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Zone euro

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Italie

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je ne sais pas pour vous, mais cette année, je suis content… J’ai réussi à ne pas prendre un kilo de plus pendant les fêtes, et cela faisait longtemps que je n’y étais pas arrivé ! Très content également de vous retrouver pour suivre avec vous cette nouvelle année qui s’annonce passionnante et plus que riche comme événements à venir.

Je vous adresse tous mes vœux de santé. La santé, nous ne la maîtrisons pas ou si peu. Elle s’impose à nous. Pour le reste, nos actions peuvent faire la différence.

Cette année, je ne vous souhaiterai pas le bonheur, car c’est à chacune et chacun de nous de le conquérir. Cette année, je ne vous souhaiterai pas plus la richesse, parce que c’est à chacune et chacun de nous d’aller la chercher.

Ce que je sais c’est que la richesse, comme le bonheur, quoi que vous y mettiez, cela se construit chaque jour à base de choix, de force, de courage, de conviction et de persévérance.

Même dans les pires moments, il y a des opportunités. Même quand des fortunes se volatilisent par milliers, d’autres se créent.

Ce que je veux dire c’est que si nous ne naissons pas heureux, nous sommes les premiers responsables de nos joies et de nos malheurs à l’exception justement de la santé.

Alors à toutes celles et ceux qui liront ces lignes, je vous souhaite du fond du cœur une santé de fer car elle vous permettra d’aborder cette année 2017 avec la force et le courage d’aller de l’avant, de faire des projets, de vous projeter, même dans ce monde incertain, flou, mouvant.

Cette année sera collectivement très difficile. Je vous souhaite à vous tous de savoir passer à travers les gouttes du malheur.

Le président de l’IFO évoque la sortie de l’Italie de la zone euro

L’IFO c’est le plus gros institut de prévision économique allemand. Les analyses de l’IFO, c’est un peu le « la « européen de l’économie. C’est donc, pour ceux qui ne le connaissaient pas, une « institution » particulièrement écoutée.

Voici ce que nous relate un article du Figaro :

« Un Brexit à l’italienne ? C’est le scénario craint par Clemens Fuest, dans une interview accordée au quotidien Tagesspiegel. «Le niveau de vie, en Italie, est le même qu’en 2000, explique le président de l’institut économique allemand Ifo. «Si cela ne change pas, les Italiens finiront par dire : “Nous ne voulons plus de la zone euro”».

La dette publique ne cesse de croître. Elle a atteint 133 % du Produit intérieur brut en 2016, contre 129 % trois ans auparavant. L’Institut national des statistiques (Istat) a récemment revu les prévisions de croissance du pays pour 2016 et 2017. Il table désormais sur 0,8 % cette année (contre 1,1 % auparavant) et 0,9 % en 2017.

Pour éviter que l’Italie ne sombre un peu plus, l’Union européenne pourrait éventuellement octroyer des aides. Un scénario auquel Clemens Fuest ne semble pas vraiment favorable. «Avec l’approbation d’un plan de sauvetage pour l’Italie, le Bundestag ferait peser un risque sur les contribuables allemands, dont il ne connaît pas le montant et qu’il ne peut pas contrôler», assène-t-il, estimant que les députés allemands devaient se refuser à signer un tel plan. À titre indicatif, la Banque centrale européenne (BCE) a demandé un plan de sauvetage de 8,8 milliards d’euros afin de secourir la banque Monte dei Paschi di Siena, la semaine passée. »

L’Italie est le vrai problème de la zone euro ! … Avec la France

Si la Grèce a fait vaciller la zone euro, ce n’est pas tant pour des raisons économiques que pour des raisons purement politiques.

En gros, le PIB de la Grèce ce n’est pas grand-chose : on parle de moins de 200 milliards d’euros ! Ce n’est même pas le budget de l’État français. C’est moins de 10 % de notre PIB à nous et comparé au PIB européen, c’est insignifiant.

Le problème grec, c’était d’abord un problème bancaire (quelles banques détenaient de la dette grecque) potentiel mais surtout une question centrale politique. Comment sauver un pays vacillant de la zone euro sans remettre en cause les traités, les règles, et sans conduire les Allemands à payer pour le reste de l’Europe ?

