Au cours des années 1970, les États-Unis ont connu une décennie de croissance économique inférieure à la moyenne. Simultanément, les taux d’intérêt ont grimpé. Au final, le cours de l’or et de l’argent s’apprécia de façon massive.
Certains secteurs ont explosé tandis que d’autres furent à la traîne. Comme aujourd’hui, la majorité de la population dut faire face à la hausse des prix des logements et des produits de base, le tout sur fond de taux d’intérêt élevés.
Cet environnement inhabituel et difficile, que l’on a fini par baptiser stagflation, avait finalement poussé les personnes les plus perspicaces vers l’or et l’argent. Avec quel résultat ?
L’or, après avoir été autorisé à fluctuer librement au lieu d’être fixé à 35 $ l’once, est d’abord passé à 200 $, puis est tombé à 100 $ avant de grimper à un pic nominal de 850 $. Comme de coutume, l’argent s’est apprécié encore plus, atteignant 50 $ l’once.
Depuis des années, l’inflation (officiellement déclarée) s’élève à 1 ou 2 % par an. La plupart des gens, y compris la génération actuelle des acteurs des marchés, ont peu ou pas de souvenirs de l’inflation, des taux d’intérêt et des prix des métaux relativement élevés de la fin des années 70. Ils sont peut-être sur le point de subir un choc…
Plata o Plomo ?
Les bandits mexicains, lorsqu’ils tentaient de délester leurs victimes de leur bourse, leur lançaient « plata o plomo », soit « de l’argent ou du plomb (balles) ».
Vu que la demande et le coût croissant des matières premières font maintenant en sorte que le prix des munitions est plus élevé de plusieurs fois par rapport à l’année dernière, peut-être que ces bandits diraient aujourd’hui « plata y plomo »… Argent et plomb.
À en juger les douilles qui gisent à proximité du champ de tir local, on peut déjà voir que l’on est déjà bien au-delà de l’objectif d’inflation de 2 % de la FED.
Cependant, ils ont également laissé entendre qu’il serait acceptable de laisser l’inflation « surchauffer ». L’année dernière, une boîte de 500 cartouches 0.22 pouvait être achetée pour moins de 25 $. Aujourd’hui, il faut plutôt compter 100 $. La FED obtient-elle ce qu’elle souhaitait ?
Inflation ? Déflation ? Les deux ?
Ce débat dure depuis plusieurs années alors que les gouvernements continuent d’augmenter leurs dépenses. Pour simplifier à l’extrême, s’ils laissent le défaut des dettes, le résultat est la déflation.
Si la planche à billets et le robinet des dépenses ne sont pas contrôlés, l’inflation est plus probable. Une demande excessive, une perte de confiance et une augmentation de la vélocité de la monnaie nous conduiront de façon fiable vers le chemin de l’inflation.
Quelques classes d’actifs comme les actions et la plupart des secteurs de l’immobilier se maintiendront dans un premier temps mais, par la suite, seront à la traîne en raison de la chute précipitée du pouvoir d’achat.
L’or et l’argent seront alors les grands bénéficiaires. Et ceux qui en auront fait l’acquisition pourront non seulement échapper aux dégâts de l’inflation sur leur patrimoine, mais aussi l’augmenter.
Depuis août 2020, ce n’est plus un long fleuve tranquille pour les détenteurs de métaux précieux physiques ou d’actions minières. Cependant, comme l’a dit Lobo Tiggre, « aucun prix ne monte éternellement sans faire de pause. C’est pourquoi ils appellent cela une correction … En bref, je considère toute correction à court terme comme une opportunité d’achat pour les matières premières – encore plus pour l’or et l’argent, qui sont également des métaux monétaires. Relevez d’ailleurs que l’argent appartient aux deux catégories ».
Prix en hausse ? La demande d’or et d’argent augmente. Le prix baisse ? Idem
Ce qui devient de plus en plus évident, c’est que lorsque les prix de l’or et de l’argent augmentent, les achats des particuliers aussi. Et quand les prix baissent… On assiste au même phénomène ! Les Monnaies à qui j’ai parlé rapportent toutes des ventes soutenues de tous leurs produits en or et en argent.
Prenons la Perth Mint d’Australie, par exemple. Ses ventes de produits or et argent ont grimpé en flèche en février, avec plus de 124.000 onces d’or et plus de 1,8 million d’onces d’argent vendues au cours du mois. Par rapport à février 2020, les ventes ont augmenté de plus de 400 % pour l’or et de 200 % pour l’argent, les investisseurs ayant profité de la baisse des prix des métaux précieux.
Les autorités ne disposent que de 3 options pour régler le problème de la dette :
- Réduire considérablement les dépenses, donc le déficit budgétaire ;
- Augmenter considérablement les impôts ;
- Laissez l’inflation diriger la politique économique, avec pour résultat final le remboursement des dettes gouvernementales avec une devise dévaluée.
Compte tenu de la façon dont les politiciens et les gestionnaires des devises ont toujours traité ce problème, je penche fermement en faveur de la « solution » inflationniste.
Nous savons déjà que non seulement l’inflation est bien plus élevée que le disent les statistiques hautement manipulées du gouvernement, et ce, dans des secteurs disparates de l’économie, mais plus important encore, que la hausse s’accélère de façon assez inquiétante :
- En Indonésie, le tofu coûte 30 % de plus qu’en décembre ;
- Au Brésil, le prix de la denrée alimentaire de base (haricots rouges) a augmenté de 50 % au cours du mois dernier ;
- En Russie, les consommateurs paient 60 % de plus pour le sucre au cours de la dernière année ;
- L’inflation des céréales s’élève désormais à un taux annualisé de 20 % ;
- Les essaims de sauterelles dévorent les récoltes en Afrique de l’Est et en Arabie saoudite ;
- Michael Snyder a écrit que le chef du programme alimentaire des Nations Unies a déclaré qu’il y aurait « des famines de proportions bibliques en 2021 » ;
- Vu l’intérêt récent des traders de Wall Street Bets – Reddit dans les secteurs des métaux précieux, l’argument visant à dire que nous sommes proches d’une prise de conscience publique est plus fort que jamais.
Notez qu’un nouveau subreddit, Wall Street Silver, compte déjà plus de 30.000 membres.
Peu de gens savent que, même si le gouvernement fédéral vante la validité du CPI pour mesurer l’inflation, à la fois actuelle et attendue, ils admettent ouvertement que les prix des denrées alimentaires sont le prédicteur le plus précis de l’inflation ! C’est le moment d’examiner attentivement son ticket du supermarché.
L’ancien secrétaire au Trésor américain, Lawrence Summers, ni plus ni moins, a dit : « Je pense qu’il y a une réelle possibilité que, durant le courant de l’année, nous soyons confrontés au problème de l’émergence de l’inflation, le plus grave auquel nous ayons été confrontés au cours des 40 dernières années. »
À partir de maintenant, considérez qu’une inflation élevée, concomitante avec une croissance économique asymétrique et des déficits publics massifs à cause des revenus garantis, probablement le recours grandissant à la théorie monétaire moderne, va reproduire les effets stagflationnistes délétères des années 70… mais en bien pire !

