L’or grimpe modestement après le compte-rendu de la FED – retour du QE

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Eccles Building de la Fed

Ce mercredi, les contrats à terme or ont connu leur première session de hausse en 4 jours. Le compte-rendu de la dernière réunion de la FED, les évolutions des négociations entre les États-Unis et la Chine, le Brexit et les chiffres économiques ont pesé sur les décisions des traders. Du côté de la FED, on a décidé de s’occuper de la crise du repo en faisant un QE qui n’en aura pas le nom.

« Durant un discours à Denver suivi d’une séance de questions-réponses, Powell a annoncé que la banque centrale va bientôt commencer à augmenter la taille de son bilan, et ainsi ajouter des réserves au système financier afin d’éviter la récurrence des tensions inattendues du mois dernier sur le marché des capitaux à court terme.

La nouvelle a permis d’alimenter une hausse de courte durée des marchés actions ce mardi. Apprendre que la FED va se remettre à acheter de façon régulière des obligations américaines a rassuré les investisseurs. Cependant, de mauvaises nouvelles sur le front du litige commercial sino-américain ont effacé ces gains plus tard.

Un QE qui ne s’appelle pas QE

Les commentaires de Powell ont lancé un grand débat parmi les observateurs des marchés. S’agit-il d’un nouveau QE, ou d’une simple petite action bénigne dont l’objectif est d’assurer le bon fonctionnement du système financier ?

« À mon avis, peu importe le terme choisi par le président de la FED, a déclaré Yousef Abbasi, stratégiste marchés internationaux d’INTL FCStone à MarketWatch. Comme cela a été expliqué, il s’agit exactement de ce qu’on appelait QE. Ils vont acheter des obligations, augmenter la liquidité, il s’agit de mesures accommodantes. Peu importe le nom utilisé, cela va soutenir le cours des actions. »

Selon Mike O’Rourke, stratégiste en chef de JonesTrading, l’augmentation de la taille du bilan de la FED pourrait être quelque peu différente cette fois, car elle devrait se concentrer sur l’achat d’obligations à court terme. Cependant, vu que l’objectif est de permettre aux banques d’afficher des bilans plus conséquents et de prendre davantage de risques, « c’est très similaire à un QE », selon ses dires.

Au mois d’août 2018, la FED a mis un terme à son assouplissement quantitatif en ne réinvestissant pas les montants des titres arrivés à échéance. Cependant, le niveau des réserves des banques a baissé alors que celles-ci achetaient davantage de nouvelles émissions obligataires afin de financer le déficit fédéral, qui s’élève à presque un trillion de dollars.

Les réserves sont passées de 2,8 trillions en 2014 à 1,4 trillion le mois dernier, lorsque la FED a cessé d’acheter des Treasurys. En raison du manque de liquidités sur les marchés des capitaux, les taux à très court terme ont surpassé le mois dernier la fourchette haute du taux directeur fixé par la FED.

Avec cette opération, la FED souhaite fournir les réserves nécessaires afin de ne plus devoir intervenir quotidiennement, comme c’est le cas depuis ces 3 dernières semaines. »

Conclusion

Il est clair qu’il y a un souci. Même Jean-Pierre Chevallier, qui a pour habitude de vanter la solidité des banques américaines, l’avoue. Il semblerait bien que la FED soit dans l’incapacité de réduire la taille de son bilan, sous peine de faire exploser le système financier. À ce titre, nous aimerions connaître l’avis de Mme Yellen, qui nous avait promis que la réduction de la taille du bilan de son ancien employeur « serait aussi ennuyeuse que de regarder de la peinture sécher ».

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