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Yellen

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Trump et la dette

Quel genre de président sera Donald Trump ? Va-t-il restaurer la grandeur de l’Amérique ou finir sur la longue liste des bons à rien, alimentée par ses prédécesseurs ? Cela reste à voir.

Il est désormais clair que si Donald Trump veut éviter de démarrer son mandat avec une crise économique similaire à celle qu’a connu Obama, il faudra rapidement contenir les taux d’intérêt à long terme. Pour y parvenir, il devra convaincre la supposée politiquement agnostique présidente de la Fed, Janet Yellen, de non seulement s’abstenir de relever les taux, mais aussi de démarrer un nouveau round d’achats de Treasuries à long terme, c’est-à-dire de lancer un  nouveau QE.

Le mouvement à la hausse des taux des Treasuries, depuis l’élection de Trump, est tout sauf tranquille. Cependant, le coût du crédit était déjà en hausse avant le 8 novembre. Le taux des obligations à 10 ans avait déjà commencé son ascension, après avoir connu un plus bas en juillet à 1,36%. Cela s’explique par le fait que les banquiers centraux étaient arrivés à une nouvelle conclusion : creuser la courbe des taux est préférable pour le système bancaire et la croissance économique, plutôt que de continuer à pousser les taux longs à la baisse. Le taux des obligations à 10 ans a grimpé jusqu’à 1,83%, la veille du vote, pour ensuite grimper jusqu’à plus de 2,3%, quelques jours après que l’Amérique ait choisi son président.

Mais pourquoi l’élection de Trump est-elle si mauvaise pour les prix des obligations ? Il y a 2 raisons à cela. Premièrement, les politiques de croissance de Trump (baisse des taxes des particuliers et des entreprises, en plus de la dérégulation) poussent les investisseurs à vendre des actifs à rendement fixe, pour investir dans les actions. Les actions de croissance offrent simplement un potentiel de meilleurs retours que le rendement offert par des obligations, affichant des taux historiquement bas. Deuxièmement, et plus important encore, l’administration Trump est hautement inflationniste, car son plan d’investissement dans les infrastructures d’un trillion de dollars, associé à sa proposition de reconstruire l’armée, creusera significativement les déficits annuels, au moins à court terme. À vrai dire, les déficits explosent déjà : le trou budgétaire de 2016 a bondi jusqu’à 587 milliards, en hausse par rapport aux 438 milliards de l’année précédente, soit une augmentation énorme de 34% (note : et encore, ce n’est que la partie visible de l’iceberg, voir notre article sur le déficit réel des États-Unis sur l’année fiscale en 2016).

Des déficits qui explosent, et qui ne feront que creuser davantage la dette nationale, ont tendance à forcer la banque centrale à recourir à des politiques monétaires ultra accommodantes. Mais il n’y a pas que la dette américaine, de 20 trillions de dollars, qui mettra la pression sur la Fed afin qu’elle continue à créer de la monnaie. Le total de la dette non financière a augmenté de 33,1 trillions, fin 2007, à un chiffre record de 45,6 trillions de dollars, au premier trimestre 2016. Ce qui signifie que la dette totale, par rapport au PIB, a augmenté, passant de 226%, juste avant la grande récession, à plus de 250%, au début 2016. (…)

De plus, les mesures protectionnistes de Trump devraient soit introduire des droits de douane de 35% sur certaines importations, soit imposer la fabrication des produits aux États-Unis à des prix bien plus élevés. Par exemple, l’augmentation du prix de la main-d’œuvre, par rapport à des produits fabriqués en Chine, serait de 190%, en se basant simplement sur le salaire minimum fédéral. Ce qui signifie que l’inflation est en route.

L’incroyable bond de 50 points de base de l’obligation de référence, dans la foulée de l’élection, est la preuve de la débauche fiscale de Trump et de son impact inflationniste sur la nation.

