Corona et or : stagflation sous stéroïdes (S. Thomson)

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lingotins d'or

Hier, j’affirmais que sur fond de pagaille engendrée par la guerre contre le coronavirus, un mouvement de l’or au-delà de 1 550 $ serait incroyablement positif.

Aujourd’hui, cette zone de résistance est devenue une zone de support (voir le graphique spectaculaire ci-dessus). La FED vient d’annoncer ce que certains appellent un « QE infini ». Ce qui devrait être l’une des plus terribles décisions de l’histoire des États-Unis.

Cette semaine, la FED a promis de créer environ 100 milliards de dollars. Non pas pour acheter des lits d’hôpitaux, des combinaisons Hazmat, des médicaments ou des livraisons de repas à domicile pour les malades et les personnes âgées. Juste pour acheter des tas d’actifs.

De par le passé (il y a longtemps, c’est vrai), cela aurait provoqué des émeutes aux États-Unis. Des membres du Congrès et des gens de la FED auraient peut-être été lynchés sur la place publique. Aujourd’hui, ils sont amorphes alors qu’ils sont décimés par l’invasion de l’armée corona. Il s’agit du signe le plus important, parmi bien d’autres, que l’empire américain est fichu.

La comédie de la création monétaire est désormais à la croisée des chemins. La FED n’est plus seulement le prêteur de la dernière chance, elle est également l’acheteur de la dernière chance.

De la génération d’une croissance minime, des rachats d’actions et du contrôle de l’inflation, la FED va provoquer l’émergence d’une croissance zéro, de rachats d’actions minimaux et d’une inflation monétaire immense (soit la destruction de la valeur du dollar par rapport à l’or).

La stagflation des années 70 sous stéroïdes semble désormais devenir un scénario qui se dessine dans ce contexte morose de pandémie.

Les Gmen américains (les dirigeants) essayent de réaliser ce que toute la Chine sait impossible : laisser les gens sortir, sans protection, afin de relancer l’économie.

Pour faire court, les gens doivent être protégés lorsqu’ils interagissent. Le gouvernement ne peut pas se contenter d’attendre un tassement des statistiques pour renvoyer tout le monde dehors.

Une journée dans l’univers de Mad Max ressemble à un pique-nique par rapport à ce qu’il pourrait se passer en cas de seconde vague, plus importante que la première, de coronavirus aux États-Unis. Un tel événement serait provoqué par l’incompétence hors-norme de ce gouvernement américain.

Quid des actions minières ?

La bonne nouvelle pour les porteurs d’actions minières est que la FED semble déterminée à créer toute la monnaie nécessaire pour que les marchés restent ouverts. D’un point de vue technique, il y a un beau triangle symétrique qui se dessine sur le graphique du GDX. Cela dit, je me contente d’acheter agressivement lorsque le cours de l’or atteint la zone de support. C’est-à-dire à 1 450 dollars pour le cours spot, 1 465 $ sur les contrats à terme. À 17 $, le GDX est cadeau.

Et quid des actions ? J’avais dit avec insistance que ce krach serait complètement différent de celui de 2008. C’est le cas. Il n’y a pas de risque systémique. J’avais suggéré au contraire que ce serait un hybride de 1929 et 1966, et les faits me donnent raison. (…)

Un mot sur l’argent

En ce qui concerne l’argent, il est important de passer à l’achat lorsque l’or atteint une zone de support (comme pour les minières, donc). Le ratio or/argent est utile pour prendre décision lorsque l’or atteint une zone de support, mais il ne faut jamais l’utiliser seul pour passer à l’achat.

Voici le graphique de l’argent qui est en mode fusée. Le plus bas du métal gris à 12 $ a coïncidé avec l’arrivée de l’or dans la zone support des 1 450 $. Les acheteurs sont déjà récompensés. Et avec le scénario de la stagflation qui se confirme, cela ne pourra aller qu’encore mieux.