Actualités or-argent du 10 novembre 2020 : les marchés euphoriques concernant le vaccin Pfizer

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lingotins d'or

Quelle journée ! Le calme plat d’avant l’élection semble bien loin. La volatilité a fait son grand retour sur le marché des métaux précieux. Hier, l’or et l’argent ont littéralement dégringolé après l’annonce concernant l’efficacité d’un vaccin Covid, mesurée à 90 %. Cette nouvelle a déclenché des mouvements violents sur les marchés. Le pétrole a bondi, ainsi que les titres énergétiques, les valeurs cycliques. Les actions « Covid », principalement technologiques, ont en revanche été les victimes de ce renversement soudain de tendance.

L’or en chute libre de 100 $

Après avoir dépassé les 1.960 $, le métal jaune s’est subitement effondré après l’annonce de Pfizer. Au pire de la chute, il s’est retranché de plus de 100 $. Mais depuis la séance asiatique d’aujourd’hui, il grignote dollar après dollar pour se rapprocher lentement mais sûrement des 1.900 $. Au moment d’écrire ces lignes, l’once d’or vaut 1.887 $.

Tout ceci semble bien excessif. D’un marché positionné pour un environnement dans lequel tout le monde, terré à la maison, fait tous ses achats sur Amazon et compagnie, on est passé au retour à la normale sur base d’une annonce. C’est évidemment plus compliqué que cela. Certes, il s’agit d’une bonne nouvelle. Mais cet éventuel vaccin ne va pas régler les problèmes économiques et de dettes d’un coup de baguette magique. Comme l’a déclaré Ole Hansen de Saxo Bank :

« On pourrait se débarrasser du virus, mais cela ne veut pas dire que la croissance économique va se rétablir du jour au lendemain. Beaucoup de dégâts ont été faits, on ne peut pas les réparer facilement ou rapidement. Il y a toujours beaucoup d’incertitudes qui soutiennent le nouveau régime de l’or. Un vaccin, c’est positif, mais cela ne change pas l’environnement. La vérité, c’est que les taux ne seront pas relevés de sitôt. Ce qui sera positif pour l’or. En cas de relance rapide de l’économie mondiale, il y a alors des chances de voir l’inflation accélérer, ce qui ferait baisser les taux réels. »

Les autres nouvelles

  • Taux négatifs sur des obligations grecques : oui, vous avez bien lu. Les investisseurs payent désormais la Grèce pour avoir le privilège de lui prêter de l’argent sur 3 ans. En ce qui concerne les obligations sur 10 ans, le taux grec est désormais à moins d’un pour cent. Ce n’est pas miraculeux, la création monétaire ?
  • La FED cite le climat pour la première fois : à peine Joe Biden « élu », la FED a pour la première fois cité le changement climatique parmi les risques qui planent sur la stabilité financière. La Banque centrale américaine n’en est pas encore au point de la BCE. Mais cela n’est probablement qu’une question de temps avant que l’écologie ne soit avancée comme nouveau prétexte pour faire tourner de plus belle la planche à billets.