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Historiquement, l’or évolue à l’inverse du dollar : quand le billet vert s’apprécie, le métal jaune baisse et vice versa. Cependant durant le dernier épisode de raffermissement du dollar, l’or n’a pas suivi totalement la corrélation inversée historique. Cela signifie-t-il que la fin de l’influence du dollar sur l’or est proche ? C’est la question que s’est posé Jerin Mathew sur ibtimes.com :

« La relation inverse entre le dollar et l’or s’est modifiée de façon dramatique durant les dernières décennies et il y a fort à parier que la divergence va s’accentuer alors que la demande pour l’or se déplace inexorablement vers l’Est et que le monde se dirige vers un système monétaire basé sur plusieurs devises, d’après le World Gold Council.

L’organisation responsable du développement de l’industrie de l’or a écrit dans l’un de ses rapports que le cours de l’or est dicté par de multiples facteurs interconnectés et que vouloir le résumer à des explications centrées sur le billet vert est risqué.

Le WGC estime que les commentateurs du marché de l’or, surtout aux États-Unis, expliquent les variations du cours de l’or en fonction de la situation du dollar et des taux américains. Si les paramètres américains sont importants, la grosse demande d’or physique en provenance des marchés émergents fausse les théories qui se concentrent sur l’environnement américain.

Historiquement, il y a une corrélation inversée entre l’or et le dollar. Cependant l’analyse du WGC montre qu’elle est asymétrique : le cours de l’or augmente plus vite lorsque le dollar faiblit, qu’il baisse lorsque le billet vert s’apprécie.

Si le World Gold Council s’accorde pour dire que la poursuite de l’appréciation du dollar mettrait l’or sous pression, il estime que la relation entre les deux est aujourd’hui beaucoup plus complexe que par le passé et risque bien de poursuivre son évolution.

« L’environnement macro-économique d’aujourd’hui est marqué par des politiques monétaires sans précédent : un environnement de taux bas, d’actions surévaluées et des craintes concernant la déflation dans de nombreux pays du monde développés » écrit le WGC.

« De plus, l’influence des marchés émergents a grandi. Lentement mais sûrement, nous nous dirigeons vers un système financier mondial à plusieurs devises. Si le dollar est un paramètre important pour l’or, nous estimons que son influence sur le métal jaune va baisser. »

Une vigueur prolongée du dollar ne signifie pas pour autant un avenir morose pour l’or, a-t-il précisé.

En parlant des taux américains le WGC affirme que le bon sens ferait dire que des taux d’intérêt plus élevés seraient mauvais pour l’or, ce qui est à la fois juste et faux.

« Les bijoux et l’électronique représentent environ 60 % de la demande annuelle d’or physique. Pour ces marchés, il y a une relation indirecte positive avec les taux d’intérêt – une montée des taux correspond typiquement à un cycle d’expansion économique, fait de croissance et de consommation à la hausse » explique le rapport.

« La demande d’or en provenance des pays développés a baissé pour totaliser moins de 30 % de la demande mondiale durant la dernière décennie alors qu’elle était de plus de 60 % dans les années 70. La demande des marchés émergents (qui pèse donc pour 70 % de la demande mondiale) est moins sensible à la hausse des taux américains et de façon plus générale la demande pour les bijoux et l’électronique est procyclique. »

D’après le World Gold Council, 7 facteurs clés déterminent en grande partie le cours de l’or : les devises, l’inflation ou la déflation, les taux, la consommation des ménages et l’augmentation de leurs revenus, les risques de perte extrême ou les risques systémiques ainsi que l’offre et la demande. Tous ces facteurs interagissent à travers différents canaux qui affectent le marché de l’or et son prix. »

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L’histoire que l’on raconte au grand public à propos de la demande chinoise d’or est grossièrement incorrecte. L’écart entre les chiffres publiés par le WGC et la demande véritable est tellement énorme qu’une seule conclusion s’impose : il ne s’agit pas d’une erreur mais d’une volonté délibérée (article de Koos Jansen).

En avril 2013, le cours de l’or plongeait ce qui entraînait une frénésie d’achat aux 4 coins du globe et surtout en Chine. Les retraits des coffres du Shanghai Stock Exchange (SGE) qui correspondent à la demande chinoise totalisaient 2197 tonnes au 31 décembre 2013, soit une augmentation de 93 % par rapport à 2012.

Cependant, le WGC (considéré comme l’autorité suprême à propos du métal jaune) affirmait que la demande chinoise en or avait atteint 1066 tonnes en 2013 soit 1131 tonnes de moins que la quantité de métal achetée par les grossistes. Dans le rapport 2013 de la China Gold Association, on peut lire que la Chine a importé en net 1524 tonnes et extrait 428 tonnes de ses mines. Sans compter l’or de récupération, cela équivaut à 1952 tonnes tandis qu’en l’incluant on dépasse les 2000 tonnes. Il est donc impossible que la demande soit de seulement 1066 tonnes.

Au final, le WGC a admis que sa première estimation de 1066 tonnes était grossièrement sous-évaluée. Par e-mail, ils m’ont confirmé que le chiffre original avait été revu à 1311,8 tonnes.

Il s’agit d’une révision de 23 %. Même si cela reste encore loin de la réalité, ce n’est pas rien, vu qu’il s’agit du plus gros acheteur du monde. Mais a-t-on lu un seul communiqué de presse officiel pour nous informer de la révision ? Non. Lorsque je leur ai posé la question, ils ne m’ont pas répondu. Les médias mainstream en ont-ils parlé ? Pas à ma connaissance.

La demande réelle d’or en Chine a été cachée de façon éhontée à la population (99 % de la presse financière reproduit les chiffres du WGC). En 2014, le WGC a remis le couvert. Il parle d’une demande de 814 tonnes, alors que les retraits à Shanghai ont totalisé 2102 tonnes. Un nouvel écart de plus de 1100 tonnes. (…) » Source

Note : Koos Jansen fut le premier à affirmer que les retraits du SGE correspondent à la demande d’or en Chine. Il est de plus en plus suivi notamment par Martin Murenbeeld de Dundee Capital Market et CNC Asset Management. Vous pouvez découvrir les arguments de Koos dans cet ancien article consacré sur la demande d’or en Chine.