La fin du marché haussier obligataire, long de 35 ans, approche. Les politiques commerciales de Trump, en conjonction avec son amour avoué de la dette, mettent une pression haussière significative sur le coût de l’argent. Donald va maintenant tenter de convaincre Janet Yellen d’inverser sa politique naissante de resserrage de vis monétaire, pour ramener les taux à zéro, et éventuellement lancer le QE 4.

Si les taux continuent de grimper, ce n’est pas uniquement les prix des obligations qui vont s’effondrer. Ce sera le cas de toutes les classes d’actifs qui ont été considérées comme étant « à rendement sans risque », avec pour leçon douloureuse que des politiques de taux quasiment zéro, durant les 90 derniers mois, n’étaient pas sans risque. Toutes les classes d’actifs, que les taux planchers ont si massivement faussées, incluent les obligations Corporate, les obligations municipales, les REIT, les CLO, les matières premières, les voitures de luxe, les actions, l’art, tous les actifs à rendement fixe et les produits apparentés. Lorsque l’économie mondiale s’effondrera, les prix de ces actifs suivront.

Pour info, la normalisation des rendements obligataires serait à long terme très saine pour l’économie. Elle est nécessaire pour corriger les énormes déséquilibres d’aujourd’hui. Cependant, le président Trump ne voudra pas être associé à la dépression qui résulterait de l’effondrement de l’immobilier, des actions et des obligations.

Mais le problème est qu’il demandera à Mme Yellen de faire exactement ce qu’il l’a accusée de faire durant sa campagne : à savoir d’être une marionnette politique du président. Si la Fed est vraiment apolitique, elle refusera poliment. Mais quoi qu’il en soit, Yellen et Trump ne comprennent pas que l’Amérique est handicapée par sa dette et accro aux bulles, ce qui requiert d’avoir des taux proches de zéro, au risque de faire imploser son ersatz d’économie. L’effondrement dévastateur de la bulle obligataire ramènera très rapidement Trump à la réalité. Et si Mme Yellen ne souhaite pas faire tourner la planche à billets, elle pourrait quitter son poste à la tête de la Fed bien avant la fin de son mandat, en février 2018.

Article de Michael Pento, publié le 15 novembre 2016 sur SafeHaven.com

Crédit photo : Plastic Jesus

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Depuis 2008, les banques centrales sont passées en mode de pilotage complètement manuel de l’économie. Si elles sont parvenues à obtenir des résultats du côté des marchés, en gonflant à des niveaux jamais vus les bulles sur des actifs comme les actions, les obligations ou encore l’immobilier grâce aux « politiques non conventionnelles » que sont les assouplissements quantitatifs et les taux plancher ou négatifs, le bilan est moins reluisant en ce qui concerne la croissance ou encore l’emploi réel.

Mais même du côté des marchés, des fissures dans l’édifice branlant des banques centrales commencent à apparaître, fissures qui remettent en cause la stabilité même de l’édifice financier. À ce titre, le graphique de Zero Hedge le montre très bien (ci-dessus) : alors que le bilan de la BCE a atteint de nouveaux records, ce n’est plus suffisant pour faire grimper les actions européennes.

L’échec des banques centrales est entériné

Comme le note le site iconoclaste américain, Draghi se retrouve désormais dans le même bateau que Yellen, baptisé Impuissance. Du côté du Japon, c’est le même son de cloche : Kuroda, qui avait fait référence en 2015 à Peter Pan en soulignant l’importance du positivisme car « au moment même où vous doutez de votre capacité à voler, vous devenez incapable de le faire », a apparemment reçu la visite de la Fée Clochette qui les lui a sonnées en lui rappelant la triste réalité. Dans un moment de sobriété bienvenu, le gouverneur de la banque du Japon a ainsi déclaré que « les politiques monétaires  n’engendrent pas toujours les résultats escomptés » (source Zero Hedge). Kuroda et cie vont-ils connaître leur propre moment « à la Greenspan », à savoir la réalisation que l’œuvre de leur vie est en fait une imposture ?

