Inflation : pourquoi il est important de bien comprendre de quoi il s’agit

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Afin de combattre les conséquences du confinement politiquement orchestré, la FED fournit d’énormes quantités de monnaie à l’économie. Elle injecte de la monnaie de base dans le système bancaire tout en monétisant la dette impayée et en finançant les déficits de l’administration américaine avec de la nouvelle monnaie. Non seulement cela augmente les réserves excédentaires dans le système bancaire, mais aussi la quantité de monnaie qui se trouve dans les mains des sociétés des consommateurs.

L’objectif est de maintenir la liquidité pour tous afin de compenser la chute des profits et des rentrées salariales. La création monétaire de la FED commence déjà à produire ses premiers effets. À la fin du mois d’avril 2020, la masse monétaire M1 a augmenté de 28,5 % sur base annuelle. La masse monétaire M2 a quant à elle enregistré une croissance de 17,8 %. La banque centrale a fortement augmenté la quantité de monnaie en circulation, alors que l’économie se contracte. Tout cela n’est-il pas inflationniste ? Ça l’est, bien entendu.

Comprendre l’inflation

Dans ce contexte, il est crucial de bien comprendre ce qu’est l’inflation. Aujourd’hui, la sagesse populaire estime que l’inflation correspond à la hausse des prix des biens de consommation. Cependant, réduire l’inflation à ces prix est trompeur, pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, l’inflation des prix à la consommation ignore la hausse d’autres prix, surtout celle des actifs. Lorsque les prix des actions, des obligations et de l’immobilier grimpent sans que cette hausse ne soit compensée par une baisse des prix des autres biens, le pouvoir d’achat de la monnaie baisse. C’est ce qui s’est produit durant ces dernières décennies : les prix à la consommation n’ont pas augmenté de façon significative, tandis que les prix des actifs bondissaient.

Ceux qui détiennent ces actifs sont les gagnants, tandis que ceux qui ont de l’épargne ou des droits fixes exprimés en devises sont les perdants. Les premiers se sont enrichis sur le dos des seconds. Ce scénario a été rendu possible par les banques centrales et les banques commerciales.

La vérité est que la véritable définition de l’inflation correspond à l’augmentation de la quantité de monnaie en circulation. L’augmentation des prix des biens la consommation n’est que l’une des conséquences possibles de l’inflation. Celle-ci débouche, en revanche, sur une redistribution automatique de la richesse générée par cette augmentation de la masse monétaire. Il y a des gagnants et des perdants.

Examinons le cas d’une économie qui se contracte fortement. Alors que la demande décline, les prix subissent des pressions baissières. Afin d’empêcher la baisse des prix, la banque centrale augmente la quantité de monnaie qui se trouve dans les mains des sociétés et des consommateurs. En admettant qu’elle parvienne à obtenir le statu quo sur le front des prix, on pourrait en déduire que cette politique n’a pas eu d’effet inflationniste, vu que les prix sont restés constants.

Cependant, cette augmentation de la masse monétaire a empêché les prix de baisser. En conséquence, ce sont les producteurs et les propriétaires de ces biens qui sont protégés des pertes engendrées par la baisse des prix. C’est négatif pour tous ceux qui les achètent, vu qu’on les a privés d’acquérir des biens à des prix plus bas. Mais ce n’est pas tout.

La redistribution de l’inflation monétaire n’est pas équitable. Actuellement, ce sont les grandes banques, les multinationales et les intermédiaires financiers (assureurs, hedge Fund, etc.) qui sont les principaux bénéficiaires. Les PME et les salariés doivent se contenter des miettes. (…)

Actuellement, le chômage fait rage aux États-Unis. Cela devrait pousser les salaires à la baisse. De plus, les prix des matières premières ont lourdement chuté, particulièrement le pétrole, ce qui sape les politiques visant à générer de l’inflation. Pourtant, la quantité de monnaie a fortement augmenté, principalement parce que de l’argent fraîchement créé a pris la direction de comptes en banque.

Inflation ou déflation ?

Les conséquences que nous avons évoquées sont visibles. Mais les prix vont-ils augmenter ? Il s’agit d’une question intéressante. On peut penser que les sociétés et les consommateurs vont préférer épargner cet argent (baisse de la vélocité de la monnaie), ce qui signifie qu’il n’y aura pas de hausse des prix. On pourrait même connaître une baisse.

Cependant, vu que pour de nombreux ménages cet argent ne sert qu’à compenser des pertes de revenus, on peut aussi estimer qu’il servira à acheter de l’alimentation, des vêtements, etc. Étant donné que l’offre baisse, on peut conclure que l’inflation des prix va s’accélérer, malgré l’effondrement du cours du pétrole. (…)

Si ces questions restent ouvertes, il y a néanmoins une chose qui semble presque acquise : les politiques monétaires expansionnistes de la FED vont pousser les prix des actifs à la hausse (actions, immobilier, etc.). La corrélation entre la taille du bilan de la FED et le S&P 500 semble le suggérer.

La leçon à tirer pour les investisseurs est la suivante. Il est très probable que le dollar ainsi que les autres devises du monde vont continuer de souffrir. Le pouvoir d’achat des devises est la première victime des « politiques de sauvetage » des banques centrales. La dévaluation des monnaies se matérialisera par la hausse des prix des actifs, des prix des biens de consommation ou des 2. Vu où nous en sommes, il est difficile d’imaginer qu’un tel scénario ne se produira pas.

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