Alan “des bulles” Greenspan revient vers le gold standard

Alan “des bulles” Greenspan revient vers le gold standard

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160708_LCA_timeAvec un étalon-or, le volume de crédit qu’une économie peut soutenir est déterminé par les actifs tangibles de cette économie, puisque chaque instrument de crédit constitue, en fin de compte, un droit sur un actif tangible. […] L’abandon de l’étalon-or a donné la possibilité aux étatistes de se servir du système bancaire pour se livrer à une expansion du crédit illimitée. 

— Alan Greenspan, 1966

Ce vieux chenapan ! Avant d’intégrer la fonction publique, l’ex-président de la Fed, Alan “des bulles” Greenspan, était un fervent défenseur de l’or et de l’étalon-or. Dans ses écrits, il clamait haut et fort qu’il était nécessaire de freiner le Deep State et de protéger les libertés individuelles. Et puis il est parti à Washington et sa langue a fourché : d’un côté, l’honnêteté et l’intégrité ; de l’autre, le pouvoir et la gloire.

La simulation

Selon le système monétaire de Bretton Woods, les Etats-Unis avaient promis aux banques centrales étrangères qu’elles pourraient convertir leurs dollars en or selon un cours fixe de 35 dollars l’once.

Cela limitait la quantité de dollars que les Etats-Unis pouvaient imprimer à la quantité d’or qu’ils possédaient dans leurs réserves.

Greenspan, qui est intelligent, s’est vite rendu compte qu’il ne pourrait pas défendre ce bon vieil étalon-or qui avait fait ses preuves et diriger le nouveau système monétaire du Deep State, fondé sur le crédit.

En 1987, il a fait son choix. Il a pris la présidence de la Fed et simulé pendant les 19 années suivantes.

Depuis 1978, nous avons eu quatre présidents de la Fed. Certains furent intelligents. Certains furent honnêtes. Seul Paul Volcker fut à la fois intelligent et honnête.

Bernanke a été honnête… selon nous. Autant que nous puissions le dire, Janet Yellen aussi. Tous d’eux veulent peut-être bien faire, mais ils prennent bien soin de ne pas raisonner hors des clous du Deep State.

Alan Greenspan était intelligent. Mais c’est un chenapan. Il a toujours su que le système était corrompu et intéressé. Il l’avait expliqué dans certains articles publiés avant qu’il n’intègre la Fed.

Mais il savait également qu’il ne ferait jamais la couverture du Times s’il disait la vérité.

En 1999, Greenspan a fini par la décrocher, cette Une. Le magazine a publié sa photo, de même que celles de Robert Rubin, alors secrétaire au Trésor, et de Larry Summers, son adjoint, sous le gros titre suivant : “Le Comité qui va sauver le monde”, en référence à leur gestion de la crise financière asiatique.

Greenspan, ce qu’il voulait, c’était le pouvoir. Or il savait qu’il devrait jouer le jeu du Deep State pour l’obtenir.

Un âge d’or

Désormais, M. Greenspan a 90 ans.

Après la décision du Royaume-Uni de mettre un terme à son adhésion à l’Union européenne, voici ce qu’il a dit lors d’une interview :

Si l’on regarde l’histoire de l’humanité, il y a eu des moments où nous pensions qu’il n’y avait pas d’inflation et que tout allait bien. […] Les cours du pétrole ont eu un formidable impact sur l’inflation mondiale et je ne serais pas étonné que le prochain mouvement inattendu se produise du côté de l’inflation. Elle arrive sans crier gare.

L’ancien président de la Fed pense qu’une nouvelle crise de la dette est inévitable. Il croit qu’elle aboutira à une inflation élevée. Quelle solution propose-t-il ? L’or :

Si nous revenions à un étalon-or et que nous adoptions exactement la structure de l’étalon-or tel qu’il existait, disons, avant 1913, ce serait bien. Souvenez-vous que cette période de 1870 à 1913 a été l’une des périodes les plus dynamiques, du point de vue économique, qu’aient connu les Etats-Unis, et ce fut un âge d’or de l’étalon-or.

Le compte-rendu de la dernière réunion de la Fed ne révèle aucune intention de revenir à un étalon-or. Les spécialistes de la planification centrale, à la Fed, aimeraient plutôt avoir leur photo dans le Times, eux aussi.

Ils ne peuvent ni renoncer au contrôle qu’ils exercent sur l’argent du pays, ni risquer une correction. Il serait “prudent d’attendre de nouvelles données” avant de relever les taux, disent-ils. Greenspan aurait pu dire la même chose, lui aussi… tout en réprimant peut-être un sourire sournois.

Une bulle aux origines douteuses

Nous relions les données entre elles, nous traçons des traits entre les points ; nous souhaitons que les nouveaux lecteurs voient ce que nous voyons, alors observons d’autres données, ou points, ensemble.

Comme tout le reste, au sein de l’économie et des marchés, le crédit est cyclique.

Au début d’une phase d’expansion, les gens empruntent de plus en plus. Ensuite, lorsqu’ils ont trop emprunté, ils font marche arrière, font défaut sur les remboursements, réduisent leurs dépenses… et réduisent leur endettement.

Cette phase d’expansion, tout comme le marché haussier qui l’accompagne souvent, à Wall Street, représente les jours heureux. Les gens se sentent plus riches et plus intelligents ; ils se sentent pousser des ailes et ont des bouffées de testostérone.

Puis vient une période moins heureuse, faite de blâmes et de regrets…

“Tu n’aurais jamais dû acheter ce bateau”, dit l’épouse, nerveusement.

“Je t’avais dit que nous n’avions pas besoin de cet autre entrepôt”, dit l’associé de l’entreprise, inquiet.

“Je pensais que ce diplôme me permettrait d’augmenter mes revenus”, dit le diplômé de l’université, en prenant votre commande, au restaurant.

L’argent facile est censé engendrer un boom des actifs… lequel est censé engendrer un boom économique… lequel est censé engendrer de la richesse, censée rembourser toutes ces dettes exagérées que l’expansion du crédit a engendrées.

“La hausse du cours des actions stimulera la richesse des consommateurs et contribuera à renforcer la confiance, ce qui stimulera également les dépenses”, disait en 2010 un Ben Bernanke fervent, mais peut-être un peu obtus. “L’augmentation des dépenses mènera à l’augmentation des revenus et des profits… lesquels soutiendront d’autant plus l’expansion économique.”

Six ans plus tard, tout ce que nous voyons, c’est une bulle du crédit aux origines douteuses et 60 000 milliards de dette supplémentaire dans le monde.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Article des Publications Agora, reproduit avec leur aimable autorisation.