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Yuan

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FMI

Depuis le 30 septembre, le yuan fait désormais partie du panier de devises des droits de tirages spéciaux, la monnaie de réserve émise par le FMI. Quelles seront les conséquences de ce changement sur le dollar, l’or ? Jim Rickards A répondu à ces questions en 7 points dans cet article publié sur DailyReckoning.com le 29 septembre 2016 :

1.) Le dollar est-il officiellement « mort » et remplacé par une nouvelle monnaie internationale ?

Le 30 septembre 2016 fut le jour où le Fonds monétaire international (FMI) a officiellement ajouté le yuan chinois à son panier de monnaies constituant les droits de tirage spéciaux (DTS). Cette décision aura bien évidemment d’énormes implications à long terme pour le dollar américain.

Cela signifie-t-il pour autant que le dollar est devenu une monnaie oubliée et sans valeur ? Bien sûr que non. Il se peut même que la décision du FMI disparaisse très vite du débat public. Vous n’en avez d’ailleurs certainement pas entendu parler dans les journaux télévisés. Et, à ce propos, notons aussi que tout cela ne causera pas le crash du dollar immédiatement. Il est plutôt question ici d’un processus en voie de développement, qui aura des implications à long terme, certes, mais force est de constater que la décision internationale immédiate ne fera pas le buzz en soi. Cela vient d’ailleurs appuyer notre hypothèse : le dollar va effectivement mourir – mais à l’issue d’un long processus, et non pas suite à un « bang » immédiat.

Le dollar a remplacé la livre sterling comme monnaie mondiale dominante durant le siècle dernier. Mais ce fut un processus graduel qui a eu lieu entre 1914 et 1944. Tout cela ne s’est pas produit en une nuit, tout comme les DTS (droits de tirage spéciaux) ne vont pas remplacer le dollar en un seul instant, comme par magie.

En effet, depuis le premier octobre 2016, vous n’avez pas dû remarquer quoi que ce soit de sensiblement différent en cette matière. Vous avez toujours des dollars dans votre portemonnaie, vous êtes encore payé en dollars : cette devise continue effectivement de valoir quelque chose.

Mais le premier octobre fut néanmoins un tournant très important. Notons que le tableau des membres du club des monnaies constituant les droits de tirage spéciaux (DTS), n’a changé qu’une seule fois au cours des 30 dernières années. Les DTS ont été effectivement dominés par le « Big Four » (les États-Unis, le R.-U., le Japon et l’Europe) depuis que le FMI a abandonné les DTS d’or en 1973. Cela explique d’ailleurs pourquoi l’inclusion du yuan chinois dans ce club privé est si importante.

2.) Dois-je me débarrasser de mes dollars, actions et autres investissements, pour tout reconvertir en or ?

Non. Nous croyons que vous devriez posséder de l’or, certes (notons que celui celui-ci vaut actuellement 10.000 de dollars l’once), mais nous ne vous recommandons pas d’investir plus de 10 % de votre argent investissable en or, ou en tout autre actif inhérent. Certaines personnes vous diront que « Jim Rickards recommande de vendre tout et de le convertir en or ». Ce n’est pourtant pas le cas. L’on ne met jamais tous ses œufs dans le même panier, n’est-ce pas ?

Nous vous recommandons plutôt de disposer d’un portefeuille diversifié qui comprend de l’or ; des investissements en objets d’art et dans des biens immobiliers ; de la trésorerie ; des obligations et des actions, ainsi que certaines alternatives stratégiques à l’instar de fonds de couverture et de capitaux-risque au niveau macroéconomique. Vous devez effectivement être agile, d’autant plus dans le cadre macroéconomique contemporain de plus en plus imprévisible. Nous fournissons des conseils en cette matière dans la newsletter « Jim Rickards’ Strategic Intelligence ».

3) Qu’entendez-vous lorsque vous dites que le « nouvel ordre monétaire » est arrivé le premier octobre 2016, alors que les DTS existent depuis 1969 ?

Il est vrai que les DTS ont effectivement été mis en place en 1969. Et, bien évidemment, un certain nombre d’enjeux liés à ces derniers ont vu le jour lors des années 1970. En effet, le FMI a revu le fonctionnement des DTS à trois reprises depuis leur création, il y a maintenant plus de 40 ans de cela. Chacune de ces reprises étaient en réalité liée à une crise de confiance dans le dollar américain…

En 1969, les Français parmi d’autres ont pointé le fait que les États-Unis imprimaient des dollars en trop grande quantité. A l’époque, les étrangers pouvaient encore échanger des dollars contre de l’or et il y avait effectivement une course relative à l’acquisition de l’or. Le FMI a donc créé les DTS afin notamment de lisser les capitaux monétaires bruts, en émettant 9,3 milliards de DTS en 1972.

