La prochaine crise immobilière pourrait être déclenchée par les crédits étudiants

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10 % : il s’agit du poids incroyable des crédits étudiants sur la dette des ménages américains, crédits qui pèsent au total 1,4 trillion de dollars. Il s’agit d’un fait pesant qui pourrait mettre le marché immobilier américain en difficulté pour ensuite menacer l’intégralité de l’économie.

De tous ceux qui doivent rembourser un prêt étudiant, 83 % d’entre eux, un chiffre alarmant, affirment qu’il s’agit de la raison pour laquelle ils n’ont pas acheté une maison, d’après l’Association nationale des courtiers immobiliers.

« L’ampleur de cette dette ne cesse d’augmenter en termes de montants et de pourcentage de la dette globale dans l’économie. Et alors que l’endettement augmente, le taux de propriété baisse. Cette chute du taux de propriété est plus marquée chez les jeunes », a écrit l’Association dans son rapport annuel sur le marché immobilier et la dette.

La dette est un boulet…

Ce boulet n’impacte pas que les individus, tous les secteurs économiques sont touchés par ricochet :

Le crédit étudiant n’est pas une entrave uniquement pour celui qui l’a contracté, il représente un problème pour un marché comme celui de l’immobilier. D’après Statista, 90 % des moins de 30 ans qui remboursent un crédit étudiant de plus de 100.000 $ affirment que leur dette les empêche d’acheter une maison.

Ce n’est pas un mystère si le marché immobilier suit de près cette statistique : 63 % des emprunteurs affirment que s’ils ne devaient pas rembourser leur crédit étudiant, cet argent serait épargné pour l’achat d’un bien immobilier.

Et tandis qu’un tel type d’achat se complique en raison de la hausse des taux et de la réforme fiscale qui dans certains scénarios impacte de façon négative l’immobilier, le nombre de personnes qui ont un crédit étudiant et qui seront incapables d’acheter une maison ne devrait pas s’améliorer.

Il n’y a pas que les professionnels de l’immobilier qui s’inquiètent.

Le président de la réserve fédérale de Philadelphie, Patrick Harker, a déclaré récemment à CNBC que l’augmentation des impayés sur les crédits étudiants devrait déboucher sur une baisse de leur consommation.

« Je crains que l’ombre menaçante des crédits étudiants, exacerbée par les incertitudes grandissantes concernant les programmes d’annulation de la dette et de la possibilité de rembourser grâce à ses revenus, pourrait dissuader des étudiants potentiels, surtout ceux en provenance des classes défavorisées ou moyennes, d’entreprendre des études supérieures », a-t-il déclaré.

« Si la capacité de participation des jeunes à l’économie est impactée de façon négative, c’est toute l’économie qui le sera », a-t-il ajouté à l’occasion d’un discours prononcé à l’université Saint-Joseph de Philadelphie.

Les économistes affirment que ceux qui ont suivi des études supérieures pendant et après une récession sont particulièrement touchés vu qu’ils ont dû emprunter davantage pour financer les sommes que leurs parents n’ont pas pu fournir.

Et ce problème ne cesse de grandir :

crédit étudiant

Le gouvernement veut récupérer son argent, donc le marché immobilier est le grand perdant. L’annulation n’est pas vraiment au programme, ce qui signifie que le marché immobilier devrait être impacté pendant un bon moment.

En mars, le congrès a validé le programme Public Service Loan Forgiveness. Mais ces 350 millions de dollars sont une goutte d’eau dans cet océan de dette de 1,4 trillion de dollars. De plus, il faut satisfaire à de nombreuses conditions pour en bénéficier. (…) »

Source : article de Josh Owens, publié sur SafeHaven.com le 18 avril 2018