William Kaye sur le pétrole en Chine et l’or du Venezuela

William Kaye sur le pétrole en Chine et l’or du Venezuela

Or-Venezuela-Goldman-Sachs-MaduroWilliam Kaye, c’est un peu l’Olivier Delamarche de KWN, un analyste qui ne manie pas la langue de bois. Dans sa dernière interview, il aborde des dossiers importants, notamment concernant les importations en pétrole de la Chine et l’or du Venezuela.

« Une information majeure vient de tomber, or personne n’en parle. On s’y attendait un peu, mais c’est désormais officiel : la Chine va désormais régler directement ses importations de pétrole avec sa monnaie locale, le renminbi (ou yuan). Il s’agit d’une nouvelle étape importante pour la Chine afin qu’elle se passe du dollar.

Cela signifie que la Chine aura des accords bilatéraux avec la Russie et d’autres pays majeurs, comme l’Iran, qui lui fournissent de l’énergie. Il s’agit d’un nouveau revers pour le dollar et pour l’hégémonie américaine. Pourtant, personne ne semble s’en soucier. Alors que ce genre de nouvelles devrait propulser lors de 50 ou 100 $ l’once, on a assisté à un mouvement inverse (note : le marché préférant se focaliser, une fois de plus, « sur la probabilité de la possibilité de commencer éventuellement à diminuer le QE »). D’une certaine manière, nous ne devrions pas être étonnés outre mesure, car c’est ce qu’il se passe presque à chaque fois qu’une bonne nouvelle tombe pour l’or.

Une autre information importante est tombée cette semaine. D’après les médias classiques, l’or qu’Hugo Chavez a tant combattu pour récupérer, avant qu’il ne disparaisse mystérieusement, va être prêté au système international dans un arrangement financier qui semble complexe. Je ne veux pas trop m’épancher sur le sujet. En tant qu’ancien banquier d’investissement, il faudrait que je lise le contrat pour émettre une opinion. Je ne veux pas trop faire confiance aux rapports de la presse, qui ont été très vagues.

Par contre, il semble clair que la décision prise par Nicolas Maduro, le successeur de Chavez, est dictée par la pression économique qui pèse sur le Venezuela. Le pays va donc prêter son or via Goldman Sachs, ou du moins une partie de ce que Chavez avait récupéré.

On peut interpréter cette nouvelle de plusieurs façons. Il se peut que l’Occident cherche désespérément à mettre la main sur du physique pour alimenter le système. Cette nouvelle tombe alors que le pillage des stocks du GLD et d’autres ETF a repris de plus belle. Je ne sais pas ce qui nous attend pour la suite, mais la grande arnaque continue. Je peux vous dire que vu les données des 2 fixings de Londres d’hier, d’énormes quantités d’or ont changé de main. Je pense que la Chine y est pour beaucoup.

Je peux également vous affirmer qu’à 1240 $ l’once, les fonds souverains et les banques centrales sont extrêmement intéressées d’acheter. Je suis persuadé qu’ils vont vouloir mettre la main sur le physique. La guerre de l’or devient frénétique. Comme à chaque fois que le cours est massacré via le marché papier, cela déclenche une vague d’achat de physique de la part de l’Asie.

Vous savez que j’ai parié sur l’or, et gros. En quelque sorte, j’ai parié sur la victoire des forces du bien. Mais pour le moment, ce sont toujours les forces du mal qui dictent leur loi. Elles vont peut-être gagner encore quelques batailles, mais sûrement pas la guerre. (…)

Investir est un jeu à long terme. Cela requiert de la patience, notamment d’être capable de voir des crétins autour de vous gagner de l’argent, et se la raconter. Mais si nous étions dans un match de foot, nous venons à peine de passer la première mi-temps. Il faut donc attendre la fin des 90 minutes et même des prolongations.

Les gens comme Eric Sprott et moi-même voyons les choses à long terme, nous regardons ce qui s’est passé durant les dernières décennies. Je peux comprendre que parfois, certains se disent « pourquoi je n’ai pas simplement acheté la bourse ? » Pourquoi conserver des métaux précieux à la maison, alors que ceux-ci sont malmenés depuis quelques années maintenant ?

Mais il s’agit d’une analyse à court terme. Vu la course à la dévaluation à laquelle participent toutes les grandes devises mondiales, cela va finir mal, très mal, pour ceux qui ont du papier. Par contre, pour ceux qui détiennent de l’or et de l’argent, cela se terminera bien. »