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À ce point, nous pouvons dire que la crédibilité des banques centrales s’est totalement évaporée, même si ce fait doit encore être assimilé par de nombreux investisseurs et gestionnaires. Tandis qu’une frange grandissante comprend que ce sont les banques centrales qui, elles seules, font la pluie et le beau temps sur les marchés, certains estiment encore qu’elles disposent des capacités à « couvrir leurs investissements », toute baisse étant enrayée par les interventions des banques centrales. Si vous en doutez, il suffit de lire le titre de cet article de Reuters :

« La BCE est prête à supporter les marchés en cas de Brexit »

Et pour les plus sceptiques, traduction du premier paragraphe : « La BCE s’engagerait publiquement à soutenir les marchés financiers en tandem avec la Banque d’Angleterre si la Grande-Bretagne devait voter en faveur de la sortie de l’union, des officiels proches du dossier ont déclaré à Reuters. » Pour voir les marchés libres en action, il faudra repasser plus tard. La reprise est bien trop vigoureuse pour leur permettre d’évoluer librement !

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Janet Yellen

Articles de Jim Rickards, publié le 11 avril 2016 sur Daily Reckoning :

« Hier en soirée, nous avons appris que le président Obama a convoqué aujourd’hui Janet Yellen à la Maison-Blanche.

En soi, un déjeuner entre le président des États-Unis et de la Fed pour discuter de politiques économiques n’a rien d’inhabituel : Bush 43, par exemple, rencontrait souvent Allan Greenspan pour parler de l’économie. Mais cette réunion est différente…

Il ne s’agit pas d’un déjeuner informel. Il s’agit d’une réunion de haut niveau organisé à la dernière minute par Obama. Le dernier précédent similaire date de 1951, lorsque Harry Truman convoqua l’ensemble des gouverneurs de la Fed à la Maison-Blanche. Vu que ce n’est plus arrivé depuis près de 70 ans, la réunion d’aujourd’hui est plutôt extraordinaire. Pourquoi Obama a-t-il convoqué cette réunion ? Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer…

Tout d’abord, Obama ne souhaite pas voir la Fed augmenter ses taux. Si la Fed devait suivre son programme de hausse, cela donnerait aux Républicains de bonnes chances aux élections présidentielles de l’automne prochain. Tout simplement car des hausses pourraient entraîner le pays dans la récession, ce qui n’augurerait rien de bon pour les Démocrates.

Obama se soucie également beaucoup de son héritage, que les Républicains voudraient effacer. (..) Janet Yellen elle-même est démocrate, avec un profil d’économiste du travail et de nombreuses années passées à l’université de Berkeley. Elle n’est donc pas nécessairement hostile au message d’Obama.

En la faisant venir à la Maison-Blanche, Obama envoie à Yellen un message public évident : ne relevez pas les taux. Cette réunion est en quelque sorte une menace implicite.

Deux sièges de gouverneur sont vacants à la Fed. Obama pourrait nommer 2 de ses plus fervents opposants s’il souhaitait lui mener la vie dure. Ces 2 critiques pourraient s’opposer à Yellen sur chaque dossier et menacer son autorité. (…)

Un autre facteur pèse de tout son poids : les Démocrates ont aussi peur de Bernie Sanders que les Républicains craignent Donald Trump. Sanders a remporté 7 primaires et caucus d’affilée. Ses meilleures armes sont la critique incessante des grosses banques, de Wall Street et de Clinton qui est leur valet.

Sanders a exigé de Clinton de fournir les textes des 3 discours qu’elle a prononcés devant Goldman Sachs, pour lesquels elle a reçu 675.000 $. Elle a refusé de les fournir. Il s’agit du tendon d’Achille de la campagne de Clinton, que Sanders exploite à fond.

