Un prix Nobel à la rescousse de la déflation et du standard...

Un prix Nobel à la rescousse de la déflation et du standard or

Thomas-Sargent-Deflation-Standard-OrNe vous méprenez pas : nous ne donnons aucune valeur au prix Nobel. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous tenons à rapporter les déclarations de Thomas Sargent. Qu’un prix Nobel défende la déflation et l’intérêt du standard or, cela en dit long. Thomas Sargent est un économiste américain qui enseigne à l’université de New York, qui a reçu son prix Nobel en 2011 pour ses recherches sur la macroéconomie.

L’information a été rapportée sur ZeroHedge qui, avec sa malice habituelle, précise avant de citer les déclarations du professeur d’économie, « qu’il ose s’engager sur ce terrain, ce qui devrait probablement lui faire perdre son prix Nobel ». Voici ce que Sargent a dit :

« Les pays dont les prix baissent (donc, où il y a de la déflation) sont ceux qui ont des problèmes, comme la Grèce. Ils doivent améliorer leur compétitivité perdue. Cela signifie donc que les prix doivent baisser, donc aussi les salaires, et que la productivité doit augmenter. Lorsque les salaires baissent, les sociétés peuvent baisser leurs prix, et regagner donc en compétitivité. Ce genre de déflation n’est donc pas dangereuse, mais une correction nécessaire afin de rétablir la compétitivité internationale de ces pays. »

« Historiquement, il n’y a aucune raison de craindre une déflation. Nous bénéficions tous de la baisse des prix engendrés par le progrès technologique, comme les ordinateurs. »

En parlant des objectifs d’inflation de 2 % des banques centrales, Sargent estime que cette politique a pour objectif « de rendre pérenne une dette dangereuse. » Comme nous l’avons déjà dit, l’inflation permet de reporter le problème de la dette en la rendant moins lourde, même si le système a ses limites, à moins de vouloir finir comme le Zimbabwe.

Sargent poursuit : « l’inflation est une énorme machine de redistribution (de la richesse), qui diminue le fardeau de la dette au profit des créditeurs, tout en réduisant la valeur des actifs. » En ce qui concerne le standard or, Thomas Sargent n’affirme pas qu’il s’agisse de la meilleure solution selon lui, mais que ce ne serait certainement pas une décision insensée.

Il termine en disant qu’il est possible de reporter la montée des taux via la création monétaire, mais qu’il s’agit d’une baisse artificielle. À moyen terme, un ajustement massif aura lieu, avec des conséquences encore plus graves.

Assez étonnant d’entendre un prix Nobel affirmer ce qui semble être l’évidence : si la déflation entraîne de la douleur, celle-ci est nécessaire afin de rétablir les équilibres rompus par des politiques économiques désastreuses. Vouloir la repousser, c’est s’engager sur un terrain extrêmement dangereux. Pour reprendre l’expression chère à Olivier Delamarche : « plus on tire sur l’élastique, plus il risque de revenir avec force dans votre figure. »