Indonésie).

or-valeur-refuge-bresil-turquie-canada

Or : demande record en Chine

La demande pour l’or fut très soutenue l’année dernière en Chine. 2596,4 tonnes d’or : un chiffre record représentant 80 % de la production mondiale annuelle, ont quitté les coffres de la bourse d’échange de Shanghai (SGE). En ce qui concerne la banque centrale chinoise, elle a rapporté des acquisitions de 19 t supplémentaires en décembre pour porter ses réserves totales à plus de 1762 tonnes. (…)

Oubliez les taux ; les taux réels sont le véritable moteur de l’or

Malgré toutes les discussions tournant autour des taux d’intérêt et de l’or, les taux ne sont pas le moteur dominant du cours de l’or. Bien sûr, des taux nominaux en hausse ont tendance à être moins attractifs pour le métal jaune mais le véritable moteur est de loin les taux d’intérêt réels. Historiquement, l’or se comporte bien lorsque les taux réels sont en territoire négatif.

Pour rappel les taux réels, un facteur important dans les décisions d’investissement dictées par la peur, sont obtenus en soustrayant l’inflation du taux des obligations américaines à 10 ans. Au 6 janvier 2015, ces obligations offraient un rendement de 2,18 %, tandis que le CPI de novembre s’élevait à 0,5 %. Les taux réels sont donc à 1,68 %, un vent contraire pour l’or. Celui-ci aura plus tendance à grimper si l’inflation fait son grand retour.

Le statut de valeur refuge de l’or est toujours d’actualité

Quoi qu’il en soit, le World Gold Council écrit dans ses perspectives 2016 que le rôle d’actif de diversification de l’or reste « particulièrement pertinent ».

Des recherches récentes montrent qu’à long terme, posséder de 2 à 10 % de son portefeuille en or peut améliorer sa performance. Cela s’explique par le fait que l’or est peu corrélé à bien d’autres classes d’actifs, ce qui en fait un actif de diversification précieux. Durant les épisodes de contraction économique, par exemple, la corrélation entre l’or et les actions diminue si on analyse les données entre 1987 et 2015.

or-correlation-autres-actifs

Pendant les trois dernières années l’or a déçu du fait que bien d’autres actifs, surtout les actions, ont enregistré des gains énormes mais alors que les marchés mondiaux connaissent des turbulences, le métal jaune s’érige plus que jamais en tant qu’assurance contre les guerres des devises. (…) »

Article de Christopher Dembik, de Saxo Group, publié le 5 novembre 2015 :

« Jusqu’il y a peu, le consensus tablait sur une économie mondiale en progression en 2016, cela n’aura pas lieu. Si la croissance mondiale parvient à atteindre 3,1 % l’année prochaine, comme anticipé par le FMI, ce sera un miracle.

Nous ne réalisons pas que la reprise économique mondiale a démarré il y a déjà 6 ans. Cette reprise est plus faible que les précédentes tout en étant plus disparate.

Depuis l’émergence de la crise financière mondiale de 2007, le potentiel de croissance a été revu à la baisse un peu partout : de 3 à 2 % aux États-Unis, de 9,4 à 7,2 % en Chine et de plus de 5 % à moins de 4 % en Pologne.

De nombreuses régions du monde, comme la zone euro, ont connu pire avec une croissance à l’arrêt. Durant les deux dernières décennies, la durée des cycles économiques a été réduite en raison de la financiarisation de l’économie, de la globalisation, de la dérégulation ainsi que de l’accélération des cycles d’innovation.

Depuis les années 90, les États-Unis ont connu trois récessions : en 1991, en 2001 et en 2009. Il est erroné de croire que la reprise vient juste de commencer. Nous arrivons à la fin du cycle économique en cours. L’émergence d’une nouvelle crise mondiale dans les années à venir est inévitable.

Les banques centrales ont creusé leur propre tombe

Le manque de dynamisme économique ainsi que de courtes périodes de déflation en relation avec la chute du cours du pétrole forceront probablement les banques centrales à poursuivre en 2016 leur stratégie désastreuse « de faire comme avant, comme si tout était normal » qui ne fera que doper les prix des actifs financiers et gonfler la dette mondiale.

La BCE pourrait pousser en territoire toujours plus négatif ses taux, augmenter ou prolonger son QE. Plusieurs options sont sur la table : augmenter de 25 % ses achats d’obligations AAA ou créer un nouveau programme d’achat d’obligations d’entreprises.

Dans le même ordre d’idées, la Chine pourrait sortir son bazooka monétaire durant le premier semestre 2016 en lançant son propre QE. En plus d’une politique monétaire accommodante, la Chine pourrait implémenter un programme keynésien de stimulation. (…)

Cette décision pourrait rassurer temporairement les marchés mondiaux. La seule banque centrale qui pourrait agir à contre-courant est la Fed : 52 % des investisseurs s’attendent à une hausse des taux en décembre.

Néanmoins, la magnitude et la vitesse de ce serrage de vis monétaire seront faibles. Il est improbable de voir les taux revenir rapidement aux niveaux d’avant la crise. Des taux trop élevés engendreraient une myriade de faillites dans des secteurs surendettés, comme celui du pétrole de schiste aux États-Unis.

La Fed et les autres banques centrales sont dans une impasse étant tombées dans le même piège que la banque du Japon. Une augmentation trop importante des taux provoquerait une nouvelle crise financière. Il est impossible de mettre un terme à cette politique monétaire accommodante.

En raison de cet environnement de taux plancher et des risques d’une nouvelle crise mondiale, trouver le bon investissement n’a jamais été aussi compliqué. Personne ne peut anticiper les conséquences de la planche à billets.

La planète pourrait passer de la déflation à l’hyperinflation sans arrêt par la case inflation comme envisagé par Nassim Taleb. Dans un contexte incertain, l’or reste indubitablement le meilleur investissement en tant qu’assurance contre la crise à venir.

Depuis la chute précipitée de janvier dernier du franc suisse par rapport à l’euro, le franc suisse n’est plus une valeur refuge sure. Cette décision a irrémédiablement endommagé la crédibilité de la BNS. Les investisseurs ont compris qu’ils ne peuvent plus croire aveuglément les promesses des banquiers centraux.

Même si le yuan n’est pas une valeur refuge c’est peut-être le bon moment d’investir dans la monnaie chinoise. Elle est bien positionnée pour grandir en popularité et elle se renforce.

D’ici la fin 2016, le yuan pourrait devenir la 3e devise la plus échangée derrière le dollar et l’euro. La nouvelle Route de la Soie est probablement la stratégie économique la plus ambitieuse des 50 dernières années. Elle va probablement être couronnée de succès et pousser les investisseurs vers le yuan. (…) »