Vaccin miracle : les banquiers centraux ne sont pas convaincus

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vaccin covid et économie

Après les annonces de Pfizer et Moderna, les marchés se sont emballés. Nous allons être bientôt débarrassés du coronavirus, les choses vont pouvoir reprendre leur cours normal. Le problème, c’est que le cours normal n’était pas très folichon. Et désormais, nous allons devoir gérer les dégâts, ainsi qu’une dette encore plus lourde. Du côté des investisseurs, la pièce ne semble pas être tombée. Malgré les avertissements lancés par la FED, la BCE et compagnie.

La FED confirme sa posture accommodante

Ce mardi, le président de la FED a répété que les taux directeurs américains allaient rester proches de zéro autant que nécessaire. Jerome Powell a également confirmé que la banque centrale resterait accommodante.

Selon lui, l’économie semble s’être redressée plus vite que prévu. Cependant, il note que le rythme de cette amélioration a baissé récemment. Les problèmes se trouvent particulièrement du côté des travailleurs à bas salaires dans les secteurs qui fournissent des services directs au public.

La reprise étant « incomplète », Powell a indiqué que l’augmentation des cas de Covid aux États-Unis reste la plus grosse menace qui pèse sur l’économie. Les nouveaux records récents (180.000 cas rien que vendredi dernier) mettent en danger la relance.

Si les vaccins de Moderna et Pfizer sont de bonnes nouvelles, le patron de la FED avertit que nous sommes encore à des mois d’un plan de vaccination massif. « Il est trop tôt pour tirer des conclusions fiables concernant l’impact du vaccin sur la trajectoire économique », a-t-il déclaré.

Powell a réitéré que la FED ne songe pas à relever les taux ou à réduire la taille de son bilan, qui a gonflé à 7 trillions de dollars suite à des achats massifs d’obligations. Il a également indiqué que les dispositifs qui fournissent des liquidités et du support aux marchés obligataires municipaux et corporate, notamment, pourraient être prolongés en 2021. Pour rappel, 12 des 13 dispositifs de liquidités expirent au 31 décembre 2020.

Le 5 novembre, il avait déclaré qu’aucune décision n’avait été prise concernant la fin de ces dispositifs. Mais cette fois, il a précisé « ne pas penser » que ces programmes doivent prendre fin « maintenant ou dans un avenir très proche » (source)

« Ce ne sera jamais plus comme avant »

Outre cette prudence concernant la reprise, Powell prévient également que cette pandémie va bouleverser le paysage économique. « Nous ne connaîtrons pas un retour à une économie telle que nous la connaissions, il y aura une nouvelle donne », a-t-il déclaré. Ce faisant, il s’est fait l’écho de ce que l’on a pu entendre du côté du forum de la BCE de la semaine dernière.

La pandémie a accéléré des tendances sous-jacentes, comme le recours grandissant à la technologie, à l’automatisation et au télétravail, a déclaré Powell. Si ces changements profitent à certains, ils se font au détriment d’autres à court terme.

Il a déclaré que ce n’est pas le moment de se soucier de la situation fiscale des États-Unis, malgré les trillions dépensés par le gouvernement afin de doper l’économie. Selon lui, il faudra s’occuper de cette problématique lorsque le taux de chômage sera à nouveau bas, et lorsque les rentrées fiscales se seront redressées.

Le vaccin ne va pas bouleverser les prévisions de la BCE, selon Lagarde

Cette prudence, on la retrouve également dans les déclarations de Christine Lagarde. De Reuters :

« Un vaccin efficace contre le coronavirus ne changera pas fondamentalement les projections économiques de la Banque centrale européenne. Elle avait déjà pris en compte une solution médicale dans ces prévisions.

Si le déploiement du vaccin pourrait se produire plus vite que prévu, l’économie va également souffrir davantage qu’anticipé en raison de la seconde vague, dont l’ampleur surprend. »