L’orgie de crédit a repris dans les ménages américains

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carte de crédit

La crise de 2008 a eu un effet positif sur les ménages américains. Impactés de plein fouet par la crise immobilière, ils se sont mis à réduire leur exposition au crédit. La tendance aura duré un peu moins de 2 ans. Désormais, le train de l’endettement est reparti de plus belle, si bien que l’endettement global des Américains a explosé de 45 % depuis le pic enregistré avant la crise. C’est le constat troublant de cet article de Wolf Richter :

« Durant le T4 2017, le crédit à la consommation a augmenté de 5,4 % sur base annuelle pour atteindre un total cumulé record de 3,84 trillions de dollars, d’après les statistiques de la Federal Reserve. Cette dette inclut les cartes de crédit, les crédits auto et les prêts étudiants, mais exclut les crédits immobiliers. Décembre fut un mois un peu décevant pour les prêteurs, mais depuis le dernier trimestre de 2016, nous avons assisté à une hausse soutenue de l’endettement des particuliers. Pensez ce que vous voulez de l’élection présidentielle, les consommateurs ont fêté le résultat ou ont noyé leur chagrin de la même façon : en accumulant des dettes.

Le graphique ci-dessus met en exergue la hausse de l’endettement des ménages américains depuis 2006 (chiffres bruts, sans ajustements saisonniers). On peut observer une baisse de la tendance après la crise financière, alors que les consommateurs réduisaient la voilure, notamment en faisant défaut sur leurs dettes. Mais le répit fut de courte durée. Depuis, la dette des ménages a augmenté. Elle est aujourd’hui supérieure de 45 % par rapport au T4 2008. Pour mettre tout ceci en perspective, l’inflation des prix à la consommation s’est élevée à 17,5 % durant la même période.

Les dettes de type carte de crédit et autres crédits renouvelables ont augmenté de 6 % sur base annuelle durant le dernier trimestre de l’année dernière pour atteindre 1,027 trillion. Cette progression est néanmoins inférieure au 9,2 % du T3, et aux presque 10 % du T2, sans parler de la hausse incroyable de 12 % du T1 2017. (…)

Le problème avec la dette est qu’elle ne disparaît pas par magie. Lorsque le débiteur ne parvient pas à rembourser, il y a fatalement un créditeur qui doit encaisser une perte. Certains crédits auto et sommes empruntées par carte de crédit restent sur le bilan des prêteurs, tandis que d’autres ont été titrisés et vendus à des investisseurs. En revanche, les prêts étudiants sont presque tous garantis par les contribuables, ou directement financés par le gouvernement. (…) »