Cette question a été très mal traitée par nos dirigeants, coincés entre leur volonté d’Europe et leur refus de payer pour les autres, écartelés entre plus de solidarité et une fuite éperdue dans le chacun pour soi. Du coup, cela fut générateur de fortes craintes. C’est encore le cas, mais comme vous pouvez le constater, les peurs sont nettement moins exacerbées.

L’Italie c’est évidemment un tout autre morceau. Troisième économie européenne derrière l’Allemagne et la France, on parle d’un stock de dettes de 2 500 milliards de dollars, d’un PIB de presque 2 200 millions de dollars, et si j’exprime cela en dollars et non en euros c’est pour vous montrer à quel point cela est significatif même à l’échelle mondiale.

D’ailleurs, à propos du dollar, avez-vous vu à quel point, après avoir été à un plus haut de 1,60 dollar pour 1 euro, nous nous rapprochons de la parité de 1 euro… pour 1 dollar !

À votre avis, que vous indique cette chute importante de notre monnaie face au dollar que pourtant tout le monde donnait pour « mort » ? Non seulement le dollar n’est pas mort, mais l’euro a toutes les chances d’exploser avant lui ! C’est aussi ce risque que le mouvement sur les parités euro-dollar sanctionne.

L’Italie c’est « too big to save » !

L’Italie c’est un pays tout simplement trop gros pour être sauvé !

Pour la France, c’est la même chose.

Alors effectivement, le Portugal semble plus fragile que la France, et la Grèce encore plus que le Portugal, mais finalement, tous ces pays, même si c’est compliqué, politiquement risqué, sont « sauvables » par une action de la BCE et par des « bricolages » économiques qui peuvent faire illusion comme ces dix dernières années de crise ont su nous le montrer.

Mais l’Italie ou la France ne sont pas « sauvables ». Ce sont donc les pays maillons-faibles, les pays qui feront vaciller la zone euro, et l’Italie est largement devant nous en termes de dettes publiques hors de contrôle.

Ce constat, le président de l’IFO vient de le partager publiquement, en expliquant de surcroît qu’il était hors de question pour l’Italie de faire appel aux contribuables allemands.

Vous avez donc aimé la crise de 2007 ?

Vous allez adorer celle de 2017 !

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Crédit photo : Riccardo Nobile via Flickr

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portugal et europe

La Commission européenne a alerté 8 membres de la zone euro, dont l’Italie, sur le risque d’invalidité de leur budget, selon les normes européennes.

Les ajustements fiscaux planifiés par l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Belgique, la Finlande, la Slovénie, Chypre et la Lituanie pourraient les empêcher d’atteindre les objectifs fixés, a déclaré la Commission, mercredi.

D’après les règles de l’Union Européenne, tous les états membres doivent maintenir leur déficit budgétaire au-dessus de -3% de leur PIB.

L’Irlande, la France, l’Autriche, la Lituanie et Malte présentent une situation « globalement conforme » tandis que l’Allemagne, l’Estonie, les Pays-Bas, la Slovaquie et le Luxembourg satisfont entièrement aux règles, d’après l’entité.

Étant sous le coup d’un programme de renflouement spécifique, la Grèce n’est pas concernée par les vérifications de la commission.

La commission européenne a exprimé sa crainte de voir une faible croissance accompagnée d’incertitudes en hausse, comme par exemple la sortie de la Grande-Bretagne du bloc européen ou les résultats de l’élection présidentielle américaine, impacter significativement la zone euro.

« Ceux qui en ont les moyens doivent investir davantage, tandis que ceux qui disposent de moins de latitude fiscale doivent poursuivre les réformes et les mesures de consolidation fiscale, favorables à la croissance, » a déclaré le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Désireuse de soutenir la reprise économique, la commission devrait offrir pour l’année prochaine un ballon d’oxygène de 0,5% supplémentaire en ce qui concerne les déficits. Le traité de l’Union Européenne oblige les pays de la zone euro à ne pas dépasser les 3% de déficit budgétaire, ainsi qu’un ratio dette/PIB de 60%.

