Les Allemands préfèrent l’or aux actions, ils sont plus de 26 millions à en posséder

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or de la Buba

Posséder de l’or est une façon de s’assurer contre le risque posé par l’endettement excessif. Les gouvernements n’apprécient pas trop que leurs citoyens achètent du métal, notamment en Allemagne. On parle beaucoup des Indiens et des Chinois qui aiment l’or, mais peu des Allemands. Pourtant, cette population a également de l’appétit pour le métal jaune, même si ses raisons sont différentes.

En Chine et en Inde, les bijoux en or sont un symbole de statut social, de réussite et de richesse. En Allemagne, posséder de l’or, que ce soit un lingot ou un collier 24 carats, sert avant tout à protéger son patrimoine, notamment durant les crises ou les guerres. Car les événements qui ont secoué l’histoire de l’Allemagne rendent ces risques encore frais dans l’esprit de la population.

En Inde, un mariage n’est pas un mariage sans or. Les cadeaux en métal jaune sont considérés comme de bon augure durant le festival de Diwali. Offrir des bijoux en or à la mariée est également censé porter chance. Dans un pays aussi fortement peuplé, cela signifie que les avoirs privés en or des Indiens représentent le plus gros stock d’or de la planète (24 000 tonnes !).

Malgré cela, en 2016, la Chine a dépassé l’Inde au classement des plus gros acheteurs de bijoux en or. Grâce aux Chinois toujours plus nombreux qui constituent les classes moyennes, la demande pour les bagues, les bracelets ou les colliers en or font grimper les ventes de métal, surtout en janvier et en février.

L’amour des Allemands pour l’or

Si tout ceci est largement connu, on parle beaucoup moins de l’Allemagne. Pourtant, plus de 26 millions d’Allemands possèdent des pièces d’or ou des lingots. À vrai dire, les particuliers parquent davantage d’argent dans le métal jaune que dans les actions. Une statistique difficilement concevable dans des pays tels que les États-Unis ou le Canada.

D’après une enquête récente commandée par la Reisebank, les Allemands possèdent 8 918 tonnes d’or, pour une valeur de 330 milliards d’euros. 55 % de ses investissements prennent la forme de lingots et de pièces d’or. Cette tendance est également visible du côté de la Banque centrale d’Allemagne. Seuls les États-Unis possèdent plus d’or que la Bundesbank.

Les achats anonymes d’or plafonnés à 2 000 €

Ces achats d’or physique ont été dopés fin de l’année dernière en raison de l’implémentation d’une nouvelle loi qui restreint les achats anonymes d’or à 2 000 €. Auparavant, cette limite était fixée à 10 000 €. Il s’agit de la transposition d’une directive européenne visant à combattre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Celle-ci n’incluait cependant pas spécifiquement les métaux précieux. Cela signifie qu’il s’agit d’une décision délibérée de l’Allemagne.

En décembre, les marchands d’or ont été littéralement pris d’assaut. Les Allemands craignent qu’un achat officiel puisse déboucher sur la confiscation de leur métal par la suite. C’est ainsi que Degussa Edelmetalle a expliqué en décembre au magazine Börse Online avoir été dépassé par la demande, les files ayant débordé en dehors des magasins. Pro Aurum a rapporté des ventes 3 fois supérieures aux volumes habituels.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement allemand baisse cette limite. Il y a 3 ans, le plafond avait été abaissé de 15 000 à 10 000 €. La loi stipule qu’en raison du grand nombre de transactions situées juste en dessous de 10 000 €, il fallait baisser la limite. Même si les statistiques montrent que sur les fraudes identifiées par le FIU, seulement 0,17 % d’entre elles concernent l’or.

Cela dit, est-ce vraiment significatif ? Ce n’est probablement pas le cas. Les personnes qui souhaitent vraiment acheter anonymement doivent simplement se contenter d’acheter une once à la fois. La logistique est un peu plus compliquée, mais sans plus. Les personnes qui achètent leur or en ligne fournissent déjà leur identité. Comme nous l’avons déjà expliqué à de maintes reprises, le spectre de la confiscation est alimenté par l’Executive Order 6102 de 1933 aux États-Unis, qui fut en fait une expropriation. Ceux qui ont remis leur or sur base volontaire ont été indemnisés : le mot confiscation est donc erroné. De plus, beaucoup d’Américains se sont simplement contentés de cacher leur métal, sans être inquiétés. Cette soi-disant confiscation de l’or est donc un mythe. Et si on ne peut rien écarter, ce risque est surestimé.

Source d’inspiration : SafeHaven