L’Europe est à court de dollars alors que les entreprises rapatrient leurs liquidités

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Le marché interbancaire européen est en train de connaître sa plus grande pénurie de liquidités en dollars depuis presque 9 ans. D’après les analystes, la réforme fiscale américaine pourrait être derrière la plus large pénurie enregistrée depuis la crise financière.

Alors que la Federal Reserve a adopté une politique monétaire plus dure, le LIBOR, le taux de référence de plus de 350 trillions de dollars de produits financiers et d’emprunts, a atteint son niveau le plus élevé depuis 8 ans. Les crédits actuels non-garantis forcent les banques européennes à payer 2,2 % d’intérêt annuel, d’après le site Web financier Finanz.ru.

Ce chiffre indique que le coût du crédit en dollars a presque doublé durant ces 6 derniers mois. En novembre, le taux d’emprunt en dollars était de 1,38 %. Le taux mensuel a grimpé jusqu’à 1,82 %, alors qu’il n’était que de 0,15 % en 2015.

Simultanément, le secteur financier a été le témoin de l’augmentation de l’écart LIBOR-OIS. Cet indicateur met en exergue le niveau de disponibilité de la devise américaine. Sa valeur médiane a presque doublé durant ces 2 dernières années.

Cela montre que les marchés font face à une pénurie en dollars, d’après Neil McKinnon, économiste de VTB Capital. La réforme fiscale actuellement déployée par le gouvernement américain pourrait avoir un impact sur les liquidités en dollars aux 4 coins de la planète. Une mesure prévoit d’encourager les entreprises américaines à rapatrier près de 2 trillions de dollars déposés auprès de banques à l’étranger.

Les banques européennes sont en manque de liquidités en dollars, d’après les recherches de Raiffeisen Bank. Selon ses analystes, les dollars rentrent au pays, ce qui explique la pénurie.

Le durcissement des politiques monétaires américaines, ainsi que la hausse des taux, ont exacerbé la situation, d’après McKinnon. La FED diminue la taille de son bilan, ce qui signifie qu’elle réduit les liquidités en dollars disponibles dans le système et qui avaient été injectées suite à la crise financière. (…)

Aux États-Unis, la masse monétaire diminue alors que la gigantesque dette US crée un besoin important de liquidités. Après 3 rounds de QE, la FED a augmenté la taille de son bilan de 3,5 trillions de dollars. Cependant, la dette a progressé de 10 trillions supplémentaires durant cette période.

L’analyste estime que cette offre limitée en dollars pourrait créer une nouvelle crise de la liquidité qui engendrerait une crise financière systémique et une récession mondiale.

Source : rt.com