L’or progresse en raison d’une FED divisée sur les taux et perplexe sur l’inflation

0
1174
lingots d'or pur

Ce jeudi, le cours de l’or a grimpé suite à la publication du compte-rendu de la réunion de la FED de juillet qui laisse entrevoir des désaccords concernant le timing des futurs relèvements du taux directeur américain, ainsi que la perplexité des décideurs de la Banque centrale US concernant l’inflation.

L’appétit des investisseurs pour le métal jaune a repris après que la publication du compte rendu de la FED ait abaissé les chances d’une hausse prochaine des taux et terni les perspectives du dollar, a déclaré à Fox News Eugen Weinberg, responsable de la recherche matière première de Commerzbank AG.

En plus de révéler la fracture au sein du Comité concernant de futurs relèvements de taux, le compte rendu fait également état des chiffres de l’inflation inférieurs aux attentes. La perspective d’une période prolongée sans mouvement du taux directeur américain est positive pour l’or vu que des taux plus élevés dopent le dollar et rendent l’or moins compétitif par rapport aux actifs sensibles aux taux comme les obligations (note : ce qui une fois de plus est complètement démenti par les faits : il n’y a aucune corrélation entre taux directeurs et cours de l’or).

La décision de Donald Trump de mercredi de dissoudre deux commissions consultatives sur le commerce ont également pesé sur le dollar, d’après Monsieur Weinberg.

L’existence de ces commissions avait laissé espérer que les États-Unis poursuivraient des politiques en faveur de la croissance. « Cet espoir s’est quelque peu éteint », a écrit Commerzbank dans une note.

« Nous pourrions assister à une correction de l’or à court terme parce que la hausse fut fortement spéculative, les investisseurs se ruant sur le métal en raison de la faiblesse du dollar et de la baisse des attentes concernant le relèvement des taux américains », a averti Monsieur Weinberg.

Désormais, les observateurs attendent la conférence de Jackson Hole de la semaine prochaine dans l’attente de nouvelles annonces de politique de la FED.

La FED commence (enfin) à se demander si ses modèles concernant l’inflation fonctionnent encore

Les responsables de la FED commencent également à se demander si leurs modèles les plus basiques concernant l’inflation fonctionnent encore.

Le compte rendu de la réunion du Comité de la FED des 25 et 26 juillet a révélé un débat cherchant à comprendre pourquoi l’économie ne produit pas plus d’inflation malgré les politiques monétaires accommodantes, le faible taux de chômage et la croissance économique solide.

Durant ces 5 dernières années, la Banque centrale américaine n’est pas parvenue à atteindre le plus clair du temps son objectif d’inflation de 2 %. Malgré cela, une majorité de membres du Comité de la FED sont en faveur de nouvelles hausses des taux. Cependant, le compte rendu indique que le débat s’intensifie quant à la question de savoir s’il s’agit de la bonne stratégie.

« Pour moi, ce compte rendu est préoccupant », a déclaré à Bloomberg Ward McCarthy, CFO de Jefferies LLC à New York. « Ils ne sont pas sûrs de leurs décisions, ils ne sont pas sûrs de pouvoir fournir la bonne ligne directrice. »

Pourtant, le Comité fait tout pour éviter d’envoyer ce genre de message.

Dans plusieurs passages, le compte rendu affirme que la « plupart » des participants campent sur leurs prévisions, à savoir qu’une inflation plus élevée finira par se manifester (note : car ils croient encore à la courbe de Phillips, pourtant jugée obsolète par de nombreux économistes mainstream). Cependant, le débat sur les modèles utilisés ainsi que la fiabilité des chiffres qui servent à calculer l’inflation indiquent tout de même que leurs certitudes concernant leurs prévisions commencent à s’effilocher.

Les prix affichent une inertie inhabituelle malgré la chute du taux de chômage, qui fut en juillet à un plus bas de 16 ans à 4,3 %.

L’indice des prix à la consommation américain a augmenté de 1,7 % entre juillet 2016 et 2017, tandis que l’indicateur d’inflation préféré de la FED, lié à la consommation, fut de 1,4 % en juin.

Source : Bloomberg et Fox Business