Quelle menace pour le monde émane des dettes chinoises en dollars ?

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Yuan chinois

La dette privée en dollars, d’environ 230% du PIB chinois, risque de provoquer une crise mondiale d’envergure, prévient Kevin Lai, chef économiste nippon pour l’Asie hors Japon chez Daiwa Capital Markets, ajoutant que la baisse du yuan compliquait le désendettement de la Chine. Un analyste chinois commente la situation pour Sputnik.

Le total des dettes en dollars dans le monde s’élève à 12.000 milliards, dont 3.000 milliards reviennent à la Chine qui n’a, selon Kevin Lai, chef économiste nippon pour l’Asie hors Japon chez Daiwa Capital Markets, aucun moyen «de relancer proprement son économie si elle ne parvient pas à réduire sa dette de manière significative et, pour l’instant, toutes ses annonces concernant le désendettement ne produisent aucun résultat».

Cette situation est effectivement préoccupante et comporte de gros risques, a admis dans un entretien accordé à Sputnik Bai Ming, chercheur du département d’étude des marchés internationaux de l’Institut de recherche sur la coopération économique internationale auprès du ministère chinois du Commerce.

« Néanmoins, le fait que la Chine limite le mouvement des capitaux peut aider à prévenir un effondrement désastreux. […] Peu importe qu’il s’agisse d’une dette en dollars ou en euros. Somme toute, le problème n’échappe pas à la gestion, la Chine contrôlant le mouvement des capitaux », a expliqué l’interlocuteur de l’agence.

Il a toutefois reconnu que les autorités étaient sérieusement préoccupées par ce problème.

« Un contrôle serré tant sur l’afflux que sur l’exode des capitaux est notre tâche prioritaire à ce jour. […] Les prêts internationaux doivent aller aux projets dans le secteur réel et non à des spéculations sur le marché de l’immobilier ou ailleurs. Il faut couper court aux opérations spéculatives pour que les prêts soient employés à des projets effectivement prometteurs », a résumé le Chinois.

De son côté, Kevin Lai pointe l’inflation en Chine en raison d’un tassement de la demande intérieure et d’une moindre vigueur de l’activité manufacturière. Selon le Japonais, le principal consiste à présent à ne pas admettre la chute ultérieure de la monnaie chinoise pour éviter une crise de la dette en Chine, susceptible de dégénérer en désastre mondial.