2017, l’année la plus volatile pour le risque politique depuis 45 ?

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D’après l’Eurasia Group, qui fait écho aux craintes de BlackRock, l’année 2017 devrait être la plus volatile en termes de risque politique depuis la Seconde Guerre mondiale, ce qui devrait profiter à l’or et à l’argent. Bloomberg en a parlé dans un article le 3 janvier 2017 :

« L’unilatéralisme américain sous Donald Trump, l’affirmation de la Chine et une chancelière allemande affaiblie feront de 2017 l’année «la plus volatile» en termes de risque politique depuis la Seconde Guerre mondiale, d’après l’Eurasia Group. »

« En 2017, nous entrons dans une période de récession géopolitique », a déclaré la société basée à New York dans son rapport annuel sur les perspectives de l’année à venir. Une guerre internationale, ou « la décomposition d’institutions d’un gouvernement majeur », n’est pas inévitable, même si « un tel événement est désormais concevable ».

Avec l’ascension de Trump à la présidence sur la base d’un programme « les États-Unis d’abord », l’économie mondiale ne peut plus compter sur les USA pour offrir une rampe de stabilité, d’après Eurasia, qui conseille les investisseurs sur le risque politique. Les signaux envoyés par Trump à propos d’un accord avec la Russie, le scepticisme envers l’OTAN ainsi que son « alignement » avec les partis anti-establishment européens comme le Front National en France pourraient affaiblir l’alliance principale post-guerre qui maintenait l’ordre mondial, d’après ce rapport publié mardi.

Cet avertissement est un rappel des nombreuses menaces qui pèsent sur la stabilité en 2017, des élections en Allemagne, en France et aux Pays-Bas à la sortie planifiée de la Grande-Bretagne de l’UE en passant par les crises de nations émergentes comme le Brésil ou encore la crise des réfugiés.

Malgré ce contexte, les États-Unis pourraient se revigorer, d’après le président d’Eurasia Ian Bremmer. « Nous pourrions voir en 2017 un environnement géopolitique négatif comme on ne l’a plus vu depuis des décennies. Pourtant, les investissements sur les marchés américains et la vigueur du dollar pourraient se poursuivre », a-t-il déclaré à l’occasion d’une interview sur Bloomberg TV.

En Chine, le passage de témoin programmé dans le leadership signifie que le président Xi Jinping sera « plus que jamais susceptible de répondre avec force aux défis de politique étrangère », ce qui pourrait faire grimper les tensions entre les États-Unis et la Chine, d’après Eurasia. Pour maintenir la stabilité intérieure, Xi pourrait « réagir de façon excessive » au moindre toussotement économique, ce qui pourrait gonfler de nouvelles bulles ou déboucher sur de nouvelles mesures de contrôle des capitaux.

Merkel, qui tentera de se faire réélire durant l’automne, sera probablement en difficulté sur des dossiers comme le Brexit, la crise de la dette qui n’en finit plus en Grèce et un président turc Erdogan « de plus en plus autoritaire » qui menace l’accord sur les réfugiés entre l’UE et la Turquie. (…)

Les autres risques cités par Eurasia :

  • Le manque de réformes économiques, seule la Chine étant sur une trajectoire positive parmi 14 nations majeures alors que l’Italie, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud, la Turquie et le Royaume-Uni devraient décliner.
  • Des politiciens qui remettent sur le dos des banques centrales, y compris la FED, les difficultés économiques. Ces attaques posent « un risque sur les marchés en 2017 car elles menacent le rôle d’institution technocratique des banques centrales, qui fournissent la stabilité économique et financière ».
  • La chasse aux sorcières dans les rangs de l’opposition turque, un contrôle des médias encore plus strict par Erdogan ainsi que des pressions sur la banque centrale turque sur les taux et les stimulations visant à compenser la faible croissance.
  • Le programme nucléaire nord-coréen, qui pourrait porter son arsenal à 20 têtes nucléaires, en combinaison avec des avancées technologiques lui permettant de frapper la côte ouest américaine dans le futur.

Une victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle représente le plus gros risque politique en Europe, où les liens au sein de l’union et dans la zone euro sont engagés « dans un processus lent et graduel de désintégration », a déclaré le professeur d’économie de l’université de New York Nouriel Roubini.

« Si Le Pen prend le pouvoir en France, si un parti anti-euro prend le pouvoir en Italie, ce pourrait être le début de la fin de l’Europe et de la zone euro », a-t-il déclaré.

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