Plus tôt ce mois-ci, l’Espagne et le Portugal ont réussi à éviter le paiement d’une amende, malgré leur échec à satisfaire aux critères budgétaires fixés par l’Europe, après la définition de nouvelles « grandes lignes de politique fiscale » pour chacun de ces 2 pays.

Source : traduction de cet article de RT.com

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François Lenglet

Editorial d’Insolentiae.com du 12 octobre 2016 de Charles Sannat :

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

François Lenglet n’est pas n’importe qui… c’est le Monsieur Économie de France 2, qui reste tout de même l’un des deux grands médias télévisés de masse de notre pays avec TF1.

Si vous écoutez sa dernière intervention à Écorama, vous vous rendrez compte assez rapidement qu’il est devenu un impertinent comme les autres et que son discours est très loin d’être aussi lénifiant que celui tenu dans ses analyses du JT ou lorsqu’il interroge lui-même quelques grands mamamouchis avec toutes les précautions oratoires.

N’oubliez pas que les grandes messes télévisuelles ont pour objectif avant tout d’assurer la stabilité de l’ordre social et de rassurer la ménagère de plus ou de moins de 50 ans !

Tous les sujets ou presque vont y passer et il ne va rien dire de moins que ce que je vous répète à longueur d’édito.

Je vais donc pouvoir faire écouter cette émission à ma femme qui me prendra tout de suite plus au sérieux. « Si Lenglet le dit comme toi, alors ça vaut… » Bon, il m’aura fallu attendre quelques années… Voici l’essentiel de ses constats pour celles et ceux qui ne peuvent pas visionner immédiatement la vidéo et qui sont, comme ma chère et tendre, coincés quelques mètres sous terre dans les métros et RER parisiens.

Sur l’Euro !

« L’euro n’a pas créé nos difficultés, il les a exaltées en supprimant le mécanisme de la dévaluation. Il faudrait que la Grèce sorte de l’Euro. »

« L’Euro ne tiendra pas encore 10 ans et la zone euro dans 10 ans sera très différente dans sa géographie. Il y aura une « Germania » une super-zone économique allemande avec ce qui restera de l’euro qui sera devenu un super-mark, les autres pays retrouveront leurs propres monnaies. »

Sur le Japon !

« Ça va mal finir et les choses qui ne peuvent pas durer finissent par s’interrompre !! » (Il s’agit là d’une pensée d’une profondeur totale, et au-delà de l’ironie et de l’humour bienveillant, bien qu’énonçant une évidence, il a raison. Le problème c’est que désormais, énoncer des évidences du type « l’eau ça mouille » et « le feu ça brûle » est interdit par la bien-pensance.)

Sur l’Union bancaire !

Vous savez l’Union bancaire c’est ce machin européen qui est censé nous sauver des affres des crises bancaires à venir. Il a ce commentaire remarquable de lucidité où quand c’est moi qui le dis j’entends toujours les sempiternels « Charles tu es un peu excessif tout de même »… Bref, pour notre François Lenglet, « l’Union bancaire est une vaste farce »… Hahahahaha, c’est exactement ça. Moi je dis que c’est une vaste fumisterie, mais en données corrigées du mot utilisé, le constat est identique. Il n’y a rien à en attendre, et quand la Deutsche Bank s’effondrera, ce sont les Allemands qui viendront payer pour sauver leur banque, car il est peu probable que le « con-tribuable » italien, grec, espagnol et même français se précipite pour sauver tous ces riches allemands qui roulent en BMW et autres Mercedes ou grosses cylindrées.

Sortir de l’euro est impossible !

Hahahahahaha… bon ben lui aussi il a fait un grand « hahahahahaha », « bien sûr que c’est faisable, techniquement c’est faisable »! Évidemment, il s’agit ici uniquement de problèmes logistiques et d’intendance. Au bout du bout, tout est une question de décision politique.

L’euro est en train de tuer à petit feu l’essentiel des pays européens. Pour survivre, nous devrons en sortir et il faudra bien inventer le mode d’emploi, il n’y aura pas le choix. Ou alors nous nous suiciderons avec l’euro.

