• L’or se trouve à un tournant. Pour éviter de corriger davantage, il est essentiel de défendre les 1.800 $. Hier, on a connu un léger mieux. Les métaux précieux ont probablement été aidés par la publication du dernier compte-rendu de la FED.

  • Dans celui-ci, les responsables de la Banque centrale américaine indiquent qu’ils pourraient augmenter l’échéance des obligations achetées et/ou leur quantité afin de soutenir l’économie. Cependant, l’unanimité est loin de régner au sein du Comité. Certains participants craignent que la FED soit déjà proche de ses capacités maximales en termes de QE. Les conséquences non désirées pourraient être déjà présentes, via la formation de bulles sur le marché immobilier et les marchés actions.

  • Selon Gareth Soloway, les mouvements de l’or actuel sont parfaitement conformes à des épisodes historiques. Durant ces 4 dernières décennies, on a souvent assisté à des retracements de Fibonacci de 38,2 %. Après le plus haut de l’or de 1979, le métal jaune a corrigé de 38,2 % en 7 mois. En 2008, on a connu une correction similaire. Si l’histoire devait se répéter, l’or devrait former un plus bas à environ 1.750 $ d’ici janvier février pour ensuite reprendre sa marche en avant avec un objectif de 2.900 $ l’once en 2023 (voir graphique ci-dessous).

  • Citigroup, bullish de longue date pour l’or, ne change pas de posture. La banque confirme son objectif de 2.500 $ pour 2021. Selon elle, une myriade de catalyseurs, similaires à ceux qui ont alimenté l’énorme marché haussier du métal jaune des années 70, justifie une telle posture. Ces raisons d’être optimiste sont partagées par le CEO de GraniteShares, qui a participé à un débat de CNBC avec Dave Nadif, d’ETF Trends.

  • Ce dernier avoue ne pas être un grand fan de l’or. Mais vu la situation dans laquelle nous sommes, il est difficile de rejeter le métal jaune : « Je suis le premier à dire que l’or est un actif non productif. Il s’agit d’une matière première très psychologique. Autrement dit, sa valeur dépend du prix que les autres veulent bien payer pour l’acquérir. Cela dit, il est difficile de remettre en question que durant des milliers d’années, les gens lui ont fait confiance pour protéger leur patrimoine durant les périodes de crise. Et si nous ne sommes pas dans une période de crise, alors dans quoi sommes-nous ? »

  • Selon Bill Baruch, l’or est en train de connaître une grande opération de rinçage. Il considère néanmoins qu’autour des 1.800 $ représente un bon point d’entrée afin de constituer une position visant à profiter d’un prix qui pourrait atteindre les 2.300 $ en 2021. « Je pense que cela reste possible. Cela n’aura probablement pas lieu rapidement, c’est par exemple fort peu probable en début d’année. Si l’or avait tenu 1.855 $, on aurait rapidement récupéré jusqu’à 2.000 $ », a-t-il déclaré. Mais maintenant, il va falloir d’abord réparer les dégâts techniques avant que la hausse puisse reprendre, selon lui.

  • Du côté des cryptomonnaies, l’euphorie a laissé la place à la soupe à la grimace. Après avoir testé à 2 reprises 19.300 $, Bitcoin vient de plonger jusqu’à 16.500 $. Bien entendu, au moment où vous lirez ces lignes, il sera peut-être à 18.000 $. Ou à 15.000 $. Une rumeur concernant l’obligation prochaine des bourses d’échange de confirmer l’identité des propriétaires des portefeuilles de retrait privés est derrière cette chute du prix de Bitcoin. Un tel mouvement pour un motif anodin ne fait que prouver à quel point il est hautement prématuré de proclamer que Bitcoin a remplacé l’or en temps que réserve de valeur. Cela reste un actif alternatif intéressant, mais hautement spéculatif.