En 1979, l’inflation à travers les Etats-Unis a grimpé à des taux incontrôlables, en dépassant les 14 %. Les réserves en dollars des pays producteurs de pétrole plongeaient à toute allure. Le FMI a alors émis 12,1 milliards de DTS en 1981.

En 2009, en réponse à la panique de 2008, le FMI a émis 182,7 milliards de DTS au cours de la période entre août et septembre. Ce fut la première fois depuis près de 30 ans que le FMI émettait des DTS. Et ce fut, notons-le encore une fois, la réponse de l’institution face à la crise de liquidité mondiale, d’autant plus sachant que le FMI s’est vite rendu compte que les banques centrales mondiales ne pouvaient pas agir assez vite. Ainsi, le FMI a émis plus de 100 milliards de dollars de DTS.

Mais la panique de 2008 a tout changé. Les banques centrales du monde entier ont considérablement élargi leurs bilans pour faire face à la crise. Cela dit, elles ne seront pas en mesure de répondre de la même manière lorsque la prochaine crise frappera, ce qui arrivera certainement plus tôt qu’on ne le croie. Les banques seront alors en manque d’armes.

La seule institution financière avec un bilan assez robuste pour répondre à la crise sera le FMI, et notons qu’il agit déjà d’une sorte de « banque centrale du monde ». En ce sens, il devra émettre des quantités massives de DTS pour maintenir le système monétaire international en état fonctionnel. Cela dit, le résultat généré sera la fin du dollar dans sa qualité de monnaie principale de réserve mondiale. Voilà pourquoi les évolutions d’aujourd’hui représentent en réalité un changement radical par rapport au passé.

4.) Devons-nous nous attendre à un grand mouvement de marché suite à l’adhésion du yuan chinois aux DTS ?

Nous ne sommes pas en train de le prévoir, mais nous ne serions pas non plus surpris si cela arrivait. L’économie est au bord de la récession. Nous avons eu une année complète – 4 trimestres consécutifs – avec une croissance moyenne d’environ 1,2 % et avec quelques révisions qui ont été même en dessous. Il s’agit là d’une croissance extrêmement faible et dangereusement proche de la récession.

Le commerce mondial a chuté de façon spectaculaire. Les stocks sont caractérisés par une volatilité pointue. Vous ne savez jamais quel événement va provoquer un accident, mais cela peut littéralement arriver à tout moment.

La crise peut donc refrapper demain ou bien dans six mois, on ne peut pas le savoir avec exactitude. La vraie question à se poser, c’est : qu’est-ce qu’on attend vraiment ? Et force est de noter encore une fois que personne ne peut prévoir ces choses dans le temps. En ce sens, lorsque cela arrivera, il sera trop tard pour prendre les mesures adéquates. De combien d’avertissements avons-nous encore besoin ?

5.) Est-ce que les DTS reconfigurés auront un impact positif sur le prix de l’or ?

Les DTS sont inflationnistes. Si vous inondez le marché en dollars de DTS, l’or va faire montre d’une pointe spectaculaire, en atteignant sans doute les 10,000 dollars. Cela va-t-il arriver de suite ? Encore une fois, probablement non. Mais la tendance est en cours. L’on peut donc s’attendre à ce que le dollar soit dévalué de 50-80% dans les années à venir.

6.) « Puis-je acheter des DTS ? »

Officiellement, non, vous ne pouvez pas. Le FMI est la seule institution qui peut imprimer et distribuer la devise mondiale. Seuls ses Etats membres qui sont dans son « panier » d’élite peuvent échanger librement des DTS. En règle générale, les DTS sont utilisés pour des prêts ou des remboursements effectués par le FMI. Ils sont également utilisés par les banques centrales des Etats membres, afin notamment de vendre et ainsi d’aider les réserves de change en période de crise économique.

Après, il est également vrai qu’un « secteur privé » version DTS sera disponible : il sera appelé M-DTS. Le FMI a publié un document technique introduisant le concept d’un marché de DTS privé. Dans la vision du FMI, les entreprises privées et les corporations pourront émettre des obligations libellées en DTS. Qui seront les émetteurs logiques de ces obligations ?

Probablement les organisations multinationales ou multilatérales comme la Banque asiatique de développement, et peut-être certaines grandes entreprises comme IBM ou General Electric. Qui achèterait ces obligations libellées en DTS ? Principalement des fonds souverains. La Chine sera certainement un des acheteurs importants.

Mais le seul recours principal pour les investisseurs de tous les jours sera de posséder des DTS « synthétiques ». Nous avons conceptualisé un moyen permettant de procéder à une participation « non officielle » en termes de DTS. Cette participation « non officielle » est non seulement parfaitement légale, mais elle est la seule façon que l’on connaisse permettant à un citoyen lambda d’y avoir accès.