Néanmoins, il est à prévoir que nous allions jusqu’à la faillite avant de le quitter car ce sera le seul cas où nous pourrons dire avec certitude que les coûts pour quitter l’euro seront moins élevés que les coûts de la faillite avérée en y restant. Nous quitterons l’euro quand nous serons insolvables, donc dans les pires conditions et au pire moment. Ce sera alors un chaos indescriptible et un retour dans l’urgence et dans la panique aux monnaies nationales, un retour non préparé.

Un chef d’État digne de ce nom préparerait (certes dans le plus grand secret) le retour à sa monnaie nationale.

Sur la mondialisation !

« On a fait trop de mondialisation, on rentre donc dans une période protectionniste pour gommer les effets de trop de mondialisation »! Sans blague. Là encore c’est une évidence. Mais si vous dites que vous êtes pour une dose de protectionnisme, vous serez taxé de fascisme par une Lagarde par exemple et par tous ceux qui en réalité roulent pour les intérêts du totalitarisme marchand.

Il dit aussi que « toutes les périodes de libéralisation se finissent par des crises financières ».

Sur le Royaume-Uni !

« Les idées neuves (en économie) naissent toujours au Royaume-Uni. Theresa May préfigure notre avenir et le nouveau discours des conservateurs britanniques intègre les discours dits populistes, l’Angleterre devient protectionniste, nous allons la suivre d’ici deux à trois ans. »

Ce fut donc un festival de vérités dont nous a gratifié le Monsieur Éco de France 2, et je ne peux que m’en féliciter.

Pourtant, maintenant que Lenglet reconnaît toutes ces difficultés, ce n’est pas une raison pour nous reposer sur nos lauriers et dire « on avait raison ».

Il faut toujours continuer à garder cette avance sur les événements afin d’anticiper ce qui s’en vient, et si désormais tous ceux qui osent encore penser un peu s’accordent sur les constats, il va falloir anticiper les conséquences, et croyez-moi elles ne s’annoncent pas drôles.

C’est pour cela que je vais consacrer la lettre STRATÉGIES du mois d’octobre à l’étude des différents scenarii qui nous attendent dans les prochains mois et années et sur la façon de s’y préparer.

N’imaginez pas que ce qui s’annonce soit rose, il y a beaucoup plus de chance que cela oscille du noir total au gris profond… dans le moins mauvais des cas.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

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Ernst Wolff

Article de SputnikNews.com, publié le 15 juillet 2016 :

La politique accommodante de la banque centrale européenne crée des risques pour l’ensemble du système financier européen, d’après l’économiste allemand Ernst Wolff

La BCE a acheté pour 85,1 milliards d’euros de dette en juin dans le cadre de son programme d’assouplissement quantitatif, d’après Bloomberg. (…) Ce programme prévoit pour 80 milliards d’euros d’achats mensuels. Avec celui-ci, la banque centrale investit directement dans l’économie européenne  sans passer par les banques.

Ce programme crée des risques significatifs tandis que ses avantages sont douteux, d’après l’expert financier Ernst Wolff. D’après lui, cette initiative pourrait déboucher sur un effondrement financier total.

D’après l’analyste, les politiques de la BCE créent des risques sérieux pour les pays les moins développés de la zone euro, comme la Grèce. Simultanément, les économies les plus avancées comme celles de l’Allemagne en retirent tous les avantages, la BCE travaillant au bénéfice des riches et des puissants.

En plus d’acheter des obligations d’entreprises, la BCE achète des obligations gouvernementales. Cependant, d’après les règles en vigueur, la banque ne peut acheter des obligations dont le taux est inférieur à son taux directeur, qui est actuellement de -0,4 %. Cependant, comme le note Wolff, la BCE enfreint régulièrement cette règle, notamment lorsqu’elle achète des Bunds.

« La BCE, ainsi que d’autres institutions importantes, ne suivent pas les règles. Le système financier est une véritable pagaille. Il y a 3 ans, personne n’aurait pu imaginer que l’on connaîtrait des taux négatifs ou que la BCE achèterait des obligations pourries. Aujourd’hui, l’intégralité du système est en roue libre, » a-t-il déclaré à Sputnik.

En théorie, la BCE ne peut acheter des actions de sociétés allemandes. Mais elle est probablement impliquée dans la stabilisation de la Deutsche Bank, d’après l’expert. Simultanément, si la banque centrale décide d’assouplir ses règles encadrant ses achats d’actifs, les leaders européens devraient s’y opposer.

