L’or à un plus haut historique sur le marché des futures

0
1324
Or

Le cours de l’or a fixé un nouveau record historique ce jeudi alors que le dollar atteignait un plus bas de 2 ans. Le contrat à terme du Comex pour livraison en juillet a grimpé jusqu’à 1.897,7 dollars l’once pour battre le record de 1.891,9 dollars du mois d’août 2011. Concernant le cours spot, le métal jaune devra encore progresser de 20 à 30 $ pour battre son record historique de 1.923,7 $.

Cet actif populaire pour son statut de valeur refuge est en hausse depuis le début de l’année. Les investisseurs, qui craignent une récession plus longue que prévu, boudent les actions et les obligations en faveur des métaux précieux. Les taux zéro et les stimulations économiques ont également dopé le métal jaune. De telles politiques jouent en faveur de l’or alors que les investisseurs cherchent désespérément du rendement. L’inflation devrait en effet augmenter la valeur relative du métal précieux.

« L’ampleur des mesures accommodantes prises est énorme, cela engendre des craintes légitimes de voir tout cet argent déversé dans le système générer de l’inflation », a déclaré Ed Moy, stratégiste en chef de Valaurum et ancien directeur de la US Mint. « Lorsque les gens ont peur, ils veulent retirer leurs jetons de la table. Et habituellement, ces jetons sont utilisés pour acheter de l’or en temps de crise. »

Les partisans de l’or ont des tas de raisons d’être optimistes. L’annonce américaine surprise de la fermeture du consulat chinois de Houston a ravivé les tensions entre les 2 superpuissances de mercredi. Cela a également effrayé les marchés à risque. L’augmentation des cas de coronavirus aux États-Unis a également modifié lentement mais sûrement le discours. D’une reprise économique rapide, on commence à craindre une récession qui va traîner en longueur.

Rien ne semble stopper la hausse de l’or depuis son accélération en mai. Les facteurs qui sont susceptibles de lui mettre des bâtons dans les roues ne vont pas se matérialiser pendant des mois, selon Edward Moya, analyste senior d’Oanda.

« Il y a une surchauffe sur ce marché, mais les fondamentaux soutiennent fortement cette hausse vers un nouveau record le mois prochain, a-t-il écrit dans une note. Le risque majeur pour le métal jaune, c’est de voir l’un des vaccins afficher des résultats impressionnants dans la phase 3 de test. Mais cela n’aura pas lieu avant de nombreuses semaines vu que les essais cliniques viennent juste de démarrer. » (source)

L’or se moque des tendances saisonnières en 2020

« Habituellement, cette période est calme pour l’or, a déclaré Ross Norman, de Metals Daily. Cette année est l’exception qui confirme la règle. À vrai dire, presque tout joue en faveur du métal. La dette record, l’augmentation inouïe de la masse monétaire, l’argent métal qui lui embraye le pas, les taux réels négatifs, et même la correction du dollar », précise-t-il à MarketWatch.

L’argent respire aussi la forme en ce moment. Sur les marchés à terme, le contrat de septembre a clôturé à plus de 23 $ ce mercredi.

Cet élan haussier de l’or est « provoqué par une tempête parfaite composée de gros titres concernant la pandémie, la baisse du dollar et des taux, ainsi que les stimulations visant à relancer l’économie », a déclaré George Gero, directeur de RBC Wealth management, à MarketWatch. « Cela pourrait durer plus longtemps que les cycles habituels » alors que la pandémie fait planer de nombreuses incertitudes économiques sur l’Europe, l’Amérique du Sud, l’Extrême-Orient et les États-Unis.

L’escalade des tensions entre les États-Unis et la Chine, l’élection présidentielle américaine à venir, les inquiétudes par rapport au creusement de la dette et les troubles sociaux qui se développent sont d’autres facteurs qui jouent en faveur du métal jaune, selon Gero.

Depuis le plus bas de moins de 1.200 $ enregistré en été 2018, l’or s’est apprécié de 50 %. Selon Adrian Ash, directeur de la recherche de BullionVault, il s’agit de la plus forte hausse de l’or sur 2 ans depuis 2012.

Le métal jaune s’est également apprécié d’environ 400 $ l’once depuis le krach des marchés de mars. Désormais, les spéculateurs ont pris le train des métaux précieux.

Cela dit, nous ne sommes pas à l’abri d’une correction. Le prix pourrait baisser « en raison de prises de bénéfices », a déclaré Norman. Simultanément, les marchés actions semblent « déconnectés de la réalité économique. Une correction pourrait déclencher des appels de marge, comme en mars », ce qui pourrait pousser les traders à vendre de l’or afin de couvrir ces marges.

Gero appelle également à la prudence : « La semaine prochaine, c’est l’expiration des options au COMEX, les options deviennent des contrats à terme qui ont besoin de marge, ce qui pourrait pousser les traders à prendre leurs bénéfices », a-t-il précisé.

Mais en cas de baisse du prix de l’or, « il ne s’agira que d’une nouvelle opportunité d’achat, une opportunité qui pourrait ne pas durer », a déclaré Norman. (source)