Obama n’a aucun contrôle sur Trump. Par contre, son influence sur Sanders est réelle. Pour faire du tort à Sanders, les Démocrates pourraient miner sa position populiste anti banques. Obama pourrait faire pression sur Yellen afin de s’attaquer à un problème considéré comme crucial par les éléments démocrates les plus à gauche : les salaires exorbitants des cadres dans les banques. Ce qui priverait Sanders de l’un de ses arguments massue.

La Fed exerce une grande influence sur la façon dont les banques sont gérées, même s’ellle ne dispose pas d’une autorité directe. La Fed peut très bien suggérer à une banque que l’un de ses dirigeants gagne trop. Même si elle n’a pas le pouvoir de baisser son salaire, la banque pourrait se voir refuser une future acquisition, ou l’ouverture d’une succursale, si elle ne prend pas en compte la « suggestion » de la Fed. En représailles, elle peut également faire traîner des dossiers en longueur. (…) »

Article de Jim Rickards, publié le 11 août 2015 sur DailyReckoning (titre original : la clé pour comprendre les actions, les devises, les matières premières et le cash) :

« Personne ne conteste le fait que Janet Yellen et ses collègues de la Fed disposent de l’une des plus fortes influences sur l’économie des États-Unis. Pourtant, peu d’analystes réalisent que c’est aussi la Fed qui influence le plus l’économie de la Chine.

Comprendre comment les politiques monétaires des États-Unis et de la Chine sont désormais interdépendantes comme des siamois et ce que cela signifie pour le monde entier est la clé pour comprendre la déprime générale affectant les actions, les devises, les matières premières et même la valeur réelle de l’argent papier.

Cette chaîne de relations comporte de nombreux liens. Explorons-les un à un.

Yellen n’a pas fait de mystère concernant son souhait de remonter les taux d’intérêt américains. Elle en parle à chaque occasion qui se présente, que ce soit un discours, une conférence de presse ou une interview. Les taux sont nuls depuis presque 7 ans et cela fait désormais 9 ans que la Fed ne les a plus remontés.

Cette situation a généré des spéculations sans fin concernant le timing de la remontée des taux. Fin 2014, Wall Street tablait sur mars puis juin et maintenant septembre. Jusqu’à présent, Wall Street s’est trompé à chaque fois.

Nous n’allons pas tenter d’anticiper une date. Nous préférons utiliser des indications spécifiques, des avertissements et des méthodes analytiques ayant fait leurs preuves, celles qui sont utilisées par la communauté du renseignement comme la CIA pour résoudre les problèmes de ce type.

Les indications et les avertissements nous parviennent quotidiennement sous forme de données. Ces données doivent être insérées dans un modèle analytique. La bonne nouvelle, c’est que Janet Yellen nous a fourni le modèle dont nous avons besoin pour interpréter les données. Elle a dévoilé son plan.

Le plan de Yellen fut révélé durant un discours qu’elle a prononcé à Providence (Rhodes Island) le 22 mai 2015. L’information fut rapportée sous le titre « Yellen augmentera les taux cette année ».

Quand Yellen augmentera les taux ?

Ce n’est pourtant pas ce qu’elle a dit. Dans son discours, elle disait 3 choses :

  1. Elle augmentera les taux uniquement si l’économie évolue conformément à ses prévisions.
  2. Ces prévisions sont un taux de chômage de 5 %, une croissance de 2,5 % et une inflation de 2 %.
  3. Elle n’attendra pas d’atteindre ses objectifs. Elle agira un peu plus tôt si les données économiques affichent une tendance convergente.

Concrètement, cela signifie que si nous avons aujourd’hui, admettons, un taux de chômage de 5,2 %, une croissance de 2,3 % et une inflation de 1,8 % dans le cadre d’une tendance évoluant vers le triptyque souhaité alors elle augmentera rapidement les taux. Il s’agit du modèle suivi.