« La BCE est une institution supranationale. Chaque pays européen poursuit ses propres intérêts. C’est pourquoi ils s’opposent à l’initiative. Par exemple, l’Italie souhaite sauver ses banques via l’entremise du Mécanisme Européen de Stabilité. Mais l’Allemagne est contre, car elle fournit des garanties financières du MES. Nous voyons bien que la crise financière ravive les conflits autrefois latents. Ceux-ci sont une menace pour l’Union européenne, » a déclaré Wolff.

L’expert a également critiqué la politique monétaire de la BCE. Selon lui, elle a pour objectif de reporter la faillite de la zone euro.  (…)

« Actuellement, il y a des bulles qui gonflent sur les marchés obligataires, actions et de l’immobilier. La tendance ne pourra être inversée. Nous sommes à la veille d’une grosse catastrophe, » a-t-il averti. Dans ce contexte, un effondrement économique serait probablement suivi par l’effondrement de l’ensemble de la politique d’intégration européenne, toujours selon lui :

« L’Union européenne va probablement se désintégrer. Mais il est impossible de prévoir comment. Le Brexit n’a fait qu’intensifier les tendances nationalistes à travers l’Europe. Le risque d’effondrement est en train de grimper, » a-t-il conclu.

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PMI France

Article d’Ambrose Evans Pritchard publié sur le site du Telegraph le 10 mai 2016 :

« La reprise de la zone euro, qui aura fait long feu, est déjà en perte de vitesse alors que les effets des stimulations se dissipent et que ses gros problèmes structurels refont surface, faisant craindre qu’on a assisté à de nouveaux faux espoirs et que l’on fait désormais face à un piège déflationniste si aucun choc extérieur n’a lieu dans les mois à venir.

La production industrielle a chuté de 1,3 % en Allemagne et de 0,3 % en France en mars, faisant mentir les prévisions d’expansion robuste. Cette rechute dans toute une série de pays suggère que les estimations instantanées annonçant 0,6 % de croissance au premier trimestre étaient trop optimistes et devront être revues à la baisse.

« La reprise ne gagne pas en traction. Je m’inquiète vraiment d’un nouveau spasme de la crise de la dette durant l’été, » a déclaré Lars Christensen de Markets and Money Advisory.

« Les marchés commencent à ne plus croire en la capacité de la BCE de stimuler l’économie . De plus, nous voyons le retour des problèmes des finances publiques du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie. Ce facteur commence à devenir clé, » a-t-il ajouté.

La zone euro a bénéficié de conditions favorables durant ces 12 derniers mois, profitant du pétrole bon marché, d’un euro plus faible, des achats obligataires de la BCE et de la fin de l’austérité fiscale, tous ces facteurs s’étant coordonnés pour former « une tempête parfaite positive ». « Si cela n’est pas suffisant pour créer de la croissance, alors rien n’y parviendra », a déclaré Nouriel Roubini de l’université de New York.

Chacun de ces facteurs s’affaiblit ou est en train de se retourner. Depuis le début février, les cours du pétrole ont explosé de 75 %. L’euro s’est apprécié de 5 % durant les 6 derniers mois pour être aujourd’hui plus haut que lorsque la BCE a lancé son assouplissement quantitatif afin de le faire baisser. (…)»

euro-index

Pour résumer la suite de l’article :

  1. Le système bancaire européen est plus fragile que jamais, notamment en Italie, où les créances douteuses s’accumulent.
  2. Les états endettés, qui accumulent les déficits comme le Portugal et l’Espagne, n’ont pas les moyens de renflouer ce système bancaire. La Grèce est de nouveau au bord du précipice.
  3. La dette des entreprises reste élevée, par exemple en Espagne ; aucune reprise durable n’est donc possible.
  4. Le risque déflationniste est plus grand que jamais, malgré les stimulations de la BCE. Par exemple, durant les 6 derniers mois, l’inflation des services s’est élevée à seulement 0,2 %, soit à un fifrelin de la déflation.