7) Quelle est la prochaine étape importante dans le développement de la nouvelle monnaie mondiale ?

Le 7 octobre, le FMI tiendra sa réunion annuelle à Washington, afin notamment d’envisager des mesures supplémentaires pour élargir le rôle des DTS et de faire de la Chine une partie intégrante du nouvel ordre monétaire mondial. Mais il y a un autre développement imminent qui a des implications pour l’adoption des DTS … à savoir le retour des BRICS.

« BRICS » est un acronyme pour Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, qui sont parmi les plus grandes économies en matière de marchés émergents, et représentent environ 22 % du PIB mondial. Il y a cinq ans, la discussion dans les milieux monétaires internationaux tournait autour de la montée des BRICS. Il s’est avéré que les BRICS pourraient représenter un sérieux défi à l’hégémonie du dollar américain. Puis l’histoire autour de BRICS a perdu de l’ampleur en 2014-15. Mais cela change actuellement.

Lors du Sommet des dirigeants du G20 à Hangzhou, en Chine lors du mois de septembre 2016, BRICS a fait une demande très intéressante. Les membres de cet organisme ont beau atteindre 22% de l’économie mondiale, mais ils ne détiennent que 14,89 % des voix au FMI.

Tout pays ou groupe de pays possédant 15 % des voix a un pouvoir de veto sur certaines décisions importantes du FMI, y compris l’émission de DTS. Un seul pays a plus de 15% aujourd’hui : il s’agit des États-Unis. Les BRICS demandent maintenant que leur vote au FMI se rapproche de leur part de l’économie mondiale, c’est-à-dire au-delà du seuil des 15%.

Si cela se produisait, le FMI ne serait en mesure d’inonder le monde de DTS – dans l’hypothèse d’une crise de liquidité – qu’à condition que les BRICS donnent leur accord. Nul ne doute que les BRICS seront d’accord, mais seulement si d’autres mesures sont simultanément prises, afin notamment de détruire la position privilégiée du dollar américain dans les paiements et dans les réserves mondiales. Les BRICS sont donc bel et bien de retour et cela aura des implications importantes sur l’adoption des DTS… mais aussi sur le dollar.

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Article de Jim Rickards, publié le 25 juillet 2016 sur DailyReckoning.com :

« Les États-Unis ont-ils doublé la Chine sur les accords de Shanghai ? Dans l’affirmative, la Chine va agir unilatéralement afin de dévaluer le yuan. Dans ce cas, le DJIA pourrait plonger jusqu’à 16.450 points et le S&P 500 jusqu’à 1925 points en quelques semaines, effaçant ainsi des trillions de dollars de richesse.

Il ne s’agit pas de supputations. Des plongeons de plus de 10 % des indices boursiers américains ont eu lieu 2 fois durant les 12 derniers mois. À chaque fois, ces événements ont eu lieu en raison d’une combinaison dollar plus fort et yuan plus faible. Vous devez comprendre la dynamique pour à la fois éviter des pertes et vous positionner pour en profiter.

Les soucis de la Chine

La Chine souffre en raison d’une dette excessive, de problèmes démographiques et de concurrence de pays moins cher comme le Vietnam, l’Indonésie et les Philippines. La Chine a besoin d’un ballon d’oxygène économique. Les programmes de relance budgétaire sont synonymes de davantage de dette irremboursable dont la Chine possède déjà en trop grande quantité. La façon la plus simple pour la Chine de doper son économie consiste à dévaluer sa monnaie afin de rendre ses exportations plus compétitives.

Lorsque la Chine dévalue, elle encourage la fuite des capitaux. Les riches qui sont bien informés tentent de sortir leur argent de Chine le plus rapidement possible avant la prochaine dévaluation. Cela provoque les ventes massives d’actions chinoises, qui contaminent rapidement les marchés boursiers américains, provoquant ainsi une crise de liquidités mondiale. Les 2 dernières fois que la Chine a dévalué, les actions américaines ont chuté de plus de 10 %.

Les accords de Shanghai, qui furent passés le 26 février 2016, avaient pour objectif de donner à la Chine un ballon d’oxygène sans la contraindre à dévaluer sa monnaie par rapport au dollar. La solution consistait à arrimer le yuan au dollar tout en dévaluant le billet vert par rapport à l’euro et au yen. Les relations commerciales entre la Chine et l’Europe et le Japon sont plus importantes qu’avec les États-Unis. Les accords de Shanghai ont offert à la Chine ce moment de répit par rapport à ses partenaires commerciaux majeurs que sont l’Europe et le Japon tout en maintenant la stabilité entre le yen et le dollar afin de ne pas courroucer les marchés. C’était une solution propre. Les seuls perdants furent l’euro et le yen, qui devaient s’apprécier dans le cadre de ce plan.

