William Kaye : grosse demande pour l’or, mais pas de backwardation

William Kaye : grosse demande pour l’or, mais pas de backwardation

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William Kaye, gestionnaire de hedge fund à Hong-Kong, a évoqué durant sa dernière interview sur KWN la demande importante qui règne sur les marchés de l’or et de l’argent physique (rien que le 1er octobre, la US Mint 1,15 million de Silver Eagles… en une seule journée), même si la backwardation n’a pas encore fait son retour pour l’or, ce qui signifie selon lui que l’or pourrait encore être poussé à la baisse :

« Cela fait un moment que nous disons que l’or et l’argent sont à des cours qui ne sont pas tenables. Pour le moment, la demande pour l’or est extrêmement élevée. C’est notamment le cas en Chine, même si cette vérité n’est pas rapportée dans les médias dominants.

Il y a sans conteste un regain d’enthousiasme sur le marché de l’or en Asie. La demande est également forte en raison du début de la saison des festivals en Inde.

C’est cette demande qui soutient les métaux précieux en ce moment. Je n’insisterai jamais assez sur le fait qu’il y a une énorme demande pour l’or physique autour des 1200 $ l’once. Le marché physique empêche les algorithmes de démolir davantage le cours de l’or.

L’or et l’argent qui sont désormais disponibles à prix cassés doivent être fournis aux acheteurs de physique. Plus les Européens sont agressifs avec leurs positions short papier, plus les Asiatiques sont agressifs dans leurs achats de métal physique.

Nous atteignons désormais des niveaux auxquels il sera de plus en plus difficile pour les banques centrales occidentales de poursuivre leur manipulation. Ce sera très compliqué pour les banques de lingots, et leur prédiction de 1050 dollars l’once pour l’or, de faire baisser significativement les cours pour atteindre leurs objectifs alors qu’en contrepartie, il faut trouver du métal à livrer aux acheteurs.

Mais contrairement à la dernière fois que nous avons approché ces niveaux sur le marché de l’or, les pénuries sévères de décembre 2013 ne sont plus aussi apparentes. Je veux dire que l’or n’est pas en backwardation par rapport au cours des contrats à terme (futures). C’était le cas l’année dernière.

À l’époque, j’avais dit que cette pénurie était l’argument principal pour prédire une hausse sérieuse sur le marché de l’or. Cette prédiction fut correcte, alors que l’or avait ensuite augmenté de 250 $.

Cependant, l’or ne devrait jamais être en backwardation et les taux GOFO ne devraient jamais être négatifs, comme c’était le cas fin 2013. Bien sûr, ces tensions extrêmes sur le marché furent apaisées par la hausse du cours de 250 $ à partir du début de l’année 2014. Aujourd’hui, les choses sont donc différentes (note : même si, selon James Turk, l’argent est bien en backwardation de 2 à 3 centimes à Londres), ce qui signifie que nous devrons voir d’abord réapparaître ces tensions extrêmes sur le marché physique pour mettre un terme à cette phase baissière.

Donc, même si je pense que nous atteignons des niveaux auxquels la demande pour l’or et l’argent physique devrait empêcher le marché papier à effet de levier du COMEX de pousser significativement les cours à la baisse, on ne peut pas affirmer avec certitude que le plus bas de 1180 ne sera pas retesté. »