creances-douteuses

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Mervy KIng

Tandis que le référendum sur la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne se rapproche, Mervyn King, ancien Gouverneur de la banque d’Angleterre, vient mettre son grain de sable dans la mécanique branlante d’une monnaie unique qui n’avait pas vraiment besoin de ça en affirmant que la zone euro est condamnée. Article du Telegraph, publié le 28 février 2016 :

« La zone euro est vouée à l’échec. Elle vivotera de crise en crise à moins d’être scindée, d’après l’ancien Gouverneur de la banque d’Angleterre. Dans son dernier livre, Lord King affirme que des réformes allant dans le sens de l’union fiscale n’apaiseront pas les tensions entre les 19 nations du bloc et pourraient même conduire à sa désintégration.

Il s’attend à une crise politique et économique imminente provoquée par des renflouements sans fin, des demandes d’austérité et les pressions des élites européennes et américaines afin de mettre en place des mécanismes de transferts au sein de l’Union dans le but de résoudre ses soucis.

Dans l’article exclusif de Mervyn King publié par le Telegraph, il avertit que ces problèmes ont « semé les graines de la division » au sein de l’Union et créé du soutien pour les partis populistes. De nouvelles étapes allant dans le sens de l’union politique, qui forcerait les nations à abandonner une partie de leur souveraineté et à se soumettre aux diktats de Bruxelles, pourraient provoquer un retour de flamme dans l’opinion publique.

« Cela débouchera non seulement sur une crise économique, mais aussi politique, » affirme-t-il. « L’Union monétaire a créé un conflit entre l’élite centralisée d’une part et les forces démocratiques nationales de l’autre. C’est extraordinairement dangereux. »

Cependant, King, qui utilisait souvent les analogies sportives durant sa décennie à la tête de la Banque d’Angleterre, affirme que l’alternative d’une « relégation temporaire » pour les pays en difficulté, comme la Grèce, pourrait s’avérer insuffisante car « trop tardive ».

Les politiciens, déjà échaudés par des rounds répétés de stratégie de la corde raide, ne seront probablement pas en mesure d’obtenir un accord, à son avis. « Les divergences entre les pays et le coût politique d’une défaite sont devenus trop élevés. Ce qui est malheureux pour tous les pays concernés – car parfois une promotion prématurée est dangereuse tandis qu’une relégation peut être l’opportunité d’un nouveau départ – et pour l’ensemble de la planète car la zone euro est aujourd’hui une entrave à la croissance mondiale. »

L’Allemagne et le reste de la zone euro doivent accepter le fait que les pays non compétitifs du Sud ne peuvent retrouver le chemin de la prospérité que via la scission du bloc, d’après Lord King.

La plus grosse économie européenne se trouve en face d’un choix cornélien : signer un chèque en blanc afin de soutenir le bloc « à un coût élevé et sans fin pour ses contribuables » ou mettre « un terme au projet de l’union monétaire », estime-t-il.

La seule façon d’empêcher les pays endettés de contempler le fond de l’abîme de « l’austérité étouffante, du chômage de masse permanent » accompagnés « d’un fardeau de la dette n’offrant aucune possibilité de résolution » consiste à abandonner l’euro.

« Le contre-argument, qui dit que la sortie de la zone euro mènerait au chaos, à une baisse du niveau de vie ainsi qu’à des incertitudes concernant la survie de l’union monétaire, a un poids réel. Mais… Sortir de la zone euro pourrait être la seule voie menant vers le retour de la croissance économique et du plein-emploi. Les avantages à long terme l’emportent sur les coûts à court terme. »

Il est également partisan d’un programme d’aide à la réduction de la dette mené par le FMI qui permettrait aux pays de restructurer leur dette de façon équitable.

Même si cela pourrait ralentir la croissance et réduire les dépenses alors que les créditeurs se mettent au diapason de la réalité en acceptant que ces dettes ne seront jamais remboursées, c’est néanmoins «  inévitable » selon Mervyn King.

« Le défi sous-jacent est d’obtenir un nouvel équilibre dans lequel les dettes nouvelles ne seront plus créées à la même échelle que précédemment. »

Mervyn King a été gouverneur de la banque d’Angleterre entre 2003 et 2013. Il est aujourd’hui professeur d’économie à la London School of Economics mais aussi membre du conseil d’administration d’Aston Villa.