De début mars à la mi-mai, les accords de Shanghai ont fonctionné à merveille. Le yuan fut stable par rapport au dollar alors que celui-ci baissait par rapport au yen et à l’euro. Les marchés actions américains sont partis à la hausse, le Dow Jones passant de 16.000 à presque 18.000 points. Tout semblait marcher comme sur des roulettes.

Malheureusement, la Fed ne put s’empêcher de bouleverser la donne. Au lieu de célébrer cette trêve dans la guerre des devises, la Fed revint sur sa promesse d’un dollar faible en mai en commençant à évoquer une possible hausse des taux en juin ou en juillet. Cette posture agressive fut portée par plusieurs présidents de Fed régionales, notamment James Bullard, Loretta Mester et Esther George. Le dollar grimpa de presque 4 % en quelques semaines. Un mouvement important sur le marché des changes.

À ce moment, la Chine se sent trahie par les États-Unis. Elle commence alors sa 3e dévaluation contre le dollar américain. La première fut la dévaluation-choc du 10 août 2015, lorsque le yuan fut dévalué du jour au lendemain de 3 %. La seconde fut la dévaluation « furtive » entre décembre 2015 et janvier 2016. On l’appelle ainsi car la Chine opéra petit à petit au lieu de dévaluer d’un coup. La 3e dévaluation fut appelée « la dévaluation du tricheur », reflétant l’opinion de la Chine que les États-Unis avaient mangé leur parole sur les accords de Shanghai. Cette dévaluation a démarré à la mi-mai et se poursuit aujourd’hui.

Les dévaluations choc et furtive ont toutes les 2 eu lieu dans un contexte de raffermissement du dollar dans l’anticipation de la hausse des taux américains. (…) Quel est le rapport entre ces guerres des devises et les marchés actions américains ? La réponse est que le taux de change USD/CNY pourrait bien être un facteur bien plus déterminant du prix des actions que les baromètres traditionnels tels que les bénéfices, les multiples boursiers ou la croissance. Cette relation est clairement indiquée dans le graphique ci-dessus. (…) À chaque fois que la Chine a commencé à dévaluer, les marchés actions américains ont coulé comme une pierre dans l’eau.

Comme le montre le graphique, un nouveau crash avait commencé début juin, mais la mise fut sauvée par le Brexit. Le résultat du référendum a provoqué l’effondrement immédiat de la livre et de l’euro ainsi que la recherche de valeurs-refuges comme le dollar, l’or et les actions américaines. Maintenant que le rebond du Brexit est terminé et que les marchés saignent à nouveau, la question est de savoir si l’histoire va se répéter ou si cette fois, ce sera différent. (…) »

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Selon Jim Rickards (cet article synthétise le sien), la guerre des devises a démarré en 2010 avec la dévaluation du yuan. Jusqu’en 2015, les grands blocs économiques ont profité tour à tour de dévaluations ordonnées, le gagnant d’hier devenant le perdant de demain, jusqu’à ce que la Chine décide de dévaluer sans consulter ses partenaires. Au dernier G20, un nouvel accord a été trouvé pour remettre de l’ordre alors que la dévaluation du yuan avait fait tanguer les marchés.

Jouer sur la dévaluation pour faire repartir une économie, c’est en quelque sorte jouer au jeu des chaises musicales, à la différence que dans cette « version monétaire » il n’y a qu’une chaise sur laquelle s’asseoir lorsque la musique s’arrête.

En 2010, lorsque la Chine a dévalué, son économie a connu une embellie. Selon le principe des vases communicants, la situation économique américaine s’est détériorée. Les États-Unis avaient besoin d’augmenter leurs exportations, d’améliorer l’emploi dans la foulée, en affaiblissant le dollar. Cette dévaluation comporte aussi l’avantage de faire grimper les prix des produits importés, donc de générer de l’inflation. Lorsque vous êtes incapable de créer de la croissance organique, vous dévaluez.

Mais comme l’analogie des chaises musicales le montre, il est impossible que tout le monde profite de la dévaluation en même temps. Les nations doivent donc attendre leur tour. La Chine a pris le sien en 2010, les États-Unis en 2011 (le dollar a atteint un plus bas historique en août 2011, tandis que la croissance du T4 de cette année fut de 4,6 %). Tout allait mieux aux États-Unis, ce qui signifie qu’un autre membre du club souffrait, à savoir le Japon.

En 2012, ce fut donc au tour du Japon de dévaluer avec la mise en place des fameux Abenomics. Le yen chuta rapidement : de 90, il en fallait désormais 124 pour acheter un dollar. L’économie japonaise est donc repartie de l’avant en 2013, tout comme lorsque le dollar faible avait dopé les États-Unis en 2011.

