La BCE craint le démantelement de la division banque d’investissement de Deutsche Bank

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La BCE a fait de Deutsche Bank la première institution sous sa supervision à devoir fournir un rapport sur les coûts et les conséquences sur les marchés en cas de démantèlement de sa division « banque d’investissement ».

Deutsche Bank est en train de réexaminer le rôle de sa banque d’investissement, une tâche baptisée en interne Projet Colombo, afin de déterminer son avenir alors que ses revenus diminuent et que ses clients sont à la recherche d’une herbe plus verte.

On sait que les régulateurs ont dans leur mire de grandes institutions en difficulté telles que la Deutsche Bank (qui pèse 1,1 trillion de dollars), des banques qui disposent du potentiel pour précipiter le système financier mondial dans les abysses comme cela s’est produit avec l’effondrement de Lehman Brothers en 2008. La chute brutale et inattendue de Lehman a intensifié la crise de 2008 et débouché sur l’effacement de 10 trillions de dollars de valeur sur les marchés mondiaux.

Même si une source de Deutsche Bank a confirmé au Financial Times que d’autres banques de la zone euro sont examinées, l’attention de la BCE émerge alors que les spéculations vont bon train quant à la division britannique de la branche d’investissement de Deutsche Bank.

Cette surveillance a été engendrée par la volonté de la banque de se hisser parmi les poids lourds du secteur, une ambition qui l’a mise en difficulté. Un grand consultant financier a qualifié les ambitions de Deutsche Bank dans le grand monde difficile de la banque d’investissement de « problème émotionnel ».

Octavio Marenzi, CEO de la firme de conseil Opimas, a déclaré : « Ils ont dû sortir du bois pour admettre à contrecœur que leur division banque d’investissement est une horreur. »

Après ne pas être parvenu à se relever de la crise provoquée en partie par la chute de Lehman Brothers, l’institution financière, assaillie de toutes parts, a dû payer environ 17 milliards de dollars en amendes diverses en raison de mauvais comportements depuis 2008, d’après les chiffres collectés par Bloomberg.

Tandis que les craintes grandissent concernant les effets du revirement de Deutsche Bank, les responsables de l’organe européen de supervision des banques, le Mécanisme de surveillance unique (MSU), a fait savoir à la plus grande banque allemande qu’elle devait déterminer de façon exacte quels seraient les dégâts sur la stabilité financière mondiale en cas de démantèlement de sa division d’investissement.

Pour la Deutsche Bank, les questions de la BCE sont « des questions de routine pour ce secteur ».

Voici ce que dit le communiqué de presse : « Nous évaluons régulièrement pour les régulateurs les conséquences en capital, en liquidités et en coûts de la liquidation de nos positions. »

James von Moltke, CFO de Deutsche Bank, a déclaré : « Nous pensons que nous sommes les premiers sur la liste car nous sommes la plus grosse banque sous la supervision de la BCE. »

Si la Deutsche Bank effectue régulièrement ces calculs pour les régulateurs, le nouveau PDG de DB Christian Sewing a déjà averti les salariés de sa banque qu’il sera obligé de faire des choix difficiles. Dans une lettre qui leur a été adressée, on pouvait lire : « La pression temporelle est énorme et les attentes sont élevées de toutes parts. »

Source : article de David Dawkins, publié le 19 avril 2018 sur Express.co.uk