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Vélocité de la monnaie

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Selon nous, le risque systémique qui existait avant l’élection présidentielle ne s’est pas soudainement évaporé. Le plus important de ces risques est l’énorme bulle du marché obligataire. Elle est talonnée par la valorisation des actions, toujours à des niveaux historiquement extrêmes. Comment la nouvelle administration gérera ces problèmes fastidieux, pour autant qu’elle les comprenne, est une totale inconnue. Toute promesse faite sera précaire, semée d’embûches et de revers. De bonnes raisons de souscrire une assurance, en cas de pari sur une croissance robuste, en s’exposant à l’or et aux minières.

Les raisons de cet optimisme post-électoral abondent. Nous sommes d’accord avec cette analyse de MacroHeaven :

« Le cercle vicieux des taux bas, qui obligent les ménages à épargner bien plus, ce qui entrave davantage la croissance et l’inflation, ne font que pousser les taux davantage vers le bas et donc augmenter le besoin d’épargner encore plus, sera enfin cassé. Au lieu de faire du ping-pong d’une bulle d’actifs à l’autre, en pansant de profondes plaies avec toujours plus de dette, nous allons enfin retrouver de la croissance économique véritable basée sur l’esprit entrepreneurial et l’augmentation du niveau de vie du peuple. La vélocité de la monnaie va enfin décoller du ras des pâquerettes. »

Selon nous, le mot clé de la situation ci-dessus est « enfin ». Aller du point A au point B pourrait être extrêmement difficile et long. La satisfaction des attentes des marchés ne sera probablement pas immédiate.

Les marchés ont réagi à la victoire de Trump de différentes façons, qui semblent contradictoires. Les métaux de base et le dollar pètent le feu (perspectives d’inflation) tandis que l’or et le pétrole affichent des faiblesses (ce qui est déflationniste). Un dollar très fort est déflationniste, tout comme les devises faibles des émergents. D’après John Lewis de Fiera Capital, « le dollar fort déstabilise les marchés, les actifs étrangers et les pays émergents qui remboursent leur dette en dollars (article du Wall Street Journal du 19 novembre).

Chute des obligations américaines à 10 ans

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Et d’après David Rosenberg de Gluskin Sheff, « il n’y a pas d’offre sur le marché des Treasuries, leur graphique ressemble à celui des actions bancaires de l’été et de l’automne 2008. Nous avons assisté mondialement à l’évaporation de 1,2 trillion de la valeur des obligations. » La faiblesse des obligations repose sur les attentes de l’augmentation des déficits et de l’inflation. Des taux obligataires plus élevés semblent contredire les attentes concernant la hausse des actions, d’autant plus que leur valorisation a atteint des sommets historiques, en seconde position juste derrière la bulle Internet (capitalisation boursière en pourcentage du PIB) :

capitalisation-boursiere-pourcentage-pib

La victoire surprise de Trump a engendré un repositionnement frénétique parmi les différentes classes d’actifs. Tirant des conclusions hâtives, les investisseurs semblent avoir été pris dans un jeu de chaises musicales hautement spéculatif et émotionnel. Si seulement le futur était si simple à prédire ! La sagesse macro prévalant semble plutôt basée sur la certitude perçue qu’Obama-Clinton menait tout droit à la ruine, sans vraiment jauger les réalités qui composeront le monde selon Trump. Si l’analyse de consensus était vraiment une méthode fiable, comment expliquer les énormes pertes en capitaux qui ont suivi la bulle Internet ou encore la crise de 2008 ? De notre expérience, lorsque les marchés sont certains d’une certaine issue, cela signifie qu’il faut fuir en courant.

La Trumpmania a un effet opposé sur l’or. Après avoir grimpé durant la soirée de l’élection jusqu’à 1340 $ sur fond des craintes initiales concernant une victoire de Trump, la découverte du lendemain d’un Trump « modéré à la stature d’un chef d’État », une révélation d’après-campagne, a provoqué une chute intrajournalière de 70 $. En fin de semaine, l’or a clôturé à 1227 $ pour enregistrer une baisse totale de 8,4 %.