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portugal et europe

Suite aux élections portugaises d’octobre, un véritable coup d’état a eu lieu lorsque le président a refusé à la gauche majoritaire (anti austérité et anti OTAN , avec certaines composantes prêtes à abandonner l’euro) le droit de former un gouvernement. Le parti minoritaire de droite de Pedro Passos Coelho n’aura tenu que 11 jours.

Hier, il a été démis par la majorité parlementaire qui a voté contre son programme. Reste à savoir si le président portugais s’entêtera à snober la démocratie en nommant à nouveau Coelho à la tête d’un gouvernement provisoire dans l’attente de nouvelles élections ou si le choix des électeurs sera enfin respecté.

Comme le note John Rubino dans cet article publié sur SafeHaven.com, « le Portugal ressemble de plus en plus à la Grèce d’il y a un an, à la différence que l’économie portugaise est plus importante que celle de sa consœur. Comme la Grèce, la dette du Portugal a augmenté en termes de pourcentage de son PIB :

dette portugal pib

Depuis, l’énorme contraction de son économie enregistrée durant la grande récession, sa croissance est négligeable : sur le graphique ci-dessous, il ne s’agit pas d’une croissance de 4 % mais de 0,4 %. C’est largement insuffisant pour réduire le chômage. Dans l’absence d’une dévaluation massive de l’euro ou d’une augmentation conséquente des dépenses gouvernementales, rien n’est susceptible de changer la situation.

croissance-portugal-2008-2014

L’électorat portugais a voté dans son ensemble pour l’abandon des anciennes politiques, pour un changement susceptible de ramener au moins l’espoir. Néanmoins, pour de nombreux membres de cette coalition de gauche, cet objectif ne sera atteint qu’en quittant la zone euro (et peut-être l’OTAN), en nationalisant certaines grosses sociétés et en « investissant » (augmenter les déficits). Pour y parvenir, le Portugal devrait récupérer son ancienne monnaie, l’escudo, le dévaluer par rapport à l’euro et ce faisant faire un défaut partiel sur sa dette. Autrement dit, le scénario du Grexit mais à plus grande échelle avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer sur le vieux continent. (…) »

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Article publié sur RT.com le 9 juin 2015 :

« La sortie de la Grèce de la zone euro ou Grexit serait un revers majeur pour l’Union européenne qui engendrerait un effet domino et aurait des conséquences importantes sur les contribuables européens » a déclaré le premier ministre grec Alexis Tsipras.

« Je pense que c’est évident. Ce serait le début de la fin de la zone euro. Si le leadership politique européen est incapable de gérer un problème comme la Grèce, qui représente 2 % de son économie, quelles seraient les réactions des marchés face à la problématique de pays ayant des soucis bien plus sérieux comme l’Espagne ou l’Italie, qui a une dette de 2 trillions » s’est interrogé Tsipras face au Corriere della Sera mardi.

Un ‘Grexit’ serait désastreux pour la zone euro car il se muerait en un lourd fardeau pour les contribuables européens, a-t-il ajouté. Il a cependant insisté sur le fait que son pays n’utilisait pas le spectre de la sortie de la zone euro en tant que moyen de pression ou de chantage.

« Nous voulons mettre un terme à ces débats cauchemardesques concernant la sortie de la zone euro de la Grèce. Il s’agit d’un obstacle à la stabilité économique européenne » a-t-il ajouté. (…)

Tsipras dont le gouvernement est arrivé au pouvoir sur base de la promesse de mettre un terme à l’austérité, a déclaré qu’il ne pouvait accepter les termes des créditeurs. Ils  exigent la réduction des retraites et l’augmentation des factures d’eau, de gaz et d’électricité. Suite aux mesures d’austérité prises, le chômage est passé de 12 à 27 % en 3 ans, le PIB grec est tombé de 25 %, les contribuables croulent sous les impôts et le nombre de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté grandit de jour en jour a déclaré Tsipras.

« Ils veulent augmenter l’électricité de 10 % pour les ménages dans un pays où des milliers de gens n’ont déjà pas accès à l’électricité. Ils veulent que nous abolissions la subsidiation du chauffage alors que des gens meurent de froid » a-t-il ajouté.