Des indicateurs à l’orange

Mais que disent les statistiques économiques ? Vous avez probablement entendu dire que les chiffres de l’emploi de vendredi furent bons, ce qui signifie qu’une hausse des taux est fort probable en septembre. Ne tombez pas dans le panneau.

Observez le graphique ci-dessous. Il montre que la création d’emplois a atteint un pic l’année dernière. Depuis, la tendance est à la baisse. En juillet, le chômage a atteint 5,3 %, un chiffre peu éloigné de l’objectif de Yellen, mais le chômage était au même niveau en juin, il n’y a donc aucune tendance évoluant vers son objectif.

emploi-usa-creations-2014-2015

En ce qui concerne le chômage, la tendance est au mieux neutre. Si la tendance négative se poursuit, nous pourrions n’avoir que 195.000 postes créées en août. Un tel chiffre tuerait dans l’œuf toute possibilité de hausse des taux en septembre.

Quid de la croissance ? Ici aussi, la tendance évolue dans la mauvaise direction. La croissance du second trimestre fut de 2,3 %, juste en dessous de l’objectif mais elle ne fut que de 0,6 % au premier trimestre. Ce qui correspond à une croissance annualisée de seulement 1,5 % durant le premier semestre.

Pire encore, GDPnow de la Fed d’Atlanta annonce une croissance en temps réel de 1 % pour le T3 (note : au 13 août, cette croissance a même baissé à 0,7 %, il faut lire le texte de la page de GDPnow pour le constater car le graphique n’est pas mis à jour en ce moment). Cet indicateur pourrait encore évoluer, (…) mais rien n’indique que nous pourrions atteindre l’objectif de croissance de 2,5 %.

Le dernier volet du triptyque de Yellen est l’inflation. Pour celle-ci, les données sont limpides, elles évoluent vers l’opposé des souhaits de Yellen. Les derniers chiffres concernant les dépenses de consommation personnelle (l’indicateur préféré de la Fed) affichent une augmentation annuelle de seulement 0,3 %, bien loin de l’objectif de 2 %.

À ce sujet, cela fait 38 mois d’affilée que les objectifs de la Fed n’ont pas été atteints. Les autres indicateurs de l’inflation rapportent la même tendance. Bientôt, la déflation devrait devenir une source de souci bien plus importante que l’inflation.

La Fed est coincée, Bernanke a gaffé

Yellen s’est piégée et n’a aucune issue de secours. Elle évoque sans cesse l’augmentation des taux alors que l’économie américaine faiblit. Ses déclarations ne font que renforcer le dollar, ce qui est déflationniste et ne fait que l’éloigner de ses objectifs d’inflation.

C’était en 2009-2012 qu’il fallait remonter les taux. Bernanke a gaffé en ne le faisant pas. La Fed est passée à côté d’un cycle des taux entier. Si elle les avait augmentés à l’époque elle aurait pu les baisser aujourd’hui.

Pourquoi est-ce que tout ceci affecte la Chine ? Parce que ce pays a pour ambition d’être intégré aux DTS du FMI. Les États-Unis distribuent les billets d’entrée des DTS. C’est pourquoi les États-Unis ont insisté pour que la Chine arrime sa monnaie au dollar, une condition préalable à l’inclusion du yuan.

Le problème c’est que lorsque vous arrimez votre monnaie à une autre, vous dépendez des politiques monétaires de la banque centrale qui émet cette monnaie. Si la Fed donne un tour de vis, ou en parle, la Chine doit faire la même chose pour maintenir la parité.

En bref, Yellen a forcé les États-Unis et la Chine à donner un tour de vis à leur politique monétaire alors que ces deux pays auraient dû être plus accommodants. Les États-Unis et la Chine sont les deux économies mondiales les plus importantes qui produisent environ 30 % du PIB. La Chine a mis fin à son arrimage au dollar cette semaine par désespoir mais les dégâts ont déjà été occasionnés à sa croissance.