2 années de production d’or échangées en quelques heures sur les marchés papier bidon

Plus incroyable encore, des volumes records ont été enregistrés au COMEX durant le renversement de tendance : 2 millions de contrats ont été échangés, ce qui correspond à 2 années de production mondiale des mines d’or. Selon nous, rien que ce fait met en exergue la déconnexion absurde entre les instruments papier synthétiques et le véritable actif tangible qu’ils représentent. On peut dire avec certitude qu’une infime quantité d’or physique a changé de main durant ce mouvement. Si l’ETF or GLD s’est débarrassé d’environ 600 000 onces durant la semaine (17 tonnes), on est très loin des 6 200 tonnes d’or synthétique qui ont été balancées à la vente. Selon nous, la vente a été alimentée quasi intégralement par des spéculateurs ultra-long paniqués qui se sont retrouvés du mauvais côté du manche au lendemain de la victoire de Trump et se sont fait illico massacrer par les traders commerciaux qui ont monté un raid opportuniste.

Nous avons observé à de multiples reprises que des transactions papier purement spéculatives faussent le prix de biens physiques utilisés dans le monde réel. Selon nous, de telles distorsions qui parasitent les prix sont rendues possibles et encouragées par la volonté du Chicago Mercantile Exchange (CME) de promouvoir le trading à haute fréquence afin de doper sa profitabilité.

Nous pensons que ces fluctuations violentes vont un peu plus loin que cela. L’aller-retour entre l’euphorie et le désespoir n’a pris que 3 jours, alors qu’il faut 2 ans à l’industrie minière pour produire les 6 000 tonnes d’or qui ont soi-disant changé de mains durant ce bref intervalle.

Depuis 2000, l’or est l’actif le plus performant. Il devance largement aussi bien les actions que les obligations :

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L’or a grimpé aussi bien durant les administrations républicaines que démocrates. Nous prédisons qu’il continuera d’augmenter durant le régime ultra populiste et pragmatique promis, s’il devait se matérialiser. Les politiques monétaires radicales sont le fil conducteur qui a permis à l’or de grimper durant ces 17 dernières années. Elles sont indépendantes de la politique, leur base reposant sur un consensus bipartite inébranlable afin d’éviter les douleurs économiques et politiques requises pour corriger 5 décennies d’erreurs politiques.

Selon nous, il y a trop d’incertitudes pour abandonner la protection offerte par l’or. Si les marchés semblent dire adieu à ces 8 dernières années, cela ne signifie pas qu’il y a des solutions magiques. Si les taux continuent de grimper (et les pertes obligataires de s’accumuler), si l’inflation commence à augmenter, surtout lorsque les dépenses publiques partiront à la hausse, nous ne serons peut-être qu’à un ou 2 tweets de la déstabilisation des marchés. Trump est un pragmatique qui pourrait ou pas incarner le fantasme des marchés.

Et si Trump était le sauveur ?

Si Trump devait être le sauveur que tout le monde attend, notre futur est en effet radieux. Mais cela ne pourra être possible que si son administration s’attaque véritablement aux déséquilibres créés durant ces 45 dernières années. Selon nous, le processus de nettoyage de ces excès ne pourra avoir lieu sans infliger des pertes substantielles aux marchés. Même Ronald Reagan qui, contrairement à Trump, avait eu la chance d’hériter de marchés financiers substantiellement sous-évalués sur base des indicateurs d’aujourd’hui, n’a pas fait la joie des marchés durant les 2 premières années de son mandat, durant lequel le S&P a reculé de 24 %. Si nos réserves sont plausibles, l’exposition à l’or est indispensable, peut-être plus que jamais.

Article de John Hathaway (Tocqueville Gold Fund), publié le 29 novembre 2016 sur King World News

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La vélocité de la monnaie est la vitesse à laquelle l’argent passe de main en main. Une vélocité élevée est le signe d’une économie dynamique et vice versa. Pourtant elle ne cesse de chuter aux États-Unis ce qui n’est à priori pas un bon signe (source : AmericanThinker).

La vélocité de la monnaie se calcule, dans sa version simple, en divisant le PIB par M2 soit l’argent liquide et les dépôts à terme inférieurs ou égaux à deux ans et les dépôts assortis d’un préavis de remboursement inférieur ou égal à trois mois.

Ce calcul révèle donc le nombre de fois que l’argent « tourne » dans l’économie chaque année. Certains économistes affirment qu’il est très difficile d’obtenir un calcul précis de la vélocité de la monnaie. Les tentatives de le faire sont pourtant intéressantes. Voici notamment celle de la Fed de Saint-Louis ci-dessus.