En 5 ans, la Grèce a déjà réduit les retraites jusqu’à 44 %, les salaires du secteur privé ont baissé jusqu’à 32 %. Selon Tsipras, le marché de l’emploi grec est détruit. (…) »

William Hill ne prend plus les paris sur « la Grèce quittera-t-elle la zone euro en 2015 » et « quel sera le premier pays à quitter la zone euro » (source). Cela sent de plus en plus le roussi pour Athènes et James Turk a expliqué le pourquoi du comment durant son dernier passage sur KWN :

« En Grèce, les positions se raidissent. La confrontation entre le gouvernement grec et ses créditeurs est à son paroxysme. Reste à voir qui sera le premier à céder. Le gouvernement grec a admis que ses caisses sont presque vides.

Le pays n’est plus en mesure d’emprunter de l’argent à la BCE ou aux banques grecques, sur ordre de Draghi. La collecte fiscale est la seule source d’argent de la Grèce et cette collecte est bien inférieure aux attentes du gouvernement.

La troïka refuse de lâcher du lest, elle exige le remboursement des créances en temps et en heure. Mais pour la Grèce, la seule façon d’y parvenir est de recevoir la prochaine tranche de 7,5 milliards d’euro prévue dans le plan de sauvetage. (…)

La BCE n’a pas encore activé la solution nucléaire soit le renflouement interne (bail-in) des banques grecques par les épargnants afin de se rembourser mais nous n’en sommes toujours pas très loin. Si la BCE souhaite récupérer ses billes, il s’agit de la seule alternative.

Il est important de noter que Draghi a confirmé l’exposition de la BCE à hauteur de 110 milliards d’euros à la Grèce qui est l’une des 2 variables cruciales de l’équation qui décidera du timing de la nationalisation des banques grecques. L’autre variable de cette équation c’est le montant des dépôts dans les banques grecques.

Nous ignorons combien d’argent il reste vu qu’aucun rapport récent en la matière n’a été publié. 130 milliards d’euros semble être une estimation plausible mais les dépôts continuent de baisser. Donc, même si la BCE n’accorde plus de crédit, les 2 variables continuent de converger et on ne les laissera pas se croiser. »

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L’Europe s’enfonce dans la déflation, mais l’accélération du mouvement a même surpris la majorité des analystes. Même l’Allemagne est désormais touchée, ce qui n’augure rien de bon :

« Pour la première fois depuis plus de 5 ans, l’Allemagne est victime de la déflation et il se pourrait qu’elle ne connaisse pas d’inflation avant la fin de l’année.

L’inflation est passée sous la barre de zéro pour la première fois depuis octobre 2009 d’après les premières estimations de Destatis. Sur une base annuelle, l’inflation aurait été de -0,3 % en janvier.

Les analystes avaient anticipé la déflation mais pas dans ces proportions. Une enquête avait estimé cette déflation à 0,2 %. Les chiffres définitifs seront publiés le 12 février. (…)

La baisse du pétrole a réduit la pression inflationniste aux 4 coins du monde et l’Allemagne n’a pas échappé à la règle. (…) » (source)

La situation de l’Allemagne ne fait que suivre la tendance européenne :

« Les prix à la consommation dans la zone euro ont baissé de façon record, uniformément, et bien plus qu’attendu en janvier semblant justifier la politique de création monétaire de la BCE afin de combattre la déflation persistante.

Eurostat a déclaré ce vendredi sur la base de premières estimations, que les prix dans les 19 pays de la zone euro sont inférieurs de 0,6 % par rapport à ceux de janvier 2014, après un déclin de 0,2 % en décembre. (…)

La zone euro n’a connu la déflation que durant une seule période, de juin à octobre 2009. Ce déclin de 0,6 % correspond au pire chiffre mensuel de ladite période soit juillet 2009. La baisse importante du coût du pétrole explique cette chute. » (source)

Tiens donc, on nous disait pourtant encore il y a quelques jours que la baisse du prix de l’énergie était une bonne chose pour l’économie européenne. Soit c’est faux, soit on se sert de cette baisse pour justifier la déflation.