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L’or se rapproche des 1.800 $, le régime argent papier en fin de course ?

Ce mois marque le 50e anniversaire de la fin de la convertibilité du dollar en or, qui fut proclamée en 1971 par Richard Nixon. Dans ce contexte, l’or a connu une volatilité élevée. Contre les attente générale, il se relève de son flash crash pour s’échanger désormais juste en dessous des 1.800 $. L’argent est par contre encore groggy, à la traîne derrière le métal jaune.

Selon Ole Hansen de Saxo Bank, l’or a terminé la semaine dernière sur des bases plus solides après la publication de chiffres Umich plus faible qu’anticipé. Une fourchette de résistance majeure a émergé entre 1.790 $ et 1.815 $, tandis que le support doit s’établir autour de 1.750 $. Après le krach éclair de lundi dernier, les spéculateurs ont réduit leurs positions longues nettes sur l’or et l’argent de plus de 50 %. Ce qui ouvre la porte à de nouveaux achats en cas d’un breakout. Cette semaine, le marché sera attentif au discours du président de la Fed, Jerome Powell, ainsi qu’au compte-rendu de la dernière réunion de la Fed.

Jim Reid de Deutsche Bank sur la pérennité du système financier reposant sur l’argent papier

Il y a près d’une décennie, pour le 40e anniversaire de la fin de l’étalon-or annoncée par Nixon, nous avions observé que ce n’est pas seulement la convertibilité du dollar en or qui avait disparu. Cet événement marqua aussi la fin de la prospérité de la classe moyenne américaine. Car si la croissance des revenus des 90 % avait grimpé en flèche depuis la Seconde Guerre mondiale, elle s’est soudainement stabilisée autour de la décision historique de Nixon en 1971. Simultanément, l’avènement du « fiat standard » a inauguré une ère de richesse sans précédent pour les 1% les plus riches, dont la fortune a explosé depuis. Comme le met en exergue le graphique ci-dessous, la décision de Nixon allait entraîner des conséquences monumentales non seulement pour les États-Unis, mais pour le monde entier.

En vert, croissance des revenus des 90%, en orange des 1 %

Dix ans plus tard, le stratège crédit de la Deutsche Bank, Jim Reid, nous rappelle que ce dimanche dernier a marqué jour pour jour le 50e anniversaire de la suspension de la convertibilité du dollar en or par Richard Nixon. (source)

Ce fut, explique Reid, le début de l’ère mondiale de l’argent papier. Il relève que « l’une des raisons pour lesquelles elle a survécu aussi longtemps est qu’au début de cette période, la dette mondiale était très faible ».

Une fois que les « chaînes » et les contraintes politiques posées par l’or et l’argent sain ont été supprimées, les pays ont pu aligner des déficits structurels et augmenter la dette à des niveaux sans précédent. Au début, cela n’a pas eu d’implications systémiques majeures pour beaucoup de pays, car la dette restait historiquement faible. Cependant, la crise financière mondiale a fixé, du point de vue du stratège de DB, la limite d’endettement qu’un marché libre peut supporter : « Une crise financière mondiale unique est apparue, suivie d’une crise souveraine, » a-t-il écrit.

Cependant, alors que les perspectives semblaient sombres pour notre système basé sur l’argent papier et alimenté par la dette, les QE des banques centrales sont arrivées pour bouleverser complètement la donne financière. Depuis lors, les bilans des banques centrales du G10 sont passés d’un peu moins de 5.000 milliards de dollars en 2007 à un peu moins de 30.000 milliards de dollars aujourd’hui.

Reid synthétise avec à-propos la situation : « Nous avons exploité la flexibilité de la monnaie papier pendant 50 ans pour résoudre nos problèmes immédiats en les reportant simplement à demain. » Il conclut en posant la question rhétorique suivante : « Combien de temps cela pourra-t-il durer ? »

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