La Fed tente de stimuler l’économie en augmentant constamment la masse monétaire, comme ceci :

M2-Fred

Une analyse simple de ces 2 graphiques nous porte à conclure que plus la Fed tente de stimuler l’économie avec des liquidités plus la vélocité de la monnaie baisse. Pourquoi la vitesse à laquelle l’argent circule semble-t-elle diminuer lorsqu’on augmente la masse monétaire ? Voilà une bonne question à poser à la Fed durant sa prochaine conférence de presse.

Cependant, il ne s’agit pas du seul facteur à prendre en compte. On pourrait également mettre en relation la baisse des taux avec la vélocité de la monnaie. C’est probablement une explication plus plausible et un problème sur lequel les économistes de la Fed ne veulent pas se pencher. Des taux artificiels encouragent de petits jeux comme les rachats d’actions, les fusions et acquisitions qui ne sont que des opérations comptables offrant peu de valeur ajoutée réelle à moins d’être actionnaire.

Cependant, la logique nous porte à croire que les efforts de la Fed échouent. Il y a des forces qui annulent les efforts de stimulation de l’économie de la Fed. Certains économistes, comme Paul Krugman, vont prétendre que c’est parce que les efforts d’assouplissement ne sont pas suffisants. De son côté, Einstein dirait que faire la même chose en espérant un résultat différent est la définition même de la folie. Je suis plutôt de l’avis d’Albert.

Bidouillée de façon artificielle trop longtemps, voilà à quoi ressemble notre économie. En 2006, les taux étaient d’environ 5 % aux États-Unis. À cette époque, les marchés actions se dirigeaient vers leur niveau record. Pourtant aujourd’hui avec des taux proches de zéro, la Fed se demande si leur relèvement d’un quart de point va nuire à l’économie et à la bourse. La Fed doit vraiment estimer que la situation est fragile pour nourrir cette crainte.

Ceci explique le déclin de la vélocité de la monnaie. L’économie et la bourse sont fragiles comme la Fed le craint. (…) »

Article de Michael Snyder, publié le 18 mars 2015 :

Si vous pensez que les ignorants sont bénis, il est peut-être préférable que vous ne lisiez pas cet article. Non seulement je vais balayer la croyance de la soi-disant reprise économique mais prouver en fait que la situation actuelle est bien pire que celle qui a précédé la crise de 2008.

En 2007, l’optimisme était de mise dans la population. Les maisons rénovées se vendaient comme des petits pains avec un gros profit à la clé, la bourse se portait comme un charme et le chômage était relativement bas. Ce fut alors la crise de 2008. Pendant un moment, on a cru que la fin du monde nous attendait. Bien sûr, il tient toujours debout mais il ne s’agissait que d’une première vague de soucis. La prochaine sera celle qui balayera véritablement tout sur son passage.

Malheureusement, en raison des années de stabilité relative que nous avons vécues depuis, beaucoup d’Américains pensent que Barak Obama, Janet Yellen et le reste de l’équipe à Washington ont réglé les problèmes engendrés par la crise. Alors que les chiffres disent tout le contraire, des millions de gens pensent que la situation est plus ou moins normalisée. Apparemment, nous sommes incapables de tirer les leçons du passé. Lorsque nous allons vivre le prochain revers économique, les dommages seront encore plus importants vu que la dernière crise nous a davantage fragilisés.

Dans la liste des graphiques que je vais vous présenter, je voudrais que vous vous concentriez sur la dernière zone grisée de chaque graphique, qui représente la dernière récession. Comme vous pourrez le constater, la situation économique actuelle est bien pire qu’en 2008. Ce qui signifie que nous sommes moins bien équipés aujourd’hui pour faire face à une nouvelle crise.

  1. La dette américaine

Juste avant la crise de 2008, la dette américaine s’élevait à un peu plus de 9 trillions de dollars. Depuis, elle a presque doublé. Est-ce positif ou négatif ? La réponse est évidente. Et tandis que Barak Obama nous assure que les déficits sont sous contrôle, la dette a augmenté de plus d’un trillion de dollars en 2014 (…)

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  1. La dette globale aux États-Unis

Durant les 40 dernières années, la dette globale (Etat, ménages, entreprises, collectivités locales, etc.) aux États-Unis a explosé pour atteindre des niveaux astronomiques. Notre société vit par le crédit ce qui a des conséquences dévastatrices. En 1975, la dette totale atteignait environ 2,5 trillions de dollars. En 2007, elle s’élevait à environ 50 trillions pour s’approcher aujourd’hui rapidement de la barre des 60 trillions.

