L’argent métal s’est enfin réveillé, va-t-il poursuivre sur sa lancée ?

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lingots d'argent métal

L’argent métal s’est enfin mis à surperformer l’or après être resté dans l’ombre du marché haussier du métal jaune. Et si les métaux précieux ont enregistré globalement de belles hausses au mois d’août 2019, c’est surtout le métal gris qui a brillé. Cela dit, les deux métaux devraient continuer à bien se comporter dans les semaines à venir, selon les analystes interrogés par MarketWatch.

« Les gens finissent enfin par croire que nous sommes dans un marché haussier », a déclaré James Hatzigiannis, stratégiste senior de Long Leaf Trading Group. « L’argent a toujours pour habitude de bouger dans le sillage de l’or avec une latence. Désormais, les investisseurs ont décidé de se tourner vers ce marché dans l’espoir qu’il soit entré dans un marché haussier. »

Les contrats de décembre sur l’or ont clôturé à 1529,4 dollars l’once vendredi, après avoir atteint quelques jours plus tôt un plus haut de plus de 6 ans. Les mêmes contrats sur l’argent ont clôturé à 18,142 $ l’once pour atteindre un plus haut de 2 ans. Pour le métal gris, il s’agit d’une hausse mensuelle de 11 %, de 18 % depuis le début de l’année.

« L’argent a encore beaucoup de chemin à parcourir pour rattraper son retard sur l’or vu que le ratio or/argent reste très élevé (83) », a expliqué Drew Rathgeber, courtier sur les marchés à terme de Daniels Trading de Chicago.

« L’argent dispose d’un potentiel haussier encore important », a-t-il ajouté. En janvier 2014, le ratio or argent était de presque 67 alors que le métal jaune s’échangeait à 1283 $ et l’argent à 19,60 $. Si le ratio devait atteindre le même niveau, l’argent serait facilement au-dessus de 20 $.

Dans le sillage de l’or

L’argent a désormais pris la roue du marché haussier de l’or. Alors que les taux négatifs se répandent un peu partout, que les banques centrales dévaluent l’argent papier et qu’elles accumulent de l’or, que la croissance ralentit et que les guerres commerciales font peser des incertitudes, « l’or est devenu une valeur refuge logique pour les investisseurs institutionnels », a dit Michael Armbruster, partenaire d’Altavest.

« En termes de potentiel de hausse, tout est permis, cela dépend de votre imagination, a-t-il ajouté. Tant que les conditions décrites ci-dessus persistent, je pense que l’or va continuer de grimper significativement. »

Rathgeber pense qu’à court terme, la prochaine zone de résistance importante se trouve autour des 1575 $. L’or devrait ensuite poursuivre jusqu’à 1625 $ si rien ne change. En cas de revirement de situation, l’or pourrait baisser à nouveau vers la zone de support des 1275 $, a-t-il déclaré.

Les taux négatifs, en plus d’avantager l’or sur le terrain des frais de détention, poussent également le métal jaune en raison du fait qu’ils pourraient être le signe avant-coureur d’une récession. Le rendement des bons du Trésor sur 10 ans est passé en dessous des 2 % ce mois, ce qui a provoqué l’inversion de la courbe des rendements. La crainte de la matérialisation de cette récession ne peut que renforcer l’attrait de l’or.

« La puissance des taux négatifs signifie que les investisseurs dans l’or ne sont quasi plus pénalisés par la détention de lingots par rapport à des obligations », a déclaré Rob Haworth, stratégiste senior de l’U.S. Bank Wealth Management. « Pour freiner l’or, il faudrait une résolution au litige commercial entre les États-Unis et la Chine, ainsi qu’une baisse des droits de douane, ce qui pourrait doper l’activité économique. » (…)

Et l’argent ?

En ce qui concerne l’argent métal, il fut « largement sous-évalué pendant la majorité de l’année 2019 lorsque l’or s’est mis à accélérer sa hausse à partir de 1400 $ », selon Wright. (…) Il a cependant averti qu’en vertu du rôle important de l’argent en tant que métal industriel, « ce paramètre pourrait le freiner quelque peu en cas de ralentissement économique mondial ou de récession ».