Pendant ces 3 années, l’économie européenne a souffert. En plus de la crise grecque, l’Europe a connu 2 récessions durant cette période. Il fallait donc affaiblir l’euro en 2014, ce qui s’est fait en 2 étapes :

Taux d’intérêt négatifs en juin 2014
QE européen en janvier 2015

Les effets n’ont pas tardé, l’euro tombant à 1,05 $ en janvier 2015 pour ensuite s’approcher de cette limite à plusieurs reprises depuis. Comme durant les autres dévaluations, l’économie européenne a connu un moment de répit. Après l’été 2015, on ne parlait plus de la crise grecque. Ce petit historique montre que les dévaluations entre 2010 et 2015 ont eu lieu de façon ordonnée.

Eté 2015 : La Chine dévalue sans consultation

La guerre des devises avait lieu entre les 5 familles, mais dans le respect. C’est comme ça que cela se passe dans la mafia en temps de paix. L’entente est bonne, même si la méfiance ne disparaît jamais.

Cependant, durant l’été 2015, une nouvelle guerre éclatait parmi ces 5 familles. La Chine, en voyou, décida de dévaluer sans consulter les autres. Le 11 août, la valeur du yuan chuta de 3 % en un jour. Après quoi les marchés américains plongèrent.

La Fed fit immédiatement marche arrière concernant le relèvement de ses taux, ce qui permit aux marchés actions de repartir à la hausse.

La même chose eut lieu entre décembre 2015 et janvier 2016. Cette fois, la Fed releva son taux directeur de 0,25 % le 16 décembre 2015. La Chine a alors utilisé cette couverture pour dévaluer de nouveau le yuan. Non pas d’un coup, mais en douceur, jour après jour. Les marché ont immédiatement vu ce qui se tramait pour anticiper des dévaluations à venir. Les marchés américains chutèrent à nouveau suite à cette dévaluation, connaissant leur pire début d’année en janvier 2016.

La Fed vola à nouveau à leur rescousse avec toute une série de déclarations accommodantes et le statu quo des taux en mars. Les marchés purent ensuite repartir à la hausse.

Mais il fallait trouver une solution. C’est ce qui a été fait à l’occasion du dernier G20. C’est à Shanghai que  la dévaluation du dollar a été décidée, le statu quo en Chine (adossement de la valeur du yen à celle du dollar) et l’appréciation du yen et de l’euro. Pour la Chine, elle retire tout de même un avantage de cet accord vu qu’un euro et un yen plus forts lui sont favorables. Le yen baisse en même temps que le dollar, ce qui ne l’handicape pas dans ses échanges avec les USA. Voilà l’essence des accords de Shanghai.

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dollar

Article de Rogue Money, publié le 18 avril 2016 :

« Le règne du pétrodollar vient d’encaisser un nouveau coup ce 17 avril alors que la nation la plus peuplée de l’OPEP a signé un nouvel accord avec la Chine pour augmenter les transactions domestiques et internationales en yuan en lieu et place du dollar.

Dans un accord signé dimanche entre l’Industrial and Commercial Bank of China Ltd et la Banque centrale du Nigéria, les 2 nations se sont entendus sur les termes d’une libre circulation de la devise chinoise dans l’économie nigériane, tandis que la nation africaine productrice de pétrole va inclure le yuan dans ses réserves en devises.

Du China Daily :

« La volonté du Nigéria d’augmenter la disponibilité du yuan a déjà permis au naira de s’apprécier par rapport au dollar, d’après un haut responsable de l’Association des Opérateurs de Bureaux de Change du Nigéria. (…)

L’Industrial and Commercial Bank of China Ltd et la banque centrale du Nigéria ont signé un accord portant sur des transactions en yuan afin de mettre un terme à la baisse de la devise nigériane.

Cet accord prévoit la libre-circulation du yuan entre les banques nigérianes, ainsi que l’inclusion de la devise chinoise dans les réserves du pays. »

Le Nigéria devient ainsi le dernier pays membres de l’OPEP à se distancier officiellement du dollar en commençant à échanger avec d’autres devises que le billet vert. Il y a 2 mois, l’Iran annonçait qu’il ne vendrait plus son pétrole en dollars, au lendemain de la levée des sanctions économiques américaines. Désormais, les ventes de pétrole iranien se feront principalement en euro.

Alors que la Russie et la Chine prennent une place toujours plus importante dans le commerce mondial, les jours du pétrodollar et de l’hégémonie américaine sur le système financier mondial sont comptés. (…) »

Crédit photo : http://taxrebate.org.uk/ via Flickr

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statue de Mao en or

Après un début d’année catastrophique sur ses marchés qui a engendré le premier mini feu d’artifice financier de l’année, la crise s’accentue en Chine notamment au niveau de la dette et de la réduction inquiétante de ses réserves, englouties pour éteindre les débuts d’incendies. Article de John Rubino, publié le 10 janvier 2016 sur SafeHaven.com :

« Alors que les dirigeants de la Chine découvrent qu’arrimer le yuan au dollar tout en quintuplant leur dette en cinq ans était une erreur colossale, il semblerait qu’ils aient conclu qu’une dévaluation brutale est la seule solution.

