Inde : sans baisse des droits de douane, le trafic d’or reprend de plus belle

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lingotins d'or

Les importations d’or en Inde ne compilent bien entendu que les chiffres officiels du métal qui transite via les douanes. Mais en raison de la hausse des droits de ces dernières années et l’espoir déçu de voir ceux-ci baisser, le trafic de métal jaune semble être d’ampleur : vu l’importance des saisies, à combien s’élèvent les volumes d’or entrant illégalement en Inde ? Difficile de faire une estimation précise, mais ils sont importants (on parle d’environ 150 tonnes par an), comme le suggère cet article de NewsPostRoom.com publié le 13 mars 2018 :

New Delhi : la semaine dernière, une nouvelle saisie d’une quantité importante d’or a été rapportée. Cette fois, c’est le Directorate of Revenue Intelligence (DRI, agence mandatée pour combattre la contrebande) de Chennai qui a saisi 23,1 kg d’or qui tentaient d’entrer illégalement en Inde en provenance du Sri Lanka.

Il ne s’agit pas d’un cas isolé. Le bureau de Chennai a saisi rien que le mois dernier 50 kg d’or. L’année dernière, les saisies effectuées sur la route Sri Lanka-Inde se sont élevées à 103 kg. Le problème est également persistant à Mumbai, à Delhi ainsi qu’à la frontière avec le Népal. En 2017, l’aéroport de Mumbai a rapporté des saisies records pour un total de 125 kg, soit presque le double des 66 kg confisqués en 2016.

La démonétisation avait temporairement mis à l’arrêt la contrebande d’or vu le manque de liquidités dans le système monétaire indien. Mais alors que les liquidités sont à nouveau disponibles, la contrebande a repris de plus belle.

Dubaï et la Chine, des sources importantes

Même si les opérations sont principalement organisées de Dubaï, l’Inde doit également faire face à de nombreux cas d’importations illégales à partir de la frontière népalaise. Il y a quelques mois, 88 lingots y ont été saisis, un record depuis 1988. L’enquête a démontré que le métal jaune provenait de Chine.

Les agents de la DRI ont rapporté une activité en hausse du côté de Janakpur, une ville située non loin de la frontière indienne. Les contrebandiers achètent leur or en Chine pour ensuite passer la frontière indienne avec le Népal. Le métal jaune transite via l’unique route fonctionnelle entre le Népal et la Chine pour ensuite être déversé sur le marché indien.

L’or en provenance de Dubaï transite par Chennai et Mumbai. Mais c’est surtout la route ayant pour destination Chennai qui préoccupe le plus les agents de la DRI. Les statistiques montrent que les volumes augmentent depuis 2015. De 120 tonnes d’or importées illégalement en 2015, ces volumes sont passés à 130, puis à 160 tonnes en 2016 et en 2017. La hausse des droits de douane de 2 à 10 % en 2012 est l’explication la plus plausible. (…)

La contrebande en provenance du Sri Lanka

La DRI a également du pain sur la planche lorsqu’il s’agit de contrer les importations illégales en provenance du Sri Lanka. Les opérateurs de Dubaï préfèrent ne plus agir directement. Ils expédient le métal au Sri Lanka avant de le faire rentrer en Inde. Les 2 points d’entrée principaux sont Chennai et Thiruvananthapuram. Après quoi le métal est acheminé vers Mumbai et d’autres grandes villes indiennes.

Le métal est transporté soit par avion, soit par bateau. La route maritime est souvent la même que celle utilisée pour le trafic de cigarettes, de drogue et de safran. À Thiruvananthapuram, les saisies se sont élevées à 13 kg entre 2017 et 2018.

En ce qui concerne Chennai, la majorité du trafic a lieu par bateau. Des 193 kg qui ont été saisis l’année dernière, 103 kg ont été trouvés dans des navires. Ce sont les pêcheurs qui servent de convoyeurs. Jusqu’à présent, 23 personnes ont été arrêtées dans le cadre de ce trafic.

Mais la voie aérienne pose également problème à la DRI. Récemment, 2 personnes ont été arrêtées à l’aéroport de Chandigarh pour avoir attaché à même leur corps des lingots. Ce sont simplement des passeurs rétribués pour leurs services. Ils sont souvent recrutés à Batala, dans le Punjab. (…)