L’inflation arrive, protégez-vous avec l’or (Degussa)

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or de la Buba

Les prix à la consommation peuvent être en sourdine tandis que la planète continue de subir les effets de la pandémie de coronavirus. Mais la menace majeure d’une inflation plus élevée pointe à l’horizon, selon l’économiste en chef de Degussa.

À l’occasion d’une interview téléphonique accordée à Kitco News, Thorsten Polleit a déclaré qu’au lieu de se focaliser sur l’inflation des prix à la consommation, les investisseurs doivent faire davantage attention à la croissance de la masse monétaire, car c’est elle qui va alimenter l’inflation dans les années à venir.

Les commentaires de Polleit s’inscrivent dans un contexte de gouvernements et de banques centrales qui continuent d’inonder les marchés financiers de liquidités afin de soutenir une économie mondiale chancelante. Dans un rapport récent, le FMI a calculé que 12 trillions de dollars ont été injectés dans l’économie mondiale. Des statistiques récentes montrent que le bilan de la FED, en dépassant les 7 trillions de dollars, a établi un nouveau record.

« Les gens continuent de demander où est l’inflation, a-t-il déclaré. Il suffit de regarder les valorisations des marchés actions, de l’immobilier et des obligations. En ce moment, l’inflation impacte les actifs. Mais l’augmentation de la masse monétaire aux États-Unis et en Europe finira tôt ou tard par pousser les prix à la consommation à la hausse. »

« Cela va peut-être prendre du temps, mais cela aura lieu », a-t-il ajouté.

Selon Polleit, l’économie devra composer avec 2 problèmes débouchant de cette création monétaire des gouvernements et des banques centrales.

Dévaluation des devises et baisse de la production

La première, c’est la dévaluation des devises, et donc la baisse de leur pouvoir d’achat. Selon Polleit, cette situation s’apparente à de la destruction de richesse. En effet, créer de la monnaie ne rend pas les gens plus riches. « La monnaie n’est qu’un moyen d’échange. La richesse est générée par la production de biens et de services. Créer de la monnaie ne rend pas un pays plus riche. »

Dans l’environnement actuel, on a assisté à une baisse de la production dans de nombreux pays. Cela signifie donc qu’il y a davantage de monnaie pour acheter moins de produits. Et tandis que les gouvernements envisagent de mettre en place de nouveaux confinements en raison de l’augmentation des cas de coronavirus, les travailleurs et les entreprises risquent de dépendre totalement de l’argent public.

« Actuellement, la production est réduite. Ce qui signifie que la création de richesse est faible », a-t-il déclaré.

Creusement des inégalités

Le second problème, c’est le creusement des inégalités entre les riches et les pauvres. Les investisseurs qui possèdent un portefeuille diversifié s’enrichissent alors que l’inflation dope les prix des actions. Les consommateurs qui n’investissent pas en Bourse éprouvent de plus en plus de difficultés alors que leurs revenus baissent, mais pas les prix.

« L’inflation profite à certains, aux dépens des autres, a-t-il déclaré. Tandis que la quantité de monnaie augmente, les effets sont variés, mais au final la majorité s’appauvrit. »

Malgré le fait que les déficits publics et les bilans des banques centrales augmentent, le système peut continuer de fonctionner sans casser. Selon lui, il y a pourtant une solution simple pour l’économie mondiale : laisser les citoyens choisir librement la devise qu’ils souhaitent utiliser.

« La source de nos maux provient des politiques monétaires actuelles, et de l’utilisation de devises papier. Nous avons créé une économie mondiale qui repose sur la dette et qui alimente l’inflation », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’or est la meilleure monnaie pour garantir la préservation du pouvoir d’achat. Le métal jaune dispose de cette propriété depuis des milliers d’années. (…)