Les citoyens chinois, simultanément, attendent avec anxiété l’ouverture des marchés en se répétant ces trois phrases :

  1. Heureusement que j’ai acheté de l’or l’année dernière
  2. Si seulement j’en avais acheté plus l’année dernière
  3. Combien vais-je devoir payer mon or la semaine prochaine

or en yuans

Si la Chine s’oriente vers une dévaluation de 15 %, les conséquences risquent d’être amusantes, même si difficiles à prédire, sur la communauté des spéculateurs investisseurs surleveragés. La seule chose que l’on peut anticiper avec une quasi-certitude, c’est que le graphique ci-dessus sera mis à jour avec un axe des ordonnées bien plus élevé. »

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Article inspiré de celui de ZeroHedge, publié le 30 novembre 2015.

Au début de ce mois, les analystes du FMI proposaient l’ajout du yuan ou renmibi au panier de devises des DTS (droits de tirages spéciaux), un actif de réserve qui fut créée par cette institution En 1969. Sans surprise, la proposition a été validée hier par le conseil d’administration du FMI.

Ce qui signifie qu’à partir du 1er octobre 2016, le yuan représentera 10,96 % du panier de devises des DTS. Ce poids signifie que le yuan pèsera plus dans la balance que la livre sterling britannique (8,09 %) ou encore le yen japonais (8,33 %). Avec cette décision, le FMI consacre donc la grande arrivée de la monnaie chinoise dans le concert des monnaies de réserve tout en donnant à la Chine la place qui lui revient dans la finance mondiale.

Néanmoins, comme le note ZeroHedge, il ne s’agit que d’une première étape. S’il souhaite véritablement concurrencer le dollar, le yuan  devra encore parcourir beaucoup de chemin et notamment au niveau de la transparence des autorités chinoises (fait cocasse : même cas d’immobilisme à cet égard, la banque centrale chinoise pourrait se mettre à niveau des autres banques centrales de plus en plus interventionnistes). Il ne faut donc pas s’attendre à une révolution monétaire de cet événement. Il s’agit juste d’un nouveau signe que les choses changent lentement mais sûrement.

Article de KWN, publié le 28 septembre 2015 :

« Les gens parlent beaucoup du licenciement de 100.000 mineurs (charbon) en Chine. Ils font beaucoup de bruit pour rien. Même s’il est triste que ces gens aient perdu leur emploi, nous parlons de 100.000 travailleurs dans un pays qui compte une population de 1,3 milliard d’habitants.

Cela fait également un moment que la Chine a déclaré qu’elle souhaitait consolider les secteurs du charbon, du minerai de fer, etc. Il y a tout simplement trop de producteurs. Ces licenciements ne sont donc pas une surprise.

Je pense que les Chinois seraient les premiers à dire qu’une croissance à 2 chiffres, c’est terminé. Avec une croissance de 10 %, les Chinois étaient confrontés à des pénuries de matières premières, à des prix exorbitants, aux déséquilibres engendrés par un tel taux de croissance.

L’économie de la Chine a donc été ralentie volontairement et avec succès. Ils ont continué à investir dans l’infrastructure, je pense qu’une croissance de 7 % se poursuivra. Le problème est qu’une croissance inférieure à ce chiffre posera des soucis de chômage. (…)

Un autre événement majeur de cette année est la dévaluation du yuan. Je pense qu’il s’agit même de l’événement clé de cette année concernant la Chine. Il lui a fallu du temps pour réaliser que sa devise était trop forte. En comparant leurs prix avec ceux de leurs concurrents, les Chinois ont réalisé que la concurrence est très rude. C’est la raison pour laquelle ils ont décidé de dévaluer.

John Ing sur l’or

Depuis l’annonce de la dévaluation chinoise le 11 août, le Dow Jones a chuté de 9 % alors que le cours de l’or exprimé en dollar a progressé de 5 %. Les citoyens chinois savent très bien qu’acheter de l’or est la meilleure façon de se protéger contre les dévaluations.

Durant la crise grecque, le cours de l’or a augmenté de 5 % en un mois. L’or progresse dans de nombreuses devises comme le rand sud-africain. En yen, l’or a grimpé de 20 % durant les 2 dernières années. Il faut donc se concentrer sur le rôle de l’or sur la scène mondiale. La décision de dévaluer de la Chine est un autre exemple de l’intérêt de l’or.

Le dollar américain doit également faire l’objet de toute notre attention. S’il commence à vaciller, le premier seuil de support sera à 92 tandis que le support clé sera à 87. Si le dollar devait décliner vers ces niveaux, cela ferait augmenter considérablement l’or, le faisant passer au-dessus des seuils de résistance. Le premier seuil significatif est à 1240 $.