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  1. La vélocité de la monnaie

Lorsqu’une économie est saine, l’argent a tendance à changer de main et à circuler assez rapidement dans le système. Il est donc logique que la vélocité de la monnaie ait fortement baissé durant la dernière récession. Mais pourquoi continue-t-elle de ralentir ?

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  1. Le taux de propriétaires

Saviez-vous que le nombre d’Américains qui possèdent leur logement est tombé à un plus bas de 20 ans ? Traditionnellement, la propriété immobilière est le signe d’appartenance à la classe moyenne. La dernière récession a particulièrement touché cette classe sociale, il n’est donc pas étonnant que le taux de propriétaires ait baissé durant cette période mais pourquoi la tendance se poursuit-elle ?

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  1. Le chômage

Barack Obama se plaît à nous répéter que le chômage baisse. Mais comme je vais l’expliquer plus loin dans cet article, cette baisse est avant tout due à des artifices comptables. Ci-dessous, vous pouvez voir le ratio de la population qui occupe un emploi par rapport à la population active. Juste avant la dernière récession, un peu plus de 63 % de la population active travaillait. Durant la récession ce chiffre est tombé à 59 %, pour y rester pendant plusieurs années. Récemment, ce chiffre vient de dépasser la barre des 59 % mais nous sommes encore très loin des niveaux d’avant la crise alors que la prochaine arrive à grands pas.

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  1. Le taux de participation à la population active

Comment Obama peut-il dire que le chômage a fortement baissé ? Tout simplement parce que chaque mois, le gouvernement élimine de la population active des milliers et des milliers de chômeurs de longue durée car Washington estime que cette inactivité signifie qu’ils ne cherchent pas un emploi. De ce fait, le taux de participation à la population active ne cesse de baisser depuis la fin de la dernière récession.

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  1. Le taux d’inactivité chez les jeunes hommes

Si les choses s’améliorent, pourquoi de nombreux jeunes se tournent-ils les pouces ? Juste avant la dernière récession, ce taux d’inactivité était de 9 %, et à l’heure qu’il est, de 12 %.

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  1. Le revenu médian des ménages

Non seulement il y a moins d’Américains qui travaillent aujourd’hui par rapport à la dernière récession mais la qualité des emplois se dégrade également. Il s’agit de l’un des facteurs qui expliquent le déclin marqué du revenu médian des ménages. J’ai souvent évoqué ces chiffres mais il est important de les rappeler. Dans les États-Unis d’aujourd’hui, la plupart des Américains ne gagnent pas assez d’argent pour faire partie de la classe moyenne avec un salaire.

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Les chiffres suivants proviennent de l’administration de la sécurité sociale :

  • 39 % des travailleurs américains gagnent moins de 20.000 $ par an
  • 52 % des travailleurs américains gagnent moins de 30.000 $ par an
  • 63 % des travailleurs américains gagnent moins de 40.000 $ par an
  • 72 % des travailleurs américains gagnent moins de 50.000 $ par an

Nous connaissons tous des gens qui travaillent à mi-temps car ils ne trouvent rien d’autre. Alors que la qualité des emplois diminue, les chiffres ci-dessus ne pourront que se détériorer.

  1. L’inflation

Alors que nos revenus stagnent, le coût de la vie continue d’augmenter. Par exemple, depuis 2000, le coût de la nourriture et des boissons a augmenté de presque 50 %.

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  1. La dépendance au gouvernement

Alors que la classe moyenne américaine se réduit comme peau de chagrin et que de nombreux Américains ne peuvent plus faire face seuls au coût de la vie, la dépendance au gouvernement atteint des niveaux sans précédent. Par exemple, le gouvernement fédéral dépense pour les food stamps un budget supérieur de 2 fois à celui de 2007. Dans de telles circonstances, comment peut-on oser parler de redressement économique ?

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Qu’en pensez-vous, la situation s’améliore ou se détériore ? Pour moi, il est évident que la situation est bien pire que celle de 2007. (…) »