La FED baisse son taux directeur de 0,25 %, un QE est envisagé

0
1095
Eccles Building de la Fed

Hier, la FED a annoncé une nouvelle baisse de 0,25 % de son taux directeur. Ironiquement, elle a été annoncée le jour même où la FED a perdu le contrôle des taux courts, qui ont surpassé la limite haute de l’écart du taux directeur en raison de soucis de liquidités sur les marchés. En bref, il n’y avait plus d’argent disponible à court terme à des taux raisonnables.

Afin d’éteindre l’incendie, la FED a d’ailleurs dû intervenir comme elle ne l’avait plus fait depuis 10 ans via des opérations de repo (achats de Treasurys en dollars) d’une valeur de 53 milliards de dollars. Cette pénurie de billets verts signifie que la FED pourrait être contrainte et forcée de reprendre la « croissance organique » de son bilan, comme l’a déclaré Jerome Powell dans sa conférence de presse hier.

La FED intervient pour fournir des liquidités d’urgence

De nombreuses explications sont avancées afin d’expliquer ce manque de liquidités aux États-Unis. Simple problème ponctuel (ce qui reste possible, même si ce genre d’événements rappelle de mauvais souvenirs, genre Lehman), adjudications d’obligations qui devaient être réglées, les impôts des entreprises qui étaient dus le 15 septembre… Peu importe, le fait est là : il n’y a pas assez de liquidités dans le système. C’est d’ailleurs ce qui fait dire à Jeffrey Gundlach que la FED pourrait être contrainte et forcée de démarrer ce qu’il appelle un QE light. Après tout, si c’est pour se mettre à racheter à tout bout de champ des obligations afin de fournir des liquidités à des taux conformes à ceux fixés par la FED, autant systématiser la pratique avec un QE. Pour revenir à ce qu’a dit Gundlach (source) :

Le CEO de DoubleLine Jeffrey Gundlach a déclaré que la FED pourrait être forcée à faire un nouvel assouplissement quantitatif afin d’augmenter la masse monétaire.

« Il est possible que la FED doive démarrer ce que j’appelle un QE light, à savoir l’augmentation de la taille de son bilan afin d’augmenter les réserves disponibles dans le système. »

Gundlach a mentionné le désordre qui a régné sur les marchés monétaires à court terme, qui a provoqué un bond incroyable des taux. Et qui a poussé la FED a intervenir via des opérations de repo, du jamais vu depuis 10 ans.

« Il est clair que la perte de contrôle de la FED des taux courts, même ponctuelle, est problématique, a déclaré celui que l’on surnomme le roi des obligations. Le problème est qu’il n’y a pas suffisamment de réserves dans le système afin de fournir des liquidités. J’ai l’impression que la FED est impatiente à l’idée de recommencer ses achats. »

De façon inhabituelle, le taux des fonds fédéraux américains a franchi le chiffre supérieur de la fourchette fixée par la FED (2,30 %, alors que la limite est de 2,25 %).

Trump tire à nouveau à boulets rouges sur la FED et Powell

Critiquer la FED et Powell est devenu l’un des loisirs favoris d’un président américain peu désireux de voir l’économie faiblir alors que l’élection présidentielle se rapproche. 0,25 %, c’est évidemment bien trop peu pour Trump, qui s’est fendu d’un tweet ravageur dont il a le secret : « Jay Powell et la Federal Reserve déçoivent à nouveau. Aucun courage, aucune intelligence, aucune vision ! »

Pourtant, 3 membres du comité avaient voté pour le statu quo. Trump s’était déjà échauffé durant les jours précédents en déclarant que la FED et Powell « ne savent pas ce qu’ils font ». Après l’annonce de cette baisse de 25 points de base, Donald Trump a également qualifié son président de « très mauvais communicateur ». La semaine dernière, le président américain avait exhorté la FED à baisser son taux directeur jusqu’à zéro, voire même en territoire négatif, afin de permettre aux États-Unis de réduire le prix du service de sa dette, ainsi que de pouvoir en allonger l’échéance.

Les journalistes ont tout de même pris la température auprès de Powell, qui doit commencer à être quelque peu irrité. En effet, aucun de ses prédécesseurs n’a connu un tel traitement. Il a déclaré : « En termes de moral au sein de l’institution, je dirais qu’il est très élevé. Nous sommes très unis. Nous pensons que nous faisons de notre mieux afin de servir le peuple américain. »