La réalisation des prévisions de Yellen n’est pas pour demain et ses déclarations incessantes impactent négativement la croissance mondiale. Même pour une banque centrale, atteindre un tel niveau de folie furieuse n’est pas rien.

Il se peut que Yellen n’ait aucune idée de ce qu’elle fait mais les marchés, eux, comprennent. La dynamique déflationniste engendrée par la Fed est visible dans la chute de 1000 points du Dow Jones de ces trois derniers mois, de la baisse du cours de nombreuses matières premières de 60 % et dans la baisse record de la valeur des devises de multiples marchés émergents, du Brésil à la Malaisie en passant par la Turquie. (…) »

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Contrainte de vendre le mirage de la reprise, la Fed continue son tapering. Elle a annoncé hier la diminution de ses achats de MBS et Treasuries de 10 nouveaux milliards, passant désormais de 45 à 35 milliards d’achats par mois.

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Cela ne l’a pas empêché de revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour 2014 (mais que pouvait-elle faire après les chiffres désastreux du premier trimestre ?). La Fed prévoit désormais de 2,1 à 2,3 % de croissance, alors qu’elle annonçait 2,8 à 3 % en mars. Selon Bill Fleckenstein, la Fed ne pourra plus tenir pendant bien longtemps son discours rassurant, comme il l’a expliqué dans sa dernière interview sur KWN :

« Les marchés actions croient toujours que la Fed pourra continuer son tapering et se rapprocher de zéro sans que quelque chose de fâcheux arrive. Les marchés ont tort. Un accident aura lieu.

Le tapering signifie une réduction de l’assouplissement quantitatif, mais nous ne devons pas oublier que la Fed continue de fournir des liquidités supplémentaires. Quoi qu’il en soit, la Fed interprète mal l’économie car elle n’est pas aussi forte qu’elle le pense, les problèmes du marché immobilier le prouvent. Il y a néanmoins d’autres signes de faiblesse.

La Fed s’est donc positionnée pour un réveil douloureux à propos de la vigueur de l’économie, mais aussi à propos de l’inflation qu’elle aura générée, car ce sera beaucoup plus que voulu. La communication d’aujourd’hui (lire hier) est tout à fait conforme à mes attentes, et je ne pense pas que Yellen dira quoi que ce soit d’important durant sa conférence de presse. Le marché poursuit son jeu de dupes tandis que les métaux précieux tentent de trouver la direction à prendre. (…)

La Fed a acheté du papier pour un trillion de dollars l’année dernière. Leur bilan atteint désormais les 4 trillions de dollars. Cela n’inclut pas ce que les autres banques centrales ont fait pour également propulser les marchés majeurs à la hausse.

Les bourses mondiales sont à ces niveaux à cause des sommes astronomiques d’argents qui ont été injectées. C’est pourquoi nous allons à assister à l’automne prochain à un crash ou à une sorte de dislocation. À ce moment-là, il y aura tellement d’investisseurs avec des attentes si grandes qu’elles ne pourront être satisfaites. Ils se regarderont alors en chiens de faïence et le marché se heurtera à un mur.

Nous parlons d’un changement de psychologie, mais la question est de savoir quand ce revirement aura lieu et ce qui le provoquera. Je ne sais pas quelle sera l’événement catalyseur, mais quiconque pense qu’il n’y a pas d’inflation ou qui croit en la déflation est dans le déni.»

Eric King : « beaucoup d’investisseurs, et même des professionnels, estiment désormais qu’il n’y a plus rien à craindre, que les banquiers centraux sont invincibles. »

Fleckenstein : « il faut qu’ils prennent du recul. L’année dernière, la Fed a injecté un trillion de dollars et elle continue de fournir des liquidités. En 1999, les injections de liquidités furent d’environ 40 milliards et ce fut suffisant pour faire exploser le marché. Les gens qui fonctionnent logiquement sont très frustrés en ce moment.

