Coronavirus : la bonne excuse pour renflouer un système en faillite

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Faillite du système

Hélicoptères monétaires, théorie monétaire moderne, revenu universel… Toutes ces choses dont on parlait, mais qui paraissaient si lointaines, se sont subitement matérialisées en l’espace de quelques semaines. Le coronavirus tombe en quelque sorte à point. Il permet de justifier des actions injustifiables, à savoir le renflouement généralisé d’acteurs qui se sont mal comportés, en partie car ils ont été poussés à le faire.

Cela dit, nous ne suggérons pas qu’il s’agit de quelque chose de prémédité. Si cela n’avait pas été le coronavirus, on aurait remis tout cela sur les guerres commerciales ou autre chose.

En bref, les particuliers ou les entreprises qui se sont comportés de façon responsable depuis la crise de 2008 vont être les grands perdants. Les sociétés qui se sont endettées vont être sauvées et continuer de concurrencer les entreprises qui ont provisionné. Les particuliers qui ont épargné devraient profiter de la baisse des prix d’une déflation, mais on pourrait avoir de l’inflation en raison des politiques ultra stimulantes qui sont mises en place depuis quelques semaines.

Comme l’a écrit Michael Wilson de Morgan Stanley :

« La nature de cette récession, une contraction à la trajectoire plongeante sans précédent, sert d’excuse aux décideurs pour offrir un soutien allant bien au-delà des mesures traditionnelles. De ce fait, les mauvais acteurs du cycle précédent sont sauvés. »

On peut prendre les compagnies aériennes américaines pour exemple. Elles ont dépensé 92 % de leur trésorerie à des rachats d’actions durant ces dernières années. Et maintenant que cela va mal, elles sont virtuellement en faillite. Le gouvernement américain va les renflouer avec l’argent du contribuable. Comme l’a expliqué Peter Schiff, ces entreprises mal gérées auraient dû être remplacées par de meilleurs acteurs à la reprise. Mais ce processus de nettoyage est empêché.

Les actions de la FED sont illégales, selon Gundlach

Jeffrey Gundlach, le célèbre gestionnaire de hedge fund, est même allé plus loin en écrivant sur Twitter que les actions de la FED sont actuellement en contravention avec le Federal Reserve Act de 1913. Et d’ajouter : « Une institution qui viole les règles de sa propre charte admet de facto qu’elle a échoué, qu’elle est fondamentalement cassée. »

Le niveau d’absurdité économique que nous avons atteint est résumé par cette image :

Oui, le Dow Jones a connu sa meilleure semaine depuis 1938 alors que 16 millions d’Américains se retrouvaient au chômage… Absurde, disions-nous.

Il est aujourd’hui difficile de savoir où seront les limites. On parle de revenu universel en Espagne, qui pourrait devenir permanent. Avec quel argent ? Deux élus démocrates ont rentré une proposition de loi similaire aux États-Unis : 2 000 $ par américain de plus de 16 ans qui remplit les conditions jusqu’à ce que l’emploi retrouve les niveaux d’avant la pandémie (source). N’oubliez pas que toute cette dette n’est pas un investissement. C’est juste de l’argent jeté pour tenter de retourner aux faibles niveaux de croissance que nous connaissions avant la récession.

Le système est cuit. Soit les décideurs ne l’ont pas encore compris, et ils vont le faire exploser en tentant désespérément de le maintenir en vie. Soit ils en sont conscients, et font tout ce qu’il faut pour accélérer l’effondrement afin de pouvoir remettre sa chute inéluctable sur une épidémie qui, loin d’être anodine, devrait néanmoins être très loin des dégâts de la grippe espagnole du siècle dernier.