Sur les marchés financiers, l’humeur est une notion précaire qui peut basculer rapidement. Il y a 5 semaines, c’était le pessimisme qui régnait du côté des métaux précieux. Durant le mois de mai, en 4 semaines, tout s’est renversé, si bien que l’or s’échange en ce moment à plus de 1.900 $ l’once. De son côté, l’argent tente de se stabiliser au-dessus de 28 $. Hier, ces métaux précieux ont clôturé juste en dessous de ces niveaux cruciaux. Ils les ont franchis aujourd’hui alors que la séance européenne est en cours.
Selon Steve Hanke, professeur d’économie à la Johns Hopkins University, nous allons obtenir une inflation supérieure d’au moins 2 à 3 fois l’objectif officiel de 2 %, ce qui devrait permettre aux métaux précieux de s’apprécier. Hanke est aussi le cocréateur du Hanke-Confas Gold Sentiment Score, un indicateur qui permet de mesurer le sentiment qui règne sur le marché de l’or. Actuellement, il est « bullish », ce qui se traduit habituellement par des prix plus élevés dans un avenir proche.
La baisse du dollar et des taux obligataires fournissent des vents favorables aux métaux précieux. Actuellement, le bon du Trésor sur 10 ans est largement repassé en dessous de 1,6 %. Hier, la baisse de la confiance des ménages américains a également apporté sa pierre à l’édifice. Pour rappel, les généreuses allocations de chômage US prendront fin en septembre. Ce qui devrait repousser de nombreux travailleurs vers le marché de l’emploi, et ainsi abaisser les pressions haussières sur les salaires.
Selon Lee Munson, CEO de Portfolio Wealth Advisors, les investisseurs qui envisagent l’achat d’or ne doivent pas se focaliser sur l’inflation, mais sur la taille du bilan des banques centrales. Le métal jaune peut vous sauver en cas de dévaluation (Turquie, etc.), mais l’inflation est un facteur secondaire, selon lui. Il s’attend à ce que la FED continue d’accumuler des actifs jusqu’à mi 2023. L’or devrait d’ici là atteindre son objectif, qui est fixé à 2.200 $.
Le tapering de la FED, soit le début de la réduction de son QE, est considéré comme une menace pour les marchés par une partie des analystes. Cependant, selon ZeroHedge non seulement le risque devrait déjà être intégré dans les valorisations des actifs, mais il pourrait ne pas y avoir de risque du tout. Pourquoi ? En raison de la crise des « reverse repos » qui se développe à la FED. En bref, les banques ont trop de liquidités, et pas suffisamment d’obligations à acheter en guise de collatéral vu que la FED les engloutit à tour de bras. Le tapering pourrait donc, selon le gourou des repos Zoltan Pozsar cité par ZH, déboucher sur une baisse des taux obligataires américains si la FED orchestre bien l’opération, notamment en levant les restrictions qui pèsent sur la Wells Fargo (le montant de son bilan est actuellement plafonné), ce qui pourrait débloquer pour 500 milliards d’achats, entre autres obligataires.