Je pense que l’or a désormais constitué une excellente base à 1100 $. Mon objectif à court terme pour l’or est 1400 $. Lorsqu’il aura dépassé confortablement ce seuil, je viserai ensuite les 1700 $. L’or devrait dépasser les seuils de résistance clé durant l’automne. Avec toutes les incertitudes qui planent sur le monde, les perspectives pour l’or sont très, très bonnes. »

Si vous vous demandez pourquoi l’or a progressé ces derniers jours, voici la réponse : la Chine est le dernier pays en date à rejoindre la guerre mondiale des devises qui fait rage. Ne pouvant plus rester de marbre face aux difficultés économiques que le pays connaît, Pékin a décidé de dévaluer le yuan en abandonnant ainsi sa stratégie d’arrimage au dollar.

La première dévaluation du yuan a eu lieu ce lundi. La banque centrale chinoise avait assuré qu’il s’agissait d’un ajustement ponctuel mais hier une nouvelle dévaluation a eu lieu, propulsant la monnaie chinoise à son plus bas niveau depuis 4 ans face au dollar.

Jusqu’à présent, la Chine avait décidé de maintenir le yuan à un certain niveau par rapport au dollar afin de favoriser la consommation domestique. Le 15 avril dernier, le premier ministre chinois avait d’ailleurs déclaré au Financial Times :

« Nous ne voulons pas d’une nouvelle dévaluation de la monnaie chinoise car nous ne pouvons pas seulement compter sur la dévaluation pour donner un coup de fouet à nos exportations. Nous ne voulons pas d’un scénario dans lequel les économies se battent les unes contre les autres en dévaluant leur monnaie. Cela déboucherait sur une guerre des devises. Si la Chine devait dévaluer le renminbi (ou yuan) dans un tel contexte je ne pense pas que cela serait quelque chose de positif pour le système financier international. »

Si Li précisait qu’il ne pouvait pas garantir qu’une dévaluation n’aurait pas lieu, son commentaire montre très clairement qu’un tel acte serait forcé par des événements forcément négatifs.

Désormais, les partenaires commerciaux de la Chine vont probablement réagir en dévaluant leur propre monnaie : le dollar restant la dernière monnaie papier forte. Cette dévaluation risque bien de ralentir encore davantage la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis. La décision du FMI de ne pas inclure dès cette année le yuan dans les DTS a peut-être également joué un rôle dans la décision de la Chine, qui a pris par surprise les investisseurs.

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La Bank of China a beau avoir rejoint le panel des banques qui participent au nouveau fix de Londres, l’Empire du Milieu prend les devants afin de peser davantage sur le marché de l’or en préparant son propre fixing qui sera exprimé en yuan en non en dollars. C’est ce que nous apprend cet article de Reuters publié sur Yahoo Finance : 

« La Chine a pour objectif de lancer un fix or en yuan d’ici la fin 2015 via le Shanghai Gold Exchange (SGE). L’objectif est de donner au pays une plus grande influence sur les cours alors qu’il est à la fois le plus gros producteur et le plus gros consommateur d’or du monde.

En février, Reuters avait déjà lancé l’information en citant des sources au sein même du SGE. Désormais, la confirmation officielle a été faite par un membre de l’institution.

« Nous allons introduire un fix en renminbi au moment opportun, nous espérons pouvoir le faire d’ici la fin de l’année » a déclaré Shen Gang (vice président du SGE) à l’occasion du LBMA Bullion Market Forum qui s’est tenu jeudi à Shanghai.

Shen n’a pas fourni plus d’informations mais des sources proches du dossier affirment que la banque centrale chinoise devrait bientôt donner son accord.

Pan Gongsheng, l’un des sous-gouverneurs de la banque centrale chinoise a déclaré que son institution continuerait de soutenir « la croissance rapide et saine du marché chinois de l’or » ainsi que son internationalisation.

Vu son rôle de premier plan sur le marché de l’or, la Chine estime devoir jouer un rôle majeur dans la détermination des cours. Elle se positionne donc en conséquence alors que des accusations de manipulation planent sur le fix de Londres.

Si le fix en yuan décolle, la Chine pourrait convaincre les acheteurs locaux ainsi que les fournisseurs internationaux de régler les transactions en yuan ce qui limiterait l’influence du fix de Londres sur le marché mondial de l’or.

Cependant vu que le yuan n’est pas totalement convertible, les 2 références pourraient coexister.

La Chine consent également des efforts pour libéraliser le yuan et augmenter son influence sur le marché international de l’or. La Bank of China a récemment rejoint la procédure du Fix de Londres devenant ainsi la première banque chinoise à en faire partie intégrante. L’Industrial and Commercial Bank of China Ltd a également marqué son souhait de la rejoindre. Ces banques pourraient également participer au fix de l’or en yuan.

