L’ « adversaire commun » de Trump et Hollande…

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la pieuvre Goldman Sachs

« Mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance ». François Hollande s’est rendu célèbre (et ridicule) avec cette grande diatribe contre cet adversaire « qui n’a pas de nom », etc. A priori, tout séparait Trump et Hollande, si ce n’est leur titre de président de leur nation respective. Mais depuis quelques jours, ils ont tous les 2 un autre point commun : avoir dénoncé la finance en campagne électorale pour ensuite lui faire les yeux doux une fois élu. Pour inverser un dicton bien connu, avec de tels ennemis, pas besoin d’amis.

Dodd-Frank : bye bye…

D’accord, ce n’est pas la loi Dodd-Frank, adoptée par l’administration Obama après la crise de 2008, qui allait empêcher l’effondrement financier suivant. C’était tout de même mieux que rien, la loi prévoyait notamment la création d’un bureau de protection des consommateurs qui devait superviser les produits financiers vendus aux particuliers, comme les crédits hypothécaires (histoire d’éviter la débâcle des subprimes). Dodd-Frank met également en place des garde-fous contre la spéculation bancaire (les banques ne pouvaient spéculer pour leur propre compte, avec l’argent de leurs clients par exemple). En quoi l’ordre exécutif annulant la loi Dodd-Frank est-il susceptible de « restaurer la grandeur de l’Amérique » ? La question mérite d’être posée. Il est d’ailleurs à noter que Trump est affairé à détruire le peu de choses positives faites par Obama en huit ans, à savoir l’apaisement avec l’Iran (où est l’Arabie saoudite sur la liste des pays alimentant le terrorisme ?), avec Cuba et cette loi. Et quid de l’audit de la FED ? Des marchés qui sont « de grosses vilaines bulles » ?  Il semblerait que le stylo de Donald n’ait plus suffisamment d’encre. Ou qu’il soit trop occupé avec la construction de « son » mur à la frontière du Mexique (qui n’est d’ailleurs pas une nouveauté, il existe déjà à certains endroits : source ici).

Goldman Sachs rule !

Comme le note Nomi Prins dans cet article (une ancienne de Goldman), Donald Trump, après avoir attaqué Hillary Clinton pour ses liens avec Goldman Sachs, a choisi deux anciens de la « pieuvre vampire » pour prendre les rênes de l’économie américaine, alors que ses prédécesseurs n’avaient pas osé en nommer plus qu’un. Elle rappelle d’ailleurs « qu’à l’aube du 20e siècle, lorsque le président Roosevelt gouverna le pays sur base d’une plate-forme visant à réduire la puissance du monde des affaires, même lui ne parvint pas à faire rentrer les banques dans le rang. Ce fut une erreur émanant de sa collaboration avec le financier JP Morgan dans le but de mitiger les effets de la panique bancaire de 1907. Roosevelt craignait que s’il ne s’adjoignait pas l’influence d’un banquier majeur, la crise allait être encore plus longue et désastreuse. (...) » (…)

« Pas moins de 6 nominations de l’administration Trump ont déjà porté le costume de Goldman Sachs. Parmi ceux-ci, deux vont impacter significativement vos vies : l’ancien partenaire de Goldman et futur secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, et le futur président du Conseil national économique et conseiller Gary Cohn, ancien président et numéro deux de Goldman Sachs (le conseil qu’il présidera est responsable « des politiques sur les questions économiques nationales et internationales »). »

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