Il est dangereux de posséder des actions, des obligations, de faire confiance au dollar, mais si vous voulez investir dans les métaux précieux, cela ne marche pas depuis ces 2-3 dernières années. Les investisseurs rationnels sont donc logiquement frustrés, comme ils l’étaient en 1999 et en 2007.

Cette période un peu folle dure plus longtemps qu’attendu par la plupart. Par contre, personne ne sait ce qu’il se passe lorsque les banques centrales mondiales créent autant d’argent et lorsque les monnaies ne sont adossées à rien de tangible. Il est impossible de prédire l’avenir car nous sommes dans un contexte absolument inédit, il s’agit d’une première dans l’histoire.

Nous avançons en terrain inconnu. Il est impossible de prédire le timing, mais ces politiques monétaires vont mener à la destruction. »

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Vu les opinions de Marc Faber, qui ne porte pas les banquiers centraux dans son cœur, sa réaction face à l’annonce de la Fed de ne pas fermer l’open bar a évidemment déclenché une avalanche de commentaires sarcastiques de la part de Dr Doom. Morceaux choisis de son interview sur Bloomberg, via ZeroHedge :

Sur le renoncement de la Fed à diminuer son QE

« Je m’attendais à une diminution de 10 à 15 milliards, mais je ne suis pas surpris outre mesure, pour la simple raison que je crois que nous sommes engagés dans un assouplissement quantitatif infini. Les gens de la Fed sont des professeurs, des théoriciens. Ils n’ont jamais travaillé dans une entreprise, comme des gens ordinaires. Ils ne comprennent pas que ce qu’ils font ne bénéficie qu’à une poignée de gens. Après cette annonce, le marché actions a gagné 1 %, tandis que les matières premières ont augmenté de plusieurs %. La plupart des gens achètent des choses dont les prix dépendent des matières premières, alors qu’ils ne possèdent pas d’actions. »

Sur les taux d’intérêt

« Bernanke avait dit que son objectif était de baisser les taux d’intérêt. Depuis, ils ont doublé. Bravo l’artiste, quelle réussite. »

Comment cela va se finir

« Par un effondrement total, mais d’encore plus haut aujourd’hui. La Fed va continuer ses injections de liquidités, si les marchés s’effondrent de 10 %, ils en remettront une couche. C’est tout ce qu’ils savent faire. Aujourd’hui, ils se sont mis eux-mêmes dans une situation désespérée. »

À propos de Janet Yellen :

« Elle fera passer Bernanke pour un enfant de cœur. En 2010, elle a dit que si elle avait pu voter pour implémenter des taux d’intérêt négatifs, elle l’aurait fait. Yellen ne voudrait pas d’intérêts plus élevé que l’inflation. Pourtant, les statistiques de l’inflation aux États-Unis sont faux. Vous (il parle au journaliste) vivez à New York, vous savez très bien à quel point les prix augmentent. Les conséquences de cette politique : des taux d’intérêt artificiellement bas, un gouvernement qui prend de plus en plus de place, donc moins de liberté pour les gens. »

À propos de l’or :

« C’est monté aujourd’hui (le jour de l’annonce « pas de taper »), mais je veux voir ce qu’il va se passer le jour d’après (note : et, de fait, c’est retombé après qu’un clampin, Bullard, ait annoncé que le « taper arriverait bientôt ». Demain si Dieu le veut…) … J’achète continuellement de l’or. Je ne lui attribue pas de valeur. Il s’agit d’une assurance. Je pense que tout citoyen responsable devrait en posséder, point final. »

À propos des taux des obligations

« À long terme, je ne suis pas optimiste pour les obligations, je pense que les taux vont augmenter jusqu’à un défaut. Cependant, je pense que les taux vont baisser dans les 3 mois à venir, j’en ai d’ailleurs achetées quand les 10 ans sont arrivés autour des 3 %. »