L’or pourrait baisser jusqu’à 1.500 $ en 2021, selon DeCarley Trading

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Lingots d'or

Lorsqu’on investit, il est important d’écouter tous les points de vue. Si nous restons très optimistes pour l’or, nous sommes toujours attentifs à ce que les bears ont à dire. Ils sont plutôt rares aujourd’hui. Mais en voici un : DeCarley, qui estime que l’or pourrait baisser jusqu’à 1.500 $ l’année prochaine (source) :

« Carley Garner, fondatrice de la société de courtage matières premières DeCarley Trading, affirme que les marchés de l’or et de l’argent envoient des signaux contradictoires. Cependant, elle est pessimiste en ce qui concerne les métaux précieux. Selon elle, les investisseurs écartent la possibilité d’un dollar plus fort.

« Je pense que le dollar est en train de former un plus bas, donc toute hausse de l’or et de l’argent devrait être vendue », a-t-elle expliqué. Selon Garner, la différence de rendement entre les obligations américaines et d’autres pays va continuer de soutenir le dollar.

« La FED ne devrait pas augmenter ses taux avant longtemps, mais même aux niveaux actuels ils restent bien plus élevés que les taux négatifs européens, a-t-elle déclaré. Je pense que nous allons probablement voir beaucoup d’investissements étrangers dans les obligations US, peut-être même dans les actions. Cela devrait soutenir le dollar. Les investisseurs qui veulent maximiser leur rendement se tourneront vers les Treasuries. »

De plus, le vaccin de Pfizer et BioNTech pourrait relancer l’économie américaine plus vite que prévu.

« Le cours normal de la vie va reprendre. Tout le monde veut le faire en sécurité, mais la population attend avec impatience le retour à la normalité, a-t-elle ajouté. La nouvelle d’un vaccin permettra de doper la confiance et l’économie. »

Concernant l’ampleur de la baisse de l’or, elle pourrait être de 25 % selon Garner. Ce qui signifie que l’or pourrait reculer jusqu’à 1.500 $. Pour l’argent, elle prédit 15 $ l’once.

« Il faudra du temps pour atteindre ces niveaux, mais je pense que nous y arriverons l’année prochaine. Pendant le premier trimestre, peut-être le second. » Selon elle, le métal jaune est en train de répéter ses mouvements de 2011. L’or s’était consolidé dans un écart de 300 $ pendant plus d’un an avant de chuter en 2013. « D’un point de vue historique, l’or a tendance à enregistrer des hausses très importantes, pour ensuite baisser de façon aussi marquée ».

Que penser de tout ceci ?

S’il y a du vrai dans ce que dit Garner, l’analyse semble superficielle. Oui, les taux obligataires américains sont plus élevés. Mais en termes réels, ils restent négatifs. Le fait que les Treasuries US sont moins négatifs que leur contrepartie européenne ne les rend pas plus attractifs pour les investisseurs qui exigent un rendement positif.

Elle ne mentionne pas non plus les conséquences inflationnistes de la reprise. Si la FED tient ses promesses en ce qui concerne les taux, les taux réels baisseront, ce qui profitera aux métaux précieux en vertu de la corrélation inverse qui existe.

Aucune trace non plus de la reprise de la demande physique asiatique en cas de reflation. Les Chinois et les Indiens profiteront des baisses du cours. Certains oublient aussi que l’or était déjà au-dessus de 1.500 $ en janvier 2020, à une époque où le coronavirus était considéré comme un problème chinois que l’on observait distraitement. 11 mois plus tard, nous sommes plus que jamais endettés jusqu’à la garde, avec une activité économique qui n’a pas récupéré et des soucis géopolitiques qui se sont tout sauf apaisés. En toute logique, même en cas de poursuite de la correction, l’or devrait pouvoir tenir à des niveaux supérieurs. Voire les fameux 1.785 $ cités par Stewart Thomson et d’autres.

Oui, un dollar plus fort est un vent contraire pour l’or. Mais sa corrélation est moins forte que celle des taux réels. On peut donc très bien avoir une hausse conjointe des 2 actifs. Pour ce qui est de la rotation dans les actions américaines, nous sommes tout à fait d’accord, c’est un risque. Mais de nouveau, cette dynamique n’est pas suffisamment puissante pour effacer les effets des taux réels. Au risque de nous répéter, c’est donc sur cela qu’il faut se focaliser. »