D’après des sources proches du dossier, les officiels du Shanghai Gold Exchange auraient soumis à la banque centrale de Chine les détails pratiques et les règles de la procédure envisagée.

« Elles peuvent être approuvées à tout moment », a déclaré une source qui a tenu à conserver l’anonymat en raison des règles de communication aux médias.

Les banques étrangères en ligne de mire

Après avoir reçu l’approbation de la PBOC, le SGE tentera de convaincre les banques chinoises et étrangères. Dans un premier temps, on s’attend à ce qu’une quinzaine de banques chinoises participent.

Mais le succès du Fix en yuan dépendra principalement de la participation des banques étrangères qui pourraient être réticentes alors qu’une telle procédure serait fortement surveillée suite aux manipulations avérées des taux interbancaires.

« Il sera difficile de rejoindre le fix (rapidement) car il y a beaucoup de procédures internes de conformité à satisfaire. Cet exercice pourrait prendre des mois » a déclaré un trader d’une grosse banque de lingots. (…)

Le SGE a démarré ses activités internationales en septembre 2014 en permettant aux étrangers d’échanger des contrats or en yuan pour la première fois. Australia and New Zealand Banking Group, Standard Chartered et HSBC font partie des membres de la bourse. »

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Article de ZeroHedge (traduction condensée), publié le 9 juin 2015 :

« La mort du pétrodollar et l’éventualité de l’hégémonie du yuan sont selon nous les 2 éléments critiques pour comprendre les changements géopolitiques et économiques à venir. En novembre dernier, nous avions expliqué comment le pétrodollar a commencé à mourir à petit feu, soit un système qui a permis d’asseoir la dominance du dollar durant les dernières décennies. (…)

La chute des cours du brut a accéléré le début de la fin du pétrodollar alors qu’en 2014 les pays de l’OPEC retiraient des marchés des fonds pour la première fois depuis près de 2 décennies  (voir ci-dessus). (…)

Dès novembre, les statistiques de SWIFT indiquaient que 15 nouveaux pays avaient rejoint le club des nations qui utilisent le yuan dans plus de 10 % de leurs échanges avec la Chine. (…) Plus tôt durant ce même mois, la Chine et la Russie avaient indiqué qu’à l’avenir, de plus en plus d’échanges entre les 2 pays seraient conclus en yuan. (…)

Aujourd’hui, Gazprom confirme l’émergence du pétroyuan en annonçant que depuis le début de l’année toutes les ventes de pétrole à la Chine sont facturées en yuan (ou renminbi). L’information a été rapportée par le Financial Times, qui a écrit :

« Le 3e producteur de pétrole de Russie facture désormais toutes ses ventes de brut à la Chine en renminbi. Il s’agit de la preuve la plus flagrante que les sanctions occidentales n’ont fait qu’accélérer l’adoption du yuan par les sociétés russes.

Les patrons russes avaient discuté de la possibilité de se détourner du dollar en faveur du renminbi alors que le Kremlin entamait son pivot vers l’Asie, une politique étrangère décidée en partie en raison des sanctions économiques occidentales contre Moscou à cause de son intervention en Ukraine mais jusqu’à maintenant il y avait très peu de clarté concernant les volumes d’échanges en yuan.

Gazprom Neft, le bras pétrolier du géant étatique Gazprom a déclaré vendredi dernier que depuis le début de l’année 2015, toutes ses exportations en provenance du pipeline « est de la Sibérie océan Pacifique » sont facturées en renminbi.

Les exportations de pétrole russe étaient essentiellement facturées en dollars jusqu’à l’été de l’année dernière lorsque les États-Unis et l’Europe ont imposé des sanctions au secteur énergétique russe en raison de la crise ukrainienne. (…)

D’après les résultats trimestriels de Gazprom, ce pipeline représente 37,2 % des exportations de la société. »

Russie-exportation-petrole-chine

Ce qui signifie que le pétroyuan est né. Si le FT note également que « les autres groupes énergétiques russes ont été plus réticents à abandonner le dollar », le fait que les producteurs russes considèrent désormais ouvertement la même transition alors que les politiques américains et européens évoquent de nouvelles sanctions économiques signifie que l’adoption du renminbi pourrait se renforcer à l’avenir. (…)

En bref, les sanctions économiques contre la Russie ont poussé les producteurs à facturer leurs exportations de brut en yuan alors que la quote-part du pétrole russe dans les importations chinoises de brut augmente. En attendant, avec la baisse du cours du pétrole conjuguée à la sortie de pétrodollars du système financier pour la première fois depuis 18 ans, si les prévisions de Goldman sont correctes, l’apport net en pétrodollars pourrait chuter de 900 milliards de dollars dans les 3 années à venir. (…) »