Pourquoi le prix de l’or va poursuivre sa folle ascension

0
5457
lingotins d'or de 50 grammes, 20 grammes, etc.

Les bears de l’or ont fini par jeter l’éponge suite à la succession de catalyseurs fiscaux et géopolitiques en faveur du métal, des indices de la Fed à l’escalade des tensions avec l’Iran. Mais il y a une tendance durable qui pourrait pousser l’or au-delà des 1700 $ l’once, peu importe les nouvelles du jour.

Bien sûr, il est difficile pour les bears d’ignorer une hausse subite de 50 $ de l’or, qui s’échange désormais bien au-dessus de son record de ces 5 dernières années.

Non seulement le conflit américano-iranien devient très chaud, avec la décision de Trump de déployer 1.000 hommes supplémentaires dans le Moyen-Orient. Mais la BCE a adopté un ton très accommodant et déterminé en affirmant qu’elle n’hésitera pas à fournir des stimulations additionnelles. Soit des baisses de taux.

La cerise sur ce gâteau en or est fournie par la Fed, qui a désormais clairement indiqué qu’elle n’a pas abandonné l’idée de baisser son taux directeur en 2019.

Mais hypnotisés par ce barrage de mauvaises nouvelles favorables pour l’or, le CEO d’EuroSun Mining, Scott Moore, affirme que nous oublions une tendance significative qui survivra les tensions géopolitiques actuelles et même les politiques de la Fed : la tendance mondiale en faveur de la dédollarisation.

« Les gouvernements de par le monde s’inquiètent de plus en plus de l’hégémonie internationale du dollar dans le commerce international, » a déclaré Moore. « Ils font donc le maximum pour s’en distancer en utilisant leurs réserves pour acheter de l’or. »

Ce processus est déjà en cours dans de nombreux pays habités d’un fort sentiment anti-américain tels que la Russie, l’Iran, le Venezuela, la Chine, la Syrie, la Turquie, le Qatar, l’Inde, le Pakistan, la Libye, l’Égypte et les Philippines, entre autres.

Bien entendu, ces pays se tournent vers l’or vu que le métal jaune n’est contrôlé par personne, au contraire du dollar et des moyens de paiement électronique. Cette tendance saute aux yeux lorsque vous observez les achats d’or des banques centrales.

D’après le World Gold Council, les banques centrales ont acheté durant le T1 2019 près de 70 % d’or de plus que durant le premier trimestre 2018. (…) Il y a des tas de gestionnaires milliardaires qui pensent que les prix « fous » actuels de l’or ne sont que le début.

Paul Tudor Jones n’est pas le moins connu de la bande. Il a déclaré que l’or « a tout pour lui ». Il le voit atteindre les 1700 $ l’once « assez rapidement », comme il l’a déclaré dans une interview accordée à Bloomberg. Et cela simplement en raison des tendances à court terme engendrées par la Fed et les tensions géopolitiques.

La Russie et la Chine ont accéléré leur stratégie de dédollarisation en raison des sanctions de Trump. Les derniers pays à avoir rejoint le club sont la Serbie et les Philippines. La Serbie a décidé de doper ses réserves d’or cette année : elles devraient passer de 20 à 30 t d’ici la fin 2019, et même à 50 t d’ici la fin de l’année suivante. Tudor suit de près ces évolutions, car selon lui elles représentent un changement majeur :

« N’oubliez pas que nous avons connu 75 années de croissance de la mondialisation et des échanges commerciaux, nous avons construit la machine économique autour de ces choses qui devaient être immuables. Soudainement tout est remis en question, le processus est inversé, » a-t-il déclaré. Moore opine : « Ce qui se passe actuellement avec l’Iran ne va qu’accélérer le processus de la dédollarisation. Le dollar n’est plus vraiment le roi incontesté, l’or est plus que prêt à reprendre sa place légitime sur le trône des valeurs refuges. »

Source